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    L’Euro Domine 80% des Stablecoins Non-USD

    Steven SoarezDe Steven Soarez11/04/2026Aucun commentaire12 Mins de Lecture
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    Imaginez un monde où les paiements transfrontaliers se font en quelques secondes, sans frais exorbitants ni intermédiaires bancaires traditionnels. Un monde où l’euro, cette monnaie que nous utilisons quotidiennement en Europe, gagne du terrain dans l’univers des actifs numériques. C’est précisément ce que met en lumière un rapport récent co-publié par Visa et Dune Analytics. Selon cette étude, les stablecoins libellés en euro captent aujourd’hui plus de 80 % du marché des stablecoins non adossés au dollar américain.

    Cette domination n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’une combinaison explosive entre une réglementation européenne ambitieuse et une adoption croissante pour des usages concrets comme les paiements et la gestion de trésorerie. Alors que le marché global des stablecoins reste largement dominé par l’USDT et l’USDC, le segment non-USD connaît une croissance fulgurante. Passons en revue les chiffres clés, les mécanismes à l’œuvre et les implications pour les investisseurs comme pour les entreprises.

    L’essor impressionnant des stablecoins en monnaies locales

    Le rapport « Beyond Dollarization » offre une photographie précise de l’évolution du secteur. En l’espace de trois ans, l’offre totale de stablecoins non-USD est passée de 370 millions de dollars en janvier 2023 à environ 1,1 milliard de dollars aujourd’hui. Cela représente un triplement de la capitalisation. Mais le plus spectaculaire concerne les volumes de transferts : ils ont été multipliés par 16, passant de 600 millions à 10 milliards de dollars par mois.

    Le nombre de détenteurs a également explosé, grimpant de 40 000 à plus de 1,2 million d’adresses uniques. Ces chiffres traduisent une maturation réelle du marché. Il ne s’agit plus seulement d’un phénomène spéculatif réservé aux amateurs de cryptomonnaies. Les stablecoins en monnaies locales deviennent des outils concrets pour les flux économiques quotidiens.

    Parmi ces stablecoins, ceux adossés à l’euro occupent une place prépondérante. Ils représentent plus de 80 % de la capitalisation totale du segment non-USD et jusqu’à 85 % des volumes de transferts. Cette suprématie souligne le rôle central que joue l’Europe dans la diversification des stablecoins au-delà du dollar.

    Chiffres clés du rapport Beyond Dollarization :

    • Offre totale non-USD : 1,1 milliard de dollars
    • Volumes mensuels de transferts : 10 milliards de dollars
    • Croissance des détenteurs : de 40 000 à 1,2 million
    • Part de l’euro : plus de 80 % de la capitalisation et 85 % des volumes
    • 80 % des flux utilisés pour des paiements et trésorerie d’entreprise

    Cette croissance ne se limite pas à une simple augmentation quantitative. La nature même des flux a évolué. Contrairement aux stablecoins dollar souvent utilisés dans la finance décentralisée pour des stratégies de rendement, les stablecoins euro servent majoritairement à des usages réels : paiements entre entreprises, gestion de trésorerie et transferts internationaux. Environ 80 % de l’activité relève de ces flux monétaires classiques plutôt que de rotations spéculatives.

    Les patterns observés confirment cette réalité. Les transferts ralentissent pendant le week-end, suivent les cycles de paie et passent souvent par des trésoreries d’entreprise. Nous ne sommes plus dans un univers purement crypto, mais dans une infrastructure de paiement moderne et programmable.

    Les stablecoins en monnaies locales ne sont plus des expériences de niche. Ils deviennent des rails de paiement essentiels pour les entreprises et les particuliers.

    Rapport Beyond Dollarization, Visa et Dune

    Pourquoi l’euro domine-t-il ce segment ?

