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    Analyses

    Raydium Ray: Rallye De Plus De 20% Vers Les 2,60 Dollars

    Steven SoarezDe Steven Soarez07/10/2026Aucun commentaire36 Mins de Lecture
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    Quand le reste du marché crypto tousse, un token qui accélère attire forcément le regard. Raydium vient de le faire : plus de 20 % en une semaine, un passage au-dessus de plusieurs paliers, et une question qui revient dans chaque fil de discussion. Le prix Raydium peut-il vraiment s’installer au-dessus de 2,60 dollars, ou s’agit-il d’un sprint trop rapide pour durer ? Le 7 octobre 2026, RAY se négociait autour de 2,45 dollars après un pic intraday proche de 2,58 dollars. Le mois avait commencé près de 1,82 dollar. Le contraste avec la faiblesse générale du marché rend le mouvement plus intéressant qu’un simple rebond de soulagement.

    Ce n’est pas un tweet isolé qui crée une tendance. C’est la rencontre entre une activité de protocole mesurable, des rachats de tokens, une structure graphique encore haussière, et des poches de liquidations au-dessus du prix. Chacun de ces éléments peut se retourner. Aucun, pris seul, ne suffit à conclure. L’enjeu est de les lire ensemble, sans transformer un rallye d’octobre en promesse de sommet.

    Un rallye qui sort du lot dans un marché fatigué

    Raydium est l’un des piliers de l’échange décentralisé sur le réseau Solana. Son token, RAY, sert à la fois de jauge de sentiment et de véhicule des flux économiques du protocole. Quand les volumes montent, les frais suivent souvent. Quand les frais suivent, les mécanismes de rachat peuvent créer une demande récurrente. Cette chaîne n’est pas magique. Elle dépend du maintien de l’activité, de la liquidité et de la confiance des utilisateurs dans l’infrastructure Solana.

    Le parcours récent s’inscrit dans une récupération plus large. Après une base formée autour de 0,60 dollar plus tôt dans l’année, RAY a repris 1 dollar, puis 1,50 dollar, puis 2 dollars. Le mouvement d’octobre le ramène vers des zones que le marché n’avait plus vraiment travaillées depuis la vente brutale de la fin 2025. Revenir sur d’anciens terrains n’est pas la même chose que les dépasser. Les anciens acheteurs piégés vendent souvent dès qu’ils retrouvent leur prix d’entrée. C’est l’une des raisons pour lesquelles les résistances psychologiques comptent autant que les indicateurs.

    La relative force du token a été relevée par le trader Zonic the Hedgehog, qui a jugé la tenue de RAY pendant le repli général particulièrement marquante. Ce type de commentaire ne constitue pas une preuve. Il montre surtout que le décalage avec le marché large est visible à l’œil nu, y compris pour des observateurs qui suivent surtout les flux plutôt que les communiqués.

    La force relative de RAY pendant le repli du marché est impressionnante.

    Zonic the Hedgehog, 7 octobre 2026

    Cette phrase résume le décor. Elle ne dit rien du lendemain. Un actif qui résiste mieux que ses pairs attire des flux opportunistes. Ces flux peuvent s’évaporer dès que le momentum faiblit. La question utile n’est donc pas de savoir si le rallye a été beau. Elle est de savoir ce qui le finance, ce qui le freine, et à quel niveau le marché a déjà placé ses ordres.

    Ce que les chiffres de la semaine disent vraiment

    Partir d’environ 1,82 dollar au début d’octobre pour flirter avec 2,58 dollars représente une progression d’un peu plus de 40 % sur le mois en cours, au moment du pic. La hausse hebdomadaire, elle, dépasse 20 %. Ces deux horizons ne racontent pas la même histoire. Le mois mesure la récupération. La semaine mesure l’accélération. C’est l’accélération qui crée le risque de surchauffe.

    Un gain de cette ampleur en quelques séances modifie le profil des détenteurs. Les acheteurs tardifs ont un coût de revient proche des sommets. Les acheteurs plus anciens sont déjà largement en gain. Les premiers défendent leur entrée. Les seconds peuvent prendre des profits sans état d’âme. Cette asymétrie explique pourquoi un graphique encore haussier peut quand même corriger violemment, sans que la tendance de fond soit invalidée.

    Repères de prix à garder en tête

    • Base annuelle évoquée autour de 0,60 dollar, avant la récupération successive des paliers de 1, 1,50 et 2 dollars.
    • Ouverture d’octobre proche de 1,82 dollar, soit le point de départ du dernier étage de la hausse.
    • Lecture récente autour de 2,45 à 2,46 dollars, après un sommet intraday voisin de 2,58 dollars.
    • Zone de travail immédiate entre 2,58 et 2,60 dollars, puis poche de liquidations vers 2,63 à 2,67 dollars.
    • Extension évoquée par la grille quotidienne vers 2,80 dollars si le dépassement se confirme et se maintient.

    Ces niveaux ne sont pas des cibles garanties. Ce sont des zones où le comportement passé du prix, les moyennes et les liquidations se concentrent. Un marché peut les ignorer. Il les ignore rarement sans laisser une trace : mèche, rejet, ou au contraire absorption des vendeurs.

    Pourquoi la divergence avec le marché large compte

    Dans un marché baissier généralisé, la force relative est un signal de sélection. Les capitaux ne disparaissent pas toujours. Ils se déplacent. Un protocole qui continue d’enregistrer des volumes peut capter une part de ces capitaux, surtout s’il est déjà liquide. Raydium coche une partie de cette case. Son histoire récente n’est pas celle d’un jeton sans usage qui monte sur une rumeur. C’est celle d’une infrastructure d’échange dont l’activité se mesure en milliards.

