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    Coinbase Évincé Du Lobby Bancaire Britannique

    Steven SoarezDe Steven Soarez24/09/2026Aucun commentaire13 Mins de Lecture
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    La nouvelle a circulé d’abord dans les salles de marché, puis dans les rédactions économiques : le principal lobby financier britannique a décidé de se séparer de Coinbase. Pas d’amende, pas de retrait de licence, pas d’arrêt des services au Royaume-Uni. Juste une porte qui se ferme, celle d’UK Finance, au moment où la Financial Conduct Authority s’apprête à ouvrir le guichet d’agrément du futur régime crypto. Le contraste est presque trop net pour être anodin.

    Une Exclusion Professionnelle, Pas Une Sanction Publique

    Selon les informations relayées par la presse économique, le conseil d’administration d’UK Finance a notifié sa décision à la plateforme la semaine dernière, après un réexamen des critères d’admission. Coinbase ne remplirait plus, dans le cadre actuel de l’organisation, les conditions prévues pour rester membre. Un recours reste possible. Sur le papier, cela ressemble à une affaire interne. Dans les faits, c’est un signal envoyé à tout un écosystème.

    UK Finance rassemble plus de trois cents entreprises de la banque, des paiements et des marchés. L’association pèse dans les consultations gouvernementales. Elle parle stablecoins, tokenisation, infrastructures de règlement. Perdre son siège, c’est perdre une partie de la conversation directe avec les banques qui, au quotidien, ouvrent ou ferment les robinets de liquidités.

    Cette décision ne constitue ni une sanction administrative ni une interdiction d’exercer. Elle limite surtout l’influence d’un acteur crypto auprès du secteur bancaire traditionnel.

    Lecture du dossier britannique

    Ce Que Change Vraiment La Perte Du Badge

    Les autorisations détenues par Coinbase au Royaume-Uni restent intactes. Les clients peuvent continuer à déposer, échanger, retirer. Les équipes londoniennes n’ont pas reçu d’ordre de cesser une activité réglementée. L’exclusion est professionnelle, pas prudentielle. Distinguer les deux évite de transformer un désaccord de club en débâcle opérationnelle.

    Au moment où les premières informations ont filtré, le nom de la plateforme figurait encore dans l’annuaire public de l’organisation. Aucune communication détaillée n’a accompagné la décision. Ce silence alimente les interprétations. Certains y voient un durcissement des banques face à un acteur trop critique. D’autres y lisent un simple alignement des statuts internes sur un paysage réglementaire en reconstruction.

    Ce qu’il faut retenir tout de suite

    • UK Finance a mis fin à l’adhésion de Coinbase après révision des critères.
    • Les licences et les services britanniques ne sont pas suspendus.
    • Un appel interne reste ouvert.
    • La FCA ouvre son guichet d’agrément le 30 septembre 2026.

    Le Contexte Bancaire Qui Rend La Décision Brûlante

    Le climat entre banques britanniques et entreprises crypto n’était déjà pas au beau fixe. Une enquête du UK Cryptoasset Business Council affirmait récemment que les établissements bloquaient ou retardaient environ 40 % des paiements destinés aux plateformes interrogées. Coinbase a souvent dénoncé ces restrictions, jugées trop générales et trop peu liées au statut réel de chaque opérateur.

    Quand une association bancaire écarte un membre crypto au moment où ces frictions sont documentées, le geste cesse d’être technique. Il devient politique. Les banques conservent le pouvoir de filtrer les flux. Les plateformes conservent le droit d’exercer, sous réserve d’enregistrement. Entre les deux, le lobby sert de chambre d’écho. En fermer l’accès, c’est réduire le volume de cette écho.

    Les utilisateurs, eux, voient surtout les symptômes : virements qui restent en attente, comptes professionnels refusés, délais qui s’allongent sans explication claire. Derrière chaque incident se cache une question de correspondance bancaire, de notation de risque et de réputation. L’exclusion d’un acteur visible comme Coinbase n’améliore pas spontanément ces frictions. Elle peut même les durcir, si d’autres établissements y lisent un feu vert implicite.

    La Fca Ouvre Un Autre Couloir, Bien Plus Décisif

    Le 30 septembre 2026, la FCA ouvre une période de dépôt pour les sociétés qui veulent exercer sous le nouveau cadre applicable aux cryptoactifs. La fenêtre reste ouverte jusqu’au 28 février 2027. Le régime complet doit entrer en vigueur le 25 octobre 2027. Ce calendrier-là, contrairement à la décision d’UK Finance, conditionne le droit d’opérer demain.

