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    Analyses

    Memecoins Q4 2026 : Acheteurs Durables Ou Simple Rotation

    Steven SoarezDe Steven Soarez18/10/2026Aucun commentaire17 Mins de Lecture
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    Et si le vrai problème des memecoins n’était pas le manque d’attention, mais le manque de clients qui restent ? En ce début de dernier trimestre 2026, le secteur flirte avec les 30 milliards de dollars de capitalisation. Pourtant, derrière ce chiffre flatteur se cache une réalité moins glamour : des milliers de tokens naissent chaque jour, la plupart disparaissent avant même d’avoir connu une deuxième séance de trading. La question qui brûle les lèvres des observateurs n’est plus « y aura-t-il un nouveau doge ? », mais plutôt « est-ce que quelqu’un va vraiment garder ces tokens plus d’une semaine ? ».

    Un marché de 30 milliards qui cache plus qu’il ne montre

    Le 18 octobre 2026, le snapshot de CoinGecko plaçait la catégorie meme autour de 29,9 milliards de dollars, avec un volume sur 24 heures avoisinant les 3,4 milliards. Sur le papier, c’est solide. En réalité, la répartition est extrêmement concentrée. Dogecoin seule représentait environ 12,4 milliards, soit plus de 40 % du total. Ajoutez Shiba Inu près de 2,9 milliards et Pepe autour de 1,6 milliard, et les trois géants absorbent déjà plus de la moitié de la valeur de tout le secteur.

    Cette concentration change complètement la lecture. Quand le marché global des cryptos a progressé de 39,6 % au troisième trimestre selon CoinGecko, le volume moyen quotidien a paradoxalement reculé de 8,6 %. Les prix sont montés, mais les échanges se sont raréfiés. Pour les memecoins, ce décalage est encore plus criant. Les grandes valeurs historiques continuent de tourner, tandis que la majorité des nouveaux projets n’attirent qu’un flash de liquidité avant de s’éteindre.

    Ce que le chiffre de 29,9 milliards ne dit pas

    • Plus de la moitié de la capitalisation repose sur seulement trois tokens historiques.
    • Le ratio volume/capitalisation d’un jour donné (environ 11,5 %) mélange des exchanges très différents.
    • La liquidité réelle d’un token fraîchement lancé n’a rien à voir avec celle de Dogecoin.
    • Les reclassements de tokens par les agrégateurs peuvent faire bouger le total sans mouvement de prix.

    Autrement dit, regarder uniquement la capitalisation globale revient à juger la santé d’une ville en ne regardant que le quartier des grandes banques. Les rues adjacentes peuvent être complètement désertes.

    La concentration n’est pas un détail, c’est le cœur du problème

    Dogecoin dispose d’un historique de cotation, d’une liquidité profonde et d’un accès presque universel. Un ordre de plusieurs centaines de milliers de dollars peut y passer sans trop de friction. À l’opposé, un token sorti d’une bonding curve la veille peut voir son prix s’effondrer dès qu’un détenteur moyen décide de sortir. Les deux coexistent dans la même catégorie « meme », mais ils n’obéissent pas aux mêmes lois de l’offre et de la demande.

    Cette dualité explique pourquoi un rallye de Dogecoin peut masquer une hécatombe chez les petits projets. Inversement, une série de launches qui multiplient leur valeur en quelques heures peut faire croire à une renaissance alors que le capital global du secteur stagne ou baisse. Les flux se contentent souvent de tourner d’un token à l’autre sans apporter de nouveaux acheteurs nets.

    Volume élevé ne signifie pas liquidité durable

    Un volume de 3,4 milliards sur 24 heures impressionne. Pourtant, une grande partie de ce chiffre correspond à du turnover rapide sur les mêmes unités. Sur les plateformes de lancement, des bots et des traders scalpent les premiers mouvements, générant des volumes élevés sans jamais constituer une base d’acheteurs stables. La profondeur du carnet d’ordres, les spreads et le coût réel de sortie restent les véritables indicateurs. Or, pour la très grande majorité des nouveaux tokens, ces paramètres se dégradent très vite après le premier jour.

    Le troisième trimestre a montré une reprise des prix, pas des acheteurs

    CoinGecko a documenté une belle remontée de la capitalisation totale des cryptos, passée de 2,16 à 3,0 milliards de dollars entre fin juin et fin septembre 2026. Plus de la moitié de cette hausse s’est concentrée en août. Pourtant, le volume moyen quotidien a baissé de 8,6 % et le volume spot des exchanges centralisés a chuté de 14,2 %. Les prix ont progressé plus vite que la participation.