    La force relative a toutefois un revers. Elle concentre l’attention. Plus un actif se distingue, plus il attire des positions courtes de ceux qui parient sur un retour à la moyenne, et des positions longues de ceux qui parient sur la poursuite de l’écart. Le résultat est souvent une zone de prix où les deux camps ont empilé des leviers. La carte des liquidations, plus bas dans cette lecture, montre précisément ce type d’empilement.

    Il faut aussi distinguer le token et le protocole. Un exchange décentralisé peut être sain pendant que son jeton corrige, si la valorisation avait couru trop vite. L’inverse existe aussi : un jeton peut monter sur une anticipation, alors que les volumes n’ont pas encore suivi. Ici, les deux horloges ne sont pas totalement décalées. L’activité du troisième trimestre et les rachats donnent un socle. Le graphique, lui, est déjà tendu.

    Le souvenir de la fin 2025 pèse encore

    Les marchés ont une mémoire courte sur les tweets et une mémoire longue sur les ventes violentes. La chute de la fin 2025 a laissé des séquences de prix que beaucoup d’opérateurs n’ont pas oubliées. Revenir vers ces séquences réactive deux réflexes. Le premier est l’espoir d’un retour aux plus hauts anciens. Le second est la vente de soulagement de ceux qui attendaient simplement de sortir sans perte.

    Cette mémoire explique une partie de la nervosité autour de 2,60 dollars. Ce n’est pas seulement un chiffre rond. C’est une zone où la grille quotidienne place déjà une région de dépassement, et où la carte des liquidations montre une concentration de positions. Quand un niveau technique et un niveau de levier coïncident, le prix a tendance à s’y arrêter, au moins le temps d’un test.

    Un test n’est pas un échec. Un marché sain teste, respire, puis décide. Le danger apparaît quand la respiration se transforme en rupture des supports proches, notamment la bande des 2,20 à 2,17 dollars. Tant que cette bande tient, le rallye d’octobre reste une avancée. S’il la perd, le récit change de nature.

    Les fondamentaux qui portent le mouvement

    Selon les données d’écosystème relayées avec le mouvement, Raydium a enregistré 16,1 milliards de dollars de volume spot au troisième trimestre, en hausse de 17 % d’un trimestre sur l’autre. Les frais collectés ont atteint 57,1 millions de dollars. Ces deux chiffres ne disent pas que le token doit monter. Ils disent que le protocole a traité une activité réelle, et qu’une partie de cette activité s’est transformée en revenus.

    Dans la finance décentralisée, le volume est à la fois une force et une illusion possible. Un volume élevé peut refléter une demande organique d’échange. Il peut aussi refléter des allers-retours de robots, des extractions de valeur ou des rotations très courtes. La hausse trimestrielle de 17 % reste un signal de continuité, pas une preuve de qualité de chaque transaction. Elle devient plus parlante quand elle s’accompagne de frais en progression et d’un usage des revenus qui réduit l’offre disponible.

    C’est précisément le rôle des rachats. Le protocole a orienté 6,2 millions de dollars vers des rachats de RAY, pour environ 4,58 millions de tokens, soit près de 1,7 % de l’offre en circulation. Retirer des tokens du marché ne crée pas de la valeur à partir de rien. Cela réduit l’offre immédiatement disponible, à condition que les tokens rachetés ne soient pas réinjectés trop vite. L’effet est donc cumulatif seulement si le mécanisme se répète et si la demande d’échange ne s’effondre pas.

    Ce que l’on sait, et ce que l’on ne sait pas, sur le socle du rallye

    • Le volume spot trimestriel de 16,1 milliards de dollars est en hausse de 17 % sur le trimestre précédent.
    • Les frais collectés atteignent 57,1 millions de dollars, ce qui donne une base aux rachats.
    • Les rachats portent sur 6,2 millions de dollars et environ 4,58 millions de RAY, proches de 1,7 % de l’offre circulante.
    • Le volume cumulé d’actions tokenisées traitées sur la plateforme a dépassé 6 milliards de dollars.
    • On ne connaît pas, à partir de ces seuls agrégats, la part exacte du volume organique face au volume de haute fréquence.

    Lire ces chiffres comme une garantie de hausse serait une erreur de catégorie. Les lire comme un bruit de fond inutile en serait une autre. Ils expliquent pourquoi des acheteurs peuvent justifier une détention au-delà du simple graphique. Ils n’expliquent pas pourquoi le prix devrait ignorer une zone de résistance déjà travaillée.

    Rachats, offre circulante et demande récurrente

    Un rachat de 1,7 % de l’offre circulante n’est pas anodin sur une période courte. Ce n’est pas non plus un choc d’offre capable, à lui seul, de justifier un doublement. L’intérêt du mécanisme est ailleurs. Il relie l’activité du protocole à une demande mécanique. Plus les frais existent, plus le protocole peut racheter. Plus il rachète, plus une partie de l’offre quitte le carnet, au moins temporairement.

    Cette boucle rappelle les programmes de rachat d’actions dans la finance traditionnelle, avec une différence majeure. Dans une entreprise cotée, le rachat s’appuie sur un bénéfice comptable et une trésorerie. Ici, il s’appuie sur des frais de marché, donc sur un flux qui peut se tarir en quelques semaines si les utilisateurs partent. La récurrence est la vraie variable. Un rachat isolé est une nouvelle. Une politique de rachat tenue sur plusieurs trimestres devient un argument de valorisation.