    Les entreprises déjà enregistrées au titre des règles anti-blanchiment n’obtiennent aucune conversion automatique. Elles doivent déposer une demande d’autorisation sous le Financial Services and Markets Act. Celles qui disposent déjà d’autres permissions, comme Coinbase, doivent demander une modification pour y intégrer les nouvelles activités crypto. Autrement dit : le passé réglementaire aide, il ne dispense pas.

    L’exclusion du lobby et l’ouverture du guichet de la FCA suivent deux trajectoires distinctes. L’une touche l’influence. L’autre touche le droit d’exercer.

    Synthèse du dossier

    Cette séparation des pouvoirs, association professionnelle d’un côté, régulateur de l’autre, est précieuse à rappeler. Trop souvent, le public confond un badge de club avec une licence. Les banques le savent. Les plateformes aussi. Les rédactions devraient s’y tenir, sous peine de transformer une mise à l’écart symbolique en panique injustifiée.

    Pourquoi Le Royaume-Uni Recadre Maintenant Son Marché Crypto

    Londres a longtemps cultivé l’image d’une place ouverte à l’innovation financière. Après le Brexit, cette promesse a pris une dimension stratégique. Attirer les talents, les fonds et les infrastructures numériques devait compenser certaines pertes de passeport européen. Les cryptoactifs sont devenus un terrain d’essai. Puis un terrain de friction.

    Les scandales mondiaux, les faillites d’acteurs mal contrôlés et la pression internationale sur le blanchiment ont poussé Whitehall et Canary Wharf à resserrer le récit. Le Royaume-Uni ne veut plus d’un Far West décoré de drapeaux union jack. Il veut un marché encadré, assez souple pour rivaliser avec l’Union européenne et assez strict pour rassurer les banques centrales et les trésoriers d’État.

    Le futur régime vise les émissions, la conservation, le trading, les promotions financières et, de plus en plus, les stablecoins. La tokenisation des actifs réels apparaît aussi dans les consultations. UK Finance, précisément, intervient sur ces dossiers. Voir Coinbase sortir de la pièce au moment où ces textes se durcissent n’est pas un détail de calendrier.

    Stablecoins, Tokenisation Et Infrastructures De Paiement

    Les banques britanniques observent les stablecoins avec une méfiance intéressée. D’un côté, ces instruments menacent une partie de la collecte de dépôts et du métier de règlement. De l’autre, ils promettent des rails plus rapides, éventuellement utiles aux marchés de capitaux tokenisés. UK Finance a porté cette ambivalence dans les consultations officielles.

    Coinbase, de son côté, pousse une vision plus offensive : des dollars numériques largement disponibles, des livres sterling tokenisés si le cadre le permet, des passerelles entre DeFi et finance de marché. Cette vision heurte des habitudes de conformité. Elle heurte aussi des modèles économiques. Quand le débat quitte la salle de consultation pour le conseil d’administration d’un lobby, les rapports de force apparaissent au grand jour.

    Trois dossiers où banques et plateformes ne parlent plus la même langue

    • Accès aux comptes de paiement et vitesse des virements vers les exchanges.
    • Traitement prudentiel des réserves de stablecoins.
    • Rôle des infrastructures tokenisées face aux chambres de compensation classiques.

    Ce Que L’Enquête Sur Les Paiements Bloqués Révèle

    Le chiffre de 40 % de paiements bloqués ou retardés n’est pas une anecdote de forum. Il décrit une pratique systémique. Les banques invoquent le risque, le scoring, les listes internes, parfois simplement le principe de précaution. Les plateformes répondent que le risque devrait être évalué opérateur par opérateur, licence par licence, et non par étiquette sectorielle.

    Coinbase a fait de cette critique un argument récurrent. En la portant publiquement, la société a gagné en visibilité militante. Elle a aussi accumulé du ressentiment chez certains interlocuteurs bancaires. On peut juger cette stratégie nécessaire. On peut la juger maladroite. On ne peut pas prétendre qu’elle n’a aucun coût politique.

    Les particuliers le vivent concrètement. Un virement vers une plateforme peut rester « en revue » plusieurs jours. Une entreprise crypto peut se voir refuser un compte opérationnel alors même qu’elle est enregistrée. Ces incidents ne font pas la une, mais ils dessinent le quotidien d’un marché encore semi-intégré au système financier traditionnel.

