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    BitGo Poursuivi Pour 141 Millions Par Des Sociétés Liées À DWF Labs

    Steven SoarezDe Steven Soarez09/10/2026Aucun commentaire13 Mins de Lecture
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    Imaginez signer un contrat pour vendre des tokens à un prix préférentiel, avec l’assurance qu’ils resteront bloqués pendant plusieurs mois. Puis, quelques semaines plus tard, vous découvrez que ces mêmes tokens circulent déjà librement sur le marché. C’est précisément le scénario que dénoncent deux sociétés liées à DWF Labs face à BitGo. Elles réclament 141 millions de dollars devant la High Court de Londres. L’affaire, révélée début octobre 2026, soulève des questions brûlantes sur la solidité des accords OTC dans l’univers crypto.

    BitGo Accusé De Ventes Anticipées De Tokens Restreints

    Le 9 octobre 2026, le Financial Times a détaillé une plainte déposée par DWF Maas et Falcon Digital. Ces deux entités, affiliées à DWF Labs, accusent le célèbre dépositaire américain d’avoir écoulé des tokens Falcon Finance (FF) et ESPORTS avant la fin des périodes de restriction prévues par contrat. Selon elles, ces ventes anticipées auraient fait chuter les cours et diminué la valeur de leurs positions restantes.

    La procédure a été initialement signalée par Law360 le 2 octobre. BitGo, de son côté, a refusé de commenter les accusations. À ce stade, aucune décision de justice n’a encore tranché le litige. Les montants avancés restent ceux réclamés par les plaignants, et non une condamnation définitive.

    Des Accords OTC Sous Conditions Strictes

    Au cœur du dossier se trouvent des transactions de gré à gré. Les plaignants affirment que BitGo a acquis ces tokens dans le cadre d’accords prévoyant un lock-up initial de trois mois, suivi de conditions de vesting plus longues. Ces mécanismes sont classiques dans les deals privés : l’acheteur obtient un prix réduit en échange de l’engagement de ne pas revendre immédiatement.

    DWF Maas et Falcon Digital soutiennent que BitGo n’a pas respecté ces délais. En mettant des volumes importants sur le marché trop tôt, le dépositaire aurait augmenté l’offre disponible et pesé sur les cotations. Les sociétés estiment que cette pression a directement affecté la valeur de leurs propres réserves encore verrouillées.

    Ce que l’on sait précisément pour l’instant :

    • Deux sociétés liées à DWF Labs poursuivent BitGo à Londres.
    • Le montant réclamé s’élève à 141 millions de dollars.
    • Les tokens concernés sont Falcon Finance (FF) et ESPORTS.
    • Les accords prévoyaient un lock-up de trois mois puis un vesting.
    • BitGo n’a pas commenté les accusations.

    Les documents publics ne précisent ni les quantités exactes vendues, ni les prix obtenus par BitGo, ni les dates précises de chaque opération. Ces éléments seront centraux lors de l’examen judiciaire. Sans eux, il reste difficile de mesurer l’écart entre les ventes alléguées et le calendrier contractuel.

    Pourquoi 141 Millions De Dollars ?

    Les plaignants justifient ce chiffre par l’impact des ventes anticipées sur leurs holdings. Selon leur raisonnement, la libération précoce de tokens a créé une offre excédentaire. Les cours ont baissé. La valeur de ce qu’ils détenaient encore a suivi le même mouvement. Ils demandent donc réparation pour ce préjudice financier.

    Un lock-up empêche normalement l’acheteur de céder ou de transférer les actifs pendant une période définie. Le vesting prolonge cette logique en libérant progressivement les tokens selon un calendrier. Dans le cas présent, les sociétés liées à DWF Labs affirment que ces deux mécanismes faisaient partie intégrante des obligations de BitGo.

    Les restrictions faisaient partie des arrangements OTC originaux. Leur violation aurait causé un préjudice financier direct.

    Argument central des plaignants dans la plainte

    Il faut toutefois rappeler que le montant de 141 millions reste une demande. Aucune expertise indépendante n’a encore validé le calcul des pertes. Le tribunal devra d’abord vérifier l’existence d’une violation, puis quantifier, le cas échéant, le préjudice réel.