    La domination de l’euro ne repose pas uniquement sur la force économique de la zone euro. Elle trouve son origine dans un cadre réglementaire particulièrement favorable : le règlement MiCA, entré pleinement en application fin 2024. Cette réglementation européenne a profondément restructuré le paysage des stablecoins sur le Vieux Continent.

    Avant MiCA, de nombreux stablecoins circulaient sans cadre clair, exposant les utilisateurs à des risques de contrepartie. Avec l’entrée en vigueur de ces règles, les exchanges européens ont dû retirer les tokens non conformes. C’est ainsi que l’EURT de Tether a progressivement disparu des plateformes. Ce vide réglementaire a été comblé par des émetteurs préparés.

    Circle, l’émetteur de l’USDC, avait anticipé ce tournant. En obtenant une licence d’établissement de monnaie électronique en France, l’entreprise a rendu son stablecoin euro, l’EURC, pleinement conforme dans les 27 pays de l’Union européenne. Résultat : sa part de marché dans le segment euro est passée de 17 % à plus de 50 % en seulement douze mois. La capitalisation de l’EURC dépasse aujourd’hui les 410 millions de dollars.

    Cette réussite illustre parfaitement comment une régulation bien pensée peut accélérer l’adoption tout en renforçant la confiance des utilisateurs et des institutions. MiCA impose des exigences strictes en matière de réserves, de transparence et de gouvernance. Les émetteurs doivent détenir des actifs liquides en quantité suffisante pour garantir le rachat à tout moment.

    L’impact de MiCA en quelques points :

    • Retrait des stablecoins non conformes des exchanges européens
    • Exigences strictes sur les réserves et la transparence
    • Avantage concurrentiel pour les émetteurs licenciés en Europe
    • Accélération de l’adoption institutionnelle
    • Création d’un cadre harmonisé pour les 27 pays de l’UE

    Au-delà des exchanges, l’intégration de l’EURC va beaucoup plus loin. Des acteurs majeurs du paiement traditionnel comme Ingenico ont ouvert ce stablecoin à leurs 40 millions de terminaux de paiement. Visa, de son côté, dénombre plus de 130 programmes de cartes liés aux stablecoins dans plus de 40 pays. Le stablecoin euro n’est plus perçu comme un simple actif crypto. Il devient une véritable brique d’infrastructure de paiement, construite sur des rails régulés et sécurisés depuis la France.

    Ethereum reste le pilier, mais les usages migrent

    Sur le plan technique, Ethereum conserve une position dominante pour l’émission des stablecoins euro. Près de 90 % d’entre eux sont encore émis sur cette blockchain, appréciée pour sa sécurité et sa décentralisation. Cependant, la part globale d’Ethereum dans le segment non-USD est passée de 90 % à 65 % en trois ans.

    Cette évolution reflète une logique économique claire. L’émission reste sur Ethereum pour bénéficier de sa robustesse et de sa liquidité institutionnelle. En revanche, les usages quotidiens et les transferts migrent vers des chaînes plus rapides et moins coûteuses. Base, Avalanche, Solana ou encore Stellar attirent une part croissante des transactions réelles.

    Cette dualité illustre la maturité du secteur : les émetteurs privilégient la sécurité pour la création des tokens, tout en optimisant les coûts pour les utilisateurs finaux. Les développeurs et les entreprises peuvent ainsi combiner le meilleur des deux mondes sans compromettre la confiance.

    Les intégrations avec les infrastructures traditionnelles renforcent encore cette tendance. Visa permet désormais de régler et de débourser des fonds instantanément via des stablecoins euro sur plusieurs blockchains. Ces ponts entre l’on-chain et l’off-chain ouvrent des perspectives immenses pour les entreprises qui cherchent à moderniser leurs processus de paiement tout en restant conformes.

    Le grand dilemme : paiements en euro, rendements en dollar

    Malgré cette belle dynamique, le marché des stablecoins euro fait face à un défi majeur : le rendement. Avec une capitalisation d’environ 410 millions de dollars pour l’EURC, le gap reste abyssal face aux géants du dollar. L’USDC pèse plus de 75 milliards de dollars et l’USDT approche les 187 milliards. Le ratio est d’environ 1 à 400.

