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    Californie Interdit Aux Élus De Lancer Des Meme Coins

    Steven SoarezDe Steven Soarez28/09/2026Aucun commentaire20 Mins de Lecture
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    Peut-on vraiment interdire un jeton qui circule déjà sur une chaîne ouverte au monde entier ? C’est la question que pose, sans détour, la Californie après la signature d’un texte visant les meme coins liés à des figures publiques. Le gouverneur Gavin Newsom a officialisé le 27 septembre 2026 une mesure que le Sénat et l’Assemblée avaient adoptée à l’unanimité. Sur le papier, l’intention est claire : empêcher certains élus et agents publics de monétiser leur fonction via un actif numérique spéculatif. Dans les faits, le périmètre est plus étroit, plus technique, et beaucoup plus dépendant des plateformes que d’un « bouton supprimer » sur la blockchain.

    Ce Que Change Vraiment La Loi Californienne

    L’histoire récente des jetons politiques a laissé des traces. Des lancements très médiatisés ont mêlé notoriété, liquidité instantanée et pertes pour une partie des acheteurs tardifs. Le Palais du Capitole de Sacramento a choisi de répondre par une règle d’éthique plus que par une interdiction générale du marché des mèmes. Le texte, désormais inscrit au Government Code, ne prétend pas effacer un contrat intelligent ni geler chaque portefeuille. Il distingue deux gestes : émettre, et lister pour un résident californien.

    Cette distinction est le véritable cœur du dossier. Une personne couverte par la loi ne doit plus mettre un tel actif à disposition du public, que ce soit contre paiement, don ou échange de valeur. Une plateforme, de son côté, se voit interdire un listing précis, mais seulement si le jeton est né à partir du 1er janvier 2027 et s’il est offert par un officiel, ou en partenariat avec lui. Autrement dit, l’image d’un visage célèbre ne suffit plus. Il faut un lien d’offre. C’est là que le récit politique et le texte juridique cessent de se superposer parfaitement.

    Arrêter un élu qui lance un jeton n’est pas la même chose qu’arrêter chaque transaction qui suivra.

    Lecture du texte adopté

    Deux Interdictions, Pas Un Ban Planétaire

    La première interdiction vise un officier public ou un employé public défini de manière restrictive. Elle interdit d’émettre un meme coin. Émettre, dans le vocabulaire du texte, n’exige pas une campagne publicitaire. Rendre l’actif disponible à l’achat, au don ou à l’échange peut suffire. On n’attend pas non plus la preuve d’un profit personnel pour que la règle s’applique. L’idée est de couper le geste initial, celui qui ouvre le robinet.

    Le champ des personnes concernées n’est pas infini. Sont visés les élus et nommés de l’État et des collectivités locales, ainsi que les membres de conseils, commissions et organes consultatifs. Du côté des salariés, seuls ceux qui détiennent un pouvoir de décision sur les appels d’offres et les contrats tombent dans le filet. Un agent sans compétence d’achat public n’est pas, par ce seul statut, assimilé à un émetteur potentiel au sens de la loi. Cette frontière évite de transformer chaque fonctionnaire en suspect par défaut.

    La seconde interdiction s’adresse au prestataire de services d’actifs numériques. Elle lui interdit de lister, pour la vente ou l’achat au bénéfice d’un résident californien, un meme coin qui cumule deux conditions. Premièrement, le jeton a été émis à compter du 1er janvier 2027. Deuxièmement, il est offert par un officiel fédéral, ou par un officier public d’État ou local, ou en partenariat avec l’un d’eux. Le mot « et » pèse lourd. Sans date, pas de clause plateforme. Sans offre ou partenariat, pas de clause plateforme non plus.

    Ce que le texte cible réellement

    • L’émission par certains élus et agents californiens ayant un pouvoir contractuel.
    • Le listing, auprès de résidents de l’État, de jetons officiels émis à partir de 2027.
    • Une action civile en injonction et en restitution des gains, pas un délit pénal nouveau.
    • Un official fédéral uniquement dans le volet plateforme, pas dans l’interdiction d’émission locale.

