Close Menu
    What's Hot

    Circle Soutient L’Onu Pour Des Paiements Stablecoins

    25/09/2026

    Formulaires Fiscaux Crypto : Un Investisseur Sur Cinq Doute

    25/09/2026

    Aave V4 Intègre Les Actions Tokenisées Coinbase

    25/09/2026
    InfoCrypto.fr
    • Accueil
    • Actualités
    • Analyses
    • Cryptomonnaies
    • Formations
    • Nous Contacter
    InfoCrypto.fr
    Accueil»Actualités»Faux Conseiller Coinbase Condamné Pour 16 Millions Volés
    Actualités

    Faux Conseiller Coinbase Condamné Pour 16 Millions Volés

    Steven SoarezDe Steven Soarez25/09/2026Aucun commentaire18 Mins de Lecture
    Partager
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    Onze heures du soir, un message tombe. Le ton est calme, presque paternel. Un prétendu conseiller affirme qu’un pirate est déjà dans le compte et qu’il faut déplacer les fonds tout de suite vers un portefeuille « sécurisé ». La main tremble, le transfert part, et le solde bascule ailleurs. C’est exactement ce scénario, répété près d’une centaine de fois, qui a permis à un habitant de Brooklyn de siphonner environ seize millions de dollars. La justice new-yorkaise vient de refermer le dossier : quatre à douze ans de prison, plaidoyer de culpabilité, confiscations. L’affaire n’est pas un coup de génie technique. C’est une leçon brutale sur la confiance, l’urgence et la facilité avec laquelle on peut se faire passer pour le support d’une grande plateforme.

    Comment Un Faux Conseiller A Vidangé Des Portefeuilles Entiers

    Ronald Spektor a vingt-trois ans. Il n’a pas forcé de coffre-fort cryptographique. Il n’a pas cassé de double authentification. Il a simplement convaincu des utilisateurs de Coinbase d’envoyer eux-mêmes leurs actifs vers des adresses qu’il contrôlait. Le parquet de Brooklyn parlait d’abord d’une fourchette de sept à vingt et un ans. L’accusé a finalement reconnu trente et un chefs, notamment vol aggravé, recel au premier degré et blanchiment. En échange, le tribunal a retenu une peine plus courte, malgré l’opposition des procureurs.

    Le schéma est d’une simplicité déconcertante. Le message évoque une menace immédiate. Le « conseiller » propose un refuge. La victime crée ou utilise un nouveau wallet, convaincue d’en être la seule détentrice. En réalité, Spektor possède déjà la clé ou un accès parallèle. Dès que les fonds arrivent, il vide le portefeuille. Ensuite commence le labyrinthe : exchanges, services de conversion, sites de jeux, cartes cadeaux, cash. Une part notable a transité par des plateformes de paris en ligne.

    Si quelqu’un vous presse de déplacer vos cryptos vers un wallet sécurisé, ce n’est presque jamais un employé de la plateforme. C’est le premier signal d’alerte.

    Principe rappelé par les équipes de prévention des exchanges

    Le Profil Du Prévenu Et Le Canal Telegram

    Les enquêteurs n’ont pas seulement suivi l’argent. Ils ont croisé traces numériques, perquisitions et adresse IP du domicile. Plusieurs wallets utilisés dans le détournement pointaient vers la connexion résidentielle du suspect. Sur Telegram, sous le pseudonyme @lolimfeelingevil, il animait un canal baptisé « Blockchain enemies ». Il s’y vantait de ses opérations et affirmait avoir perdu six millions de dollars au jeu. Ce mélange d’arrogance et d’autodestruction a fourni un portrait psychologique utile au dossier : un jeune homme qui monétisait la peur des autres, puis dissipait une partie du butin dans des paris.

    La justice a ordonné la saisie de plus de cinq cent mille dollars en espèces, cryptomonnaies et biens personnels. Spektor doit aussi restituer près de seize millions. Le communiqué du procureur ne dit pas quelle fraction reviendra réellement aux victimes. C’est souvent le point le plus douloureux de ces affaires : la condamnation est publique, le recouvrement l’est beaucoup moins.