    Il faut aussi regarder le prix auquel les tokens ont été rachetés. Acheter 4,58 millions de RAY pour 6,2 millions de dollars implique un prix moyen bien inférieur aux niveaux d’octobre. Cela ne rend pas les rachats passés plus ou moins intelligents. Cela rappelle que le protocole a accumulé à des prix plus bas, et que les acheteurs actuels paient une prime par rapport à cette moyenne. La prime n’est pas un problème si l’activité continue de croître. Elle devient un problème si le volume retombe pendant que le prix reste haut.

    Actifs tokenisés et changement de frais

    Raydium a aussi bénéficié du flux autour des actifs tokenisés sur Solana. Le volume cumulé de négociation d’actions tokenisées sur la plateforme a dépassé 6 milliards de dollars. Ce n’est pas le même métier que l’échange de memecoins ou de paires classiques. C’est un usage qui peut attirer des acteurs différents, parfois plus sensibles à la profondeur de carnet et à la fiabilité de règlement qu’au récit spéculatif.

    En octobre, une modification de la structure de frais du teneur de marché à produit constant a renvoyé 5 % des frais créateurs vers le protocole. Le détail compte moins que la direction. Une part plus grande de l’activité revient à la couche protocole, donc potentiellement aux mécanismes qui soutiennent RAY. Ce type d’ajustement ne fait pas monter un prix à lui seul. Il change la répartition de la valeur créée par chaque transaction.

    Le risque associé est classique. Si les créateurs de pools jugent la part trop faible, ils peuvent déplacer leur liquidité. Un protocole d’échange vit de cette liquidité. Modifier les frais est un arbitrage permanent entre incitation des apporteurs et capture de valeur par le protocole. L’équilibre d’octobre semble, pour l’instant, compatible avec le rallye. Il faudra le revérifier si les volumes de création de pools ralentissent.

    Solana comme toile de fond, pas comme alibi

    Raydium ne vit pas dans le vide. Son carnet, ses pools et une grande partie de ses utilisateurs dépendent du réseau Solana. Une période de congestion, une hausse brutale des frais de réseau ou un incident de disponibilité peut interrompre l’activité même si le token semble fort sur un graphique. Inversement, une phase fluide du réseau amplifie les échanges et donc les frais.

    Attribuer toute la hausse de RAY à Solana serait trop simple. D’autres tokens de l’écosystème n’ont pas affiché la même résistance pendant le repli. La divergence suggère un facteur propre : volumes, rachats, positionnement technique, ou un mélange des trois. Attribuer toute la hausse au seul token, en ignorant le réseau, serait l’erreur symétrique. Le socle technique de Solana reste une condition de fonctionnement, pas un argument marketing.

    Pour un lecteur qui suit le prix, la conséquence est pratique. Un scénario haussier sur RAY suppose que le réseau continue de traiter les transactions sans friction majeure. Un scénario de correction peut venir du token lui-même, sans que Solana soit en cause. Les deux risques ne s’excluent pas. Ils se cumulent dans les périodes de stress.

    Le graphique en quatre heures reste orienté acheteurs

    Sur l’unité de quatre heures, RAY évoluait autour de 2,46 dollars après un plus haut proche de 2,58 dollars. Le prix se tenait nettement au-dessus de la moyenne mobile simple à 20 périodes, vers 2,17 dollars, de la moyenne à 50 périodes, vers 2,04 dollars, de la moyenne à 100 périodes, autour de 2,01 dollars, et de la moyenne à 200 périodes, près de 1,69 dollar. L’ordre de ces moyennes, les plus courtes au-dessus des plus longues, est la signature classique d’une structure haussière.

    Cet ordre ne dit pas que le prix ne peut pas revenir les tester. Il dit que, tant qu’il reste au-dessus, les replis ont des planchers potentiels déjà identifiés. Le premier d’entre eux, la moyenne à 20 périodes, est aussi une zone où de nombreux traders de court terme placent leurs stops. Un retour vers 2,17 dollars ne serait donc pas anodin. Il pourrait déclencher des ventes automatiques avant même d’atteindre les moyennes plus lentes.

    L’indice directionnel moyen, l’ADX, est monté à 33,78. Au-dessus de 25, cet indicateur signale en général qu’une tendance en cours a de la force. Il ne dit pas dans quel sens. Combiné à un prix au-dessus de toutes les moyennes courtes, il penche ici du côté acheteur. Un ADX qui continue de monter pendant que le prix stagne serait un autre message : la tendance se fatigue, ou une lutte plus serrée s’installe sous la résistance.

    Aroon, Murrey et le risque de surchauffe quotidienne

    L’Aroon Up est à 100 %, l’Aroon Down à 0 %. En clair, le marché vient d’imprimer des plus hauts frais sans plus bas comparable. C’est la définition d’une domination acheteuse récente. C’est aussi un état qui ne dure pas éternellement. Un Aroon Up collé au plafond signifie que le dernier sommet est très proche dans le temps. Dès qu’une séance ne fait plus de plus haut, l’indicateur commence à redescendre, parfois avant que le prix ne corrige vraiment.

    Sur l’unité quotidienne, le tableau est plus étiré. RAY est entré dans la région de résistance 8/8 de la grille de Murrey, après avoir traversé rapidement les zones inférieures. La région de dépassement suivante se situe autour de 2,60 dollars, puis une autre vers 2,80 dollars. Ces grilles ne sont pas des lois physiques. Elles servent à découper un range en fractions et à repérer où les traders qui les utilisent peuvent agir ensemble. Quand beaucoup d’opérateurs regardent le même niveau, ce niveau devient réel par simple coordination.