    Pourquoi La Version Finale Parle D’Offre Et Non De Visage

    Une version antérieure du volet plateforme s’appuyait sur la ressemblance ou l’image d’un officiel. Le 21 août, le Sénat a modifié cette formulation. Le texte adopté exige désormais une offre par l’officiel, ou un partenariat avec lui. Or le communiqué du gouverneur a continué de parler d’un jeton portant l’effigie d’un responsable. L’intention politique reste lisible. La règle opposable au juge, elle, a changé de critère.

    Imaginez deux jetons fictifs. Le premier est frappé par un inconnu qui colle le portrait d’un élu sans autorisation, sans contrat, sans partage de recettes. Le second n’affiche aucun visage, seulement un logo abstrait, mais il est vendu dans le cadre d’un arrangement documenté avec l’officiel. Le premier peut entrer dans la définition large du meme coin. Il ne satisfait pas, à lui seul, le test d’offre ou de partenariat. Le second, lui, se rapproche davantage de la clause de listing, même sans photographie.

    Cette bascule n’est pas un détail de rédaction. Une image se constate en une seconde. Un partenariat peut se cacher derrière une société de licence, un intermédiaire marketing, un droit de redevance ou un portefeuille contrôlé. Le législateur a donc réduit le risque de frapper des parodies non autorisées. En échange, il a rendu plus exigeante la preuve lorsqu’un lien économique est volontairement brouillé.

    Une photo ne prouve pas une offre. Une offre n’a pas besoin d’une photo.

    Conséquence de l’amendement du 21 août

    Comment La Loi Définit Un Meme Coin

    Le texte ne se contente pas de viser « tout jeton amusant ». Il décrit un actif numérique principalement commercialisé ou reconnu à travers des mèmes, des figures publiques, des personnages fictifs, des animaux, des phénomènes culturels, l’actualité, l’humour partagé, des célébrités ou des tendances sociales. Sa valeur doit provenir surtout de l’intérêt public, de la spéculation ou de l’engagement communautaire. Cette double exigence, association et valeur, ouvre la porte aux contestations factuelles.

    Un défendeur pourra soutenir que son jeton a une autre fonction principale. Un régulateur devra démontrer les éléments du statut, pas seulement désigner un actif impopulaire. Rien n’empêche, par ailleurs, qu’un projet se présente comme utilitaire tout en vivant de la rumeur. Le juge devra alors peser le discours commercial, les canaux de promotion et la réalité économique de l’actif. Ce travail de qualification n’est pas automatique. Il sera au centre des premiers dossiers.

    Il faut aussi rappeler ce que la définition ne fait pas. Elle ne transforme pas chaque meme coin en titre financier fédéral. Elle ne tranche pas une affaire de fraude. Elle n’ajoute pas, à elle seule, une obligation de licence déjà prévue ailleurs dans le droit californien des actifs numériques. Le texte greffe une règle d’éthique et de listing sur un corpus déjà dense. Les autres régimes continuent de vivre leur vie.

    Ce Qu’Une Place De Marché Peut Couper, Et Ce Qu’Elle Ne Peut Pas

    Une plateforme centralisée qui tient des comptes clients peut savoir à qui elle propose une paire de trading. Elle peut retirer un produit de l’écran d’un résident californien. Elle peut exiger l’identité de l’émetteur, demander des contrats, lire les déclarations publiques, puis refuser un listing si le doute demeure trop fort. Ces gestes pratiques ne sont pas un mode d’emploi gravé dans la loi. Ils illustrent seulement le type de décision que le mot « listing » rend saisissable.

    Un bassin de liquidité décentralisé fonctionne autrement. Un jeton peut être créé, déposé dans une réserve et échangé par n’importe quel portefeuille qui interagit avec le contrat. Une interface web peut filtrer l’accès selon la localisation. Elle n’efface pas la réserve. Elle n’empêche pas un utilisateur de parler directement au contrat. Savoir si un front-end, un opérateur de pool ou un autre intermédiaire entre dans la définition fédérale de prestataire incorporée par le texte exigera une analyse de conduite, cas par cas.

    Le mot listing n’est pas une interdiction de détenir. Il n’interdit pas d’envoyer un jeton d’un portefeuille à un autre. Il ne couvre pas chaque échange hors plateforme. Il ne déclare pas illicites tous les meme coins. Il vise l’émission par certaines personnes publiques californiennes et une catégorie définie de mises en marché destinées aux résidents. Toute autre infraction, fraude, sanctions, titre financier ou agrément, se juge sous sa propre norme.

