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    Chute Des Ventes NFT, Panini Explose À +557 %

    Steven SoarezDe Steven Soarez03/10/2026Aucun commentaire21 Mins de Lecture
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    Quarante millions de dollars en une semaine, et pourtant le marché des NFT donne l’impression de se vider. Entre le 26 septembre et le 3 octobre 2026, les ventes mondiales de jetons non fongibles sont tombées à 40,88 millions de dollars, soit un recul de 23,48 % par rapport aux sept jours précédents. Le paradoxe saute aux yeux dès qu’on regarde les autres compteurs : les adresses acheteuses ont grimpé de 28,79 % pour atteindre 206 788, les vendeurs ont progressé de 31,99 % à 197 297, et les transactions ont augmenté de 8,44 % jusqu’à 863 295. Moins d’argent, plus de monde. C’est tout le sujet de cette semaine.

    Le chiffre précédent se reconstitue facilement. Une baisse de 23,48 % qui aboutit à 40,88 millions implique un palier antérieur d’environ 53,42 millions. Le marché a donc perdu près de 12,54 millions de dollars de volume enregistré en sept jours. Divisé par le nombre de transactions, le ticket moyen ressort autour de 47,35 dollars. On est très loin des enchères à six chiffres qui faisaient la une en 2021. On est aussi très loin d’un marché mort : près d’un million d’opérations en une semaine, c’est une activité de place de marché, pas un musée.

    Une semaine où le volume baisse et la foule grossit

    Les données agrégées par CryptoSlam, reprises le 3 octobre, dessinent un marché à deux vitesses. D’un côté, le dollar recule. De l’autre, les adresses actives se multiplient. Cette dissociation n’est pas un détail statistique. Elle dit quelque chose sur la nature des objets qui s’échangent : moins de pièces rares à prix élevé, davantage de lots modestes, souvent liés à des cartes physiques ou à des objets de collection tokenisés.

    Au même moment, le reste du marché crypto ne donne pas un signal de panique. Bitcoin se négociait près de 84 638 dollars, Ethereum autour de 2 676 dollars, et la capitalisation globale avoisinait 2 980 milliards. Les NFT ne suivent plus mécaniquement le bitcoin. Ils ont leur propre calendrier, leurs propres collections, et surtout leurs propres biais de mesure.

    Ce que la semaine du 3 octobre montre vraiment

    • Volume des ventes : 40,88 millions de dollars, en baisse de 23,48 %.
    • Transactions : 863 295, en hausse de 8,44 %.
    • Acheteurs : 206 788 adresses, en hausse de 28,79 %.
    • Vendeurs : 197 297 adresses, en hausse de 31,99 %.
    • Ticket moyen approximatif : 47,35 dollars.

    Le ticket moyen mérite qu’on s’y arrête. À moins de cinquante dollars, une vente typique ne ressemble plus à l’achat d’un CryptoPunk. Elle ressemble à l’achat d’une carte, d’un pack, d’un objet de jeu ou d’un jeton de collection à faible prix unitaire. Quand le nombre d’opérations monte et que le montant total baisse, la composition du panier change. Ce n’est pas seulement une question de prix du marché. C’est une question de mix.

    Pourquoi plus d’adresses ne veut pas dire plus de conviction

    Une adresse n’est pas une personne. Un même collectionneur peut en ouvrir plusieurs. Un market maker peut fragmenter ses flux. Un bot peut multiplier les allers-retours. La hausse simultanée des acheteurs et des vendeurs, presque du même ordre de grandeur, suggère un marché plus large en surface, pas forcément plus profond en capital. Les 206 788 adresses acheteuses face aux 197 297 adresses vendeuses indiquent un équilibre presque symétrique. Beaucoup de participants, peu d’asymétrie entre offre et demande.

    Cette symétrie a une conséquence concrète. Quand acheteurs et vendeurs progressent ensemble, le volume peut rester fluide sans qu’un camp ne domine. Le prix d’un objet rare peut alors chuter simplement parce que les enchères haut de gamme se font rares, pendant que le bas du marché continue de tourner. C’est exactement le schéma de la semaine : les grandes collections historiques reculent, les flux de cartes et de petits tickets tiennent la cadence.

    Il faut aussi lire le chiffre des transactions avec prudence. 863 295 opérations, c’est beaucoup. Rapporté au volume, cela confirme le ticket bas. Rapporté aux acheteurs, cela donne environ quatre transactions par adresse acheteuse sur la semaine. Rien d’excessif pour un marché de cartes. Beaucoup pour un marché de pièces uniques à plusieurs dizaines d’ether. Le profil d’usage a basculé.

