Close Menu
    What's Hot

    Banques Européennes Doublent Leur Présence MiCA 2026

    18/09/2026

    Binance Lance Le Forex Perpétuel 24/7 À 100x

    18/09/2026

    Faux Tutos Bots Trading Ia Volent 274 Eth Aux Victimes

    18/09/2026
    InfoCrypto.fr
    • Accueil
    • Actualités
    • Analyses
    • Cryptomonnaies
    • Formations
    • Nous Contacter
    InfoCrypto.fr
    Accueil»Actualités»Banques Européennes Doublent Leur Présence MiCA 2026
    Actualités

    Banques Européennes Doublent Leur Présence MiCA 2026

    Steven SoarezDe Steven Soarez18/09/2026Aucun commentaire21 Mins de Lecture
    Partager
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    On aurait pu croire que le marché européen des actifs numériques resterait longtemps l’affaire des plateformes nées avec la blockchain. Or, en moins d’un trimestre, les banques de l’Union ont presque doublé leur présence sur le registre MiCA. Elles sont désormais autour de quatre-vingts. Cette bascule n’est pas un détail statistique. Elle raconte un basculement de pouvoir, de normes et d’habitudes commerciales.

    Quand Les Banques Prennent D’Assaut Le Registre MiCA

    Entre fin juin et mi-septembre, le tableau a changé de visage. Les établissements de crédit sont passés d’environ quarante noms à près de quatre-vingts. Dans le même temps, le nombre total de prestataires listés a grimpé de 243 à 349. Les banques ont donc gagné des parts alors même que les acteurs crypto continuaient d’entrer. Elles pèsent aujourd’hui près de 23 % du registre, contre à peu près un sixième trois mois plus tôt.

    Cette accélération n’est pas le fruit du hasard. Le règlement sur les marchés de crypto-actifs, plus connu sous le nom de MiCA, a achevé sa période de transition le 1er juillet. L’Autorité européenne des marchés financiers, l’ESMA, a demandé aux prestataires non autorisés de cesser les services couverts, d’appliquer leurs plans de sortie et d’aider les clients à transférer leurs avoirs. Dans ce climat, les banques ont un avantage simple : elles n’empruntent pas le même chemin que les sociétés créées pour le crypto.

    Les banques n’entrent pas dans MiCA comme des start-up. Elles notifient, elles étendent, elles s’appuient sur une autorisation déjà ancienne.

    Lecture du registre ESMA, septembre 2026

    Ce Que Disent Vraiment Les Chiffres Du Registre

    Le registre intérimaire de l’ESMA, actualisé le 16 septembre, recense les prestataires autorisés ou notifiés dont les informations ont été transmises par les autorités nationales. Une nouvelle version paraît chaque semaine. Un nom peut donc manquer quelques jours. Malgré ce décalage, la tendance est nette. Les non-banques restent majoritaires. Leur nombre est passé d’environ 203 à 269. Mais leur part a reculé d’à peu près 84 % à 77 %, parce que les banques ont avancé plus vite.

    Sur les 106 ajouts nets de la période, les banques en ont fourni près de quarante. Les autres prestataires en ont ajouté environ soixante-six. Les uns restent plus nombreux. Les autres grandissent plus vite. C’est toute la différence entre un stock et un flux. Le marché réglementé européen n’est plus seulement un club d’exchanges et de dépositaires nés dans le crypto. Il devient un terrain où la banque traditionnelle pose ses valises.

    Repères à retenir sur la période juin-septembre.

    • Banques listées : d’environ 40 à près de 80.
    • Prestataires totaux : de 243 à 349.
    • Part des banques : d’environ un sixième à près d’un quart.
    • Non-banques : de 203 à 269, part en recul.

    Ces chiffres ne disent pas que chaque établissement offre les mêmes produits. MiCA distingue la conservation, les transferts, les plateformes de négociation, l’exécution d’ordres, la gestion de portefeuille et l’échange entre crypto-actifs et fonds. Une ligne au registre n’est pas un menu unique. C’est une porte d’entrée, parfois étroite, parfois large.