    Questions qu’une plateforme devra encore trancher

    • À quelle date exacte l’actif a-t-il été rendu disponible ?
    • L’officiel a-t-il participé à l’offre, ou s’est-il contenté d’un commentaire ?
    • Un soutien tardif transforme-t-il un jeton indépendant en partenariat ?
    • Une migration ou un jeton enveloppé constitue-t-elle une nouvelle émission ?

    Le 1er Janvier 2027 N’Est Pas Un Grand Nettoyage Rétroactif

    La clause plateforme vise un meme coin émis à compter du 1er janvier 2027. Elle ne dit pas que tous les jetons déjà associés à un politicien doivent disparaître des écrans californiens le jour de l’an. Un actif peut continuer de changer de mains en 2027 tout en ayant été lancé en 2025 ou 2026. Sur le seul texte, cette émission ancienne ne remplit pas la condition de date.

    Cette ligne temporelle compte pour le jeton le plus cité dans le débat public, lancé en janvier 2025. Le communiqué du gouverneur en a fait l’exemple politique du texte. La date de 2027 empêche pourtant de présenter la nouvelle clause plateforme comme une interdiction rétroactive de lister cet actif existant, au seul motif que des Californiens peuvent encore l’acheter. Un jeton officiel né en 2027 pose un autre cas. D’autres règles, et d’autres politiques internes d’échange, peuvent s’appliquer à l’un comme à l’autre. Elles ne réécrivent pas la date que le législateur a choisie.

    L’interdiction d’émission qui pèse sur les officiers et employés californiens figure dans un autre alinéa, sans la formule « à compter de 2027 ». Il faut lire les règles d’entrée en vigueur avec cette séparation. Une plateforme ne peut pas emprunter le libellé de l’émission pour étendre vers le passé sa propre interdiction. De même, une émission ancienne ne devient pas automatiquement une infraction nouvelle du seul fait que des acheteurs continuent de trader après l’entrée en vigueur.

    Prenons deux hypothèses. Un jeton est rendu disponible le 31 décembre 2026 par un officiel. Un autre, dans un montage identique, apparaît le 1er janvier 2027. Seul le second satisfait la date explicite du volet plateforme. Si le premier était relancé sous un nouveau contrat, les faits de cette seconde naissance pourraient compter. Le texte ne règle pas chaque scénario de migration. L’autorité de poursuite devrait alors démontrer quand l’actif en cause a été émis.

    Qui Peut Agir, Et Quelles Sanctions Le Texte Prévoit

    La Californie a choisi la voie civile. Le procureur général peut demander une injonction contre une violation de la section 7599.211 et y joindre une prétention en restitution des gains. Les procureurs de district, avocats des villes et conseils de comté peuvent faire appliquer l’alinéa qui interdit aux officiers et employés d’émettre. Leur pouvoir, dans ce texte, s’arrête à cet alinéa. Ils n’héritent pas, par ces lignes, du même dossier autonome contre un listing de plateforme.

    Une injonction est un ordre de cesser une conduite interdite. La restitution vise à reprendre des gains liés à la prétention. Ni l’une ni l’autre n’équivalent à un remboursement automatique de chaque acheteur pour chaque moins-value. Il faut une action, puis une décision judiciaire selon les standards applicables. Le texte ne crée pas, dans les dispositions décrites ici, une infraction pénale nouvelle.

    Dans une affaire d’émission, le rôle de l’officiel pourra se déduire d’accords de paiement, du contrôle de comptes officiels, d’une allocation de jetons ou de contrats. Dans une affaire de plateforme, la résidence du client et l’acte de lister deviennent centraux. Un explorateur de blocs montre des transferts. Il n’établit pas, à lui seul, le domicile d’un client, un pacte privé ou l’autorisation d’un listing. L’écart entre traces publiques et faits juridiquement nécessaires explique pourquoi une enquête devra aller au-delà de la chaîne.

