Imaginez la scène : sur les réseaux sociaux, une information explose soudainement et fait le tour de la communauté crypto en quelques heures. SBI Holdings, ce géant japonais des services financiers, détiendrait ni plus ni moins que 10 milliards de dollars en XRP. De quoi faire saliver les investisseurs et relancer les spéculations les plus folles sur le futur de Ripple. Sauf que… tout cela est faux.
Le 15 février 2026, le PDG de SBI Holdings lui-même, Yoshitaka Kitao, a pris la parole sur X pour mettre les choses au clair. Et sa réponse est bien plus subtile – et stratégiquement intéressante – que la simple rumeur d’un trésor en XRP.
La rumeur des 10 milliards qui a enflammé la toile crypto
Comme souvent dans l’univers des cryptomonnaies, une publication virale suffit pour créer un effet boule de neige. Cette fois, le message affirmait que SBI Holdings, partenaire historique de Ripple en Asie, possédait 10 milliards de dollars en tokens XRP. L’information a circulé à toute vitesse, alimentée par l’actualité récente : l’acquisition par SBI de la plateforme singapourienne Coinhako et la montée en puissance supposée de l’écosystème Ripple en Asie.
Mais derrière cette affirmation alléchante se cachait une confusion classique : mélanger une participation au capital d’une société blockchain avec la détention directe de son token natif.
Pas 10 milliards en XRP, mais environ 9 % de Ripple Labs. Donc notre actif caché pourrait être bien plus important.
Yoshitaka Kitao – 15 février 2026
Cette phrase, postée directement par le PDG, a immédiatement calmé les ardeurs tout en ouvrant une nouvelle perspective passionnante pour les observateurs attentifs du dossier Ripple.
SBI Holdings et Ripple : une relation vieille de plus de dix ans
Pour bien comprendre pourquoi cette rumeur a pris autant d’ampleur, il faut remonter aux origines de la collaboration entre SBI et Ripple. Dès 2016, SBI Holdings a été l’un des tout premiers investisseurs institutionnels majeurs à miser sur la vision de Ripple : transformer les paiements transfrontaliers grâce à la blockchain.
Le groupe japonais a ensuite multiplié les initiatives concrètes :
- lancement de SBI Ripple Asia, une joint-venture dédiée à la promotion des solutions Ripple en Asie ;
- participation active au développement du réseau de liquidité à la demande (ODL) ;
- intégration progressive de la technologie Ripple dans les services bancaires et de transfert d’argent au Japon ;
- investissement stratégique dans le capital de Ripple Labs lui-même.
Cette longue histoire commune explique pourquoi la communauté associe spontanément SBI à XRP. Mais associer ne veut pas dire posséder des milliards de tokens.
Ce qu’il faut retenir : SBI n’est pas un hodler massif de XRP au sens classique. Son exposition est principalement capitalistique et stratégique.
9 % de Ripple Labs : un « hidden asset » au potentiel colossal
Quand Yoshitaka Kitao parle d’un « hidden asset » (actif caché) potentiellement « bien plus gros » que 10 milliards, il ne fait pas référence à une pile de XRP dormant sur un wallet. Il parle de la valorisation future de sa participation de 9 % dans Ripple Labs.
Et pour cause : si Ripple parvient à résoudre définitivement ses démêlés avec la SEC américaine, à obtenir une clarté réglementaire complète et à accélérer l’adoption mondiale d’ODL, la valorisation de Ripple Labs pourrait facilement atteindre plusieurs dizaines, voire centaines de milliards de dollars dans les années à venir. Dans ce scénario, 9 % représenteraient une somme astronomique.
C’est exactement ce que sous-entend le PDG de SBI : l’enjeu n’est pas la détention directe de XRP, mais bien la croissance exponentielle potentielle de la société mère.
Pourquoi ces confusions surviennent si souvent dans la crypto ?
Le monde des cryptomonnaies mélange régulièrement plusieurs réalités économiques :
- la détention de tokens (position spéculative ou utilitaire) ;
- la participation au capital d’une entreprise blockchain ;
- les partenariats commerciaux ou technologiques ;
- les effets de réseau et la valeur indirecte liée à l’adoption.