    Pour les memecoins, ce contexte est particulièrement délicat. Ces actifs dépendent fortement de l’appétit spéculatif des acheteurs marginaux. Quand les vendeurs se font plus rares, les cours peuvent monter même si le nombre de participants diminue. Mais cette mécanique a ses limites. Une fois que les détenteurs historiques commencent à prendre leurs profits, l’absence de nouveaux entrants se fait sentir immédiatement.

    Robinhood Chain : un exemple de pic d’attention éphémère

    Le cas de Robinhood Chain illustre parfaitement le phénomène. Lancée publiquement le 1er juillet, la chaîne a généré plus de 88,9 milliards de volume depuis sa mise en service. Le volume quotidien des exchanges décentralisés natifs est passé de 1,3 million de dollars au lancement à un pic de 3,5 milliards le 4 septembre, coïncidant avec l’activité autour de CASHCAT et de son launchpad. La moyenne de transactions quotidiennes a atteint environ 9,5 millions au troisième trimestre.

    Pourtant, dès début octobre, le rythme a ralenti. Entre le 2 et le 8 octobre, la moyenne journalière est tombée à 6,2 millions de transactions, soit une baisse de 42 % par rapport à la mi-septembre. CoinGecko notait déjà que la plupart des tokens nouvellement déployés n’avaient jamais vraiment décollé. L’attention s’est déplacée, les bots ont suivi, et le volume s’est contracté.

    Un marché peut paraître en pleine santé quand les volumes globaux progressent, alors que le même capital ne fait que tourner d’une chaîne à l’autre sans jamais s’ancrer.

    Ce phénomène de rotation multi-chaînes complique encore l’analyse. Un même portefeuille peut acheter un memecoin sur Solana, basculer sur Robinhood Chain pour un nouveau lancement, puis revenir sur Dogecoin via un exchange centralisé. Les volumes s’additionnent, mais le capital net injecté dans le secteur peut rester stable, voire diminuer.

    La survie des nouveaux tokens : des chiffres qui font froid dans le dos

    L’étude de Bitquery portant sur la période du 1er novembre 2025 au 7 octobre 2026 est sans doute le document le plus éclairant sur la réalité du marché. Sur 11,5 millions de tokens ayant enregistré au moins une transaction, 8 984 141 provenaient de Pump.fun. Parmi ces derniers, 79 % n’ont plus jamais été échangés après le jour de leur lancement. Seulement 1,5 % ont encore enregistré au moins une transaction durant leur cinquième semaine. Et à peine 0,2 % ont atteint dix transactions ou plus dans cette même cinquième semaine.

    Le taux de graduation vers un pool de trading complet est d’un sur 58. Mais même ce seuil reste trompeur. Un tiers des graduations de septembre n’ont généré que trois trades ou moins. Traverser la bonding curve ne garantit en rien la constitution d’un marché liquide et diversifié.

    Les chiffres clés de la survie selon Bitquery

    • 79 % des tokens Pump.fun ne connaissent aucune transaction après le jour J.
    • 1,5 % seulement enregistrent au moins un trade en cinquième semaine.
    • 0,2 % atteignent dix trades ou plus à ce même horizon.
    • Un token sur 58 parvient à migrer vers un pool complet.
    • Sur Meteora DBC, 51 % meurent le jour même, mais seulement 1,9 % survivent jusqu’à la cinquième semaine.

    Ces données ne prédisent pas l’avenir de chaque nouveau projet. Elles fournissent cependant un point de comparaison historique extrêmement utile. Pour le quatrième trimestre, la cohorte intéressante sera celle des tokens lancés dans la première quinzaine d’octobre, observés à 24 heures, sept jours et cinq semaines. C’est à cette aune qu’il faudra juger si les conditions de marché ou les changements de frais ont réellement modifié le comportement des participants.

    Deux populations qui ne se mélangent pas

    Il existe en réalité deux marchés des memecoins qui cohabitent. D’un côté, les tokens historiques qui ont survécu à plusieurs cycles et disposent d’une liquidité relative et d’une base de détenteurs. De l’autre, le flux permanent de nouvelles émissions dont l’espérance de vie se compte en heures ou en jours. Les performances du secteur global peuvent rester positives grâce aux premiers pendant que les seconds s’évaporent. Ou l’inverse : une frénésie de lancement peut faire grimper certains pourcentages tandis que les leaders historiques perdent de la valeur.