    Ce que le dossier établit clairement

    • Environ une centaine de clients Coinbase ciblés, certains ayant perdu plus d’un million de dollars.
    • Trente et un chefs reconnus, dont blanchiment, vol aggravé et recel.
    • Peine retenue : quatre à douze ans, après plaidoyer, contre une réquisition plus lourde.
    • Identification via blockchain, saisies numériques et IP du domicile.

    Pourquoi Cette Affaire N’Est Pas Le Hack De 2025

    Il faut séparer deux chroniques. En mai 2025, Coinbase a révélé qu’un prestataire étranger de support avait été corrompu. Des agents avaient livré coordonnées, pièces d’identité, historiques et aperçus de soldes concernant moins de un pour cent des utilisateurs mensuels actifs. Aucun mot de passe, aucun code 2FA, aucune clé privée n’avait fuité. Les criminels avaient ensuite exigé vingt millions. La plateforme avait refusé et mis la même somme en récompense. Le rapport annuel évoque ensuite 311,2 millions de dollars versés en 2025 au titre des remboursements volontaires et des frais juridiques liés à l’incident.

    Le dossier Spektor n’est pas présenté comme un prolongement de cette fuite. Il illustre pourtant la même mécanique mentale : usurper le nom de la marque, créer l’urgence, faire déplacer les fonds par la victime elle-même. Dans un cas, la donnée client sert d’amorce. Dans l’autre, un simple message bien calé suffit. Les deux récits convergent vers une conclusion peu glorieuse : la couche humaine reste plus poreuse que la couche cryptographique.

    Ingénierie Sociale : La Pression Vaut Mieux Qu’Un Exploit

    Les professionnels de la sécurité le répètent jusqu’à l’écœurement. Un transfert on-chain est irréversible. Celui qui obtient que vous cliquiez « envoyer » n’a plus besoin de casser quoi que ce soit. Spektor a joué sur trois leviers classiques : autorité (il se dit conseiller), rareté temporelle (le pirate est déjà là), et solution miracle (un wallet refuge). Ces leviers fonctionnent aussi bien sur un néophyte que sur un détenteur aguerri fatigué, stressé ou interrompu en pleine soirée.

    Les victimes n’étaient pas forcément naïves. Certaines avaient des soldes à sept chiffres. La peur de tout perdre d’un coup court-circuite le doute. On vérifie moins l’expéditeur. On ouvre moins le vrai site. On n’appelle pas le support officiel. On agit. C’est précisément ce que cherche l’escroc : transformer une minute d’adrénaline en transaction définitive.

    Coinbase, comme la plupart des grandes plateformes, martèle que ses employés ne demandent jamais de déplacer des fonds vers un « portefeuille sécurisé ». Le signal d’alarme n’est pas un détail technique. C’est la pression. Dès qu’on vous pousse à signer tout de suite une opération irréversible, le scénario sent le loup, même si le logo paraît parfait et le français presque impeccable.

    La Traçabilité On-Chain N’Empêche Pas Le Détournement, Elle Le Documente

    On entend souvent que la blockchain rend les voleurs visibles. C’est vrai et faux à la fois. Visible, le flux l’est. Récupérable, l’argent ne l’est pas toujours. Spektor a fait transiter les fonds par plusieurs couches : exchanges, mixeurs de liquidité de fait, jeux en ligne, conversion en cartes ou en cash. Chaque saut ajoute du frottement pour les enquêteurs, mais laisse aussi des miettes. L’IP du domicile liée à plusieurs wallets a servi de pont entre le monde numérique et l’adresse physique.

    Les perquisitions ont ensuite livré des éléments matériels. Cinq cent mille dollars saisis, ce n’est qu’une fraction des seize millions. Le reste a été brûlé au jeu, dilué, dépensé, ou reste coincé dans des intermédiaires. Les victimes découvrent alors une réalité froide : même quand l’auteur est identifié, le patrimoine n’est pas un coffre qu’on rouvre. C’est un réseau de tuyaux déjà vidés.

    Ce Que Révèle Le Plaidoyer De Culpabilité

    Plaider coupable n’est pas un aveu romantique. C’est un calcul. Trente et un chefs, un parquet qui vise haut, un dossier nourri de traces on-chain et d’éléments saisis : le risque d’un procès long et d’une fourchette haute était réel. En acceptant quatre à douze ans, Spektor réduit l’incertitude. Les procureurs, eux, perdent une partie de la démonstration publique qu’ils voulaient. Les victimes, au milieu, reçoivent une date de condamnation plus qu’une garantie de remboursement.

