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    Citi Voit Aucune Baisse De Taux Fed Avant 2027

    Steven SoarezDe Steven Soarez24/09/2026Aucun commentaire20 Mins de Lecture
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    Et si la prochaine vraie respiration monétaire n’arrivait qu’à l’été 2027 ? L’idée paraît lointaine, presque abstraite, jusqu’au moment où une banque de la taille de Citigroup la pose sur la table après un rapport d’emploi plus solide que prévu. Le marché crypto, habitué à vivre au rythme des probabilités de baisse de taux, se retrouve soudain face à un calendrier plus dur, plus long, plus exigeant. Bitcoin a déjà reculé sous les 80 000 dollars, puis repris des couleurs au-delà de 86 000. Ce va-et-vient n’est pas un caprice. Il raconte la tension entre une Fed encore vigilante et un actif qui n’offre aucun coupon, aucune rente garantie, seulement une promesse de liquidité future.

    Pourquoi Le Calendrier De Citi Change La Donne

    Le cœur de l’affaire n’est pas un chiffre isolé. C’est un basculement d’hypothèse. Citi anticipait encore des assouplissements en octobre 2026, en décembre 2026, puis en janvier 2027. Ces trois rendez-vous ont été effacés. À la place, la banque place désormais trois baisses en juin, septembre et décembre 2027. Autrement dit, la première coupe recule d’environ neuf mois après la hausse déjà livrée à la mi-septembre. Pour le bitcoin, ce n’est pas seulement une date. C’est une durée pendant laquelle le coût de l’argent reste élevé, le dollar peut rester attractif, et les capitaux ont une alternative simple : les titres d’État.

    Le déclencheur est connu. Les employeurs américains ont créé 162 000 postes en août, très au-dessus des 53 000 attendus. Le taux de chômage est resté à 4,1 %. La participation au marché du travail a rebondi de 0,2 point. Juillet a même été révisé à la hausse, d’une perte de 23 000 à un gain de 21 000. Juin a été relevé de 11 000. Ces révisions importent autant que le chiffre du mois. Elles disent aux gouverneurs de la Fed que le marché du travail n’est pas en train de se fissurer. Ils peuvent donc regarder davantage l’inflation, encore au-dessus de la cible de 2 % depuis plus de cinq ans.

    Le taux de chômage est resté inchangé et la participation a nettement rebondi.

    Andrew Hollenhorst et Veronica Clark, économistes de Citi

    Cette phrase, sobre, résume le nouveau biais. Un marché de l’emploi broadly stable, selon le jargon de la banque, pousse la Fed à traiter l’inflation comme le risque principal. Or le bitcoin, comme une grande partie des actifs numériques, s’est habitué depuis 2024-2025 à une narration de cycle descendant des taux. Quand cette narration se brise, le premier réflexe des traders est de réduire le risque. Le second, plus lent, consiste à chercher ce qui, dans la microstructure du marché, peut malgré tout absorber le choc : flux d’ETF, couverture de shorts, repli des rendements après la réaction initiale.

    Ce Que Les Chiffres De L’Emploi Ont Vraiment Dit

    Un rapport d’emploi n’est jamais un roman. C’est une photographie imparfaite, ensuite retouchée. Pourtant, celui d’août a eu un effet immédiat parce qu’il a contredit le scénario d’un refroidissement suffisamment net pour justifier un assouplissement rapide. 162 000 créations, c’est le rythme le plus fort depuis mars. Ce n’est pas une frénésie de surchauffe à la manière de 2021. C’est assez solide pour retirer l’urgence d’aider l’emploi.

    La Fed a un double mandat : l’emploi maximal et la stabilité des prix. Quand le premier pilier tient, le second reprend le dessus. Les économistes de Citi l’ont formulé clairement. Les responsables de la banque centrale verraient des conditions d’emploi globalement stables et se concentreraient davantage sur les prix. Cette lecture n’est pas exotique. Elle est même classique. Elle devient explosive pour le crypto parce que le marché avait déjà pricé, par moments, une série de baisses dès la fin 2026.

    Ce que le rapport d’août a déplacé, en pratique.