    Le Contexte Trouble Du Token ESPORTS

    L’un des actifs concernés n’est pas inconnu des observateurs du marché. En mai 2026, le token ESPORTS avait déjà subi un effondrement spectaculaire. En à peine deux heures, son cours avait perdu plus de 90 %. Des analyses on-chain avaient alors révélé le déplacement d’environ 178 millions de tokens, pour une valeur d’environ 12,76 millions de dollars.

    Une partie de ces mouvements impliquait des adresses liées à DWF Labs, y compris des transferts vers Kraken. Environ 19,9 millions de tokens, valorisés à 13,9 millions de dollars à l’époque, avaient été envoyés vers une adresse Kraken associée à DWF. Ces données on-chain n’établissaient cependant pas que tous les tokens avaient été vendus, ni que BitGo en était l’acteur principal.

    Important : rien dans les rapports du Financial Times ou de Law360 ne relie formellement cet épisode de mai 2026 aux transactions contestées dans la plainte londonienne. Les deux événements restent, pour l’instant, distincts.

    Falcon Finance Et Ses Liens Avec DWF Labs

    Falcon Finance n’est pas non plus un inconnu dans l’écosystème DWF. En juillet 2025, son cofondateur Andrei Grachev avait annoncé le retrait de fonds des exchanges centralisés. L’équipe avait alors obtenu une attestation d’audit indépendant concernant ces mouvements. Cette communication concernait uniquement les arrangements de custody de Falcon et ne mentionnait en rien BitGo.

    Ces antécédents montrent néanmoins que les relations entre Falcon Finance et les entités liées à DWF Labs sont anciennes. Elles s’inscrivent dans un écosystème où les deals privés, les market makers et les dépositaires se croisent régulièrement.

    BitGo Déjà Engagé Dans D’Autres Batailles Judiciaires

    La plainte londonienne n’est pas le seul front ouvert pour BitGo. La société américaine est également en litige avec Galaxy Digital au sujet d’une acquisition abandonnée de 1,2 milliard de dollars, annoncée en 2021 et rompue en août 2022.

    En mai 2026, Mike Novogratz, fondateur de Galaxy, a comparu devant la Cour de chancellerie du Delaware. BitGo réclame au minimum 100 millions de dollars, estimant que Galaxy n’avait pas le droit de résilier l’accord. Galaxy conteste et affirme avoir agi dans le respect du contrat, notamment sur des questions d’états financiers et de comptabilité.

    Le procès s’est tenu du 18 au 22 mai 2026. Au moment du dépôt du rapport trimestriel de BitGo auprès de la SEC, la décision n’avait pas encore été rendue.

    Parallèlement, un actionnaire a déposé une plainte en juin 2026 devant le tribunal fédéral de l’Eastern District of New York. L’affaire Jacques Arsenault v. BitGo Holdings, Inc., et al. porte sur de prétendues violations de la législation boursière liées à l’introduction en bourse de janvier 2026. Le plaignant demande des dommages-intérêts non précisés, ainsi que les frais de justice. La date limite pour les motions de désignation du lead plaintiff était fixée au 7 août 2026.

    Les autres procédures en cours impliquant BitGo :

    • Litige avec Galaxy Digital concernant l’acquisition abandonnée de 1,2 milliard de dollars.
    • Procès au Delaware en mai 2026, décision toujours attendue.
    • Actionnariat collectif lié à l’IPO de janvier 2026.
    • Demande de dommages-intérêts non quantifiée dans l’affaire Arsenault.

    Ce Que Révèle Cette Affaire Sur Les Deals Privés Crypto

    Au-delà des montants et des noms, cette procédure met en lumière une zone grise de l’industrie. Les transactions OTC avec lock-up et vesting sont monnaie courante. Elles permettent aux projets de lever des fonds ou de placer des tokens sans créer immédiatement de pression vendeuse. En échange, l’acheteur accepte de rester « patient » pendant une période déterminée.

    Lorsque ces engagements ne sont pas respectés, les conséquences peuvent être sévères pour les vendeurs initiaux. Une libération anticipée de tokens peut faire plonger le prix et réduire la valeur des positions encore détenues. C’est exactement ce que dénoncent DWF Maas et Falcon Digital.