    Ce type d’accord est fréquent dans les dossiers financiers américains. Il accélère la machine judiciaire. Il fige aussi un récit : l’accusé reconnaît, la peine est cadencée, le communiqué sort. Reste le travail sale, celui de retrouver les fonds. Là, les communiqués deviennent vagues. « Restituer près de seize millions » sonne bien. « Quelle part pourra revenir » reste flou, et ce flou n’est pas un oubli de communication. C’est le reflet d’une enquête patrimoniale encore ouverte ou déjà décevante.

    Le Support Client Comme Déguisement Idéal

    Pourquoi se faire passer pour un conseiller plutôt que pour un ami, un fisc ou un influenceur ? Parce que le support incarne à la fois l’autorité de la marque et l’accès au compte. Le client croit parler à quelqu’un qui voit déjà son solde, ses retraits, ses alertes. Il n’a pas besoin qu’on lui prouve grand-chose. Le décor est planté dès le premier mot : « nous avons détecté une activité suspecte ».

    Les vrais agents de support, surtout chez un prestataire externalisé, deviennent malgré eux une matière première. L’incident de 2025 l’a montré : corrompre quelques personnes qui voient des fiches clients ouvre des portes commerciales à des campagnes d’hameçonnage ultra ciblées. Spektor, selon le récit judiciaire disponible, n’avait pas besoin de cette base volée pour opérer. La méthode reste voisine. On parle comme la plateforme. On copie le jargon. On impose le tempo.

    Pour l’utilisateur, la seule parade durable n’est pas un antivirus. C’est une règle personnelle non négociable : aucun déplacement de fonds n’est jamais demandé par un employé. Point. Si le message insiste, on raccroche, on ouvre le site officiel soi-même, on crée un ticket depuis l’interface connectée, on attend. L’urgence fabriquée est l’arme. Lui retirer du temps, c’est déjà désarmer l’attaque.

    Les Montants, Les Trajectoires, Les Trous Noirs

    Seize millions, une centaine de personnes : la moyenne dépasse largement le petit incident de parking. Certains comptes ont perdu plus d’un million. Ces ordres de grandeur changent la nature du préjudice. On ne parle plus d’une leçon à cinq cents dollars. On parle d’épargne de cycle, parfois d’un projet de vie, d’un héritage, d’une trésorerie d’entreprise individuelle. Le choc n’est pas seulement financier. Il est identitaire. La victime doit admettre qu’elle a signé le transfert.

    Les fonds ont ensuite voyagé. Exchanges, jeux, cash, cartes. Chaque destination a une logique. Le jeu en ligne liquéfie vite, mélange les flux, produit des retraits qui ressemblent à des gains. Les cartes cadeaux cassent la chaîne en petits morceaux. Le cash, une fois sorti, devient une affaire de coupures et de planques. Cinq cent mille dollars retrouvés montrent qu’une partie n’avait pas encore disparu. Ils montrent aussi que la majorité avait déjà quitté le radar facilement saisissable.

    Ce Que Les Plateformes Peuvent Faire, Et Ce Qu’Elles Ne Feront Jamais Seules

    Une plateforme peut mieux former son support, mieux auditer ses prestataires, mieux détecter les campagnes qui usurpent son nom, mieux rembourser dans certains cas. Elle ne peut pas empêcher un client de signer une transaction depuis son propre wallet externe. Dès que l’actif quitte le compte hébergé vers une adresse que l’utilisateur croit contrôler, le contrat social change. Ce n’est plus un bug interne. C’est une décision humaine prise sous stress.

    D’où l’importance des messages répétitifs, même s’ils lassent. « Nous ne vous demanderons jamais de transférer vers un wallet de sécurité. » Cette phrase devrait être aussi familière que le mot de passe. Elle ne l’est pas encore. Trop de gens découvrent la règle après le virement. Trop de campagnes publicitaires parlent de simplicité, trop peu de irréversibilité.