Dans le cas présent, la rumeur a confondu la deuxième catégorie (participation capitalistique) avec la première (trésorerie en XRP). Une erreur classique, mais qui peut avoir des conséquences importantes sur le marché.
Dans la crypto, une simple phrase mal interprétée peut faire bouger des milliards en quelques heures.
Observation du marché – février 2026
Et c’est exactement ce qui s’est produit ici : la rumeur a circulé, certains ont acheté sur l’enthousiasme, d’autres ont vendu sur la peur du « fake news ». Résultat : volatilité accrue sur XRP pendant quelques heures.
L’acquisition de Coinhako : le vrai signal stratégique de SBI
Plutôt que de stocker massivement du XRP, SBI Holdings préfère consolider sa position dans l’écosystème crypto asiatique via des acquisitions ciblées. L’achat récent de Coinhako, une plateforme régulée basée à Singapour, s’inscrit dans cette logique de long terme :
- renforcer sa présence dans le hub crypto qu’est Singapour ;
- proposer des services de trading et de custody conformes aux régulations locales ;
- servir de pont entre les institutions financières traditionnelles japonaises et l’univers crypto ;
- préparer l’intégration future de solutions blockchain (dont Ripple) dans ses nouveaux services.
Cette opération est bien plus révélatrice de la stratégie réelle de SBI que la possession supposée de 10 milliards en XRP.
Quel avenir pour Ripple et XRP en 2026 et au-delà ?
Malgré les démêlés judiciaires qui ont duré des années, Ripple sort progressivement la tête de l’eau. Plusieurs éléments positifs se cumulent en ce début 2026 :
- clarifications réglementaires progressives aux États-Unis ;
- croissance continue de l’utilisation d’ODL dans plusieurs corridors de paiement ;
- partenariats renforcés en Asie, notamment via SBI ;
- montée en puissance des stablecoins institutionnels sur le ledger XRP.
Si ces tendances se confirment, la valorisation de Ripple Labs pourrait effectivement connaître une trajectoire très haussière. Et dans ce cas, les 9 % détenus par SBI deviendraient un actif stratégique majeur pour le conglomérat japonais.
En résumé intermédiaire : pas de montagne de XRP chez SBI, mais un pari très long terme sur la success story potentielle de Ripple Labs.
Leçons à retenir pour tout investisseur crypto
Cette affaire rappelle plusieurs principes essentiels :
- Vérifiez toujours la source primaire quand une information semble trop belle ;
- Ne confondez jamais une participation au capital et une détention de tokens ;
- Les annonces de PDG ou de dirigeants d’entreprise pèsent souvent plus lourd que les rumeurs anonymes ;
- La volatilité liée aux fake news reste l’une des plus grandes plaies du marché crypto.
Dans un univers où l’information circule à la vitesse de la lumière, la rigueur et la vérification des faits restent les meilleures défenses.
Et maintenant ? Que peut-on attendre de SBI et Ripple en 2026 ?
Plusieurs chantiers majeurs sont sur la table :
- l’intégration accrue des solutions Ripple dans les corridors Asie-Europe et Asie-Moyen-Orient ;
- l’éventuelle introduction de nouveaux produits de custody et de paiement institutionnel via Coinhako ;
- une possible montée en puissance du rôle de SBI comme ambassadeur de Ripple auprès des régulateurs asiatiques ;
- une communication plus transparente de SBI sur sa stratégie crypto globale.
Autant d’éléments qui, mis bout à bout, pourraient dessiner un paysage bien plus intéressant que la simple possession de XRP.
En conclusion, loin d’être une déception, la mise au point de Yoshitaka Kitao est plutôt une bonne nouvelle pour les vrais convaincus de Ripple : elle confirme que l’un des acteurs les plus sérieux et les plus puissants d’Asie continue de miser gros – mais intelligemment – sur l’avenir de l’écosystème.
Et vous, que pensez-vous de cette clarification ? La stratégie long terme de SBI sur Ripple vous semble-t-elle plus prometteuse que la simple accumulation de tokens ?
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