    • Un gain mensuel très supérieur aux attentes, donc moins de peur d’un décrochage de l’emploi.
    • Des révisions à la hausse pour juin et juillet, qui durcissent le diagnostic rétrospectif.
    • Un chômage stable à 4,1 %, trop haut pour crier victoire, trop bas pour crier crise.
    • Une participation en hausse, signe que l’offre de travail n’est pas figée.

    Après la publication, les contrats à terme sur les taux ont basculé. La probabilité d’une hausse à la réunion des 15 et 16 septembre est passée de 52 % à 61 %, selon les données relayées à l’époque. La Fed a ensuite livré cette hausse de 25 points de base. La fourchette cible des fonds fédéraux a été portée à 3,75 %-4 %. C’était le premier resserrement depuis juillet 2023. Les projections publiées le même jour montraient que 16 responsables sur 18 attendaient au moins une autre hausse avant la fin 2026. Le message institutionnel et le message de Citi se sont ainsi croisés : le chemin vers des taux plus bas s’allonge.

    Bitcoin A Chuté, Puis A Refusé Le Scénario Simple

    Le premier mouvement a été mécanique. Bitcoin a lâché un plus haut intraday proche de 81 370 dollars et est passé sous 80 000, autour de 79 600, soit environ 1,5 % de baisse sur vingt-quatre heures. Plus tôt, avant la réunion de septembre, le marché crypto mondial avait déjà perdu plus de 2 % quand la probabilité d’une hausse de 25 points était montée au-dessus de 92 %. BTC avait même glissé sous 76 000. Après la décision du 16 septembre, le cours a brièvement visé 75 000. Puis le script a changé.

    Le rebond a porté le bitcoin au-delà de 86 000, avec une pointe vers 87 000, plus haut depuis fin janvier. Ce n’est pas une magie qui annulerait le lien entre taux et actifs risqués. C’est un cocktail. Les ETF spot américains ont enregistré 433 millions de dollars d’entrées nettes le 18 septembre, après de lourdes sorties plus tôt dans la semaine. Les rendements des Treasuries se sont détendus. Le pétrole a reculé. Les vendeurs à découvert ont dû racheter. Tim Sun, chercheur senior chez HashKey Group, a décrit les flux ETF comme une confirmation du rallye plus que comme son allumette. Le franchissement de 82 000 aurait déclenché un short covering qui a ensuite porté le mouvement.

    Les flux d’ETF ont confirmé la hausse au lieu de la lancer. Le passage de 82 000 dollars a forcé les shorts à se couvrir.

    Tim Sun, HashKey Group

    BitGo Research a défendu une lecture voisine. Greg Cipolaro a souligné que le bitcoin avait encaissé la hausse de la Fed mieux qu’on aurait pu le craindre, y compris après l’échec d’un vote de clôture au Sénat sur le CLARITY Act. Cette interprétation reste une vue de marché, pas une preuve d’immunité. Le rebond a coïncidé avec plusieurs forces à la fois. Attribuer la reprise à une seule cause serait paresseux. Dire que les taux n’ont plus d’effet serait tout aussi faux.

    Pourquoi Des Taux Hauts Plus Longtemps Gênent Le Crypto

    Le mécanisme n’a rien de mystique. Un bitcoin détenu ne verse pas d’intérêt. Un bon du Trésor, si. Quand les investisseurs croient que les taux resteront élevés, l’écart de rendement devient un argument de allocation. L’argent peut rester dans le dollar, dans les fonds monétaires, dans la dette courte. Le crypto doit alors justifier sa place par une autre histoire : rareté, demande structurelle, adoption institutionnelle, couverture contre un risque monétaire lointain. Cette histoire peut tenir. Elle devient plus chère à financer.

    Les rendements et le dollar jouent le rôle d’aimants. Ils attirent le capital quand le récit de la Fed se durcit. Ils le relâchent quand les marchés estiment que le pic est proche. En 2026, bitcoin a réagi plusieurs fois à ce bascule. Inflation, emploi, prix de l’énergie : chaque donnée a déplacé le sentier attendu des taux, puis le prix. Le nouveau calendrier de Citi prolonge la phase où l’aimant reste allumé. Il ne condamne pas l’actif. Il change le coût d’opportunité.