    Le chiffre de 311,2 millions versés par Coinbase en 2025 après l’autre campagne d’ingénierie sociale montre par ailleurs qu’une marque exposée peut choisir d’absorber une partie du choc. Ce n’est ni une obligation universelle ni une garantie pour demain. C’est un précédent comptable. Dans le dossier Spektor, rien n’indique à ce stade un geste équivalent. Les deux affaires ne sont pas juridiquement liées. Les clients, eux, les vivent dans le même univers mental : « on m’a parlé comme Coinbase, j’ai obéi ».

    Le Rôle De L’Analyse Blockchain Dans L’Identification

    Sans explorateurs de blocs, sans grappes d’adresses, sans rapprochements entre dépôts et retraits, Spektor aurait pu rester plus longtemps un fantôme. L’enquête a combiné trois familles de preuves. D’abord les graphes de transactions. Ensuite les objets saisis chez lui. Enfin les métadonnées classiques : IP, comptes de messagerie, traces Telegram. C’est le croisement qui tue, pas une seule empreinte isolée.

    Le canal « Blockchain enemies » a offert un bonus psychologique. Se vanter, chiffrer ses pertes au jeu, signer avec un pseudo provocateur : autant d’éléments qui humanisent le dossier pour un jury, même si le plaidoyer a évité le grand oral. Ils servent aussi aux journalistes et aux pédagogues. Ils rappellent que derrière le schéma froid se trouve souvent un ego qui a besoin de raconter.

    Quatre À Douze Ans : Lire La Fourchette

    Aux États-Unis, une peine « de quatre à douze ans » n’est pas un slogan. Elle ouvre une fenêtre d’incarcération, avec des mécanismes de libération qui dépendront du comportement, des guides de sentencing et de l’État concerné. Pour le public crypto francophone, le chiffre compte surtout comme signal. L’usurpation de support n’est plus traitée comme une farce d’adolescent. Seize millions et une centaine de victimes placent le dossier dans la catégorie des atteintes graves au patrimoine.

    Le parquet voulait plus. Il n’a pas obtenu le haut de sa fourchette. Ce décalage alimentera les débats : trop clément pour les uns, réaliste pour les autres au regard de l’âge de l’accusé et du plaidoyer. Ce débat moral n’efface pas le fait central. L’État de New York a mis un nom, une peine et des confiscations sur une méthode que beaucoup croyaient encore « trop simple pour marcher à cette échelle ».

    Comment Reconnaître Le Script Avant De Signer

    Le script revient presque mot pour mot d’une affaire à l’autre. Alerte. Compte compromis. Conseiller. Wallet de secours. Délai. Menace de tout perdre. Parfois un numéro de dossier, un faux portail, une visio improvisée. Parfois seulement un fil de discussion. La constante, c’est l’invitation à agir hors des rails habituels de l’application officielle.

    Réflexes utiles avant tout transfert « de sauvetage »

    • Refermer le message et ouvrir soi-même l’application ou le site officiel, sans cliquer le lien reçu.
    • Aucun agent légitime n’exige un envoi vers une adresse qu’il vous dicte.
    • Prendre vingt minutes. L’urgence est le produit que vend l’escroc.
    • Vérifier l’expéditeur par un canal déjà connu, jamais par le numéro qui vient d’écrire.
    • Si le solde est élevé, en parler à une tierce personne avant de signer.

    Ces réflexes paraissent enfantins après coup. Ils sont difficiles sur le moment. C’est pour cela qu’il faut les écrire avant la crise, comme on écrit un plan d’évacuation. Le cerveau sous alerte ne négocie pas bien. Il exécute le premier protocole disponible. Autant que ce protocole soit « je raccroche ».

    Les Jeux En Ligne Comme Lave-Linge Imparfait

    Que des fonds volés atterrissent sur des sites de paris n’est pas une anecdote. C’est une tactique. Le joueur dépose, mise, retire, parfois sous une autre identité. Les flux se mêlent à ceux de milliers d’autres comptes. Pour un enquêteur, chaque plateforme est un interlocuteur de plus, avec ses délais, ses juridictions, ses logs incomplets. Spektor aurait perdu six millions en jouant, selon ce qu’il racontait. Qu’il s’agisse d’une vantardise ou d’un fait, le motif revient : une partie du butin n’a pas été thésaurisée. Elle a été brûlée.