    Le contexte de prix du bitcoin et de l’ether

    Un ether à environ 2 676 dollars change la lecture des ventes libellées en crypto. Une vente de 45 ETH, comme celle du CryptoPunk numéro 6489, représente un peu plus de 121 000 dollars. En 2021, le même nombre d’ether aurait raconté une autre histoire en dollars. Aujourd’hui, le dollar pèse plus lourd dans le récit médiatique, parce que plusieurs des plus grosses transactions de la semaine ont été réglées en USDC, pas en ether.

    Bitcoin près de 84 638 dollars n’a pas entraîné les NFT dans son sillage. La capitalisation globale proche de 3 000 milliards montre un marché crypto large, liquide, mais sélectif. Les NFT n’en captent qu’une fraction infime. Quarante millions sur sept jours, face à des milliers de milliards de capitalisation, c’est un compartiment spécialisé. Le traiter comme un baromètre du bitcoin serait une erreur de lecture.

    Le volume en dollars raconte la taille du marché. Le nombre d’adresses raconte sa largeur. Cette semaine, les deux histoires se contredisent, et c’est précisément ce qui la rend intéressante.

    Ethereum reste en tête, mais perd presque la moitié

    Ethereum conserve la première place des blockchains avec 17,08 millions de dollars de ventes. La baisse atteint pourtant 42,01 %. Le réseau représente encore environ 41,8 % du total mondial. Sa part reste dominante. Son élan, non. Les acheteurs ethereum ont augmenté de 57,75 % pour s’établir à 30 041. Même schéma que le marché global : plus de participants, moins de dollars.

    Le wash trading enregistré séparément sur Ethereum a reculé de 15,40 % à 908 894 dollars. Additionné aux ventes, le total combiné avoisine 17,99 millions. La part de volume suspect reste donc limitée sur cette chaîne, autour de 5 % du combiné. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas le problème principal d’Ethereum cette semaine. Le problème principal, c’est la disparition des gros tickets historiques.

    Credits, collection basée sur Ethereum, illustre ce reflux. Elle termine deuxième des collections avec 2,22 millions, en chute de 56,92 %. Les transactions tombent de 35,75 % à 36 660. Les acheteurs chutent de 54,17 % à 1 917. Les vendeurs plongent de 66,78 % à 3 632. Quand une collection qui pesait lourd se contracte de plus de moitié, le classement des chaînes suit. Ethereum paie ici la note d’un marché secondaire moins actif sur ses objets à prix moyen et élevé.

    Polygon, le deuxième qui cache un premier problème

    Polygon arrive deuxième avec 8,21 millions de ventes, en hausse de 12,89 %. Les acheteurs atteignent 47 606, en progression de 26,97 %. La chaîne pèse environ 20,1 % du total. Sur le papier, c’est la bonne surprise du classement des réseaux. Dans le détail, le tableau se complique.

    Le wash trading sur Polygon s’élève à 22,98 millions, en hausse de 22,44 %. Il dépasse les ventes elles-mêmes. Le total combiné atteint 31,19 millions. CryptoSlam classe pourtant la chaîne selon les 8,21 millions de ventes, pas selon le combiné. C’est une distinction essentielle. Sans elle, Polygon passerait devant Ethereum. Avec elle, la deuxième place reste une deuxième place de ventes nettes, pas de volume brut.

    Pourquoi un tel écart ? Parce qu’une grande partie de l’activité polygonienne de la semaine est concentrée. Courtyard, la collection leader, représente environ 89 % des ventes enregistrées de Polygon et 17,9 % des ventes NFT mondiales. Quand une seule collection porte une chaîne, le moindre biais de mesure, le moindre aller-retour, le moindre programme de liquidité se voit dans les totaux. Le wash trading supérieur aux ventes n’invalide pas Courtyard. Il oblige à séparer ce qui est une vente et ce qui est un volume gonflé.

    Classement des blockchains sur sept jours

    • Ethereum : 17,08 millions, −42,01 %, environ 41,8 % du total.
    • Polygon : 8,21 millions, +12,89 %, environ 20,1 % du total.
    • Bitcoin : 3,83 millions, −25,56 %.
    • Base : 2,25 millions, −21,98 %.
    • BNB Chain : 2,16 millions, −18,97 %.
    • Immutable : 2,12 millions, −12,73 %.
    • Solana : 1,95 million, +1,96 %.
    • Panini : 1,87 million, +557,53 %.