    La vitesse de l’avancée est le vrai sujet. Un prix qui avale plusieurs résistances en peu de séances laisse peu de temps aux acheteurs pour construire des bases. Sans bases, le premier repli n’a pas de palier intermédiaire solide. C’est pourquoi un échec sous 2,58 à 2,60 dollars renverrait d’abord vers 2,20 à 2,17 dollars, puis, en cas de cassure, vers le groupe de moyennes 2,04 à 2,00 dollars. Ce second groupe est plus important : le perdre changerait la lecture du rallye d’octobre.

    Un ADX au-dessus de 25 dit qu’une tendance a de la force. Il ne dit jamais dans quelle direction elle va.

    Lecture classique de l’indicateur directionnel

    Garder cette nuance évite une erreur fréquente. Beaucoup de commentaires présentent un ADX élevé comme un feu vert haussier. Ce n’est pas son rôle. Son rôle est de dire si le marché tend, ou s’il erre. La direction se lit ailleurs : prix, moyennes, plus hauts et plus bas. Ici, ces autres éléments sont encore alignés. L’alignement peut casser sans prévenir si la zone des 2,60 dollars rejette le prix.

    La carte des liquidations place 2,60 dollars au centre

    La heatmap de liquidations sur 24 heures ajoute une couche que le graphique seul ne montre pas. RAY est passé d’environ 2,16 dollars pendant la séance à plus de 2,50 dollars, avant de refroidir vers le milieu des 2,40 dollars. Au-dessus du prix, plusieurs grappes de liquidations restent visibles. La concentration la plus nette se situe autour de 2,63 à 2,67 dollars.

    Une liquidation de positions courtes force des achats. Si le prix entre dans cette poche, ces achats peuvent accélérer le mouvement, parfois au-delà de ce que les fondamentaux du jour justifieraient. C’est le mécanisme classique du short squeeze. Il est puissant et bref. Une fois les positions forcées couvertes, le carburant disparaît. Le prix peut alors retomber aussi vite qu’il a monté, si aucun acheteur spontané ne prend le relais.

    Sous le marché, des grappes apparaissent vers 2,35 à 2,40 dollars, puis vers 2,20 dollars et le bas des 2,10 dollars. Ce sont des zones où des positions longues à levier peuvent être forcées de vendre. Une prise de profit après un rallye rapide peut donc déclencher une cascade, même sans nouvelle négative. Le marché n’a pas besoin d’une mauvaise annonce pour corriger. Il a besoin d’un déséquilibre entre vendeurs volontaires et acheteurs encore prêts à payer le prix fort.

    Deux côtés de la carte, deux scénarios mécaniques

    • Au-dessus : poche principale vers 2,63 à 2,67 dollars, susceptible d’alimenter des rachats forcés de shorts si 2,60 dollars cède.
    • Au milieu : zone de respiration récente dans le milieu des 2,40 dollars, après le pic au-dessus de 2,50 dollars.
    • En dessous proche : grappes vers 2,35 à 2,40 dollars, premier plancher de levier si la prise de profit s’accélère.
    • Plus bas : concentrations vers 2,20 dollars puis le bas des 2,10 dollars, en recouvrement partiel avec les moyennes courtes.

    La carte n’est pas une prédiction. C’est une photographie des positions déjà ouvertes. Elle change à chaque heure. Un niveau très chargé le matin peut être vidé l’après-midi si les traders déplacent leurs stops. L’utiliser comme cible fixe est une mauvaise habitude. L’utiliser comme zone d’attention, en revanche, aide à comprendre pourquoi le prix accélère parfois sans nouvelle.

    Trois chemins pour les séances suivantes

    Le premier chemin est la cassure tenue. Le prix dépasse 2,58 à 2,60 dollars, absorbe les ventes, et va chercher la poche de 2,63 à 2,67 dollars. Si les liquidations de shorts ajoutent du carburant et que le volume suit, l’extension vers 2,80 dollars redevient un scénario discuté, pas une certitude. La condition est le maintien au-dessus de la zone franchie. Une mèche au-dessus de 2,60 dollars suivie d’une clôture en dessous ne vaut pas une cassure.

    Le deuxième chemin est la pause sous la résistance. Le prix reste entre le milieu des 2,40 dollars et 2,58 dollars, le temps que les moyennes courtes remontent. Ce scénario est souvent le plus sain. Il permet aux indicateurs de surchauffe de refroidir sans casser la structure. Il est aussi le plus ennuyeux, donc le moins commenté. Les marchés n’ont pas besoin d’être spectaculaires pour rester haussiers.

    Le troisième chemin est le rejet. L’échec sous 2,60 dollars renvoie le prix vers 2,35 à 2,40 dollars, puis vers 2,20 à 2,17 dollars. Perdre cette bande affaiblit la structure de cassure immédiate. Passer sous 2,00 à 2,04 dollars poserait un problème plus sérieux au scénario haussier d’octobre et ouvrirait la porte à une correction plus profonde. Aucun de ces chemins n’exige une nouvelle sur le protocole. Ils peuvent tous naître du positionnement déjà en place.

    Ce que les acheteurs doivent voir pour rester crédibles

    Une cassure crédible se voit dans la clôture, pas seulement dans la mèche. Elle se voit aussi dans la capacité du prix à ne pas réintégrer immédiatement l’ancienne zone. Sur quatre heures, cela implique de tenir au-dessus de 2,58 dollars sur plusieurs bougies, pas sur une seule. Sur la journée, cela implique que le rejet éventuel ne ramène pas le prix sous les moyennes courtes dans la foulée.