    Cette destruction partielle complique le recouvrement. Elle éclaire aussi le profil. On n’est pas face à un financier patient qui empile des stables dans un cold wallet pour dix ans. On est face à quelqu’un qui convertit la peur des autres en jetons de casino. Le mal est double : les victimes perdent, et l’argent ne dort même pas quelque part, intact, en attendant une saisie.

    Brooklyn, L’Adresse IP Et Le Mythe Du Pirate Invisible

    Le cliché du hacker sans visage survit mal au premier rapprochement IP. Un domicile, une box, des wallets qui se connectent trop souvent depuis le même point : la chaîne se referme. Cela ne signifie pas que tous les escrocs sont aussi exposés. Beaucoup utilisent des relais, des cafés, des téléphones jetables. Ici, les investigateurs ont eu ce pont domestique. Ils l’ont exploité.

    Pour le grand public, la leçon est inverse de celle qu’on vend parfois. Non, « c’est sur la blockchain donc impunissable » n’est pas une loi. Oui, un jeune homme peut croire qu’un pseudo Telegram suffit. Non, les juristes new-yorkais ne considèrent pas seize millions comme un bug de jeunesse. Le mythe de l’anonymat total se fissure dès que le cash, le logement et le réseau social se parlent entre eux.

    Les Victimes Face Au Sentiment De Honte

    Beaucoup de personnes flouées tardent à porter plainte. Elles ont honte d’avoir « marché ». Elles craignent le jugement des proches. Elles pensent qu’un transfert volontaire ne sera pas pris au sérieux. Le dossier Spektor montre le contraire. Le fait que la victime ait cliqué n’efface pas l’intention frauduleuse de celui qui a mis en scène le conseiller. La qualification retenue — vol, recel, blanchiment — insiste sur la tromperie, pas sur la maladresse de la cible.

    Il reste que la honte isole. Elle empêche aussi le partage d’information qui pourrait protéger le voisin de portefeuille. D’où l’intérêt de raconter ces affaires sans moquerie. Le schéma est industriel. Il frappe des profils variés. En faire une affaire d’intelligence personnelle est une erreur d’analyse et un cadeau aux prochains Spektor.

    Ce Que Change, Ou Pas, Une Condamnation Médiatisée

    Une peine visible dissuade-t-elle ? En partie. Elle augmente le coût psychologique pour ceux qui se rêvent imitateurs locaux. Elle n’arrête pas les usines à messages basées ailleurs, dans des juridictions peu coopératives, avec des équipes et des scripts industrialisés. Le cas Spektor est celui d’un individu identifiable, ancré à Brooklyn, assez imprudent pour lier wallets, domicile et canal public. Ce n’est pas le portrait de toute la filière.

    La médiatisation sert surtout les utilisateurs encore intacts. Elle fournit un récit concret à opposer au prochain message. « Tu te souviens du gars de Brooklyn ? » est un meilleur vaccin que dix pages de conditions générales. Encore faut-il que le récit circule hors des cercles déjà sensibilisés. Les nouveaux arrivants, attirés par un cycle haussier ou une pub d’application, restent la cible privilégiée.

    Autour De Coinbase, Une Marque Devenue Décor De Fraude

    Plus une marque est connue, plus elle est usurpée. Coinbase paie le prix de sa notoriété. Les fraudeurs n’ont pas besoin que la plateforme soit compromise. Ils ont besoin que le client reconnaisse le nom. C’est le paradoxe des leaders : leur logo travaille aussi pour ceux qui le contrefont.

    D’autres enseignes vivent la même chose. Banques, impôts, livreurs, opérateurs télécoms. Dans la crypto, la particularité tient à l’irréversibilité et à la vitesse. Un virement bancaire se discute encore parfois. Un envoi on-chain, une fois confirmé, ferme la discussion. Cette asymétrie explique pourquoi le même script, transposé ici, produit des dégâts hors norme.

    Restitution, Confiscation, Réalité Des Chiffres

    Confisquer plus de cinq cent mille dollars et ordonner la restitution de seize millions, ce sont deux actes différents. Le premier saisit ce qui est encore là. Le second constate une dette. Entre les deux s’étend le désert des avoirs introuvables. Les victimes feront bien de ne pas lire le second chiffre comme un chèque en route. Il faudra suivre les procédures civiles, les éventuelles ventes d’actifs saisis, les coopérations d’exchanges. Rien de tout cela n’est rapide.