    Bitcoin, Base et BNB Chain dans le ventre mou

    Bitcoin se classe troisième avec 3,83 millions, en baisse de 25,56 %. Les acheteurs progressent de 30,73 % à 10 377. Le wash trading recule de 24,93 % à 82 563 dollars. Le combiné avoisine 3,92 millions. Ici, le volume suspect est marginal. La baisse est donc plus « propre » que sur Polygon ou Base. Elle reflète surtout un moindre appétit pour les ordinaux et les BRC-20 de la semaine, à l’exception notable de la collection $ATMC.

    Base occupe la quatrième place avec 2,25 millions, en recul de 21,98 %. Les acheteurs montent de 14,96 % à 3 373. Le wash trading, lui, explose de 79,93 % à 4,80 millions. Le combiné atteint 7,05 millions. Autrement dit, le volume artificiel ou circulaire dépasse largement les ventes. Base illustre un cas où le classement officiel sous-estime l’agitation et surestime, si on ne lit pas la colonne séparée, la santé commerciale.

    BNB Chain suit avec 2,16 millions, en baisse de 18,97 %. Les acheteurs gagnent 25,63 % et atteignent 18 844. Le wash trading n’est que de 1 687 dollars. C’est le contraste le plus net du tableau : beaucoup d’adresses, très peu de volume circulaire identifié, et un montant total modeste. Le réseau attire des participants. Il ne concentre pas les gros chèques.

    Immutable, Solana, et la huitième place qui change tout

    Immutable se place sixième avec 2,12 millions, en baisse de 12,73 %. Les acheteurs progressent de 27,04 % à 5 421. Le réseau reste le terrain de jeu des objets liés au jeu, et Guild of Guardians Heroes en est la preuve cette semaine, avec 1,05 million malgré un recul de 17,96 %. Solana est septième à 1,95 million, l’une des rares hausses du classement, +1,96 %. Ses acheteurs bondissent de 29,73 % à 46 684. Solana a donc presque autant d’acheteurs que Polygon, pour un volume quatre fois moindre. Le ticket y est minuscule.

    Puis vient la ligne qui a fait le titre. Panini, compté comme blockchain dans le tableau CryptoSlam, entre en huitième position avec 1,87 million, en hausse de 557,53 %. Les acheteurs n’y sont que 743, en progression de 18,88 %. Peu d’adresses, beaucoup plus d’argent qu’il y a sept jours. Ce n’est pas une mode diffuse. C’est un choc de volume concentré.

    Le même nom réapparaît au classement des collections. Panini America prend la quatrième place avec le même montant, 1,87 million, et la même hausse de 557,53 %. Les transactions grimpent de 67,90 % à 20 622. Les acheteurs de la collection sont 745, en hausse de 19,58 %. Les vendeurs passent à 1 809, en hausse de 32,43 %. L’écart entre 20 622 transactions et 745 acheteurs est parlant : chaque adresse active traite un grand nombre d’opérations. On est dans la logique du pack, de la carte, du lot, pas dans celle de la pièce unique.

    Courtyard, le leader qui n’a pas besoin d’exploser

    Courtyard reste en tête des collections avec 7,31 millions sur Polygon, en hausse de 15,11 %. La collection enregistre 125 802 transactions, +15,78 %, et 19 288 acheteurs, +4,27 %. Les vendeurs montent de 12,68 % à 15 404. Elle pèse environ 17,9 % des ventes mondiales. À elle seule, elle explique l’essentiel de la bonne tenue de Polygon.

    Le modèle annoncé par la plateforme est celui du collectible numérique adossé à un actif physique en garde. Le centre d’aide indique que les cartes mises au coffre sont stockées aux États-Unis et peuvent être rachetées dans le monde entier. L’échange on-chain est donc relié à un objet tangible conservé dans un coffre américain. Ce n’est pas un JPEG sans référent. C’est une couche de transfert posée sur un stock de cartes.

    Cette architecture change la lecture du ticket moyen. 7,31 millions pour 125 802 transactions, cela donne environ 58 dollars par opération sur Courtyard. On reste dans l’ordre de grandeur du ticket global de 47 dollars. Le leader du marché n’est pas une collection de graals. C’est une place de marché de cartes à prix accessible, avec un volume de transactions digne d’un site de collectionneurs, pas d’une salle d’enchères.