    L’Allemagne, Laboratoire Discret De Cette Vague

    Une grande partie des nouvelles entrées bancaires vient d’Allemagne. On y trouve des enseignes commerciales, mais aussi des établissements des réseaux Volksbank, Raiffeisenbank et VR Bank. Ce n’est pas seulement l’affaire des groupes mondiaux. Des banques régionales, déjà au contact des ménages et des entreprises locales, ajoutent des services d’actifs numériques à leur structure existante.

    Deutsche Bank figure parmi les grands noms les plus récents. La banque a annoncé vouloir proposer la conservation crypto à une clientèle institutionnelle et d’entreprises en Europe. Un porte-parole a indiqué qu’une approbation MiCA pour ce service était attendue en octobre. Le signal est clair : la conservation n’est plus un territoire réservé aux spécialistes nés après 2010.

    En août, six ajouts du réseau coopératif allemand avaient déjà retenu l’attention : Raiffeisenbank Aidlingen, Ihre Volksbank, VR Bank Mittelfranken Mitte, Volksbank Euskirchen, VR Bank Ried Überwald et Volksbank Backnang. À ce moment-là, l’Allemagne comptait 79 prestataires autorisés, contre 35 en France et 29 aux Pays-Bas. Ces six noms avaient porté le total européen à 331, avant dix-huit autres inscriptions qui ont conduit au 349 du 16 septembre.

    D’autres établissements allemands étaient déjà passés par le registre : Raiffeisenbank Falkenstein Wörth, Spar und Kreditbank Rheinstetten, VR Bank Augsburg Ostallgäu, JT Technologies. La filiale bancaire belge de BNY y figurait aussi, avec une permission de conservation et de transfert. Le paysage n’est donc pas une photographie de quelques champions. C’est une mosaïque d’acteurs de tailles très différentes.

    La participation des banques coopératives régionales montre que l’expansion allemande ne se limite pas aux groupes financiers mondiaux.

    Lecture des inscriptions nationales

    Pourquoi l’Allemagne avance-t-elle ainsi ? Le pays dispose d’un tissu bancaire dense, d’une culture de la conformité déjà lourde et d’un intérêt ancien pour la conservation d’actifs. Les réseaux coopératifs connaissent leurs clients. Ils n’ont pas besoin de reconstruire une relation de confiance depuis zéro. Ils doivent surtout adapter des dispositifs déjà en place à un nouvel objet : le crypto-actif.

    Deux Portes D’Entrée, Deux Vitesses

    C’est ici que MiCA change vraiment la donne. Une société née pour offrir des services crypto doit demander une autorisation de prestataire de services sur crypto-actifs, selon l’article 62. Une institution de crédit de l’Union peut, elle, fournir des services après avoir transmis les informations requises à son autorité d’origine, au moins quarante jours ouvrés avant le début de l’activité. C’est l’article 60.

    La notification doit décrire les services envisagés. Elle doit aussi présenter la gouvernance, les contrôles internes, la gestion des risques, les dispositifs de sécurité et la protection des actifs des clients. L’autorité vérifie si le dossier est complet avant le lancement. L’autorisation bancaire existante ne supprime pas les exigences opérationnelles de la conservation, de la négociation ou des transferts. Elle permet toutefois d’étendre une activité déjà réglementée sans refaire tout le parcours d’un demandeur « crypto-natif ».

    Cette différence de procédure n’est pas cosmétique. Elle explique en partie la vitesse d’entrée des banques. Elles arrivent avec des équipes de conformité, des procédures de vérification des clients, des fonds propres et des systèmes de reporting. Les entreprises crypto doivent construire ou acheter une grande partie de ces contrôles pour obtenir puis conserver l’autorisation.

    Article 60 contre article 62, en pratique.

    • Banque : notification au superviseur national, délai d’au moins 40 jours ouvrés.
    • Société crypto : demande d’autorisation complète de prestataire.
    • Dans les deux cas : exigences opérationnelles sur la conservation et la conduite.
    • Avantage bancaire : capital, LCB-FT et gouvernance déjà en place.

