Imaginez un instant : vous ouvrez votre application d’échange préférée, prêt à trader du Bitcoin ou à explorer une nouvelle opportunité de tokenisation d’actifs immobiliers, et soudain, plus rien. Pas d’accès, pas de transaction, juste un message d’erreur ou pire, la plateforme qui disparaît purement et simplement de votre pays. C’est exactement la réalité que des millions de personnes en Chine viennent de découvrir en ce début février 2026.
Le gouvernement chinois, par la voix de la Banque populaire de Chine (PBoC) et de sept autres ministères, a publié un avis conjoint qui ne laisse planer aucun doute : les cryptomonnaies et la tokenisation d’actifs du monde réel (RWA) sont désormais classées comme activités financières illégales sur le territoire national. Finies les zones grises, terminées les interprétations possibles. Cette fois, c’est clair, net et sans appel.
Une interdiction sans précédent qui change la donne
Ce nouveau texte réglementaire ne se contente pas de rappeler les anciennes mesures. Il va beaucoup plus loin en intégrant explicitement la tokenisation d’actifs réels dans le même panier que le trading classique de cryptomonnaies. Pour la première fois, Pékin nomme clairement Bitcoin, Ethereum, Tether et d’autres tokens comme n’ayant aucun statut de monnaie légale, et étend l’interdiction à toute la chaîne de valeur.
Concrètement, cela signifie que toute activité liée aux jetons virtuels — échange fiat-crypto, crypto-crypto, market making, services d’information, émission de tokens, produits financiers adossés — tombe sous le coup de la loi comme activité financière illicite. Et cette fois, la tokenisation d’actifs réels (immobilier, obligations, œuvres d’art, matières premières…) est expressément visée.
Les points clés du nouvel avis conjoint du PBoC :
- Tous les tokens (Bitcoin, Ether, USDT…) n’ont pas de valeur légale comme moyen de paiement
- Toute activité liée aux monnaies virtuelles est qualifiée d’activité financière illégale
- La tokenisation RWA sans autorisation explicite est interdite sur le territoire
- Les entités offshore n’ont plus le droit de fournir ces services aux résidents chinois
- Les institutions financières traditionnelles ne peuvent plus ouvrir de comptes ou effectuer de transferts liés à ces actifs
Cette annonce arrive dans un contexte où le marché crypto mondial traverse déjà une phase de correction importante. En quelques heures, Bitcoin a perdu environ 8 %, Ethereum plus de 11 % et Solana a chuté de plus de 15 %. Une réaction immédiate qui montre à quel point la Chine reste un acteur majeur dans l’imaginaire des traders, même si l’activité locale est théoriquement éteinte depuis plusieurs années.
Retour sur l’historique des mesures chinoises
Pour bien comprendre la portée de cette nouvelle réglementation, il faut remonter le fil des années. Dès 2013, la Chine commence à serrer la vis avec une première mise en garde sur les risques des cryptomonnaies. En 2017, c’est l’interdiction pure et simple des ICO et la fermeture des exchanges locaux. Puis en 2021 arrive le fameux document Yinfa n°237 qui qualifie déjà plusieurs activités crypto d’illégales et interdit aux plateformes étrangères de servir les clients chinois.
Mais cette fois, le ton change. On passe d’une politique de restrictions progressives à une interdiction totale et systématique, sans laisser la moindre porte entrouverte. Le nouvel avis abroge explicitement le texte de 2021, signe que Pékin considère que l’ancienne mouture n’était pas assez ferme.
« Les activités liées aux monnaies virtuelles sont des activités financières illégales et doivent être résolument interdites. »
Avis conjoint PBoC et sept ministères – février 2026
Ce qui frappe également, c’est l’approche « même activité, même risque, même règle » appliquée aux structures offshore. Les entreprises chinoises qui tenteraient de contourner l’interdiction via des filiales à l’étranger sont désormais explicitement visées. Une manière de fermer la fameuse porte dérobée qu’utilisaient encore certains acteurs.
La tokenisation RWA dans le viseur
L’un des aspects les plus marquants de ce nouveau texte est l’intégration claire de la tokenisation d’actifs réels dans le champ de l’interdiction. Jusqu’ici, certains observateurs pensaient que la Chine pourrait tolérer — voire encourager — certaines formes de tokenisation sur blockchain privée ou permissionnée, notamment pour moderniser son système financier.
Il n’en est rien. Le document précise que convertir des droits de propriété ou des droits à revenu en tokens pour émission et trading est interdit sauf autorisation expresse sur des infrastructures financières désignées. Autrement dit : pas de DeFi immobilier, pas de fractional ownership d’œuvres d’art, pas de tokenisation de créances commerciales sans feu vert préalable des autorités.
Cette position ferme contraste avec celle de nombreux autres pays qui voient justement dans la tokenisation RWA l’un des principaux cas d’usage institutionnels de la blockchain pour les années à venir.