    Courtyard ne gagne pas la semaine parce que les prix flambent. Elle la gagne parce que le nombre de cartes qui changent de mains ne faiblit pas.

    La hausse modérée des acheteurs, +4,27 %, face à une hausse plus nette des transactions, +15,78 %, suggère que la base existante achète davantage, plutôt qu’une vague de nouveaux entrants. Les vendeurs progressent plus vite que les acheteurs. L’offre suit. Un marché de cartes sain a besoin des deux. Un marché de cartes trop dépendant de quelques gros vendeurs se grippe dès que ceux-ci se retirent. Ici, l’élargissement des vendeurs est plutôt un signe de profondeur.

    Ce que le coffre change pour le collectionneur

    Relier un jeton à une carte physique ne supprime pas le risque. Cela le déplace. Le risque de contrepartie sur la garde remplace une partie du risque de n’avoir qu’un fichier. La promesse de rachat mondial suppose une logistique, une assurance, une chaîne de conservation, et une capacité à honorer la sortie physique. Rien de tout cela n’apparaît dans un classement de volume. Tout cela conditionne pourtant la valeur que le marché secondaire est prêt à payer.

    Pour le lecteur qui vient des NFT de 2021, le décalage est culturel. On achetait alors une rareté sociale. On achète ici, souvent, une carte que l’on pourrait aussi tenir en main. Le jeton sert de titre de transfert, de preuve, parfois de droit de retrait. Le prix se compare alors au marché des cartes physiques, pas seulement au solde d’un portefeuille. C’est pour cela que Panini et Courtyard peuvent progresser pendant que CryptoPunks s’effondre en nombre de ventes.

    CryptoPunks, le luxe qui se tait

    CryptoPunks termine troisième des collections avec 1,97 million, en chute de 76,09 %. Vingt-et-une transactions, en baisse de 75,29 %. Dix-huit acheteurs, vingt vendeurs. Le montant reste élevé parce que le prix unitaire l’est. L’activité, elle, est squelettique. Deux des cinq plus grosses ventes individuelles de la semaine sont pourtant des Punks. Le marché existe. Il ne tourne plus.

    Le Punk numéro 1824 est parti à 121 814,48 dollars, soit 45,5 ETH, environ douze heures avant l’instantané. Le numéro 6489 a suivi à 121 290,66 dollars, soit 45 ETH, environ quatorze heures plus tôt. Deux ventes proches, deux prix proches, un écart d’un demi-ether. Ce n’est pas un krach intra-collection. C’est un filet de transactions à un palier de prix qui tient encore, sur un nombre d’échanges trop faible pour parler de liquidité.

    Dix-huit acheteurs pour 1,97 million, cela fait plus de 100 000 dollars par acheteur en moyenne. Le contraste avec Courtyard est total. D’un côté, une collection où le collectionneur moyen dépense une somme de carte à collectionner. De l’autre, une collection où chaque acheteur engagé cette semaine a mobilisé un capital de bien patrimonial. Les deux coexistent dans le même classement. Ils ne décrivent pas le même marché.

    Les cinq plus grosses ventes, toutes sur Ethereum

    Le classement des ventes individuelles confirme la concentration du très haut de gamme. Les cinq plus grosses opérations de la semaine se sont réglées sur Ethereum. CryptoPunks en occupe deux. Les trois autres ont été payées en USDC. Le dollar stable, pas l’ether, a financé le sommet du tableau.

    En tête, Beeple Special Edition numéro 100020001, à 436 153,94 dollars, réglés en 436 153,9375 USDC, environ un jour avant l’instantané. Suit Known Origin numéro 70104, à 205 028,02 dollars, également en USDC, là aussi environ un jour plus tôt. Puis les deux Punks déjà cités. En cinquième position, WrappedSuperRare numéro 250, à 111 709,48 dollars, payés en 111 709,4766 USDC, environ deux jours avant la photo.

    Les cinq plus gros tickets de la semaine

    • Beeple Special Edition 100020001 : 436 153,94 dollars en USDC.
    • Known Origin 70104 : 205 028,02 dollars en USDC.
    • CryptoPunks 1824 : 121 814,48 dollars, soit 45,5 ETH.
    • CryptoPunks 6489 : 121 290,66 dollars, soit 45 ETH.
    • WrappedSuperRare 250 : 111 709,48 dollars en USDC.

    Additionnées, ces cinq ventes représentent environ 996 000 dollars. Moins d’un million, pour le sommet absolu de la semaine. Rapporté aux 40,88 millions, c’est à peine 2,4 % du total. Le marché ne vit plus de ses enchères spectaculaires. Il vit de la masse des petites opérations. Beeple mène encore le classement individuel, mais il ne mène plus le marché.