    Cette différence de taille se traduit directement dans l’écosystème DeFi. Sur les stablecoins euro, les investisseurs trouvent seulement une poignée de pools de liquidité, souvent peu profonds, avec des rendements modestes. À l’inverse, l’univers des stablecoins dollar offre des dizaines de protocoles, des stratégies diversifiées et des rendements annualisés pouvant atteindre 15 à 25 % sur des positions non directionnelles.

    Le rendement est là où se trouve la liquidité. Tant que l’écart de taille persistera, les investisseurs européens continueront à privilégier les stablecoins dollar pour leurs stratégies de placement.

    Observation du marché DeFi 2026

    Cette réalité explique pourquoi de nombreux portefeuilles européens, même ceux gérés par des structures spécialisées, conservent une exposition importante aux stablecoins dollar. La liquidité profonde permet d’accéder à une variété d’opportunités : farming, lending, vaults automatisés ou encore stratégies d’arbitrage. Les rendements compressés sur l’euro limitent pour l’instant l’attrait spéculatif.

    Cependant, cette situation n’est pas figée. À mesure que la capitalisation des stablecoins euro augmentera et que davantage de protocoles se développeront sur des chaînes compatibles, l’écosystème devrait gagner en profondeur. Les intégrations avec Visa et d’autres acteurs traditionnels pourraient également stimuler l’innovation en matière de produits de rendement adossés à l’euro.

    Comparaison avec d’autres monnaies locales

    L’euro n’est pas le seul acteur dans cette vague de « dé-dollarisation » des stablecoins. Le rapport met également en lumière des cas d’étude intéressants dans d’autres régions. Au Brésil, le stablecoin adossé au réal (BRLA) a vu ses volumes de transferts multipliés par huit en un an, grâce notamment à l’intégration avec le système PIX de paiement instantané.

    À Singapour, le XSGD bénéficie d’un cadre réglementaire clair de la MAS et traite des volumes significatifs. Le Japon a lancé son premier stablecoin yen régulé. Ces exemples montrent que le phénomène dépasse largement l’Europe. Chaque juridiction apporte sa propre réponse réglementaire et ses cas d’usage locaux.

    Toutefois, l’euro conserve une longueur d’avance grâce à la taille du marché unique européen et à la précocité de MiCA. Alors que d’autres régions testent encore leurs cadres, l’Union européenne a déjà créé un environnement mature qui attire les émetteurs sérieux et les entreprises désireuses de moderniser leurs paiements.

    Autres stablecoins locaux en croissance :

    • BRLA (réal brésilien) : volumes multipliés par 8
    • XSGD (dollar de Singapour) : cadre MAS favorable
    • Stablecoins yen japonais : premiers lancements régulés
    • Autres monnaies émergentes en phase d’expérimentation

    Implications pour les investisseurs européens

    Pour les investisseurs particuliers comme pour les professionnels basés en Europe, cette évolution offre à la fois des opportunités et des défis. D’un côté, l’EURC permet de conserver une exposition à l’euro tout en bénéficiant des avantages de la blockchain : rapidité, traçabilité et coûts réduits sur les transferts internationaux.

    Les entreprises peuvent optimiser leur trésorerie en utilisant des stablecoins euro pour les paiements fournisseurs ou les salaires transfrontaliers au sein de l’UE. Les frais sont souvent inférieurs à ceux des virements bancaires traditionnels, et la vitesse d’exécution est incomparable.

    D’un autre côté, le manque de profondeur en DeFi incite encore beaucoup à convertir leurs fonds en USDC ou USDT pour générer du rendement. Cette pratique introduit un risque de change, même minime, puisque l’euro et le dollar ne fluctuent pas toujours en parfaite corrélation. Les investisseurs avertis doivent donc arbitrer entre la stabilité monétaire et la recherche de performance.

