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    Cftc Soumet Un Cadre Crypto À La Maison Blanche

    Steven SoarezDe Steven Soarez18/09/2026Aucun commentaire15 Mins de Lecture
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    Deux jours seulement après un vote procédural perdu de justesse au Sénat, un dossier administratif a quitté les bureaux de la Commodity Futures Trading Commission pour atterrir à la Maison Blanche. Le titre officiel, sobre et presque technique, parle de transactions et de marchés d’actifs crypto. Derrière cette formulation se cache une tentative de faire avancer un régime de marché sans attendre une loi que le Congrès n’arrive pas à faire passer. L’enjeu n’est pas seulement juridique. Il concerne la manière dont les plateformes, les intermédiaires et une partie des développeurs pourront opérer aux États-Unis pendant que le débat législatif reste ouvert.

    Un Dossier Envoyé Pendant Que Le Congrès Bloque

    Selon le dépôt transmis à l’Office of Information and Regulatory Affairs, l’agence a soumis le 17 septembre un projet intitulé Regulation Crypto Asset Transactions and Regulation Crypto Asset Markets. L’OIRA, rattachée à l’Office of Management and Budget, examine les réglementations fédérales jugées significatives avant toute publication. Les détails du texte n’ont pas été rendus publics. La CFTC a refusé de commenter le contenu. Le processus d’examen exécutif peut encore modifier le projet avant qu’il ne revienne devant la commission.

    Ce calendrier n’est pas fortuit. Deux jours plus tôt, le Sénat n’avait pas réussi à avancer le Digital Asset Market CLARITY Act. Le vote de procédure s’était conclu sur un score de 49 contre 50, loin des 60 voix nécessaires pour ouvrir le débat. Sept sénateurs démocrates opposés à la clôture ont ensuite indiqué que les négociations pouvaient se poursuivre. La loi n’est donc pas morte. Elle n’est simplement plus le seul levier disponible.

    Pourquoi Ce Moment Compte Pour Les Marchés

    Depuis des années, l’industrie américaine des actifs numériques vit dans un entre-deux. D’un côté, des marchés de dérivés déjà surveillés. De l’autre, des marchés au comptant fragmentés, des plateformes parfois hors du périmètre classique, et une frontière encore disputée entre titre financier et marchandise numérique. Le projet de loi visait à tracer cette frontière par la loi. Faute de majorité, les agences reprennent la main avec les pouvoirs qu’elles ont déjà.

    Le président de la CFTC, Michael Selig, avait prévenu. Il avait demandé à ses équipes de préparer un cadre de structure de marché utilisable avec l’autorité existante si le Congrès échouait. Le 20 août, lors d’un événement interne, il avait parlé de codifier une structure de marché CFTC pour les actifs crypto. L’idée n’était pas de remplacer le législateur. Elle était de ne pas laisser un vide opérationnel s’installer.

    Cela pourrait permettre aux prestataires déjà enregistrés, ainsi qu’aux places crypto non enregistrées, d’être désignés par la CFTC comme marchés d’actifs crypto.

    Michael Selig

    Dans ce schéma, une plateforme pourrait être traitée comme une forme de designated contract market adaptée aux actifs crypto. Sur ces venues, un trading avec levier ou marge relèverait de règles administrées par l’agence. L’architecture n’est pas encore publique. Mais la direction politique l’est : avancer par règlement plutôt que d’attendre une loi coincée dans un Sénat divisé.

    Ce Que Le CLARITY Act Aurait Changé

    Le texte législatif n’était pas un simple habillage sémantique. Il aurait fixé des lignes statutaires entre la Securities and Exchange Commission et la CFTC. Il aurait créé des obligations d’enregistrement pour les plateformes de négociation et d’autres acteurs. Les marchandises numériques éligibles et leurs marchés spot seraient tombés principalement sous la surveillance de la CFTC. L’activité de nature titrisée serait restée du ressort de la SEC.

    La version adoptée à la Chambre en juillet 2025 avait déjà posé cette architecture. Au Sénat, le dossier s’est heurté à des points sensibles : protections des développeurs non dépositaires, statut des validateurs, et surtout des clauses d’éthique visant les élus et leurs intérêts dans les actifs numériques. Des parlementaires démocrates ont mis en avant les avoirs crypto du président Donald Trump et les activités liées à sa famille, au moment même où l’exécutif poussait de nouvelles règles.

    Ce que l’on sait déjà, et ce qui reste dans l’ombre.

    • Un projet de règles a bien été déposé à l’OIRA le 17 septembre.
    • Le contenu précis n’a pas été publié et l’agence ne commente pas.
    • Le texte doit revenir à la CFTC, puis être voté, publié et ouvert aux commentaires.
    • Le Sénat n’a pas clos définitivement le débat sur le CLARITY Act.