    Le Coût De La Conformité Pèse Plus Fort Sur Les Petits

    Un rapport de juillet sur le coût de la conformité MiCA a souligné un point souvent oublié. Les obligations continues — gouvernance, fonds propres, conduite de marché, réclamations, cybersécurité, lutte contre le blanchiment — peuvent peser davantage sur les petits prestataires. Le texte évoquait même la possibilité que certaines firmes cherchent des partenariats bancaires, des acquisitions ou des cessions.

    Ce n’est pas une prédiction de disparition massive. C’est un rappel mécanique. Un régime unique élève le plancher. Ceux qui ont déjà payé ce plancher dans la banque traditionnelle avancent plus vite. Ceux qui doivent l’installer maintenant voient leur trésorerie et leur calendrier se tendre. Le registre qui s’étoffe n’est donc pas seulement un succès d’ouverture. C’est aussi un filtre.

    Commentant des règles comparables envisagées au Royaume-Uni, Steven Lightstone, associé chez Morgan Lewis, a résumé l’esprit du temps : les entreprises crypto seraient « traitées comme n’importe quelle institution financière traditionnelle ». Les banques, elles, font déjà tourner une grande partie des systèmes de gouvernance et de lutte contre la criminalité financière exigés par ces régimes.

    Les entreprises crypto seraient traitées comme n’importe quelle institution financière traditionnelle.

    Steven Lightstone, Morgan Lewis

    Le Passeport Européen, Promesse Et Frontière

    MiCA permet à un prestataire autorisé de servir des clients dans toute l’Union après une approbation dans un État membre. Les autorités nationales restent toutefois responsables de l’octroi des autorisations et de la réception des notifications bancaires. Le passeport n’efface pas la carte des superviseurs. Il la relie.

    Cette architecture a deux effets. D’un côté, une banque allemande ou une plateforme maltese peut, une fois dans le cadre, viser un marché de centaines de millions de personnes. De l’autre, la qualité du premier dossier et la rigueur du premier superviseur deviennent stratégiques. Le forum shopping n’a pas disparu par magie. Il change de forme. Il se joue désormais dans la préparation du dossier, pas seulement dans le choix d’une plaque d’immatriculation légère.

    Après le 1er juillet, l’ESMA a rappelé que les prestataires sans autorisation devaient arrêter les services couverts. Plus de 3 000 entreprises crypto avaient fonctionné via d’anciens régimes nationaux d’enregistrement. Seulement 194 avaient obtenu une approbation MiCA en mai. Le registre est ensuite passé à 309 prestataires au 23 juillet, 331 en août, 349 au 16 septembre. La compression est visible. Le marché se range.

    Ce Que Les Banques Peuvent Offrir, Et Ce Qu’Elles Ne Feront Pas Toutes

    Il serait naïf d’imaginer quatre-vingts banques européennes proposant demain le même cocktail de produits. Certaines viseront la conservation institutionnelle. D’autres se limiteront à des transferts. Quelques-unes testeront l’exécution d’ordres. Très peu ouvriront d’emblée une plateforme de négociation comparable à un exchange mondial. Le registre enregistre une capacité juridique. Il ne photographie pas encore l’offre commerciale réelle.

    La conservation attire parce qu’elle parle le langage de la banque. Garder des actifs, les réconcilier, les protéger, rendre des comptes : ce métier existait avant le bitcoin. Ce qui change, c’est la nature de l’objet gardé, la gestion des clés, la continuité opérationnelle face à un réseau public, et la responsabilité en cas de perte. Les exigences de sécurité et de protection des clients ne sont pas optionnelles. L’article 60 n’est pas un sésame pour improviser.

    Les banques régionales, elles, peuvent viser un autre usage : proposer un service simple à une clientèle déjà connue, dans un cadre rassurant. Acheter, vendre, conserver, peut-être transmettre. Pas forcément spéculer à toute heure. Cette banalisation, si elle se confirme, modifiera le récit public du crypto en Europe. L’actif numérique sortira un peu plus du seul univers des applications colorées.

