Imaginez : nous sommes le 14 janvier 2026 et, en quelques heures seulement, le prix du Bitcoin vient de franchir la barre symbolique des 95 000 dollars. Une montée aussi rapide qu’inattendue pour beaucoup. Pourtant, lorsque l’on regarde les deux moteurs qui propulsent actuellement cette hausse, tout semble soudain beaucoup plus logique… voire inéluctable.
D’un côté, les chiffres de l’inflation américaine qui refusent de s’emballer ; de l’autre, un nouveau pic de tension au Moyen-Orient avec des alertes américaines très inhabituelles concernant l’Iran. Deux forces que l’on croyait parfois opposées, mais qui, aujourd’hui, poussent toutes les deux dans le même sens : celui du Bitcoin.
Bitcoin reprend son souffle… et vise beaucoup plus haut
Après une correction assez brutale en tout début d’année 2026, beaucoup d’observateurs s’interrogeaient : le marché crypto allait-il enfin digérer la folle euphorie d’octobre-novembre 2025 ? La réponse semble désormais claire. Non seulement le marché a digéré, mais il repart de plus belle.
Ce mardi 14 janvier, le Bitcoin a inscrit un nouveau plus haut sur 50 jours en dépassant allègrement les 95 000 $. Une barre qui, il y a encore quelques semaines, paraissait presque hors d’atteinte pour le premier semestre 2026.
Une inflation américaine qui coopère enfin
Le premier déclencheur de ce regain d’appétit pour le risque s’appelle inflation maîtrisée. Les derniers chiffres du CPI américain publiés ce mardi n’ont pas provoqué la panique que certains redoutaient. Les prix continuent d’augmenter, mais le rythme reste contenu. Pas d’accélération brutale. Pas de nouvelle vague inflationniste.
Conséquence immédiate : la probabilité d’une série de hausses de taux massives et rapides par la Fed s’éloigne un peu plus. Les marchés actions respirent. Les actifs à risque respirent. Et le Bitcoin, qui reste malgré tout un actif à très fort bêta, en profite énormément.
« Une inflation stable, c’est le scénario dont rêvaient les bulls crypto depuis des mois. »
Trader anonyme sur X – 14 janvier 2026
En clair : quand la Fed n’est plus obligée de jouer les pompiers fous, le marché peut à nouveau rêver de multiples d’expansion… et le Bitcoin adore ça.
Quand la géopolitique rappelle au Bitcoin son ADN de « refuge »
Mais il n’y a pas que l’inflation dans la vie. Il y a aussi, parfois, la peur. Et aujourd’hui, la peur porte un nom : escalade Iran-États-Unis.
Le Département d’État américain a publié, ce même mardi, une alerte d’un genre très rare : « Quittez l’Iran immédiatement ». Message inhabituellement direct, accompagné de mises en garde sur d’éventuelles coupures de communication et des risques sécuritaires majeurs.
Au même moment, les manifestations massives se poursuivent en Iran et les déclarations belliqueuses fusent des deux côtés de l’Atlantique. Dans ce genre de contexte, les investisseurs ont tendance à se tourner vers les actifs perçus comme décorrélés, censorship-resistant et non confisquables. Devinez quel actif coche ces trois cases ?
Bitcoin face aux crises géopolitiques : les 4 atouts majeurs
- Pas de point de contrôle centralisé
- Transferts possibles même en cas de coupure bancaire
- Stock disponible 24/7, partout dans le monde
- Offre fixe – impossible à diluer par décision politique
Ces caractéristiques, qui semblaient parfois théoriques en 2023-2024, redeviennent extrêmement concrètes dès que les sirènes géopolitiques se rapprochent.
Les ETF Bitcoin : la pression vendeuse s’essouffle
Autre élément fondamental qui soutient la reprise actuelle : l’épuisement apparent de la pression vendeuse sur les ETF spot Bitcoin américains.
Après des sorties massives en début janvier (classiques prises de bénéfices post-rallye + tax-loss harvesting de fin d’année), les flux semblent se stabiliser. Les acheteurs mondiaux absorbent progressivement l’offre disponible tandis que les institutionnels américains ont temporairement ralenti leurs achats.
Le fameux Coinbase Premium est repassé en territoire négatif… mais sans signe de capitulation violente. Pour beaucoup d’analystes, cela signifie que la phase de purge est terminée.
Et les altcoins dans tout ça ?
Comme très souvent lorsque Bitcoin reprend des couleurs de façon convaincante, les principales altcoins suivent le mouvement. Ethereum, Solana et XRP affichent tous des performances positives ce mardi, même si l’écart reste encore modeste par rapport au leader.
Certains analystes commencent toutefois à surveiller de près le ratio ETH/BTC. Une reprise franche de ce ratio serait le signal que le marché entre dans une phase plus « altseason ».
Les 100 000 $ : psychologique… mais pas que
Le marché a toujours aimé les zéros ronds. 10 000, 20 000, 50 000, 69 000… et maintenant 100 000. Ce niveau n’est pas seulement psychologique : il représente aussi un cap extrêmement important pour les options, les stratégies institutionnelles et les médias grand public.
Franchir durablement les 100 000 $ déclencherait probablement une nouvelle vague d’articles dans la presse traditionnelle, attirerait de nouveaux entrants retail et pourrait même pousser certains family offices et fonds souverains à enfin franchir le pas.
« Les 100k ne sont pas qu’un chiffre. C’est le moment où le Bitcoin passe de l’actif spéculatif à l’actif institutionnel légitime aux yeux de beaucoup. »
Gérant de fonds crypto – janvier 2026
Restera ensuite la question de la consolidation. Historiquement, après chaque grosse borne ronde, le marché prend souvent le temps de respirer (parfois violemment). Mais pour l’instant, le momentum reste clairement haussier.
Quels sont les prochains catalyseurs à surveiller ?
- Nouvelles décisions ou forward guidance de la Fed
- Évolution des tensions Iran/USA et réaction des prix du pétrole
- Flux nets hebdomadaires sur les ETF Bitcoin spot
- Comportement du ratio ETH/BTC et domination de Bitcoin
- Éventuelles annonces réglementaires favorables aux US
- Données on-chain montrant accumulation ou distribution
Chacun de ces éléments pourra servir d’accélérateur… ou de déclencheur de prise de bénéfices.
Conclusion : le calme avant la tempête (haussière ?)
Le Bitcoin se trouve aujourd’hui à la croisée de deux mondes : celui de la macroéconomie « classique » et celui de la géopolitique dure. Et paradoxalement, les deux semblent actuellement le pousser dans la même direction.
Une inflation qui ne déraille pas + une peur géopolitique croissante = le cocktail idéal pour rappeler au monde entier pourquoi le Bitcoin a été créé en 2009. Dans l’incertitude, la rareté programmable et la souveraineté monétaire retrouvent tout leur sens.
Reste maintenant à savoir si le marché aura le temps et la force de digérer les 100 000 $ avant que l’un ou l’autre des deux moteurs (macro ou géopolitique) ne change brutalement de direction. Mais une chose est sûre : en ce milieu de janvier 2026, les bulls crypto ont repris la main… et ils regardent très haut.
À suivre, heure par heure.