    À plus long terme, le développement de protocoles DeFi spécifiques aux stablecoins euro pourrait réduire cet écart. Des projets innovants voient déjà le jour, portés par des équipes européennes conscientes de cet enjeu stratégique. L’arrivée de nouveaux acteurs institutionnels, encouragés par MiCA, devrait également accélérer cette maturation.

    Perspectives d’avenir pour les stablecoins euro

    Le chemin reste long, mais les fondations sont solides. Les projections les plus optimistes estiment que le marché des stablecoins non-USD pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars d’ici quelques années. L’euro, fort de sa position actuelle, est bien placé pour conserver son leadership dans ce segment.

    Plusieurs facteurs pourraient catalyser cette croissance. D’abord, une adoption plus large par les entreprises européennes pour la gestion de leur trésorerie internationale. Ensuite, le développement de produits financiers adossés à l’EURC, tels que des comptes d’épargne numériques ou des cartes de paiement offrant des récompenses. Enfin, une possible convergence réglementaire avec d’autres grandes juridictions pourrait faciliter les flux globaux.

    Visa elle-même joue un rôle actif dans cette transition. En intégrant les stablecoins à ses rails de paiement existants, l’entreprise contribue à normaliser leur usage auprès des marchands et des consommateurs. D’autres géants des paiements suivent probablement le mouvement, conscients que l’avenir des transactions passe par une hybridation entre technologies traditionnelles et blockchain.

    Cependant, des défis persistent. La volatilité des marchés crypto, même atténuée pour les stablecoins, nécessite une éducation continue des utilisateurs. Les questions de cybersécurité et de protection des consommateurs restent centrales. MiCA apporte des réponses solides sur ces aspects, mais la vigilance reste de mise.

    Conclusion : vers une multipolarité monétaire numérique ?

    Le rapport Visa et Dune marque une étape importante dans la compréhension de l’évolution des stablecoins. L’euro a clairement pris les devants dans le segment non-USD, porté par une réglementation ambitieuse et des cas d’usage concrets. Cette domination reflète la volonté européenne de ne pas laisser le dollar monopoliser l’univers des monnaies numériques stables.

    Pour autant, le dollar conserve une avance écrasante en termes de liquidité et d’opportunités de rendement. Les investisseurs européens devront donc naviguer avec intelligence entre ces deux univers : la stabilité monétaire offerte par l’euro d’un côté, et la profondeur financière du dollar de l’autre.

    L’avenir semble prometteur. À mesure que les stablecoins euro gagneront en maturité, ils pourraient devenir un pilier des paiements numériques en Europe et au-delà. Les entreprises, les particuliers et les institutions ont tout intérêt à suivre cette évolution de près. Car derrière les chiffres et les régulations se dessine une transformation plus profonde : celle d’un système monétaire mondial plus diversifié, plus programmable et potentiellement plus résilient.

    Les mois et les années à venir nous diront si cette dynamique se confirme et s’amplifie. Une chose est certaine : les stablecoins en euro ne sont plus un phénomène marginal. Ils incarnent une nouvelle réalité économique que ni les régulateurs ni les marchés ne peuvent plus ignorer.

    En tant qu’observateurs du secteur des cryptomonnaies, nous continuons à suivre avec attention ces développements. La convergence entre finance traditionnelle et technologies décentralisées ouvre des perspectives passionnantes, à condition de rester vigilants face aux risques inhérents à tout marché en pleine maturation.

    Ce rapport « Beyond Dollarization » nous rappelle que l’innovation monétaire ne se limite pas au bitcoin ou aux grandes cryptomonnaies. Elle passe aussi par ces actifs stables qui, discrètement, transforment les flux financiers quotidiens. L’euro, en s’imposant dans ce domaine, affirme sa place dans l’économie numérique du XXIe siècle.

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