    Le problème, c’est que ces accords restent souvent confidentiels. Les quantités, les dates de vesting et les clauses de non-revente ne sont pas toujours publiques. Il devient alors difficile pour les observateurs extérieurs de vérifier qui a vendu quoi, et à quel moment. La blockchain montre les mouvements, mais pas toujours l’identité réelle des contreparties ni les conditions contractuelles.

    Les Enjeux Pour Le Secteur De La Custody

    BitGo est l’un des acteurs historiques de la custody institutionnelle. Son image repose en grande partie sur la confiance et la rigueur opérationnelle. Une accusation de non-respect de clauses de lock-up, même non encore prouvée, peut entamer cette réputation.

    Les institutions qui confient des actifs à un dépositaire attendent non seulement la sécurité technique, mais aussi le respect strict des obligations contractuelles. Si un tribunal venait à conclure que des tokens ont été vendus trop tôt, l’impact pourrait dépasser le simple montant des dommages-intérêts.

    Dans un marché où la concurrence entre custodians s’intensifie, la moindre faille de conformité devient un argument commercial pour les rivaux. BitGo devra donc non seulement se défendre juridiquement, mais aussi rassurer ses clients existants et potentiels.

    DWF Labs, Un Acteur Au Cœur Des Controverses

    Fondée en 2022, DWF Labs s’est imposée comme un market maker et un investisseur actif dans de nombreux projets. Ses affiliés interviennent régulièrement dans des deals de tokens privés. Cette proximité avec les projets peut créer des situations d’intérêt croisé, notamment lorsque les mêmes acteurs se retrouvent à la fois vendeurs et acheteurs dans des structures complexes.

    Dans le cas présent, les sociétés DWF Maas et Falcon Digital se positionnent comme victimes d’une violation contractuelle. Elles cherchent à obtenir réparation pour des pertes qu’elles attribuent à des ventes anticipées. Le tribunal londonien devra démêler les responsabilités de chaque partie.

    Ce Qui Manque Encore Au Dossier Public

    À ce stade, plusieurs éléments restent inconnus. On ignore les volumes exacts des tokens vendus par BitGo, les dates précises des opérations et les prix obtenus. On ne dispose pas non plus du texte intégral des accords de lock-up et de vesting. Ces documents seront déterminants pour établir s’il y a eu ou non rupture de contrat.

    Aucune preuve blockchain publique n’a encore été présentée dans les articles de presse pour démontrer formellement les ventes anticipées. Les plaignants devront produire ces éléments devant le juge. BitGo, de son côté, aura l’occasion de présenter sa version des faits et, le cas échéant, de contester le lien de causalité entre les ventes alléguées et les pertes réclamées.

    Le calendrier judiciaire n’est pas encore public. On ignore la date de la première audience ou le délai accordé à BitGo pour répondre. Les prochains développements dépendront de la stratégie de défense de la société américaine et de la manière dont la High Court de Londres gérera la procédure.

    Une Leçon Pour Les Acteurs Du Marché Privé

    Cette affaire rappelle que les clauses de restriction ne sont pas de simples formalités. Elles constituent le cœur de nombreux deals OTC. Leur non-respect peut entraîner des litiges de plusieurs dizaines, voire centaines de millions de dollars. Dans un environnement où les tokens peuvent perdre 90 % de leur valeur en quelques heures, le timing des ventes devient un enjeu critique.

    Les projets qui placent des tokens auprès de market makers ou de dépositaires ont intérêt à renforcer les mécanismes de contrôle. Des solutions techniques existent déjà : smart contracts de vesting, multi-signatures, ou reporting on-chain transparent. Mais elles ne remplacent pas la solidité juridique des contrats eux-mêmes.

    Pour les investisseurs et les équipes de projets, l’épisode BitGo-DWF Labs devrait servir de signal d’alarme. Avant de conclure un deal privé, il devient essentiel de vérifier non seulement le prix et le volume, mais aussi les garanties de non-revente et les recours en cas de violation.

    Perspective Plus Large Sur Les Risques De Contrepartie

    Le secteur crypto a déjà connu plusieurs crises de confiance liées à des dépositaires ou des plateformes. Mt. Gox, QuadrigaCX, FTX… Chaque fois, le même constat revient : la custody n’est pas seulement une question de sécurité technique, c’est aussi une question de gouvernance et de respect des engagements.