    Le volume doit accompagner. Une avancée sur un volume en baisse ressemble à une expiration du mouvement. Une avancée sur un volume en hausse ressemble à une acceptation. Les données de protocole, elles, jouent sur un horizon plus lent. Un trimestre à 16,1 milliards de dollars ne se confirme pas en une séance. Il se confirme si les semaines suivantes ne montrent pas un effondrement brutal de l’activité d’échange.

    Enfin, le comportement sous 2,40 dollars compte autant que le comportement au-dessus de 2,60 dollars. Un marché qui défend ses replis donne aux acheteurs une raison de rester. Un marché qui enfonce 2,35 dollars sans réaction montre que la demande spontanée s’est retirée. Dans ce cas, les rachats de protocole ne suffisent généralement pas à stopper une vague de prises de profit à court terme.

    Ce que les vendeurs attendent, et pourquoi ils peuvent avoir tort

    Le camp vendeur a un argument simple. Le mouvement est rapide, les indicateurs quotidiens sont étirés, et 2,60 dollars est à la fois un chiffre rond, une zone de Murrey et un aimant à liquidations. Historiquement, ce type de conjonction produit souvent un premier échec. Parier sur cet échec est rationnel. Le faire avec un levier élevé l’est moins, précisément parce que la poche au-dessus peut forcer les shorts à racheter.

    Les vendeurs peuvent aussi avoir tort si la demande de protocole continue d’absorber l’offre. Des rachats récurrents, des frais qui restent élevés et un intérêt pour les actifs tokenisés ne garantissent rien. Ils réduisent toutefois la probabilité d’un effondrement sans volume. Un rejet technique et un retournement fondamental ne sont pas le même événement. Le premier peut durer quelques séances. Le second demande une dégradation visible de l’activité.

    La prudence consiste à ne pas confondre un pari de très court terme sur 2,60 dollars avec une thèse sur Raydium. On peut juger le protocole solide et le prix trop tendu. On peut juger le graphique haussier et le levier trop chargé. Ces deux lectures coexistent. Elles expliquent pourquoi le débat est vif alors que les faits de base, volumes, frais, rachats, moyennes, ne sont pas vraiment contestés.

    Le rôle des market makers et de la liquidité réelle

    Sur un exchange décentralisé, le prix affiché n’est pas un cours de bourse centralisé. Il résulte de pools, de carnets et d’arbitrages avec d’autres plateformes. Si la liquidité se concentre sur quelques pools, un ordre de taille moyenne peut déplacer le prix plus que le graphique ne le suggère. Si la liquidité est profonde, le même ordre est absorbé. Le rallye de RAY a eu lieu dans un contexte de volumes trimestriels élevés, ce qui plaide pour une profondeur correcte. Cela n’empêche pas des trous de carnet en dehors des heures les plus actives.

    Les teneurs de marché à produit constant, les fameux pools à formule constante, fixent un prix en fonction des réserves. Quand un côté du pool est fortement acheté, le prix monte mécaniquement et les apporteurs de liquidité se retrouvent davantage exposés à l’autre actif. Ce mécanisme peut amplifier une tendance déjà lancée. Il peut aussi créer des retours en arrière quand les arbitragistes rééquilibrent les pools avec d’autres lieux de cotation.

    Pour le lecteur non spécialiste, l’idée utile est simple. Le prix de RAY n’est pas seulement le résultat d’opinions. Il est aussi le résultat d’une mécanique de pools. Une modification de frais, comme celle d’octobre qui renvoie 5 % des frais créateurs au protocole, change à la marge l’incitation à fournir cette liquidité. Si l’incitation tient, le carnet reste profond. Si elle se dégrade, les mêmes nouvelles produiront des mèches plus longues.

    Comparer le rallye à la récupération depuis 0,60 dollar

    Depuis la base autour de 0,60 dollar, le multiple est considérable. Revenir vers 2,45 dollars, c’est multiplier par environ quatre. Ce type de parcours attire deux lectures opposées. La première y voit une réparation légitime après une vente excessive. La seconde y voit un rattrapage déjà bien avancé, donc un potentiel résiduel plus faible. Les deux peuvent être vraies sur des horizons différents.

    La reprise des paliers de 1 dollar, 1,50 dollar et 2 dollars montre que le marché a accepté, à plusieurs reprises, de payer plus cher. Chaque palier franchi a aussi laissé des vendeurs potentiels au-dessus. Le palier de 2 dollars, désormais en dessous du prix, devient un souvenir de support tant qu’il n’est pas retesté. S’il l’était, la réaction dirait si les acheteurs d’octobre sont encore là, ou s’ils n’étaient que de passage.

    Un rallye de 20 % en une semaine, après un tel parcours annuel, n’a pas la même signification qu’un rallye de 20 % au départ d’une base. Le second peut être le début d’une tendance. Le premier est souvent une accélération de fin de jambe. Les accélérations peuvent continuer. Elles demandent simplement plus de preuves, pas moins, parce que le prix a déjà beaucoup donné.

    Indicateurs : ce qu’ils mesurent, et ce qu’ils ignorent

    Les moyennes mobiles mesurent un prix moyen passé. Elles retardent donc le présent. C’est leur force : elles filtrent le bruit. C’est leur limite : elles confirment une tendance déjà visible. L’ADX mesure la force de la tendance, pas sa direction. L’Aroon mesure depuis combien de temps le marché n’a pas fait de nouveau extrême. La grille de Murrey découpe un range. La heatmap montre où le levier est empilé. Aucun de ces outils ne connaît les frais du trimestre prochain.