    La Revue De La Maison Blanche N’Est Pas Une Adoption

    L’examen par l’OIRA n’active rien. Il s’agit d’une étape amont du processus fédéral. Sous l’administration Trump, les agences indépendantes, y compris la CFTC et la SEC, doivent soumettre les actions réglementaires significatives à l’OMB avant publication. Une fois l’examen terminé, le projet peut revenir modifié. La commission doit ensuite voter avant toute mise en consultation publique.

    Ce détail institutionnel a un poids particulier. Michael Selig est aujourd’hui le seul commissaire d’une instance conçue pour cinq membres. Les sièges vacants font de lui le seul vote possible tant que les nominations n’avancent pas. L’agence fonctionnait avec environ 556 employés à la fin de l’exercice 2025, contre 708 un an plus tôt. Selig est le seul commissaire confirmé depuis son entrée en fonction en décembre 2025. Un cadre de marché ambitieux, porté par une commission réduite, soulève donc une question de légitimité autant que de technique.

    Après publication, l’agence recueillerait les observations du public et pourrait retravailler le dispositif. Une règle finale exigerait un nouveau vote avant d’entrer en vigueur. Autrement dit, le dépôt de septembre n’est ni une victoire réglementaire ni un cadre opérationnel. C’est l’ouverture d’une séquence longue, politique et contentieuse.

    Les Pouvoirs Existants Comme Plan B

    Le recours à l’autorité déjà reconnue n’est pas une improvisation. Sur les marchés de matières premières et de dérivés, la CFTC dispose d’outils anciens : désignation de marchés, surveillance des intermédiaires, règles de conduite, exigences prudentielles, pouvoirs d’enquête. L’hypothèse de Selig consiste à adapter ces catégories à des lieux de négociation d’actifs crypto, y compris des acteurs qui n’étaient pas jusqu’ici des enregistrés classiques.

    Cette voie a un avantage immédiat : elle ne dépend pas d’un vote à 60 voix. Elle a aussi une limite. Sans loi nouvelle, la frontière avec la SEC reste un champ de bataille. Un jeton peut être traité comme marchandise dans un contexte et comme titre dans un autre. Les plateformes qui mélangent spot, levier, listing et services annexes devront encore interpréter un droit mosaïque.

    Les régulateurs n’ont pas besoin d’attendre le Congrès pour continuer à construire des cadres d’actifs numériques.

    J. Christopher Giancarlo, ancien président de la CFTC

    L’ancien président Giancarlo a martelé cette idée après le vote sénatorial. Selon lui, Selig et le président de la SEC, Paul Atkins, peuvent utiliser l’autorité déjà disponible pendant que les législateurs poursuivent leurs discussions. Le message est clair pour les marchés : l’attente passive n’est plus la stratégie des agences.

    Le Même Jour, Un Signal Aux Développeurs

    Le 17 septembre n’a pas seulement vu partir le dossier vers l’OIRA. Les services de la CFTC ont publié une position de non-action visant certains développeurs logiciels dont les produits facilitent l’accès à des marchés de dérivés régulés. En pratique, le personnel ne recommandera pas de poursuites contre des fournisseurs passifs qui, sous conditions, omettent de s’enregistrer comme introducing brokers.

    Le dispositif comporte dix conditions. Le logiciel peut relier des utilisateurs à des bourses de dérivés enregistrées, à des courtiers et à des futures commission merchants, sans déclencher une recommandation d’exécution sur certains devoirs d’enregistrement. Ce n’est pas une amnistie générale. C’est un corridor étroit, technique, destinée à distinguer l’outil passif de l’intermédiaire qui sollicite, conseille ou encaisse.

    Le statut des développeurs non dépositaires, des fournisseurs de portefeuilles et des opérateurs de validation était précisément l’un des points de friction du CLARITY Act. Le législateur voulait écrire des protections. L’agence, elle, commence par une doctrine d’exécution. Les deux approches ne se valent pas. Une loi crée un droit opposable. Une lettre de non-action peut être retirée, resserrée ou ignorée par une équipe future.

    La SEC Avance Sur Un Autre Front

    Le même 17 septembre, le régulateur des valeurs a publié une exemption d’innovation longtemps attendue pour certaines activités de titres tokenisés. L’objectif affiché : offrir une voie réglementaire à des modèles de négociation on-chain éligibles. On voit ainsi se dessiner un duo d’agences qui, faute de loi-cadre unique, découpent le sujet en morceaux administratifs.

    Pour les émetteurs et les protocoles, cette fragmentation a un coût. Il faut lire deux calendriers, deux cultures de supervision, deux interprétations du même actif selon l’usage. Un jeton utilisé comme collatéral sur un marché de dérivés n’est pas nécessairement traité comme un titre tokenisé sur une place on-chain. Les équipes juridiques des grandes plateformes le savent déjà. Les plus petites structures risquent de le découvrir plus tard, et plus cher.