    Dans le cas de BitGo, les accusations portent sur le non-respect de clauses contractuelles plutôt que sur une perte de fonds. La distinction est importante. Il ne s’agit pas d’une insolvabilité ou d’un piratage, mais d’une allégation de rupture d’engagement. Cela n’en rend pas moins sérieux le dossier, car la confiance institutionnelle repose aussi sur le respect des accords signés.

    Les régulateurs, de leur côté, observent de plus en plus attentivement ces pratiques. Les ventes anticipées de tokens sous lock-up peuvent être perçues comme une forme de manipulation de marché si elles ne respectent pas les règles annoncées. Même si la plainte actuelle est de nature civile et non pénale, elle s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue.

    Les Prochaines Étapes À Surveiller

    Plusieurs développements sont à suivre dans les semaines et mois à venir. BitGo devra formaliser sa réponse devant la High Court de Londres. Les plaignants devront produire les preuves documentaires et, éventuellement, des analyses on-chain. Le juge devra ensuite décider s’il y a matière à poursuivre ou si certaines demandes doivent être rejetées.

    Parallèlement, l’issue du litige avec Galaxy Digital au Delaware et l’évolution de l’actionnariat collectif aux États-Unis apporteront des éléments de contexte supplémentaires sur la situation judiciaire de BitGo. Une accumulation de procédures peut peser sur le cours de l’action et sur la perception des investisseurs institutionnels.

    Pour les observateurs du marché, l’affaire offre aussi un angle d’analyse intéressant sur la liquidité des tokens secondaires. Quand des volumes importants sont libérés trop tôt, l’impact sur le prix peut être brutal. Les projets qui prévoient des calendriers de vesting longs cherchent précisément à éviter ces chocs d’offre.

    Une Affaire Emblématique Des Zones Grises Crypto

    En définitive, cette plainte de 141 millions de dollars illustre parfaitement les zones grises qui persistent dans l’écosystème crypto. Les deals privés, les lock-ups, les vesting schedules et les ventes OTC restent largement opaques. Quand un litige éclate, le public n’a accès qu’à des bribes d’information.

    Le tribunal londonien aura la tâche délicate de trancher sur la base de documents confidentiels et de mouvements on-chain. Que la décision aille dans un sens ou dans l’autre, elle servira de référence pour de futurs contrats. Les équipes juridiques des projets et des market makers vont scruter chaque détail.

    En attendant, BitGo reste sous pression. Après l’IPO de janvier 2026, les litiges s’accumulent. La société devra prouver qu’elle a respecté ses engagements ou, à défaut, négocier une issue. Pour les plaignants liés à DWF Labs, l’objectif est clair : obtenir réparation pour ce qu’ils considèrent comme une violation pure et simple des accords signés.

    L’histoire n’est pas terminée. Les prochains mois diront si les 141 millions de dollars réclamés se transformeront en condamnation, en transaction ou en non-lieu. Une chose est déjà certaine : dans le monde des tokens privés, les promesses de lock-up n’ont de valeur que si elles sont réellement tenues.

    Cette affaire servira peut-être de catalyseur pour une plus grande transparence. Les projets pourraient être encouragés à publier davantage d’informations sur les calendriers de vesting et les volumes sous restriction. Les dépositaires, de leur côté, auront intérêt à renforcer leurs processus internes de contrôle des ventes. Car à 141 millions de dollars la plainte, le coût d’une erreur de timing devient rapidement prohibitif.

    Le marché crypto continue de mûrir. Les litiges de cette ampleur en sont la preuve. Ils montrent que les acteurs institutionnels n’hésitent plus à saisir les tribunaux lorsqu’ils estiment que leurs droits ont été bafoués. BitGo, DWF Labs et Falcon Finance se retrouvent ainsi au centre d’un dossier qui pourrait faire jurisprudence dans le domaine des ventes de tokens sous restriction.

    Pour l’instant, la balle est dans le camp de la justice britannique. Les observateurs guettent la première audience, la réponse formelle de BitGo et, éventuellement, les premières pièces versées au débat. Dans un secteur où la confiance se construit lentement et se détruit rapidement, chaque détail compte.

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    Steven Soarez
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