    Les fondamentaux ignorent, de leur côté, le timing. Un protocole peut être rentable et voir son token corriger de 30 % si le positionnement était trop unanimement haussier. L’analyse utile consiste à faire se parler les deux familles. Ici, elles ne se contredisent pas encore. Les fondamentaux soutiennent l’idée d’une demande. Les indicateurs disent que cette demande a déjà poussé le prix dans une zone où le repos devient probable.

    Le piège est de choisir une seule famille pour confirmer une opinion déjà prise. Celui qui veut acheter ne regardera que les moyennes alignées et les rachats. Celui qui veut vendre ne regardera que l’Aroon à 100 % et la résistance de Murrey. Une lecture honnête garde les deux listes ouvertes en même temps.

    Le levier, amplificateur discret du débat

    La présence de grappes de liquidations rappelle que une partie du prix se joue sur des produits à levier, pas seulement au comptant. Le levier raccourcit le temps. Un mouvement qui prendrait des jours au comptant peut se jouer en heures si les stops sautent. Cela ne change pas la valeur du protocole. Cela change la trajectoire du token entre deux séances.

    Pour un détenteur long terme, ces cascades sont du bruit coûteux s’il est forcé de vendre, et une opportunité s’il a du cash. Pour un trader de très court terme, elles sont le sujet principal. Mélanger les deux horizons est la source de la plupart des mauvaises décisions autour d’un rallye comme celui de RAY. La question « est-ce que 2,60 dollars casse » n’a pas la même réponse selon que l’on parle de la prochaine bougie de quatre heures ou du prochain trimestre.

    Les 4,58 millions de tokens rachetés par le protocole ne neutralisent pas un excès de levier. Ils agissent sur une autre couche, plus lente. Attendre d’un rachat déjà effectué qu’il empêche une mèche sous 2,35 dollars est irréaliste. Attendre qu’une politique de rachat répétée soutienne le plancher sur plusieurs mois est plus cohérent, à condition que les frais restent là.

    Scénarios chiffrés, sans en faire une promesse

    Si le prix tient 2,45 dollars et clôture plusieurs unités de quatre heures au-dessus de 2,60 dollars, la poche de 2,63 à 2,67 dollars devient le prochain aimant mécanique. Un dépassement de cette poche, avec du volume, rend 2,80 dollars visible sur la grille quotidienne. Ce chemin suppose que les vendeurs de la zone actuelle soient absorbés, pas seulement écartés par une mèche.

    Si le prix échoue et revient sous 2,40 dollars, la bande de 2,35 à 2,40 dollars est le premier test de levier. Une perte de 2,20 dollars affaiblit la structure immédiate. Une perte de 2,00 à 2,04 dollars remet en cause l’empilement des moyennes qui soutient aujourd’hui le biais acheteur. Entre ces niveaux, le marché peut très bien consolider sans choisir, le temps que l’ADX et l’Aroon se normalisent.

    Aucun de ces chemins n’est un conseil d’achat ou de vente. Ce sont des cartes de lecture. Le prix peut aussi ouvrir un quatrième chemin, moins propre : une fausse cassure au-dessus de 2,60 dollars, un retour violent sous 2,40 dollars, puis une reprise. Ces allers-retours sont fréquents quand une résistance et une poche de liquidations se superposent. Ils punissent surtout les entrées tardives au levier.

    Ce que l’activité tokenisée change, ou ne change pas

    Dépasser 6 milliards de dollars de volume cumulé sur des actions tokenisées est un fait d’usage, pas un fait de prix. Cela montre que la plateforme sert à autre chose qu’à échanger des paires purement spéculatives. Cela peut élargir la base d’utilisateurs. Cela peut aussi rester un flux niche, concentré sur quelques noms, sans effet durable sur RAY.

    Le lien avec le token passe par les frais et, éventuellement, par la perception. Un protocole perçu comme une infrastructure d’actifs tokenisés peut attirer un narratif différent de celui d’un simple exchange de memecoins. Les narratifs se paient, puis se vérifient. La vérification, ici, sera le maintien du volume après l’effet d’annonce, et la part de frais qui revient réellement au protocole après le changement d’octobre.

    Il serait excessif d’expliquer les 20 % de la semaine par les seuls actifs tokenisés. Le timing colle davantage à une combinaison de force relative, de positionnement technique et de flux déjà présents. Les actifs tokenisés sont un argument de fond. Ils ne sont pas, à eux seuls, le déclencheur de la bougie qui a emmené le prix de 2,16 à plus de 2,50 dollars en une séance.

    Comment lire la semaine sans se raconter d’histoire

    Une méthode simple consiste à séparer les faits lents et les faits rapides. Les faits lents sont le volume trimestriel, les frais, les rachats, la part de frais renvoyée au protocole, le volume cumulé d’actifs tokenisés. Ils changent peu d’un jour à l’autre. Les faits rapides sont le prix, les moyennes de quatre heures, l’ADX, l’Aroon, la heatmap. Ils peuvent changer avant la prochaine clôture quotidienne.

    Si les faits rapides se dégradent mais que les faits lents tiennent, on est plutôt dans une correction de prix. Si les faits rapides tiennent mais que les faits lents se fissurent, on est plutôt dans une avance du prix sur l’activité, donc dans une zone fragile. Si les deux se dégradent ensemble, le biais haussier d’octobre n’a plus grand-chose à défendre. Si les deux tiennent, la tentative sur 2,60 dollars reste le scénario de travail, avec le risque de surchauffe en embuscade.