    Cette dualité rend l’expression « saison des memecoins » particulièrement vague. Elle ne dit rien sur la localisation ni sur la durée de l’activité des acheteurs.

    Le changement de frais de Pump.fun : un test grandeur nature

    Le 17 octobre 2026, Pump.fun a introduit une nouvelle commission de plateforme de 0,45 % sur les trades effectués via son application web ou mobile par les portefeuilles sans code de parrainage (0,40 % avec code). Cette taxe s’ajoute aux frais déjà existants : 0,30 % pour le créateur et 0,95 % pour le protocole sur une bonding curve, soit 1,25 % au total avant la nouvelle charge.

    Un aller-retour de 1 000 dollars de chaque côté génère désormais 34 dollars de frais listés avant slippage et coûts de réseau pour un portefeuille non parrainé. Le changement crée une différence économique nette entre l’usage de l’application officielle et les interfaces tierces. Pump.fun précise que la nouvelle commission ne s’applique ni à Terminal ni aux interfaces externes.

    Pour la plateforme, le modèle économique reste viable même si la majorité des tokens meurent rapidement. Les revenus viennent du flux de créations et du turnover, pas de la longévité individuelle des projets. En août, les frais hebdomadaires avaient déjà dépassé les 10 millions de dollars à certains moments. Pour les traders, en revanche, chaque point de pourcentage supplémentaire grignote la marge disponible sur des mouvements déjà très volatils.

    Des frais qui ne changent pas forcément le comportement

    L’effet réel de cette modification reste à observer. Elle pourrait pousser une partie des utilisateurs vers des interfaces concurrentes, réduire la fréquence des trades ou n’avoir qu’un impact marginal face à la volatilité des prix. Seule la comparaison de cohortes avant et après le 17 octobre permettra de juger. Les taux historiques de Bitquery constituent un excellent benchmark pour cette mesure.

    Les tokens établis face à une question de demande différente

    Dogecoin, avec sa capitalisation six fois supérieure à celle de Shiba Inu et plus de sept fois celle de Pepe au 18 octobre, reste le meilleur baromètre de la demande pour les memecoins « adultes ». Sa liquidité et son accès large en font un actif particulier. Mais sa taille impose aussi une contrainte : il faut beaucoup plus d’achats nets pour obtenir le même pourcentage de hausse qu’un petit token.

    L’expérience de l’ETF Dogecoin de Bitwise, qui devait fermer après environ dix mois d’existence avec une dernière séance de trading prévue autour du 14 octobre, rappelle un point important. L’existence d’un véhicule d’investissement régulé n’équivaut pas automatiquement à une demande durable. Les marchés spot traditionnels, d’autres fonds et le trading direct via brokers continuent de servir des publics différents.

    Pepe et Shiba Inu offrent d’autres angles d’observation. Une hausse de Pepe accompagnée d’un volume soutenu sur plusieurs grandes plateformes n’a pas la même signification qu’un spike isolé sur un token tout juste lancé. L’historique long de Shiba Inu rend pertinent l’examen de la distribution de l’offre et des mouvements des grands portefeuilles, même quand les launchpads tournent à plein régime ailleurs.

    Les communautés restent difficiles à mesurer

    Le nombre d’adresses détentrices peut gonfler artificiellement quand un même individu utilise plusieurs portefeuilles. Les followers sur les réseaux sociaux peuvent rester actifs longtemps après que l’intérêt trading a disparu. Les indicateurs les plus fiables restent le volume de trading répété, la profondeur de liquidité disponible et le nombre de portefeuilles distincts qui continuent de transacter après plusieurs semaines. Aucun de ces outils n’identifie les motivations exactes des acheteurs, mais leur convergence dans le temps devient persuasive.

    Trois scénarios possibles pour la fin de l’année

    Partir du snapshot de 29,9 milliards du 18 octobre permet de poser des bornes conditionnelles, et non des prévisions. Un secteur à 35 milliards représenterait une hausse d’environ 17 %, 40 milliards une progression de 34 %. À l’inverse, 25 milliards signifieraient un recul de 16 %, et 20 milliards une baisse de 33 %.