    Il faut aussi distinguer le taux directeur et les conditions financières réelles. Une Fed qui monte de 25 points peut voir, quelques jours plus tard, des rendements longs baisser si le marché juge la hausse déjà dans les prix ou si d’autres forces (pétrole, croissance mondiale, flux) interviennent. C’est précisément ce qui s’est produit après le 16 septembre. D’où le sentiment trompeur d’une décorrélation. Le prix a monté pendant que la banque centrale resserrait. En réalité, le marché a traité un paquet de nouvelles, pas seulement le communiqué de la Fed.

    La Hausse De Septembre N’Était Pas Un Détail Technique

    Revenir à 3,75 %-4 % après plus de trois ans sans hausse, ce n’est pas une note de bas de page. C’est un signal de régime. La Fed accepte de remonter le loyer de l’argent alors que l’emploi tient et que l’inflation n’est pas rentrée dans le rang. Les points des projections, ces fameux dots, ont renforcé l’idée d’au moins un autre geste avant la fin 2026. Citi, qui figurait plutôt parmi les prévisionnistes plus accommodants, a dû se recaler. Quand une maison autrefois dovish rallonge le cycle restrictif, le marché écoute.

    Deux voix internes à la Fed illustrent le flou utile des banquiers centraux. Christopher Waller et John Williams ont dit favoriser le statu quo tant que l’inflation mensuelle continue de se modérer. Waller et Michael Barr ont laissé ouverte la porte à de nouvelles hausses si les chiffres de prix déçoivent. Cette double porte — tenir, ou resserrer encore — est exactement l’environnement que le crypto déteste le plus : pas de baisse proche, risque d’un tour de vis supplémentaire, absence de calendrier clair pour l’argent facile.

    Le nouveau sentier selon Citi, face à l’ancien.

    • Ancien scénario : coupes en octobre 2026, décembre 2026, janvier 2027.
    • Nouveau scénario : première coupe en juin 2027, puis septembre et décembre 2027.
    • Entre les deux : une hausse déjà réalisée le 16 septembre, et la possibilité d’une autre d’ici fin 2026.
    • Conséquence : neuf mois de plus sans le premier geste d’assouplissement autrefois attendu.

    ETF, Shorts Et Microstructure : Le Filet Sous Le Cours

    Si le bitcoin n’a pas poursuivi sa chute après la hausse, c’est aussi parce que le marché de 2026 n’est plus celui de 2022. Les ETF spot ont créé un canal d’achat quotidien, visible, parfois brutal dans les deux sens. 433 millions d’entrées en une séance ne font pas un marché haussier à eux seuls. Ils montrent qu’une demande institutionnelle peut réapparaître très vite après une lessive de sorties. Cette élasticité change la façon dont une nouvelle de politique monétaire se transmet au prix.

    Le short covering agit comme un accélérateur. Quand un seuil technique tombe — ici 82 000 — les positions baissières deviennent coûteuses. Les rachats poussent le prix, ce qui force d’autres rachats. Ce n’est pas une thèse macro. C’est de la plomberie. HashKey et BitGo insistent tous deux, à leur manière, sur cette plomberie. Ils ont raison de le faire. Ils auraient tort d’en conclure que la macro a disparu. La macro fixe le vent. La microstructure décide si la voile se déchire ou se gonfle.

    Il faut aussi parler de ce que le marché n’aime pas nommer : la fatigue des récits. Pendant des mois, chaque donnée un peu molle sur l’emploi nourrissait l’espoir d’une Fed plus douce. Août a cassé cette habitude. Le rebond de BTC ne signifie pas que les traders ont oublié Citi. Il signifie qu’ils ont d’abord soldé un positionnement trop concentré d’un côté, puis qu’ils ont trouvé des flux pour reconstruire une jambe haussière. Le prochain test arrivera avec le prochain chiffre d’inflation, le prochain payroll, le prochain dot plot.

    Inflation, Mandat Double Et Patience Forcée

    Plus de cinq années au-dessus de 2 %, cela use la crédibilité d’une cible. Les responsables de la Fed le savent. Ils répètent qu’ils veulent voir une modération suffisante dans les lectures mensuelles. Tant que cette condition n’est pas remplie de façon convaincante, baisser les taux reviendrait à parier que l’emploi va céder avant les prix. Le rapport d’août réduit la vraisemblance de ce pari. D’où le report de Citi.

