Imaginez un instant : vous ouvrez votre application de suivi crypto ce lundi matin et découvrez que le Bitcoin, ce géant que tout le monde pensait invincible après avoir flirté avec les 110 000 dollars, vient de perdre plus de 15 % en quelques jours seulement. La barre symbolique des 92 000 $ a été franchie à la baisse. Mais cette fois, la cause n’est ni un hack d’exchange, ni une régulation surprise chinoise… C’est une vieille recette bien connue des marchés traditionnels qui refait surface : la guerre commerciale.
Depuis le retour tonitruant de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, les investisseurs du monde entier retiennent leur souffle à chaque nouveau tweet présidentiel. Et en ce mois de janvier 2026, c’est l’Union européenne qui se retrouve dans le collimateur du 47ᵉ président des États-Unis. Le prétexte ? Un territoire immense, gelé, et stratégique : le Groenland.
Quand la géopolitique fait trembler le Bitcoin
Depuis plusieurs décennies, le Groenland fait l’objet de toutes les convoitises. Situé stratégiquement entre l’Amérique du Nord et l’Europe, riche en terres rares et en potentiel militaire, ce territoire danois autonome est devenu un véritable enjeu géostratégique au XXIᵉ siècle. Donald Trump n’avait d’ailleurs pas caché, dès son premier mandat, son intérêt pour un possible rachat ou une forme d’annexion de ce gigantesque bloc de glace.
En 2026, l’idée refait surface, mais avec beaucoup plus de force. Le Danemark refuse catégoriquement toute discussion. Les pays nordiques et plusieurs grandes puissances européennes montent au créneau. La réponse de Washington ne s’est pas fait attendre : menaces de droits de douane supplémentaires de 10 % immédiatement, et potentiellement 25 % dès le mois de juin si aucune avancée n’est constatée.
« Les États-Unis protégeront leurs intérêts vitaux, même s’il faut bousculer quelques amis historiques. Le Groenland est stratégique pour notre sécurité nationale. »
Déclaration attribuée à l’entourage de la Maison Blanche – janvier 2026
Cette sortie a immédiatement provoqué une onde de choc sur les marchés financiers classiques… et surtout sur le marché des cryptomonnaies, réputé ultra-sensible à tout ce qui ressemble à de l’incertitude géopolitique.
Pourquoi les cryptos détestent autant les guerres commerciales
Contrairement à une idée reçue encore très répandue, le Bitcoin n’est pas (ou plus) totalement décorrélé des marchés traditionnels. Depuis l’arrivée massive des institutionnels en 2020-2021, puis surtout depuis l’approbation des ETF spot Bitcoin aux États-Unis, la corrélation entre le BTC et le Nasdaq, le S&P 500 ou même l’indice du dollar (DXY) n’a cessé d’augmenter.
Or les guerres commerciales, par nature, provoquent :
- une hausse du dollar américain (valeur refuge en période de tension)
- une aversion généralisée au risque sur les actifs spéculatifs
- une compression des liquidités globales
- des anticipations de ralentissement économique mondial
Autant d’ingrédients qui, combinés, sont extrêmement toxiques pour un actif comme le Bitcoin qui reste, malgré sa maturité croissante, classé dans la catégorie « risque élevé » par la plupart des gérants institutionnels.
Les 4 phases classiques d’une guerre commerciale sur le Bitcoin (observées depuis 2018)
- Phase 1 – Annonce / Tweet choc → chute immédiate de 5 à 15 %
- Phase 2 – Incertitude prolongée → range violent entre -20 % et +10 %
- Phase 3 – Résolution partielle ou escalade → soit rebond technique, soit capitulation
- Phase 4 – Stabilisation macro → retour progressif vers le trend de fond (si existant)
En ce 19 janvier 2026, nous semblons clairement bloqués entre la phase 1 et la phase 2.
Les pays européens dans le viseur : qui paie l’addition ?