    Cette grille évite le commentaire binaire. Le marché n’a pas à choisir entre « RAY va à 2,80 dollars » et « le rallye est terminé ». Il peut faire les deux, dans cet ordre ou dans l’ordre inverse, selon le levier et le volume. La seule exigence raisonnable est de savoir quel fait, lent ou rapide, a changé avant de changer d’avis.

    Les erreurs de lecture les plus courantes sur ce type de rallye

    La première erreur est de prendre un gain hebdomadaire de 20 % pour une tendance déjà installée sur des mois. La tendance plus longue existe, depuis la base de 0,60 dollar. La jambe d’octobre en est une partie, pas la totalité. Confondre les deux conduit à acheter le sommet d’une accélération en croyant acheter le début d’une histoire.

    La deuxième erreur est de traiter 2,60 dollars comme un mur infranchissable ou comme une formalité. C’est une zone de travail. Les zones de travail se franchissent, se rejettent, ou se transforment en ranges. Annoncer le résultat avant le test est une façon de paraître certain. Ce n’est pas une façon de lire un carnet.

    La troisième erreur est d’ignorer le levier parce que les fondamentaux sont bons, ou d’ignorer les fondamentaux parce que le levier est chargé. Les deux couches coexistent. La quatrième est de généraliser à tout le marché crypto. RAY se distingue justement parce qu’il ne suit pas le repli général. Ce qui est vrai pour lui cette semaine ne l’est pas automatiquement pour le reste des altcoins.

    Une checklist sobre avant la prochaine bougie

    Avant de conclure quoi que ce soit sur 2,60 dollars, quelques questions suffisent. Le prix clôture-t-il au-dessus de la zone, ou se contente-t-il de la piquer ? Le volume accompagne-t-il, ou sèche-t-il ? Les moyennes de quatre heures restent-elles empilées dans le bon ordre ? L’ADX monte-t-il encore, ou plafonne-t-il ? La poche de 2,63 à 2,67 dollars est-elle toujours chargée, ou a-t-elle été vidée ? Sous le prix, 2,35 dollars tient-il ?

    Sur l’horizon plus lent, une seule question domine. L’activité qui a produit 16,1 milliards de dollars de volume spot et 57,1 millions de dollars de frais continue-t-elle, ou le trimestre en cours montre-t-il déjà un trou d’air ? Les rachats déjà réalisés ne répondent pas à cette question. Seuls les prochains frais y répondront.

    • Clôture au-dessus de 2,58 à 2,60 dollars, pas seulement une mèche.
    • Volume qui confirme, plutôt qu’une avancée sur un carnet vide.
    • Maintien au-dessus de 2,17 dollars, première moyenne courte vraiment regardée.
    • Réaction sous 2,35 à 2,40 dollars si une prise de profit s’enclenche.
    • Absence de cassure de 2,00 à 2,04 dollars, seuil plus sérieux pour le biais d’octobre.

    Cette liste n’est pas un système de trading. C’est un filtre contre le récit unique. Un rallye peut cocher toutes les cases et échouer quand même. Il échoue plus souvent, en revanche, quand aucune case ne tient et que le commentaire continue de parler de cassure imminente.

    Ce que 2,80 dollars représenterait, s’il était atteint

    La zone voisine de 2,80 dollars n’est pas un objectif officiel du protocole. C’est la région suivante sur la grille quotidienne, après le dépassement éventuel de 2,60 dollars. L’atteindre supposerait une extension d’environ 14 % depuis les 2,45 dollars récents, et un peu plus depuis une cassure propre de 2,60 dollars. Ce n’est pas extravagant en crypto. Ce n’est pas non plus automatique.

    Pour que ce niveau ait un sens au-delà du graphique, il faudrait que la poche de liquidations ait été traversée et que la demande spontanée prenne le relais des rachats forcés. Sans ce relais, 2,80 dollars peut être touché et rendu dans la même journée. Avec ce relais, il peut devenir un nouveau plateau, le temps que le marché décide s’il constitue une base ou un excès.

    Le rappeler sert à calibrer l’attente. Le débat public se fixe souvent sur le prochain chiffre rond. Le chiffre d’après n’a de valeur que si le premier a été accepté. Parler de 2,80 dollars avant une clôture au-dessus de 2,60 dollars, c’est sauter une étape que le marché, lui, ne saute pas toujours.

    Raydium dans la carte plus large de la finance décentralisée

    Les exchanges décentralisés se concurrencent sur la liquidité, les frais, la vitesse de listing et la qualité d’exécution. Raydium occupe une place centrale sur Solana depuis plusieurs cycles. Cette place n’est pas un droit acquis. Elle se défend semaine après semaine, par les volumes. Le troisième trimestre, avec 16,1 milliards de dollars et une hausse de 17 %, montre que la place n’a pas été cédée sur la période. Elle ne dit rien de la part de marché du trimestre suivant.

    Le token est le reflet imparfait de cette place. Il peut surperformer si les rachats et le narratif s’ajoutent à l’activité. Il peut sous-performer si l’offre débloquée, les prises de profit ou un simple excès de valorisation pèsent plus lourd que les frais. Octobre 2026 montre pour l’instant le premier cas. La mémoire de la fin 2025 rappelle que le second cas a déjà existé.

    Dans ce cadre, la question des 2,60 dollars est locale. Elle intéresse le trader de la semaine. La question de la durée des frais et des rachats intéresse celui qui cherche à comprendre si RAY reste un proxy de l’activité Solana ou seulement un véhicule de momentum. Les deux questions méritent une réponse distincte. Les mélanger produit des titres spectaculaires et des lectures fragiles.