    Pour le crypto, l’inflation a deux visages. D’un côté, une inflation collante justifie le discours de l’actif rare, hors bilan des banques centrales. De l’autre, la réponse politique à cette inflation — des taux hauts — assèche le carburant spéculatif. Les deux forces coexistent. Elles ne s’annulent pas proprement. Elles produisent des marchés nerveux, capables de perdre 2 % en quelques heures sur une probabilité de hausse, puis de récupérer 10 000 dollars en quelques séances sur des flux et un soulagement des rendements.

    La patience forcée n’est pas seulement celle des banquiers centraux. C’est celle des investisseurs qui avaient construit des scénarios de liquidité abondante pour la fin 2026. Reculer ce scénario vers le second semestre 2027 change les modèles de valorisation implicites, surtout pour les altcoins plus sensibles au crédit facile. Bitcoin, plus liquide, plus institutionnalisé, encaisse mieux. Les petites capitalisations, elles, vivent encore largement du goût du risque et du levier. Un cycle de taux hauts plus long les fatigue davantage.

    Ce Que Cela Change Pour L’Allocation, Sans Théâtre

    Personne n’a besoin d’un sermon. Il faut un cadre. Si Citi a raison, le premier geste d’assouplissement arrive à l’été 2027. D’ici là, le marché peut encore voir une hausse supplémentaire fin 2026. Dans ce cadre, le bitcoin n’est pas « mort ». Il devient un actif dont le moteur principal n’est plus l’attente d’une bascule imminente de la Fed, mais la demande réelle : ETF, trésoreries d’entreprises, flux internationaux, halving déjà digéré, dynamique on-chain. Quand ces moteurs tournent, le prix peut monter malgré des taux élevés. Quand ils calent, le rappel à l’ordre est plus sec, parce que le coussin monétaire n’est plus là.

    • Le calendrier monétaire s’allonge et retire un catalyseur que beaucoup avaient daté trop tôt.
    • Les ETF restent le thermomètre institutionnel, capables d’inverser une semaine en une séance.
    • Les altcoins dépendent plus du goût du risque que BTC, donc souffrent davantage d’un carry élevé.
    • Les rendements réels restent le concurrent silencieux de tout actif sans coupon.

    Ce cadre n’interdit pas les rallyes. Il les rend plus sélectifs. Un marché qui monte parce que les shorts sont coincés et que 433 millions entrent dans les ETF n’est pas le même marché qu’un marché qui monte parce que la Fed promet trois coupes en quatre mois. Le premier est fragile et opportuniste. Le second est macro. Citi vient de retirer, au moins dans ses prévisions, la version macro la plus confortable.

    Le Piège Du « Plus Hauts Pour Plus Longtemps »

    La formule higher for longer a déjà fatigué les oreilles. Elle revient pourtant, parce qu’elle décrit un régime plus qu’un slogan. Des taux qui restent dans une zone restrictive pendant que l’emploi tient, cela comprime les multiples, cela renchérit le levier, cela favorise le cash. Le crypto a appris à vivre avec cette formule en 2023, puis a parié sur sa fin. Chaque report de cette fin réouvre une question simple : combien de temps un actif volatil peut-il attirer du capital face à une alternative sûre et rémunérée ?

    La réponse n’est pas binaire. Elle dépend de la conviction que le bitcoin est autre chose qu’un pari de liquidité. Si l’on n’y voit qu’un proxy de conditions financières, le report à juin 2027 est un vent contraire évident. Si l’on y voit une infrastructure monétaire parallèle, le même report devient un test de thèse. Les flux d’ETF depuis 2024 ont donné du poids à la seconde lecture. Ils n’ont pas tué la première. D’où ces séances où le marché semble se contredire en vingt-quatre heures.

    Le bitcoin a encaissé la hausse de la Fed mieux qu’on aurait pu l’attendre, mais cela reste une lecture de marché, pas une immunité démontrée.

    Lecture inspirée des remarques de Greg Cipolaro, BitGo Research

    Politique, Clarté Réglementaire Et Bruit De Fond

    Le même mois, le marché a dû digérer autre chose qu’un payroll. L’échec d’un vote de clôture au Sénat sur le texte dit CLARITY a rappelé que la trajectoire réglementaire américaine n’est pas une ligne droite. BitGo a explicitement lié la résilience de BTC à la fois à la décision de la Fed et à cet échec parlementaire. Le rapprochement est intéressant. Il dit que le prix absort des chocs politiques et monétaires en même temps, pourvu que la demande d’exposition reste là.