    Le scénario d’expansion : 35 à 40 milliards

    Les leaders historiques maintiendraient ou augmenteraient leur valeur en dollars, tandis qu’une proportion plus importante de nouveaux tokens conserverait une activité de trading au-delà de la première semaine. Le volume de catégorie resterait soutenu, la liquidité s’approfondirait et l’activité se répartirait sur plusieurs chaînes. Les revenus des launchpads pourraient progresser, mais la preuve la plus convaincante serait une participation large qui survit à la fin des campagnes promotionnelles et de l’attention sociale initiale.

    Ce scénario s’affaiblirait si les gains de capitalisation dépendaient d’un seul actif historique ou d’une série de launches éphémères pendant que la profondeur de marché continue de se contracter.

    Le scénario de rotation : 25 à 35 milliards

    Le capital continuerait de circuler entre tokens établis et nouveaux thèmes sans faire progresser nettement le total. Dogecoin garderait une liquidité correcte tandis que les nouveaux venus connaîtraient des rallies courts suivis d’un silence radio. Les revenus des plateformes de lancement resteraient substantiels grâce au churn lui-même. Un secteur toujours autour de 30 milliards en décembre pourrait cacher d’importants gagnants et perdants sous l’agrégat. Seules des données cohérentes au niveau des tokens individuels et des cohortes permettraient de distinguer ce cas d’un véritable élargissement de la base d’acheteurs.

    Le scénario de contraction : 20 à 25 milliards

    Les tokens historiques perdraient suffisamment de capitalisation pour que quelques nouveaux gagnants ne puissent compenser. Un volume de catégorie en baisse, des spreads qui s’élargissent, une survie des cohortes récentes encore plus faible et une génération de frais on-chain en recul soutiendraient cette hypothèse. Un choc macroéconomique ou un reflux de l’appétit pour les actifs spéculatifs pourrait accélérer le mouvement, mais les données actuelles n’attribuent de probabilité précise ni à l’un ni à l’autre. Plusieurs semaines d’amélioration de la liquidité et d’activité persistante sur les coins établis comme sur les nouvelles cohortes viendraient contredire ce scénario.

    Ces trois chemins restent conditionnels. Les seuils de 35 ou 25 milliards ne constituent pas des supports ou résistances techniques, car une capitalisation de secteur est une somme d’actifs dont la composition et l’offre évoluent. Un changement de classification significatif par CoinGecko obligerait à reconstruire la série à périmètre constant avant d’interpréter le franchissement d’un seuil.

    Les arguments haussiers existent, mais ils ont des limites claires

    Le rapport du troisième trimestre de CoinGecko fournit un point de départ réel aux optimistes. L’activité memecoin a alimenté une part importante du volume sur Robinhood Chain, et le marché crypto global a connu une reprise nette en août. Les plus grands memecoins continuent de supporter des volumes de trading substantiels, et de nouvelles plateformes peuvent attirer des utilisateurs absents des cycles précédents. Certains mécanismes de récompense aux détenteurs pourraient prolonger l’engagement d’une partie des participants.

    Le contre-argument est tout aussi concret. Le volume moyen a baissé au troisième trimestre malgré la hausse de capitalisation. L’étude Bitquery montre une survie extrêmement faible au-delà de la première semaine pour la grande majorité des launches. L’activité sur Robinhood Chain s’est déjà refroidie par rapport à son pic de mi-septembre. Aucun de ces éléments ne prouve que le quatrième trimestre sera faible. Un indicateur de volume global n’est pas un indicateur de volume memecoin, les cohortes anciennes ne déterminent pas les futures, et le nombre de transactions d’une chaîne inclut bien plus que les seuls trades de meme. Ensemble, ils posent cependant les questions auxquelles une thèse haussière doit répondre avec des preuves ultérieures.

    Le secteur pourrait connaître un trimestre solide porté presque exclusivement par DOGE, SHIB et PEPE tandis que le taux de survie des launches resterait médiocre. L’inverse est également possible. Dans les deux cas, l’expression « saison des memecoins » devient trop large pour être informative.