    Le législateur n’a pas donné aux procureurs californiens le pouvoir de contraindre des validateurs indépendants, partout dans le monde, à inverser des transactions. Un tribunal peut agir contre des personnes et des entités dans son ressort. Il ne transforme pas un règlement irréversible en solde que l’État pourrait simplement éditer. Les recours utiles se concentrent sur les officiels, les prestataires couverts et les gains que l’on peut prouver et atteindre.

    Le Vote Unanime Et L’Argument D’Éthique Publique

    Le 26 août, le texte porté par le député Avelino Valencia a franchi les deux chambres sans voix contre : 40 voix contre 0 au Sénat, 78 contre 0 à l’Assemblée. Les considérants affirment qu’un responsable public ne doit pas utiliser l’autorité confiée pour un gain privé, et que la promotion officielle d’instruments financiers ouvre des conflits ainsi que des logiques de faveur. L’annonce du gouverneur a inscrit cette préoccupation dans le sillage d’un jeton présidentiel et de pertes d’investisseurs rapportées.

    La meilleure défense d’une clause finale plus étroite est simple. Un élu ne commande pas chaque inconnu qui frappe un jeton à son effigie. Interdire à une plateforme de lister tout actif portant un visage public viserait aussi des parodies et des arnaques auxquelles l’officiel n’a jamais pris part. Relier la restriction de listing à une offre ou à un partenariat rattache la contrainte à la conduite que le législateur disait vouloir décourager. L’amendement d’août conforte cette lecture du libellé adopté.

    Le contre-poids s’appelle preuve. Une image se reconnaît. Un partenariat se dissimule. Le statut ne dit pas quel degré d’implication fait d’un officiel un partenaire de l’offre. On peut en déduire qu’un texte plus étroit protège certaines formes d’expression d’un test trop large fondé sur le portrait, tout en demandant davantage d’investigation lorsque le lien économique est occulté. Les deux effets naissent du même amendement. Ils ne permettent pas, pour autant, d’imputer une responsabilité à une personne nommée sur la seule ressemblance d’un jeton.

    Le législateur a préféré un lien d’offre à un test de ressemblance. La preuve en sera plus lourde, et parfois plus juste.

    Enjeu d’application

    Ce Que La Californie Ne Trancher Pas À La Place De Washington

    Le texte ne décide pas si un meme coin est un titre. Il ne dit pas si un transfert est frauduleux. Il ne statue pas sur la nécessité d’un agrément déjà exigé par un autre régime. Sa définition sert à identifier un meme coin pour les besoins de cette règle. Elle n’attribue pas une qualification fédérale à chaque actif qui y entre. L’État dispose déjà d’un encadrement plus large des métiers d’actifs numériques. Cette loi y ajoute une pièce d’éthique et de mise en marché.

    Le débat fédéral avance sur sa propre voie, avec des propositions d’éthique visant les officiels et les jetons. Ces discussions ne transforment pas la mesure californienne en interdiction nationale d’émission. Le jeton d’un officiel fédéral n’entre dans le volet plateforme de l’État que s’il satisfait la date future, le test d’offre ou de partenariat, et si un prestataire le liste pour un résident. Un État peut fermer une vitrine locale. Il ne ferme pas le réseau.

    Les places privées peuvent d’ailleurs aller plus loin que la loi. Elles peuvent refuser tous les jetons politiques, interdire l’usurpation d’identité ou écarter un actif qu’elles ne parviennent pas à investiguer. Un projet peut aussi chercher des acheteurs avant qu’une plateforme décide de l’accueillir. Cette décision commerciale n’est pas la preuve qu’une classe entière a été interdite par Sacramento. Un client verra souvent des disponibilités différentes d’une enseigne à l’autre, selon le niveau de diligence que chacune s’impose.

    La Frontière Floue Du Prestataire De Services

    Le défi le plus durable pour l’État sera de dessiner le contour du prestataire lorsqu’une opération passe par un portefeuille, une page web, un bassin de liquidité et des nœuds indépendants. Le texte reprend une définition fédérale par renvoi. Les tribunaux devront encore l’appliquer à des faits concrets. Un site qui contrôle un listing et une clientèle ne ressemble pas à une personne qui publie un logiciel à usage général. Le libellé ne règle pas chaque litige futur sur cette ligne de crête.