Les menaces américaines ne concernent pas uniquement le Danemark. Pour faire plier Copenhague, Washington a choisi la manière forte en impliquant plusieurs poids lourds européens :
- Norvège
- Allemagne
- France
- Pays-Bas
- Suède
- Espagne
- Royaume-Uni (post-Brexit, mais toujours très lié stratégiquement)
Ces pays représentent ensemble une part très significative des exportations européennes vers les États-Unis : automobile allemande, produits pharmaceutiques français, machines-outils néerlandaises, produits de luxe, technologies vertes scandinaves… Autant de secteurs qui risquent de souffrir énormément si les taxes passent effectivement à 25 % dans quelques mois.
Les marchés anticipent déjà le pire. Les contrats à terme sur indices européens dévissent, le spread Bund/BTP italien s’élargit dangereusement, et le CAC 40 perd plus de 3 % sur la semaine. Dans ce contexte, difficile pour le Bitcoin de faire cavalier seul.
Bitcoin 2026 : le scénario le plus probable à court terme
À l’heure où ces lignes sont écrites, plusieurs scénarios s’affrontent dans la communauté :
- Scénario ouragan : escalade majeure → Bitcoin teste les 78-82k$ dans les prochaines semaines
- Scénario tempête modérée : négociations rapides → range entre 88k$ et 98k$ pendant 2-3 mois
- Scénario miraculeux : recul spectaculaire de Trump (peu probable) → rebond vers 105-110k$ en février
La majorité des analystes institutionnels semblent s’accorder aujourd’hui sur le scénario 2, avec une légère inclinaison baissière tant que la poussière géopolitique n’est pas retombée.
Et si… le Bitcoin tirait finalement profit de cette crise ?
Certains observateurs de longue date rappellent que chaque grosse crise géopolitique ou macroéconomique finit, à moyen terme, par renforcer le récit du Bitcoin comme actif neutre et non-confiscable.
Après la crise Covid, après l’invasion de l’Ukraine, après les sanctions massives contre la Russie… le BTC a toujours fini par sortir renforcé. La question est désormais de savoir si la maturité actuelle du marché (ETF, custody institutionnelle, adoption corporate) a changé la donne ou si le schéma historique reste valide.
« Plus les États se disputent, plus le besoin d’une monnaie qui n’appartient à aucun État devient évident. »
Phrase souvent attribuée (à tort ou à raison) à Hal Finney en 2011
Il est encore trop tôt pour trancher. Mais force est de constater que chaque fois que les grandes puissances se déchirent, une petite partie des capitaux finit toujours par trouver refuge dans le Bitcoin et dans l’or numérique.
Que surveiller dans les prochains jours ?
Voici les niveaux et les événements à suivre avec la plus grande attention :
- Supports majeurs : 90 000 $, 87 200 $, 82 000 $ (ancienne résistance majeure de novembre 2025)
- Résistances : 95 800 $, 98 500 $, 102 000 $
- Événements à venir : prochaine prise de parole de Trump, réponse officielle de l’UE, chiffres macro US (emploi, inflation)
- Indicateurs on-chain : flux nets ETF Bitcoin, positions des whales sur les exchanges, open interest des contrats futures
Chaque déclaration, chaque tweet, chaque rumeur de négociation pourrait provoquer un mouvement de plusieurs milliers de dollars en quelques heures seulement.
Conclusion : patience, résilience… et vigilance
Le marché crypto traverse actuellement l’une de ses phases les plus classiques : la géopolitique reprend le dessus sur la technique et sur les fondamentaux. Le Bitcoin n’est pas épargné. Il subit, comme les autres actifs risqués, les conséquences des décisions prises à Washington.
Mais les cycles se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait. En 2026, le Bitcoin n’est plus le petit outsider de 2018. Il est devenu un acteur reconnu, avec des milliards de dollars d’encours institutionnels, des ETF cotés en bourse, des entreprises du Fortune 500 qui le détiennent dans leur bilan…
Cette crise commerciale sera donc un test extrêmement intéressant : le Bitcoin est-il capable de traverser la tempête en gardant sa structure haussière de fond intacte ? Ou va-t-il, une fois de plus, devoir repartir de plus bas ?
Pour l’instant, la réponse reste suspendue aux lèvres de Donald Trump… et à la solidité des nerfs des investisseurs européens.
À suivre, évidemment, heure par heure.