    Aux États-Unis, Une Autre Carte, D’Autres Gardiens

    Les banques américaines peuvent aussi offrir certains services d’actifs numériques. Mais les États-Unis n’ont pas d’équivalent à l’autorisation unique et au passeport de MiCA. En mai 2025, l’Office of the Comptroller of the Currency a clarifié l’autorité de conservation des banques nationales et des associations d’épargne fédérales. La lettre interprétative 1184 a confirmé que des institutions réglementées peuvent exécuter des achats et des ventes de crypto détenu en conservation lorsque le client le demande.

    L’OCC autorise aussi l’externalisation d’activités permises, y compris la conservation et l’exécution, à des tiers, sous réserve de contrôles adaptés du risque de prestataire. Les établissements doivent malgré tout conduire ces services de façon sûre et respecter le droit applicable. Contrairement à MiCA, l’approche américaine répartit la surveillance entre agences fédérales et États selon l’institution, l’actif et le service. L’Europe pose un recueil commun pour les services couverts, tout en laissant à une institution de crédit déjà régulée la voie des quarante jours ouvrés.

    Comparer les deux rives n’est pas un exercice de classement. C’est un rappel. L’Europe a choisi un code unique pour une partie du marché. Les États-Unis avancent par lettres, chartes, États et agences. Une banque européenne qui notifie à Francfort ou à Paris n’emprunte pas le même corridor qu’une banque nationale américaine qui s’appuie sur une interprétation de l’OCC. Les clients, eux, voient surtout le résultat : un service plus ou moins simple, plus ou moins encadré.

    Ce Que Cela Change Pour Les Plateformes Et Les Clients

    Pour les plateformes nées dans le crypto, l’arrivée des banques n’est pas seulement une concurrence d’image. C’est une concurrence d’accès au bilan, aux comptes, aux crédits documentaires, parfois aux dépôts. Une banque qui conserve aussi le crypto peut, à terme, relier plus facilement le monde des fonds et le monde des jetons. Elle peut aussi imposer ses standards de connaissance client, déjà rodés sur d’autres métiers.

    Pour le client particulier, le premier effet visible pourrait être la banalisation de l’entrée. Ouvrir un service d’actifs numériques auprès de sa banque locale n’a pas le même goût psychologique que télécharger une application internationale. Cela ne garantit ni un meilleur prix, ni une meilleure exécution. Cela change le cadre de confiance. Beaucoup de ménages européens continuent de juger une institution à son enseigne et à son agence, pas à son livre blanc.

    Pour le client institutionnel, l’enjeu est ailleurs. La conservation, le reporting, la séparation des actifs, la continuité, la responsabilité juridique : tout cela pèse plus lourd qu’une interface. Deutsche Bank et d’autres grands noms parlent d’abord à cette clientèle. Les banques coopératives parlent davantage au tissu local. Deux marchés peuvent donc se former sous un même registre.

    • Particuliers : entrée plus familière, offre parfois plus étroite au début.
    • Entreprises : conservation et transfert dans un cadre bancaire déjà connu.
    • Institutions : exigences de garde, de reporting et de responsabilité.
    • Plateformes natives : pression sur les coûts de conformité et recherche d’alliances.

    Le Registre N’Est Pas Le Marché, Mais Il En Dessine Les Contours

    Il faut répéter une évidence. Figurer au registre ne signifie pas dominer les volumes. Une banque peut être listée et n’offrir qu’un service limité à une clientèle fermée. Une plateforme non bancaire peut rester le lieu où se forment les prix. Le 23 % de part dans le registre n’est pas 23 % des transactions européennes. C’est 23 % des enseignes reconnues dans le cadre MiCA à une date donnée.

    Pourtant, les contours comptent. Les institutionnels aiment les listes. Les trésoriers aiment les autorisations. Les conseils d’administration aiment pouvoir dire qu’un prestataire est dans le cadre. Plus les banques s’y inscrivent, plus il devient difficile pour un acteur hors registre de convaincre une grande organisation. Le droit ne tue pas le marché gris d’un coup. Il le rend plus coûteux à fréquenter pour ceux qui ont beaucoup à perdre.