Exemples d’actifs concernés par l’interdiction RWA :
- Immobilier résidentiel ou commercial
- Obligations d’entreprises ou d’État
- Créances commerciales et factures
- Œuvres d’art et objets de collection
- Matières premières physiques (or, pétrole…)
- Parts de fonds d’investissement
Impact sur le mining et les infrastructures
Le mining n’est pas oublié. Les provinces sont expressément chargées d’identifier et de fermer tous les projets existants de minage de cryptomonnaies, et d’interdire toute nouvelle installation. On assiste donc à une nouvelle vague de répression contre les fermes de minage qui avaient survécu aux précédentes campagnes ou qui s’étaient discrètement réinstallées.
Cette mesure intervient alors que le hashrate mondial a déjà énormément migré hors de Chine depuis 2021. Mais il reste encore des acteurs qui opèrent dans l’ombre, notamment dans certaines régions reculées où le contrôle est plus difficile. Cette nouvelle directive devrait accélérer leur disparition définitive.
Conséquences pour les acteurs traditionnels
Les banques, les institutions de paiement, les plateformes internet : personne n’est épargné. Les établissements financiers se voient interdire d’ouvrir des comptes, d’effectuer des virements, de conserver des actifs ou d’assurer des produits liés aux cryptomonnaies ou aux RWA tokenisés.
Les plateformes en ligne (réseaux sociaux, sites e-commerce, moteurs de recherche) doivent quant à elles refuser toute publicité, tout référencement payant ou toute mise en avant de services crypto. Elles sont même tenues de collaborer activement à la fermeture des sites, applications et comptes concernés.
« Il ne reste plus aucune zone grise. La Chine veut éradiquer complètement l’écosystème crypto sur son territoire. »
Analyste anonyme du secteur financier asiatique
Cette mobilisation totale des différents secteurs de l’économie numérique montre que Pékin ne considère plus les cryptomonnaies comme une simple nuisance spéculative, mais comme une menace systémique pour le contrôle monétaire et financier.
Réactions du marché et psychologie des investisseurs
La chute immédiate des prix après l’annonce n’est pas surprenante. Même si l’activité réelle en Chine est très limitée depuis des années, le pays reste symboliquement important. Beaucoup de traders gardent en tête que la Chine représente toujours potentiellement des millions d’utilisateurs cachés derrière des VPN, et que toute nouvelle vague d’adoption (ou de répression) peut faire bouger les lignes.
Mais au-delà du court terme, cette annonce pose une question plus profonde : la Chine est-elle en train de se couper définitivement du futur de la finance numérique ? Alors que le reste du monde (États-Unis, Europe, Singapour, Hong Kong, Dubaï…) accélère sur les ETF Bitcoin, les stablecoins réglementés et la tokenisation d’actifs, Pékin choisit la voie inverse.
Certains y voient une stratégie cohérente avec le développement du yuan numérique (e-CNY), qui doit rester la seule forme digitale de monnaie légale sur le territoire. Accepter des cryptomonnaies décentralisées ou des RWA tokenisés viendrait concurrencer directement ce projet stratégique.
Et maintenant ? Scénarios possibles
Plusieurs scénarios se dessinent pour les prochains mois :
- Renforcement du contrôle : multiplication des arrestations, saisies de matériel, blocage renforcé des VPN et des paiements vers l’étranger
- Émigration massive des capitaux : les investisseurs fortunés qui n’ont pas encore sorti leurs avoirs crypto accélèrent leur départ vers Hong Kong, Singapour ou Dubaï
- Impact limité à long terme : le marché mondial s’habitue à l’absence de la Chine et continue sa croissance sur les autres continents
- Contournements ingénieux : développement de nouvelles méthodes d’accès (mixers avancés, wallets décentralisés, DEX agrégés) malgré la répression
Une chose est sûre : cette annonce marque un tournant. La Chine ne joue plus dans la catégorie « restrictions partielles ». Elle a choisi l’éradication totale.
Leçons pour le reste du monde
Pour les investisseurs et entrepreneurs crypto hors de Chine, ce durcissement rappelle une réalité souvent oubliée : la liberté d’innover dans la blockchain n’est pas garantie partout. Certains pays peuvent décider du jour au lendemain de fermer complètement la porte.
Cela pousse aussi à réfléchir à la résilience des projets. Ceux qui dépendent trop d’une juridiction unique (même implicitement) se retrouvent vulnérables. À l’inverse, les réseaux véritablement décentralisés, sans point de contrôle central, pourraient paradoxalement sortir renforcés de cette épreuve.
Enfin, cette décision illustre le fossé grandissant entre deux visions du futur numérique : d’un côté des États qui embrassent la tokenisation et les actifs numériques sous supervision, de l’autre ceux qui préfèrent conserver un monopole absolu sur la création et la circulation monétaire.
La Chine a clairement choisi son camp. Reste à voir combien de temps elle pourra tenir cette ligne dure alors que le reste de la planète avance à grands pas dans l’adoption des technologies blockchain et tokenisées.
Une chose est certaine : en ce mois de février 2026, l’histoire des cryptomonnaies vient d’écrire l’un de ses chapitres les plus sombres… du moins sur le territoire chinois.
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