    Le calendrier macro ne dicte pas le rythme des memecoins

    La Réserve fédérale se réunit les 27 et 28 octobre, et les données d’inflation américaine d’octobre sont attendues le 10 novembre. Une orientation moins restrictive pourrait soutenir la prise de risque, tandis qu’une surprise inflationniste pourrait la freiner. Le positionnement préalable et les flux spécifiques aux cryptos peuvent compliquer l’une ou l’autre réaction. L’analyse du quatrième trimestre devra vérifier ce que le secteur a réellement fait après ces publications, plutôt que d’inférer un effet mécanique à partir du calendrier seul.

    Ce que les données disponibles ne permettent toujours pas de savoir

    Ni la page de catégorie de CoinGecko ni l’étude Bitquery ne mesurent l’intégralité des flux de capital dans les memecoins. La capitalisation multiplie un prix par une offre en circulation ; elle ne signifie pas que les investisseurs ont injecté cette somme. Le volume peut inclure un turnover rapide du même capital. La survie d’un token enregistre des transactions, pas des sorties rentables. Les frais des launchpads sont les montants payés par les traders et peuvent être partagés entre protocole, créateurs, détenteurs et fournisseurs de liquidité.

    La comptabilité cross-chain ajoute une couche d’incertitude. Tokens wrappés, liquidité bridgée et projets aux noms similaires peuvent apparaître à plusieurs endroits. Une série sectorielle nécessite un ensemble de tokens défini et une convention de temps cohérente. Des snapshots de prix pris à un moment et des observations de volume à un autre peuvent créer des ratios qui semblent précis mais ne le sont pas.

    La cohorte Bitquery s’arrête au 7 octobre et ne peut donc pas montrer l’impact de la modification de frais du 17 octobre. Un changement de commission peut encourager l’usage d’autres interfaces, modifier la fréquence des trades ou n’avoir qu’un effet marginal face à la volatilité. Son influence réelle nécessite l’observation de cohortes comparables après l’entrée en vigueur du nouveau barème.

    Les résultats individuels des investisseurs restent particulièrement difficiles à déduire à partir d’exemples de tokens réussis. Le gain réalisé d’un portefeuille exige de connaître le moment d’achat, le nombre d’unités vendues, la liquidité de sortie disponible et l’ensemble des frais payés. Une capitalisation de marché citée ou un solde non réalisé n’équivaut pas à un retour en cash.

    Les indicateurs à surveiller d’ici la fin de l’année

    • Capitalisation de catégorie et composition : comparer le total quotidien de CoinGecko avec les mêmes grands tokens et vérifier si des reclassements modifient la série.
    • Volume et liquidité : suivre les volumes quotidiens répétés ainsi que la profondeur des carnets d’ordres ou des pools pour DOGE, SHIB, PEPE et un échantillon de nouveaux tokens.
    • Survie à sept jours et cinq semaines : comparer les cohortes d’octobre avec les benchmarks Bitquery de 79 % de décès le jour même et 1,5 % de survie en cinquième semaine, une fois le temps d’observation écoulé.
    • Frais et revenus des launchpads : observer si le volume de trading, les revenus de plateforme et les récompenses aux créateurs ou détenteurs progressent ensemble après le 17 octobre.
    • Activité multi-chaînes : comparer les patterns de transactions et de volume DEX entre Solana et Robinhood Chain sans considérer chaque transaction comme un nouvel investisseur memecoin.

    Le quatrième trimestre 2026 ne se jouera probablement pas sur l’apparition d’un nouveau token miracle. Il se jouera sur la capacité du secteur à transformer une partie du flux spéculatif en détention plus durable. Les données actuelles montrent clairement que cette transformation reste rare. Elles montrent aussi que le capital continue de circuler, que les plateformes continuent d’encaisser des frais, et que les tokens historiques conservent une place à part. Entre expansion, simple rotation et contraction, les prochaines semaines apporteront des réponses mesurables. Encore faudra-t-il regarder au-delà des pourcentages de gain du jour pour les trouver.

    La question initiale reste entière : le secteur peut-il trouver des acheteurs qui restent ? Pour l’instant, la réponse la plus honnête est que la grande majorité des tokens n’en trouvent pas. Seuls les prochains mois diront si les conditions de marché, les évolutions de frais ou un éventuel retour d’appétit spéculatif élargi parviennent à modifier cette statistique. En attendant, la prudence consiste à distinguer soigneusement la santé des leaders historiques de celle du flux permanent de nouvelles émissions. Confondre les deux revient à lire le marché avec un œil fermé.

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    Steven Soarez
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