    Le choix de l’USDC sur trois des cinq tickets n’est pas anodin. Payer en stablecoin fige le prix en dollars au moment de la transaction. Payer en ether expose vendeur et acheteur au cours. À 2 676 dollars l’ether, un mouvement de quelques pourcents change déjà le récit d’une vente à 45 ETH. Les collectionneurs du haut de gamme semblent préférer, cette semaine, un règlement qui ne bouge pas entre la signature et le communiqué.

    Le milieu de tableau, entre jeu et ordinaux

    Sous Panini America, les BRC-20 NFT de la collection $ATMC prennent la cinquième place avec 1,21 million, en hausse de 36,25 %. Les transactions montent de 25,54 % à 1 160. Les acheteurs gagnent 14,73 % et s’établissent à 522. C’est l’une des rares progressions nettes hors cartes physiques. Le compartiment bitcoin des NFT n’est donc pas uniforme : le total de la chaîne baisse, une collection précise monte.

    Guild of Guardians Heroes suit avec 1,05 million sur Immutable-zk, en recul de 17,96 %. 701 transactions, −18,96 %. 493 acheteurs, −12,12 %. Ici, tout baisse ensemble. Pas de divorce entre adresses et volume. Le jeu tient une place, mais il ne compense pas le reflux. Argonauts, sur Ethereum, est septième à 1,04 million, −46,58 %, avec 572 transactions et 255 acheteurs. Encore une collection ethereum qui se contracte fortement.

    Pudgy Penguins ferme le groupe commenté avec 751 027 dollars, en légère hausse de 3,48 %, sur seulement 89 transactions. Peu d’opérations, montant encore significatif, variation presque plate. C’est le profil d’une collection installée qui ne cherche pas le volume, et que le volume ne cherche plus. Quatre-vingt-neuf ventes en sept jours, c’est une activité de niche assumée.

    Lire le wash trading sans se raconter d’histoires

    Le wash trading désigne des échanges où le même intérêt économique se retrouve des deux côtés, afin de gonfler un volume, un classement ou une impression de liquidité. CryptoSlam isole cette colonne. Ce n’est pas une condamnation automatique de chaque dollar qui y figure. C’est un signal que le volume brut ne doit pas être lu comme une demande finale.

    Sur la semaine, les écarts sont violents. Polygon affiche 22,98 millions de wash trading pour 8,21 millions de ventes. Base affiche 4,80 millions pour 2,25 millions de ventes. Ethereum reste à 0,91 million pour 17,08 millions. Bitcoin à 0,08 million pour 3,83 millions. BNB Chain est presque à zéro. Traiter ces chaînes comme équivalentes parce qu’elles apparaissent dans le même tableau serait une faute.

    La conséquence pratique est simple. Un investisseur qui classe les réseaux par « activité » sans retirer la colonne séparée surévalue Polygon et Base, et sous-estime la relative propreté d’Ethereum, de Bitcoin et de BNB Chain. Un média qui titre sur le volume combiné raconte une autre semaine que celui qui titre sur les ventes. Les 40,88 millions dont il est question ici sont des ventes, pas le combiné.

    Un volume qui dépasse les ventes n’est pas une preuve de fraude sur chaque lot. C’est la preuve qu’il ne faut pas confondre agitation et demande.

    Panini, le bond de 557 % replacé dans son échelle

    Une hausse de 557,53 % frappe. Elle part aussi d’une base faible. Passer d’un peu moins de 300 000 dollars à 1,87 million produit exactement ce genre de pourcentage. Le niveau atteint reste inférieur à Courtyard, inférieur à Credits, inférieur à CryptoPunks. Panini America n’a pas pris le marché. Elle a réveillé un compartiment.

    Le détail des flux éclaire le réveil. 20 622 transactions pour 745 acheteurs, cela fait environ 28 opérations par acheteur sur la semaine. 1 809 vendeurs, c’est plus du double des acheteurs. L’offre est large, la demande est concentrée sur un noyau actif. Ce profil colle à une sortie de produits, à une série, à un événement de cartes, plus qu’à une redécouverte spontanée par le grand public.