    Coinbase Au Royaume-Uni : Une Présence Ancienne, Un Statut À Recaler

    La plateforme n’est pas une débutante à Londres. Elle y a déployé des équipes, des autorisations et une communication institutionnelle. Elle a cherché à paraître comme un intermédiaire financier parmi d’autres, pas comme une start-up de garage. Cette stratégie d’intégration explique précisément pourquoi l’exclusion d’un lobby bancaire frappe plus fort que si elle avait concerné un acteur marginal.

    Plus une entreprise crypto se rapproche du centre, plus elle se heurte aux codes du centre. Le costume sombre n’efface pas le soupçon. Il le déplace. On ne vous accuse plus d’être hors-système. On vous accuse de ne pas assez ressembler au système une fois que vous y avez mis un pied.

    Le futur dossier FCA sera donc lu à cette aune. Les superviseurs regarderont la gouvernance, les dispositifs de lutte contre le blanchiment, la conservation des actifs, la gestion des conflits d’intérêts, la qualité des communications clients. Le badge UK Finance n’y figurera pas comme pièce obligatoire. L’absence de ce badge, en revanche, pourra colorer le climat relationnel autour du dossier.

    Ce Que Les Clients Britanniques Doivent Surveiller

    Pour un particulier qui utilise déjà la plateforme, rien ne change ce soir. Les soldes restent accessibles. Les carnets d’ordres fonctionnent. Les notifications de conformité éventuelles relèveront du régime en vigueur, pas d’une décision de lobby. Le vrai horizon, c’est 2027, pas la semaine dernière.

    Il faudra toutefois observer trois signaux. Premier signal : d’éventuelles difficultés accrues de financement bancaire pour l’entité locale. Deuxième signal : le contenu exact de la demande de modification d’agrément déposée auprès de la FCA. Troisième signal : la manière dont d’autres associations professionnelles traiteront les membres crypto dans les mois qui viennent.

    Les professionnels, fonds, market makers, trésoreries d’entreprise, regarderont aussi la continuité des rails sterling. Un exchange peut être parfaitement licencié et néanmoins gêné si ses banques correspondantes resserrent les critères. C’est là que l’exclusion d’UK Finance peut avoir un effet indirect, par contagion réputationnelle plus que par voie de droit.

    Une Mise À L’Écart Symbolique Dans Une Guerre De Récits

    Le dossier oppose deux récits. Dans le premier, les banques protègent l’intégrité du système de paiement contre des acteurs encore trop exposés aux chocs de marché et aux flux opaques. Dans le second, les plateformes dénoncent un protectionnisme déguisé, qui réserve les rails modernes à ceux qui les contrôlent déjà.

    Aucun de ces récits n’est entièrement faux. Les faillites crypto ont existé. Les blocages bancaires trop larges aussi. La régulation britannique tente de sortir de cette guerre de tranchées en imposant un régime unique, plus proche du droit des marchés financiers que du simple enregistrement anti-blanchiment. C’est ambitieux. C’est aussi conflictuel.

    On peut perdre un siège au lobby et gagner un agrément. On peut aussi garder le siège et rater le régime de 2027. Le droit et le club ne se recouvrent plus.

    Repère de lecture

    Comparer Avec L’Europe Sans Confondre Les Calendriers

    De l’autre côté de la Manche, MiCA a déjà commencé à trier les acteurs. Le Royaume-Uni observe, emprunte, s’écarte. Il ne copie pas ligne à ligne. Il cherche un avantage de place : assez de clarté pour attirer les sièges, assez de fermeté pour rassurer les banques correspondantes internationales. Cette stratégie n’a de sens que si les associations professionnelles et le régulateur avancent dans le même sens, même à des vitesses différentes.

    Aujourd’hui, le décalage est visible. Le régulateur ouvre. Le lobby ferme. Les deux gestes peuvent se justifier chacun dans leur logique. Ensemble, ils racontent un marché en train de choisir qui a le droit de parler au nom de l’innovation financière. Ce choix-là, plus encore que le sort d’une adhésion, mérite d’être suivi.