    Ce Que Pourrait Contenir Un Cadre « Crypto Asset Markets »

    Sans le texte, on en est réduit aux indices publics. Selig a évoqué la désignation de marchés d’actifs crypto. On peut raisonnablement anticiper des blocs classiques : critères d’admission des produits, règles de surveillance des négociations, gestion des conflits d’intérêts, conservation des fonds clients si l’activité le justifie, obligations de reporting, dispositifs de résilience opérationnelle, et un régime pour le levier.

    Le mot levier n’est pas anodin. C’est souvent là que le droit américain des matières premières a historiquement justifié une intervention fédérale sur des marchés qui, au comptant et sans marge, relèvent d’un autre équilibre. Si le projet confirme cette porte d’entrée, les plateformes qui proposent des positions financées auraient davantage intérêt à chercher une désignation CFTC que celles qui se limitent à un simple matching spot sans crédit.

    Reste la question des acteurs aujourd’hui hors registre. Les désigner, c’est les faire entrer dans un monde d’audits, de capital, de responsabilités et de procédures. Certains y verront une légitimation. D’autres y liront un filtre qui favorise les groupes déjà capitalisés. L’histoire des marchés financiers américains penche souvent vers la seconde lecture, même lorsque le discours officiel parle d’ouverture.

    Une Commission À Un Seul Vote

    Gouverner une agence à cinq sièges avec un seul commissaire confirmé n’est pas un détail de corridor. Cela accélère les décisions. Cela les fragilise aussi. Les opposants pourront soutenir que le cadre manque de délibération collégiale. Les partisans répondront que l’immobilisme du Sénat ne peut pas geler indéfiniment le marché. Les deux arguments circuleront dès la publication du projet.

    La baisse des effectifs pèse dans le même sens. Moins de personnel, davantage de dossiers techniques, un marché qui innove plus vite que les manuels de conformité : le risque opérationnel n’est pas seulement celui des plateformes. Il est aussi celui d’un superviseur trop mince pour tenir la promesse d’un régime complet.

    Le Sénat N’A Pas Refermé La Porte

    Le 49-50 n’est pas un enterrement. C’est un refus d’ouvrir le débat dans l’état actuel du texte. Sept démocrates ont dit que la discussion n’était pas close. Si un compromis apparaît sur l’éthique publique, sur les développeurs et sur le partage SEC-CFTC, le dossier peut revenir. En attendant, chaque geste réglementaire devient un fait accompli que la future loi devra confirmer, corriger ou contourner.

    Cette dynamique est connue à Washington. Quand le législateur tarde, l’exécutif et les agences occupent l’espace. Puis le Congrès, s’il légifère enfin, hérite d’un paysage déjà habité. Les acteurs de marché s’adaptent au premier cadre disponible. Changer les règles ensuite coûte plus cher que de les écrire tôt.

    Ce Que Cela Change Pour Une Plateforme

    Une place qui veut rester exposée à la clientèle américaine devra cartographier trois scénarios. Premier scénario : le projet CFTC sort à peu près conforme aux propos de Selig, et une voie de désignation s’ouvre. Deuxième scénario : l’OIRA ou la consultation publique durcit le texte, et le coût d’entrée explose. Troisième scénario : le CLARITY Act revient et redistribue les compétences, obligeant à tout recalibrer.

    Dans tous les cas, les fonctions de conformité, de conservation, de surveillance des marchés et de gestion du levier deviennent des investissements stratégiques, pas des lignes budgétaires secondaires. Les groupes qui ont déjà une culture de dérivés listés partiront avec une longueur d’avance. Les protocoles nés dans une logique uniquement on-chain devront traduire leurs architectures dans un langage d’intermédiaire réglementé.

    • Cartographier les produits : spot simple, marge, contrats perpétuels, listing de jetons mixtes.
    • Séparer les rôles : matching, garde, conseil, facilitation logicielle.
    • Documenter le caractère passif d’un outil, si l’on vise le corridor de non-action.
    • Anticiper un double regard CFTC et SEC sur le même actif selon l’usage.

    Investisseurs, Garde Et Confiance

    Pour un investisseur particulier, le dépôt à l’OIRA ne change rien demain matin. Aucun carnet d’ordres ne bascule du jour au lendemain sous un nouveau statut. En revanche, le signal de long terme est lisible. Washington refuse le vide. Soit le Congrès écrit la carte, soit les agences la dessinent à partir de compétences anciennes.

    La confiance se jouera moins sur les communiqués que sur des détails prosaïques : ségrégation des fonds, transparence des frais de financement, qualité de la surveillance des manipulations, clarté des recours en cas d’incident. Un cadre CFTC qui importerait ces exigences vers des marchés crypto rapprocherait ces places du standard des dérivés listés. S’il reste trop flou, il ne fera que déplacer l’incertitude.