    Il ne faut pas en faire une épopée. Un vote manqué n’annule pas un cycle de taux. Une série d’entrées ETF n’annule pas cinq années d’inflation trop haute. Le bruit de fond politique ajoute de la variance. Il ne remplace pas le loyer de l’argent. Les investisseurs qui mélangent les deux finissent par raconter une histoire trop commode : « le marché a tout encaissé, donc plus rien ne compte ». L’histoire inverse, tout aussi paresseuse, consiste à dire que Citi a sonné le glas. Ni l’une ni l’autre ne tient.

    Comment Lire Les Prochaines Données Sans Se Faire Piéger

    Le réflexe utile, désormais, n’est pas de deviner le prochain tick de BTC après un chiffre. C’est de classer l’information. Un payroll fort éloigne les baisses. Une inflation mensuelle qui se modère les rapproche, même si Citi les a calées en 2027. Un flux ETF massif peut masquer une mauvaise nouvelle monétaire pendant quarante-huit heures. Un mouvement de shorts peut créer l’illusion d’une tendance. Séparer ces couches évite de transformer chaque séance en cosmologie.

    Waller et Williams ont donné une boussole simple : tant que les prix se calment mois après mois, tenir les taux peut suffire. Barr et Waller, dans un autre registre, ont rappelé que l’absence de progrès rouvrirait la hausse. Le crypto devrait coller à cette boussole plus qu’aux titres. Citi a bougé parce que l’emploi a retiré une justification d’assouplissement. Si l’emploi casse plus tard, la banque bougera encore. Les prévisions de maisons de marché sont des instantanés, pas des lois.

    Grille de lecture courte pour les semaines qui viennent.

    • Emploi solide + inflation collante : scénario Citi renforcé, pression sur les altcoins.
    • Emploi solide + inflation qui cède : statu quo Fed, BTC plus sensible aux flux ETF.
    • Emploi qui fléchit : le calendrier 2027 peut être avancé, le marché reprendra le récit dovish.
    • Flux ETF négatifs pendant plusieurs jours : le filet sous le prix s’amincit, même si la Fed ne parle pas.

    Le Dollar, Les Treasuries Et La Guerre Silencieuse Des Rendements

    On répète que le bitcoin est un or numérique. Sur les séances de stress monétaire, il se comporte souvent comme un actif de risque sensible au dollar. Quand le billet vert et les rendements montent ensemble, le capital arbitrage. Il n’a pas besoin de haïr le crypto pour le quitter. Il lui suffit de préférer un rendement certain. C’est cette banalité que le report de Citi réactive. Plus le premier cut s’éloigne, plus longtemps cet arbitrage reste disponible.

    Pourtant, après le 16 septembre, les rendements se sont détendus et BTC a grimpé. Contradiction apparente seulement. Le marché des rates peut vendre la nouvelle, puis racheter l’excès. Le marché crypto, lui, peut vendre la Fed, puis racheter le soulagement des yields. Les deux scènes jouent la même pièce avec un décalage d’heures. Observer uniquement le communiqué de la banque centrale, c’est regarder un seul acteur.

    À plus long horizon, la question devient celle du taux réel. Un rendement nominal élevé avec une inflation encore trop haute n’offre pas le même confort qu’un rendement élevé dans un monde de prix stables. Le bitcoin a historiquement mieux performé quand les taux réels cèdent ou quand la crédibilité monétaire se trouble. Le scénario Citi n’est pas forcément un monde de taux réels explosifs. C’est un monde où la Fed refuse de déclarer victoire trop tôt. Nuance essentielle.

    Ce Que Les Altcoins Devraient Retenir, Sans Panique

    Bitcoin a des tuyaux institutionnels. Beaucoup d’altcoins n’en ont pas. Leur beta au goût du risque est plus élevé, leur profondeur de marché plus faible, leur dépendance au levier plus nette. Un régime de taux hauts plus long ne les condamne pas par décret. Il réduit la marge d’erreur. Les récits technologiques restent valides ou non selon les fondamentaux de chaque réseau. Le financement de ces récits, lui, devient plus sévère.