    On touche ici une tension classique du droit des réseaux ouverts. L’autorité publique sait agir contre un intermédiaire identifiable, une filiale, un compte, un dirigeant, une recette localisable. Elle sait beaucoup moins dicter le sort d’un contrat déployé, recopié, relancé sous une autre adresse. Cette asymétrie n’est pas propre à la Californie. Elle explique pourquoi tant de débats sur les actifs numériques finissent par porter sur les portes d’entrée plutôt que sur le registre lui-même.

    Dans la pratique, on peut donc s’attendre à des politiques de géorestriction, à des questionnaires d’émetteur, à des refus prudents, parfois à des contentieux sur la qualification d’un service. On peut aussi s’attendre à ce que des jetons continuent de vivre dans des cercles plus opaques, moins visibles, moins liquides pour le grand public californien, mais toujours accessibles à qui accepte de quitter l’interface la plus commode. L’effet utile de la loi se mesurera d’abord là : sur la facilité d’accès, pas sur l’existence ontologique de l’actif.

    Ce Qu’Il Faudra Observer Après La Signature

    Le premier test viendra du premier dossier. Il dira si l’État allègue une émission par un officiel, un listing couvert, ou les deux. Il dira quelles pièces relient l’officiel au jeton. Il dira quelle mesure le tribunal est invité à prononcer. Tant que ce dossier n’existe pas, affirmer que la loi met fin à tout trading politique dépasse le texte. Mieux vaut suivre des signaux précis, moins spectaculaires, plus révélateurs.

    • Le libellé définitif de la section 7599.211 et d’éventuels amendements ultérieurs sur l’offre et le partenariat.
    • Les lancements de 2027, en comparant la date réelle de première mise à disposition avec le seuil du volet plateforme.
    • Les avis des plateformes qui restreindraient un listing pour les seuls résidents californiens.
    • Les plaintes civiles qui identifieront la conduite reprochée et la réparation demandée.
    • Les preuves d’affiliation, contrats, allocations, canaux officiels, qui séparent une offre autorisée d’une imitation autonome.

    Une Lecture Utile Pour L’Épargnant Comme Pour L’Observateur

    Pour un résident, la leçon immédiate n’est pas « tous les jetons politiques disparaissent ». Elle est plus prosaïque. L’écran d’une grande plateforme peut changer. L’offre d’un officiel californien couvert devient juridiquement plus risquée. Un actif déjà né avant 2027 peut rester visible, sous réserve d’autres règles. Un actif nouveau, lié à une offre officielle, peut être retiré de certains canaux locaux. La liquidité, le prix et le récit médiatique continueront de vivre ailleurs.

    Pour un observateur du droit, la leçon est institutionnelle. Un État riche, peuplé, influent sur l’industrie technologique peut déplacer le centre de gravité des mises en marché sans prétendre gouverner la chaîne. Il agit sur l’éthique des siens et sur les vitrines qui veulent servir ses habitants. C’est une stratégie de point de passage. Elle n’est ni négligeable, ni magique. Elle laisse intacte une part du marché pair à pair, tout en rendant plus coûteuse la stratégie qui consistait à coupler fonction publique, lancement spéculatif et listing grand public.

    Pour l’écosystème des meme coins, enfin, le signal est ambivalent. D’un côté, le texte reconnaît que ces actifs existent assez pour mériter une définition et une police ciblée. De l’autre, il refuse d’en faire une catégorie hors-la-loi. Le mème reste un langage de marché. Ce que Sacramento refuse, c’est qu’un mandat public serve de rampe de lancement, surtout lorsque la valeur tient à l’attention plus qu’à un service. Cette nuance mérite d’être gardée, car elle évite deux caricatures : celle d’un État impuissant, et celle d’un État capable d’éteindre un registre mondial.

    Réponses Courtes Aux Questions Que Pose Déjà Le Texte

    La Californie n’a pas interdit tous les meme coins. Elle a interdit une émission par des officiers et employés publics précisément définis. Elle a aussi encadré, pour les résidents, le listing d’une catégorie de jetons officiels nés à partir de 2027. Newsom a annoncé la signature le 27 septembre 2026, après le vote unanime du 26 août. Le volet plateforme n’atteint pas, par sa seule date, un jeton lancé en janvier 2025. Une photographie d’élu ne déclenche pas, à elle seule, l’interdiction de listing. Un officiel fédéral n’est pas frappé par l’interdiction d’émission californienne ; il peut l’être, indirectement, si un prestataire liste pour un résident un jeton futur offert avec lui.