    Le rythme hebdomadaire de mise à jour de l’ESMA ajoute une dimension presque journalistique au phénomène. Chaque semaine, de nouveaux noms peuvent apparaître. Chaque semaine, le rapport de force statistique peut bouger d’un point. Les communicants s’en empareront. Les juristes aussi. Les clients, plus tard, quand l’offre sera réellement poussée dans les applications bancaires.

    Une Histoire Plus Longue Que Trois Mois

    MiCA n’est pas né en juin. Le texte a été négocié, voté, préparé pendant des années. Les lignes directrices, les questions-réponses, les discussions entre autorités nationales et ESMA ont précédé le 1er juillet. Ce que l’on voit aujourd’hui est l’effet visible d’une bascule juridique ancienne. Les banques n’ont pas inventé l’intérêt pour le crypto en 2026. Elles ont attendu un corridor assez clair pour y marcher sans trop de brouillard prudentiel.

    Avant MiCA, l’Europe vivait avec une mosaïque d’enregistrements nationaux. Plus de trois mille entreprises s’y étaient glissées. Le passage à un régime d’autorisation plus exigeant a fait chuter le nombre d’acteurs visibles dans le cadre commun. 194 approbations en mai, puis une remontée vers 349 à la mi-septembre : le marché se reconstitue, mais sous d’autres règles. Les banques profitent de cette reconstitution parce que leur dossier de base existe déjà.

    On peut y lire une normalisation. On peut aussi y lire une capture douce. Les deux lectures ne s’excluent pas. Normaliser un marché, c’est souvent y faire entrer ceux qui savent déjà parler aux superviseurs. Les pionniers gardent l’avance technologique. Les banques apportent le bilan, le réseau d’agences et la patience réglementaire. Le client européen, lui, n’a pas à choisir une lecture unique. Il verra des offres plus nombreuses, plus encadrées, parfois plus chères.

    Gouvernance, Clés Et Protection Des Clients

    Derrière le vocabulaire administratif se cache une question très concrète : qui détient les clés, comment, et que se passe-t-il si un système tombe ? MiCA n’efface pas cette question. Il l’inscrit dans des exigences de gouvernance et de protection des actifs. Une banque qui notifie un service de conservation doit expliquer ses contrôles. Elle doit montrer qu’elle ne traite pas le crypto comme un accessoire marketing.

    La sécurité n’est pas un slogan. Elle recouvre la séparation des environnements, la gestion des accès, la continuité, les tests, la surveillance des prestataires techniques. Une institution de crédit a l’habitude de ces thèmes pour les moyens de paiement et les titres. Elle doit toutefois apprendre les spécificités d’un réseau public, des contrats intelligents et des erreurs irréversibles. L’expérience bancaire aide. Elle ne remplace pas le savoir opérationnel crypto.

    C’est pourquoi certaines banques s’appuieront sur des partenaires technologiques, tout en restant responsables devant leur superviseur. Le modèle n’est pas nouveau. Il existe déjà dans la conservation de titres et dans les paiements. MiCA le prolonge. Le risque, pour le client, n’est pas seulement la défaillance d’une start-up. C’est aussi la complexité d’une chaîne où la banque, le conservateur technique et le réseau public ne parlent pas toujours le même langage d’incident.

    Le Rôle Des Autorités Nationales Reste Décisif

    L’ESMA publie le registre. Elle ne remplace pas les autorités nationales. Ce sont elles qui reçoivent les notifications des banques et qui autorisent les prestataires. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas et d’autres États n’avancent pas au même rythme, ni avec le même volume de dossiers. Le chiffre allemand impressionne. Il ne dit pas que les autres places ont renoncé. Il dit que le tissu bancaire local y a trouvé un usage immédiat.