    Les Raisons Possibles, Sans Roman Policier

    UK Finance n’a pas publié de réquisitoire. Il serait donc malhonnête d’inventer un chef d’accusation. On peut cependant lister les motifs structurels qui reviennent dans ce type de dossiers : adéquation des statuts d’admission, nature des activités principales, exposition médiatique conflictuelle, alignment avec les positions collectives de l’association, appréciation du risque réputationnel pour les membres bancaires.

    Coinbase peut contester. Le recours interne, s’il est exercé, dira si la décision repose sur une lecture stricte des statuts ou sur un basculement politique. En attendant, le marché doit travailler avec les faits connus : exclusion notifiée, services maintenus, calendrier FCA inchangé.

    Ce Que Cette Affaire Dit Du Pouvoir Bancaire Ordinaire

    On parle souvent des banques centrales, rarement des associations professionnelles. Pourtant, c’est souvent là que se fabrique le langage commun de la place. Qui est « sérieux ». Qui est « encore crypto ». Qui mérite d’être dans la pièce quand on rédige une réponse à consultation. L’exclusion d’un membre visible rappelle que ce pouvoir-là n’est pas théorique.

    Les fintechs l’ont appris avant les plateformes d’actifs numériques. On entre par la porte de l’innovation. On reste si l’on accepte une partie des codes. On sort si le rapport de force se retourne. Rien de tout cela n’empêche de servir des millions de clients. Cela change seulement le type de conversations auxquelles on est convié.

    Vers Le 30 Septembre : Une Fenêtre Qui Compte Plus Que Le Badge

    Les équipes juridiques de toutes les plateformes actives au Royaume-Uni ont désormais un calendrier mural très simple. Préparer le dossier. Cartographier les activités. Justifier la conservation. Décrire les flux. Anticiper les questions sur les promotions et sur les produits dérivés éventuels. Le 30 septembre n’est pas une date cosmétique. C’est le début d’un tri administratif qui durera des mois.

    Coinbase part avec l’avantage d’une présence déjà autorisée sur d’autres segments. Cet avantage n’est pas un sésame. Il impose au contraire une modification propre, documentée, défendable. Les superviseurs n’aiment ni les zones grises ni les récits trop marketing. Ils aiment les organigrammes, les politiques écrites et les preuves d’application.

    Calendrier utile à garder sous les yeux

    • 30 septembre 2026 : ouverture du guichet d’agrément FCA.
    • 28 février 2027 : clôture de la fenêtre de dépôt.
    • 25 octobre 2027 : entrée en vigueur du régime complet.
    • D’ici là : maintien des permissions actuelles, hors conversion automatique.

    Et Maintenant, Que Faut-Il Vraiment Surveiller

    La suite ne se jouera pas dans un communiqué d’une ligne. Elle se jouera dans la capacité de Coinbase à rester opérationnelle sur la livre, à conserver des partenaires de paiement, à déposer un dossier FCA solide, et éventuellement à faire valoir son recours auprès d’UK Finance. Quatre fils. Un seul marché.

    Pour le secteur, l’affaire vaut surtout comme test. Les banques britanniques veulent-elles des cryptoentreprises dans leurs instances collectives, ou seulement en face d’elles, de l’autre côté du guichet ? Le régulateur, lui, a déjà répondu à sa manière : il ouvre une procédure, il ne ferme pas la place. Entre ces deux réponses, le Royaume-Uni dessine le visage de sa finance numérique pour la fin de la décennie.

    On peut juger l’exclusion excessive. On peut la juger cohérente. On ne peut pas la traiter comme un non-événement. Dans un pays où l’accès aux rails bancaires reste le nerf de la guerre, perdre un siège au lobby n’arrête pas une plateforme. Cela change seulement la table autour de laquelle se discute l’avenir de ces rails. Affaire à suivre, donc, mais désormais avec les bons curseurs : influence d’un côté, agrément de l’autre.

    Les prochaines semaines diront si d’autres membres crypto ressentent un refroidissement comparable, ou si le cas Coinbase reste isolé. Elles diront aussi si les banques assouplissent leurs filtres de paiement à mesure que le régime FCA se précise. Tant que ces deux mouvements n’avanceront pas ensemble, les utilisateurs continueront de vivre un marché à deux vitesses : légal sur le papier, accidenté dans les virements.

    C’est peut-être le vrai enseignement de cette porte refermée. Au Royaume-Uni, le droit d’exercer se gagne auprès du régulateur. Le droit d’être entendu se négocie encore, en grande partie, auprès des banques.

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    Steven Soarez
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