    Les procureurs ne reçoivent pas le pouvoir de figer chaque transfert. Ils peuvent demander d’arrêter une conduite et de rendre des gains. Le procureur général couvre l’ensemble des interdictions du dispositif. Les autorités locales, dans ce texte, tiennent surtout le volet émission. La date à surveiller pour les plateformes reste le 1er janvier 2027, à condition d’y ajouter le rôle de l’officiel et la résidence du client. Ces rappels n’équivalent à aucun conseil d’investissement. Ils servent à lire un statut, pas à choisir un actif.

    À retenir sans forcer le trait

    • La loi a deux cibles : l’émetteur public californien couvert, et le listing local d’un jeton officiel futur.
    • Le critère décisif n’est plus le visage, c’est l’offre ou le partenariat.
    • Une chaîne sans permission n’offre pas de bouton d’effacement à Sacramento.
    • L’efficacité se jouera sur les intermédiaires, les preuves et les premiers dossiers.

    Pourquoi Cette Affaire Déborde Le Seul Cas Californien

    D’autres juridictions regardent le même problème sous des angles différents : conflit d’intérêts, protection du consommateur, qualification d’instrument financier, publicité trompeuse. La Californie a choisi une voie mixte, à la fois déontologique et commerciale. Elle parle aux élus d’abord, aux plateformes ensuite. Cette architecture peut inspirer, ou au contraire servir de contre-modèle si l’application se révèle trop lourde ou trop facile à contourner. Le débat ne s’arrêtera donc pas à Sacramento.

    On voit déjà se dessiner trois familles d’arguments. La première insiste sur la confiance publique : un mandat n’est pas un levier de lancement. La seconde insiste sur la liberté d’expression et le risque de viser des imitations. La troisième insiste sur l’efficacité : sans prise sur le registre, la règle ne ferait que déplacer le trading. Le texte adopté tente une synthèse. Il rétrécit le test d’image, il date le listing, il civilise la sanction. Reste à savoir si cette synthèse résistera au premier dossier réellement litigieux.

    Dans l’intervalle, le marché des jetons politiques n’attend pas. Des projets chercheront encore l’attention. Des plateformes ajusteront leurs grilles. Des élus calculeront le coût réputationnel d’un lancement, même hors Californie. Des acheteurs continueront de confondre notoriété et valeur. La loi ne supprime pas cette confusion. Elle rend plus délicat le moment où la notoriété publique se convertit, en Californie, en produit listé. C’est déjà beaucoup. Ce n’est pas tout.

    Une Conclusion Prudente Sur Un Pouvoir Inégal

    Alors, la Californie peut-elle arrêter le trading ? Elle peut entraver certaines émissions. Elle peut assécher certaines vitrines locales pour des jetons futurs liés à une offre officielle. Elle peut poursuivre, enjoindre, demander la restitution de gains. Elle ne peut pas, avec ce seul texte, effacer un actif d’un registre ouvert, ni prétendre remonter chaque échange de portefeuille à portefeuille. La réponse honnête est donc inégale. Elle dépend du canal, de la date, du lien avec l’officiel, et de la capacité à prouver ce lien.

    Cette inégalité n’est pas un échec par défaut. C’est le reflet d’une architecture technique que le droit public découvre encore. On régule plus facilement une porte qu’une place sans maître. On sanctionne plus facilement une personne qu’un protocole. On dissuade plus facilement un listing qu’une rumeur. Comprendre cela évite les titres trop larges. Cela permet aussi de juger la loi pour ce qu’elle est : une règle d’éthique appliquée à un marché bruyant, pas une baguette capable d’éteindre le bruit.

    Le prochain chapitre ne s’écrira pas dans un communiqué. Il s’écrira dans une assignation, une notice de plateforme, un calendrier d’émission, peut-être un débat sur un partenariat dissimulé. Jusque-là, la phrase la plus fidèle au texte reste simple. La Californie a fermé une porte à ses élus et à certains écrans. Le reste du couloir, lui, n’a pas disparu.

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    Steven Soarez
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