    Cette diversité nationale restera une source de friction. Un prestataire passeporté peut servir toute l’Union. Son superviseur d’origine reste toutefois le premier interlocuteur. Les débats sur une supervision plus centralisée reviendront. Ils sont déjà dans l’air du temps. Pour l’instant, le système mixte tient : recueil commun, portes d’entrée nationales, publicité européenne via le registre.

    Les lecteurs attentifs du registre devront donc regarder deux colonnes à la fois : le pays d’origine et la nature des services. Un établissement allemand de conservation n’est pas une plateforme française de négociation. Un transfert n’est pas une gestion de portefeuille. La pédagogie du registre sera un enjeu. Sans elle, le public confondra présence juridique et offre complète.

    Alliances, Rachats Et Frontière Floue Entre Banque Et Crypto

    Si le coût de la conformité continue de peser, une partie du marché cherchera des abris. Partenariat blanc, conservation déléguée, prise de participation, rachat : les formes existent déjà. MiCA ne les invente pas. Il les rend parfois plus rationnelles. Une petite plateforme peut préférer s’adosser à une banque listée plutôt que de porter seule tout le fardeau des contrôles continus.

    Inversement, une banque peut acheter du savoir-faire plutôt que le construire. Le registre ne montre pas encore ces mariages. Il montre seulement les noms. Derrière les noms, des contrats se négocient. Derrière les contrats, des cultures s’affrontent. La banque aime le calendrier. Le crypto aime la livraison. Faire cohabiter les deux n’est pas un communiqué. C’est un projet d’intégration.

    Dans les mois qui viennent, il faudra donc regarder autre chose que le seul décompte des banques. Combien d’entre elles lancent réellement un produit ? À quel prix ? Pour quelle clientèle ? Avec quel partenaire technique ? Le 80 du registre est un signal d’intention collective. Ce n’est pas encore une carte des parts de marché.

    Questions à suivre après le 16 septembre.

    • Combien de banques passeront de la notification à une offre publique ?
    • La conservation institutionnelle restera-t-elle le produit dominant ?
    • Les réseaux coopératifs iront-ils au-delà d’un service d’entrée ?
    • Les petits prestataires chercheront-ils davantage d’alliances bancaires ?

    Une Concurrence Qui Change De Terrain

    Pendant des années, la concurrence crypto s’est jouée sur les frais, les jetons listés, la liquidité, parfois les airdrops. Avec MiCA, une autre concurrence s’installe : celle de la capacité à rester dans le cadre, à expliquer un incident, à convaincre un superviseur, à protéger un client dans un langage juridique compréhensible. Les banques connaissent ce terrain. Elles n’y sont pas forcément plus innovantes. Elles y sont plus à l’aise.

    Cela ne signifie pas que les plateformes natives ont perdu. Beaucoup d’entre elles ont déjà franchi l’autorisation. Elles ont appris le droit européen à marche forcée. Elles gardent souvent une avance sur l’expérience utilisateur et sur la profondeur de marché. Le nouveau jeu n’est pas un match à un seul set. C’est une saison où chaque camp apporte une arme différente.

    Le public européen, lui, gagnera peut-être en clarté. Moins d’acteurs hors cadre. Plus d’enseignes connues. Davantage de procédures. Moins de zones grises apparentes. Ce n’est pas la fin du risque. Un actif numérique reste volatil. Une clé mal gérée reste perdue. Un prestataire listé peut faillir. Le registre n’est pas une assurance tous risques. C’est une carte d’identité du marché autorisé.

    Pourquoi Cette Accélération Arrive Maintenant

    Trois raisons se croisent. La fin de la transition au 1er juillet a fermé une partie de l’ancien monde. Les banques ont achevé des projets internes trop longtemps restés dans les couloirs juridiques. Les réseaux coopératifs ont compris qu’ils pouvaient notifier sans reconstruire toute une entreprise. Ajoutez à cela la demande institutionnelle de conservation dans un cadre européen unique, et le registre se remplit.