    La présence de Panini à la fois dans le tableau des blockchains et dans celui des collections rappelle que certaines marques font compter leur infrastructure comme un réseau à part. Le montant coïncide. Il ne faut pas additionner les deux lignes. Ce serait compter deux fois la même activité. Le bon réflexe, face à un bond aussi vif, est de vérifier que la huitième place des chaînes et la quatrième place des collections ne sont pas deux victoires, mais une seule, vue sous deux angles.

    Ce que cette semaine dit du collectionnable physique

    Deux des quatre premières collections renvoient à des cartes. Courtyard parle de coffre et de rachat. Panini America est un nom du carton à collectionner bien avant d’être un nom de jeton. Leur poids cumulé, environ 9,18 millions, représente près de 22 % des ventes mondiales de la semaine. Le physique tokenisé n’est plus une anecdote en marge des avatars.

    Cela ne signifie pas que l’art numérique a disparu. Beeple mène les tickets individuels. Known Origin et SuperRare figurent dans le top cinq. Les Punks restent troisièmes des collections en dollars. L’art et le luxe historique pèsent encore dès que le prix unitaire compte. Ils ne pèsent plus dès que le nombre de ventes compte. La semaine consacre cette scission.

    Pour un collectionneur de cartes, la tokenisation apporte une liquidité potentiellement plus continue, un transfert plus rapide, et une visibilité de prix. Elle apporte aussi une dépendance à une plateforme, à un coffre, à une chaîne, et à la capacité de sortir l’objet. Le +557 % de Panini est spectaculaire en pourcentage. Il reste un chiffre de niche face au marché physique des cartes, qui se mesure autrement et ne passe pas par CryptoSlam.

    Un marché à 47 dollars qui fait encore des enchères à 436 000

    L’écart entre le ticket moyen et le ticket maximum est d’un facteur proche de 9 000. 47 dollars d’un côté, 436 000 de l’autre. Aucune moyenne ne survit à un tel écart sans mentir un peu. C’est pour cela que la médiane, si elle était publiée, dirait sans doute encore moins que 47 dollars. Quelques ventes d’art tirent la moyenne vers le haut. La masse des cartes la tire vers le bas. Les deux sont vrais.

    Cette structure explique les titres contradictoires que l’on peut écrire sur la même semaine. « Les NFT s’effondrent » est vrai si l’on regarde CryptoPunks, Credits, Argonauts, Ethereum. « Les NFT résistent » est vrai si l’on regarde les acheteurs, Solana, Polygon, Courtyard. « Les NFT renaissent » est excessif, mais « une marque de cartes multiplie son volume par plus de six » est exact. Le choix du cadre décide du récit.

    Le bon cadre, pour cette livraison, est celui d’un marché de détail qui grossit en participants et maigrit en dollars, coiffé par un tout petit nombre de ventes d’art et de Punks. Panini est l’exception qui confirme la règle du pourcentage : un compartiment étroit peut afficher une explosion sans changer la taille du gâteau. Le gâteau, lui, a perdu 12,5 millions en sept jours.

    Comment lire la semaine prochaine sans se faire piéger

    Trois contrôles suffisent. D’abord, séparer ventes et wash trading avant de classer les chaînes. Ensuite, regarder si la hausse d’une collection vient du nombre de transactions ou du prix unitaire. Enfin, vérifier qu’une même activité n’est pas comptée deux fois, une fois comme réseau et une fois comme collection. Panini échoue presque à ce troisième test si l’on additionne. Courtyard le passe, parce que sa chaîne d’accueil, Polygon, a d’autres flux, même si elle en dépend à 89 %.

    Le chiffre des acheteurs globaux, 206 788, restera le plus cité par ceux qui veulent un récit de reprise. Le chiffre des ventes, 40,88 millions, restera le plus cité par ceux qui veulent un récit de repli. Les deux sont dans le même tableau. Les publier l’un sans l’autre, c’est choisir un camp. La semaine du 3 octobre 2026 n’a pas tranché. Elle a montré un marché plus peuplé, moins cher, tiré par les cartes, encore capable d’une enchère Beeple, et de plus en plus difficile à résumer en une seule courbe.

    Lawrence Mondal signait l’alerte d’origine au petit matin du 3 octobre, à 6 h 45 UTC. Les cours du bitcoin et de l’ether cités valent pour ce contrôle du jour. Les classements, eux, valent pour la fenêtre de sept jours qui s’achève à cette date. Dans un compartiment où une collection peut gagner 557 % en changeant de base, la date compte autant que le montant. La prochaine fenêtre dira si Panini tient le palier, ou si le pourcentage n’était que le bruit d’une semaine trop calme juste avant.

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    Steven Soarez
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