    Cette lenteur n’est pas propre à la crypto. Elle est aggravée par la nature des supports. Un tableau accroché au salon se vend aux enchères. Un flux passé par trois bookmakers et deux cartes cadeaux se raconte mieux qu’il ne se récupère.

    Une Méthode Qui Survivra À L’Homme Condamné

    Incarcérer Spektor n’efface pas le tutoriel. Le mode opératoire est déjà dans la nature. Il circulera, adapté, traduit, automatisé. Des kits de phishing reprendront le ton « conseiller Coinbase ». Des call centers improviseront la même urgence avec un accent différent. La seule variable que l’utilisateur contrôle, c’est sa propre procédure d’arrêt d’urgence.

    Les écoles de trading parlent de money management. On devrait parler aussi de panic management. Combien de minutes avant de signer ? Qui appeler ? Quel canal officiel est le seul autorisé ? Ces questions devraient figurer à côté de la seed phrase, pas trois mois après le premier dépôt.

    Ce Qu’Il Faut Retenir Sans Se Noyer Dans Le Dossier

    Un homme de vingt-trois ans s’est fait passer pour le support. Une centaine de personnes ont envoyé leurs cryptos vers des adresses qu’elles croyaient sûres. Seize millions ont bougé. La justice de Brooklyn a tranché : coupable, quatre à douze ans, saisies, obligation de restituer. L’autre grand dossier Coinbase de 2025, celui des données clients et des 311,2 millions, n’est pas le même, mais il raconte la même fragilité : l’humain autour du compte.

    Aucune faille cryptographique n’était nécessaire. La victime a validé. C’est le cœur du sujet, et c’est aussi la seule prise que chacun peut encore tenir. Fermer le message. Ouvrir l’appli. Refuser l’urgence. Si c’est flou, il y a un loup. La formule est usée. Elle reste, aujourd’hui encore, plus utile qu’un long rapport d’incident.

    Les prochaines semaines diront quelle part des seize millions reviendra vraiment. Elles ne diront probablement pas le nom de toutes les victimes. Elles laisseront surtout un portrait : celui d’une industrie où la confiance se joue en trente secondes de chat, et où un faux conseiller peut valoir plus cher qu’un vrai exploit zero-day. Brooklyn a mis un visage sur cette économie de la peur. Le visage change. Le script, lui, recommence dès qu’un téléphone s’allume.

    arnaques ingénierie sociale justice Brooklyn Ronald Spektor vol crypto gouvernement Writing the French blog articlearnaque Coinbase
    Partager Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Email
    Steven Soarez
    • Website

    Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

    D'autres Articles

    Circle Soutient L’Onu Pour Des Paiements Stablecoins

    25/09/2026

    Formulaires Fiscaux Crypto : Un Investisseur Sur Cinq Doute

    25/09/2026

    Dogecoin Repasse 0,10 $ Et Relance Les Meme Coins

    25/09/2026

    Sequans Vend Ses Derniers Bitcoin Et Quitte La Trésorerie

    25/09/2026
    Ajouter un Commentaire
    Laisser une réponse Cancel Reply

    Sujets Populaires

    Ethereum : Objectif 3200$ malgré la résistance

    10/07/2024

    Airsoft 950 Millions : L Arnaque Qui Inspire La Crypto

    17/09/2026

    Fuite À L’Asp : 143 000 Iban D’Aides Franciliennes Exposés

    24/09/2026
    Advertisement

    Restez à la pointe de l'actualité crypto avec nos analyses et mises à jour quotidiennes. Découvrez les dernières tendances et évolutions du monde des cryptomonnaies !

    Facebook X (Twitter)
    Derniers Sujets

    Circle Soutient L’Onu Pour Des Paiements Stablecoins

    25/09/2026

    Formulaires Fiscaux Crypto : Un Investisseur Sur Cinq Doute

    25/09/2026

    Aave V4 Intègre Les Actions Tokenisées Coinbase

    25/09/2026
    Liens Utiles
    • Accueil
    • Actualités
    • Analyses
    • Cryptomonnaies
    • Formations
    • Nous Contacter
    • Nous Contacter
    © 2026 InfoCrypto.fr - Tous Droits Réservés

    Tapez ci-dessus et appuyez sur Enter pour effectuer la recherche. Appuyez sur Echap pour annuler.