    Une Séquence Qui Dépasse Le Seul Dossier CFTC

    Le même écosystème américain discute d’accès bancaire, de chartes fiduciaires nationales, de fiscalité, d’ETF et de kiosques physiques. Le cadre de marché n’est qu’une pièce. Mais c’est une pièce maîtresse, parce qu’elle décide qui a le droit d’organiser la rencontre entre un ordre et un autre ordre. Sans ce droit clairement attribué, le reste de l’édifice réglementaire flotte.

    On peut lire le geste du 17 septembre comme une réponse à l’échec sénatorial. On peut aussi le lire comme l’exécution d’un plan annoncé dès août. Les deux lectures sont vraies. Selig avait préparé l’option réglementaire. Le vote a simplement rendu cette option politiquement plus urgente.

    Les Risques D’Un Cadre Écrit Trop Vite

    La vitesse a un prix. Un texte conçu pour combler un vide peut figer des définitions trop larges ou trop étroites. Trop large, et des outils d’infrastructure basculent dans le statut d’intermédiaire. Trop étroit, et des modèles de levier restent dans une zone grise. Les commentaires publics serviront précisément à tester ces bords.

    Il existe aussi un risque de collision doctrinale. Si la SEC considère qu’une part importante des jetons négociés sur une « crypto asset market » reste de nature titrisée, les acteurs se retrouveront avec deux superviseurs pour une même chaîne de transactions. Ce n’est pas théorique. C’est déjà le quotidien de nombreux dossiers américains depuis plusieurs années.

    Ce Qu’Il Faudra Surveiller Dans Les Semaines Qui Viennent

    Le premier indicateur sera le retour du dossier depuis l’OIRA. Des modifications imposées par l’examen exécutif diraient beaucoup sur les priorités de la Maison Blanche. Le deuxième indicateur sera le vote interne à la CFTC, même s’il se réduit aujourd’hui à une voix. Le troisième sera le périmètre exact du texte mis en consultation : qui doit s’enregistrer, quels produits passent, quel traitement pour le spot sans levier, quelle place pour le logiciel non dépositaire.

    En parallèle, il faudra écouter le Sénat. Un compromis sur les clauses d’éthique et sur les développeurs suffirait peut-être à relancer le CLARITY Act. Dans ce cas, le projet réglementaire deviendrait une passerelle temporaire, ou au contraire un modèle que la loi viendrait ratifier. Les deux issues ne produisent pas le même marché.

    Calendrier probable, sans date magique.

    • Examen OIRA du projet transmis le 17 septembre.
    • Retour éventuel amendé vers la CFTC.
    • Vote de la commission, puis publication et consultation.
    • Révisions, puis vote final avant toute entrée en vigueur.

    Une Leçon Politique Plus Large

    Le dossier raconte moins une querelle technique qu’une méthode de gouvernement des marchés nouveaux. Quand le Congrès ne tranche pas la nature juridique d’un actif, les agences inventent des catégories intermédiaires. « Marché d’actifs crypto » ressemble à l’une de ces catégories. Elle permet d’agir sans refermer le débat philosophique sur ce qu’est un jeton.

    Cette méthode a déjà transformé d’autres industries. Elle produit de la prévisibilité opérationnelle avant de produire de la clarté conceptuelle. Pour une entreprise, c’est souvent suffisant. Pour un État de droit qui aime les définitions nettes, c’est un compromis. Le marché américain des cryptoactifs vit précisément dans ce compromis depuis trop longtemps pour que personne ne s’en étonne encore.

    Au Fond, Une Course Entre Deux Légitimités

    D’un côté, la légitimité démocratique d’une loi votée par les deux chambres. De l’autre, la légitimité fonctionnelle d’une agence qui refuse de laisser un marché systémique sans architecture. Le dépôt à la Maison Blanche ne départage pas ces deux sources. Il dit seulement laquelle avance aujourd’hui.

    Les prochaines semaines diront si ce mouvement administratif accélère un accord sénatorial ou s’il l’éloigne. Certaines majorités préfèrent légiférer pour reprendre la main. D’autres laissent faire les agences tant que le résultat leur convient. Le secteur crypto, lui, n’a pas le luxe de parier sur une seule de ces hypothèses. Il doit se préparer aux deux.

    En attendant la publication du texte, la seule certitude est procédurale. Un cadre existe désormais sur le bureau de l’exécutif. Il n’est pas encore une règle. Il n’est plus un simple discours d’août. Entre les deux, le marché américain des actifs numériques vient d’entrer dans une phase où chaque phrase réglementaire comptera davantage qu’un nouveau cycle de négociations parlementaires.

    actifs numériques analyse marché crypto clarté sénat contrat désigné Régulation américaine
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    Steven Soarez
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