    Les épisodes de 2026 l’ont déjà montré. Quand la probabilité d’une hausse dépasse 90 %, la capitalisation globale peut lâcher plus de 2 % sans drame existentiel. La douleur se concentre ensuite sur les noms les plus illiquides. Inversement, un rebond mené par BTC et les ETF ne se diffuse pas toujours jusqu’au bout de la courbe. C’est une saison de dispersion, pas forcément une saison d’hiver généralisé.

    Ceux qui construisent des thèses à trois ans peuvent même trouver un paradoxe utile. Un cycle restrictif plus long purge le levier, écarte les projets les plus faibles, et laisse davantage d’espace aux protocoles qui survivent sans argent gratuit. Ce n’est pas une consolation pour un portefeuille pris dans une correction. C’est une description de régime. Le marché haussier facile, celui que l’on finance avec la promesse d’une Fed imminente, vient d’être reculé par Citi.

    Revenir Au Texte, Pas Aux Fantasmes

    Citigroup n’a pas déclaré la mort du bitcoin. La banque a déplacé trois coupes. Reuters a rapporté le changement. Les économistes Hollenhorst et Clark ont justifié le geste par un emploi plus résistant et une inflation encore prioritaire. Le marché a d’abord vendu BTC sous 80 000, puis l’a racheté au-delà de 86 000 grâce à un mélange de flux, de yields et de couvertures. La Fed a haussé une fois et laissé entendre qu’une autre hausse restait possible. Voilà les faits. Le reste est interprétation.

    L’interprétation la plus honnête est inconfortable. Le crypto n’est pas « en danger » au sens d’une disparition. Il est en régime de liquidité plus rare, plus longtemps. Il peut malgré tout monter, comme il l’a fait après le 16 septembre. Il peut aussi reculer brutalement à la prochaine donnée, comme il l’a fait après le payroll d’août. Les deux mouvements appartiennent au même monde. Un monde où juin 2027 remplace octobre 2026 comme horizon de premier assouplissement, du moins dans le tableau d’une grande banque.

    Les lecteurs qui cherchent une phrase unique pour Twitter en seront pour leurs frais. Ceux qui acceptent une phrase double s’en sortiront mieux : les taux hauts restent un point de pression ; la demande d’ETF et la structure du marché peuvent, par moments, l’emporter. Entre les deux, il n’y a pas de loi. Il y a des semaines. Août a donné la pression. Mi-septembre a donné la reprise. Citi vient d’écrire la date de la prochaine grande hypothèse dovish plus loin sur le calendrier. Le marché, lui, n’est pas obligé d’attendre cette date pour bouger. Il est juste obligé de vivre avec elle.

    Une Conclusion Sans Rideau De Théâtre

    Juin 2027 n’est pas une prophétie. C’est le nouveau point central d’une maison qui, hier encore, voyait des coupes dès l’automne 2026. Ce déplacement suffit à rappeler une évidence trop souvent oubliée dans les salons crypto : la Fed ne travaille pas pour le bitcoin. Elle travaille avec un emploi qui vient de montrer 162 000 créations et une inflation qui n’a pas capitulé. Tant que ces deux faits tiennent, l’argent facile attend. Le marché numérique peut s’organiser autour de cette attente, ou faire semblant qu’elle n’existe pas. La première option est moins excitante. Elle est plus adulte.

    Le cours au-dessus de 86 000 dollars après une hausse de taux n’invalide pas Citi. Il montre seulement que le chemin d’un prix n’est pas le calque d’un communiqué. Les flux existent. Les shorts existent. Les Treasuries existent. Les payrolls reviendront. Les dots aussi. Dans cet entrelacs, la seule discipline utile consiste à relier chaque mouvement à sa cause probable, puis à admettre ce que l’on ignore. On ignore la date exacte de la première baisse. On sait désormais qu’une grande banque la voit à l’été 2027. On sait aussi que bitcoin a déjà survécu à la première onde de ce message. Survivre n’est pas être indemne. C’est rester dans le jeu assez longtemps pour voir si le calendrier, une fois de plus, devra être réécrit.

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    Steven Soarez
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