    Pourquoi le silence du marché large renforce le signal, sans le valider

    Un rallye isolé dans un marché mou est plus informatif qu’un rallye général. Quand tout monte, il est difficile de savoir qui a un moteur propre. Quand presque tout recule et qu’un token avance, le moteur propre devient plus visible. C’est le sens du commentaire sur la force relative. RAY n’a pas seulement monté. Il a monté pendant que d’autres peinaient.

    Ce signal reste conditionnel. Les capitaux qui se réfugient dans un nom liquide peuvent en sortir dès qu’un autre nom devient plus attractif, ou dès que le marché large rebondit et que l’attention se disperse. La force relative est un avantage tant qu’elle dure. Elle n’est pas un actif au bilan. La perdre ne veut pas dire que le protocole va mal. Cela veut dire que le privilège de l’attention s’est déplacé.

    D’où l’intérêt de surveiller à la fois RAY et le contexte. Si le marché crypto se stabilise et que RAY continue de surperformer, la thèse de sélection se renforce. Si le marché rebondit fort et que RAY stagne sous 2,60 dollars, la divergence positive peut simplement avoir été consommée. Si le marché rechute et que RAY perd 2,20 dollars, la force relative elle-même sera à réécrire.

    Le prix, les frais et la tentation du raccourci

    Il est tentant de diviser la capitalisation par les frais et d’en tirer un multiple, comme on le ferait pour une entreprise. La tentation est compréhensible. 57,1 millions de dollars de frais sur un trimestre donnent un ordre de grandeur. Le raccourci oublie que ces frais ne sont pas un bénéfice, que une partie revient aux apporteurs de liquidité, et que le trimestre suivant peut être très différent. Il oublie aussi que le token n’a pas un droit contractuel sur chaque dollar de frais, même quand une politique de rachat existe.

    Les 6,2 millions de dollars de rachats sont, eux, un flux concret vers le token. Rapporté aux frais, cela montre qu’une fraction des revenus a été utilisée pour réduire l’offre. La fraction compte. Elle n’épuise pas le débat de valorisation. Un marché peut juger que 1,7 % d’offre retirée justifie une prime. Il peut aussi juger que la prime déjà inscrite dans le passage de 1,82 à 2,58 dollars a anticipé plusieurs trimestres de rachats.

    Rester au niveau des flux évite les modèles trop précis. On sait qu’il y a du volume, des frais, des rachats, une modification de partage, et un prix qui a déjà beaucoup monté. On ne sait pas quel multiple le marché voudra payer dans un mois. Personne ne le sait vraiment, y compris ceux qui l’annoncent avec assurance.

    Ce que les prochaines séances peuvent enseigner

    La séance qui a emmené le prix de 2,16 dollars à plus de 2,50 dollars a déjà appris une chose : la demande peut submerger l’offre locale très vite. Le refroidissement vers le milieu des 2,40 dollars en a appris une autre : cette demande n’est pas illimitée à chaque tick. Les prochaines séances diront si le marché veut payer 2,60 dollars de façon durable, ou s’il a surtout voulu tester la poche de liquidations.

    Un enseignement utile viendra aussi du comportement des supports. Si 2,40 dollars tient sans panique, les acheteurs de la semaine sont encore présents. S’il cède sur un volume croissant, une partie de ces acheteurs est déjà en train de sortir. Les indicateurs confirmeront après. Le carnet, lui, parle pendant.

    Enfin, le silence compte. Une absence de nouvelle négative sur le protocole, combinée à un rejet technique, indiquerait que le frein est le positionnement, pas l’activité. Une nouvelle négative sur les volumes ou sur le réseau, combinée à une perte de 2,20 dollars, indiquerait un problème plus large. Distinguer ces deux cas évitera d’expliquer un simple excès de levier par une crise du protocole, ou l’inverse.

    Synthèse : la zone des 2,60 dollars est un test, pas un trophée

    Raydium a livré, cette semaine, un rallye de plus de 20 % qui tranche avec la faiblesse du marché. Le token est passé d’environ 1,82 dollar au début d’octobre à un pic proche de 2,58 dollars, pour se négocier ensuite autour de 2,45 à 2,46 dollars. La structure de quatre heures reste haussière, avec un prix au-dessus des moyennes à 2,17, 2,04, 2,01 et 1,69 dollar, un ADX à 33,78 et un Aroon Up à 100 %. Le quotidien, lui, est étiré, collé à une région de résistance, avec 2,60 puis 2,80 dollars comme zones suivantes.

    Le socle n’est pas vide. 16,1 milliards de dollars de volume spot au troisième trimestre, des frais de 57,1 millions, des rachats de 6,2 millions portant sur environ 4,58 millions de tokens, un volume cumulé d’actions tokenisées au-delà de 6 milliards, et un renvoi de 5 % des frais créateurs vers le protocole : tout cela donne une raison de ne pas traiter le mouvement comme un simple souffle. Cela ne donne pas une raison d’ignorer la carte des liquidations, chargée vers 2,63 à 2,67 dollars au-dessus, et vers 2,35, 2,20 puis le bas des 2,10 dollars en dessous.

    La réponse honnête à la question du franchissement est donc conditionnelle. Une clôture tenue au-dessus de 2,58 à 2,60 dollars met la poche de liquidations en jeu et peut ouvrir le chemin vers 2,80 dollars, surtout si les shorts couvrent. Un échec renvoie d’abord vers 2,20 à 2,17 dollars. Perdre 2,00 à 2,04 dollars changerait le récit d’octobre. Entre les deux, le protocole continue de fournir des flux, et le prix continue de demander des preuves. Le trophée n’est pas le chiffre. C’est la capacité du marché à le garder.

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    Steven Soarez
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