    Il y a aussi un effet d’imitation. Quand un grand nom annonce la conservation, d’autres ne veulent pas sembler absents. Quand six banques régionales apparaissent en août, d’autres dossiers déjà prêts sortent des tiroirs. Le registre devient un lieu de visibilité. Être listé, c’est dire à ses pairs et à ses clients que l’on est dans le nouveau régime. Même si le produit commercial n’est pas encore sur l’écran d’accueil de l’application.

    Enfin, le calendrier politique européen a créé une fenêtre. MiCA est là. Le débat sur l’euro numérique continue. Les banques ne veulent pas laisser le sujet des actifs numériques à d’autres. Entrer par la conservation ou le transfert, c’est occuper une place avant que d’autres produits, plus politiques, ne redessinent encore les paiements.

    Ce Que L’On Aurait Tort De Conclure Trop Vite

    Il serait excessif de dire que les banques « prennent le contrôle » du crypto européen. Elles prennent une place plus grande dans le cadre officiel. C’est autre chose. Le cœur de la liquidité, l’innovation de protocole, la culture des communautés en ligne, tout cela n’a pas basculé dans les sièges sociaux de Francfort ou de Paris. Une partie du marché restera hors des habitudes bancaires, par goût ou par nécessité.

    Il serait tout aussi excessif de dire que rien n’a changé. Passer de quarante à quatre-vingts banques en moins de trois mois, alors que le total des prestataires croît moins vite, ce n’est pas un bruit de fond. C’est une recomposition. Elle se lit dans le registre. Elle se lira ensuite dans les catalogues de produits, les campagnes d’agences et les rapports annuels.

    Entre ces deux excès, une lecture plus sobre s’impose. MiCA a réduit l’écart de langage entre la banque et l’entreprise crypto. Il n’a pas effacé leurs différences de métier. Il a ouvert une porte plus large à ceux qui avaient déjà les clés du bâtiment réglementaire. Les banques s’y engouffrent. Les autres continuent d’entrer, mais moins vite en proportion.

    Une Place À Surveiller Semaine Après Semaine

    Le registre de l’ESMA continuera d’être mis à jour. De nouveaux établissements apparaîtront. D’autres services seront ajoutés à des noms déjà listés. Deutsche Bank et ses homologues préciseront leurs calendriers. Les banques régionales allemandes diront, ou ne diront pas, ce qu’elles proposent vraiment au guichet. Les prestataires non bancaires chercheront à garder leur avance d’usage.

    Pour qui suit le marché européen, le bon réflexe n’est plus seulement de compter les jetons ou les volumes. C’est aussi de lire qui a le droit d’offrir quoi, depuis quel pays, avec quelle responsabilité. Le 80 n’est pas un aboutissement. C’est un palier. Derrière ce palier, le vrai test commencera : transformer une ligne de registre en service fiable, compréhensible et durable.

    Les banques européennes n’ont pas inventé les crypto-actifs. Elles viennent d’accepter, plus nombreuses que jamais dans le cadre MiCA, de les traiter comme un métier à part entière. Reste à savoir si les clients, eux, accepteront de les leur confier autant qu’ils les ont confiés, jusqu’ici, à d’autres enseignes. La réponse ne se trouvera pas dans un tableau. Elle se lira dans les ouvertures de comptes, les encours conservés et les incidents que personne n’espère mais que tout régime sérieux doit prévoir.

    En attendant, le constat du 16 septembre tient. Les banques ont doublé leur présence. Elles approchent le quart du registre. L’Allemagne a beaucoup pesé. L’article 60 a servi de rampe. Les non-banques restent majoritaires, mais moins qu’en juin. Le marché réglementé de l’Union a changé de composition. Ce n’est pas la fin de l’histoire. C’est la première page d’un chapitre où la banque et le crypto parlent enfin, officiellement, la même langue administrative, sans pour autant raconter la même histoire commerciale.

    banques européennes notification bancaire registre MiCA services crypto clients Writing the comprehensive French article passporting européen
    Partager Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Email
    Steven Soarez
    • Website

    Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

    D'autres Articles

    Binance Lance Le Forex Perpétuel 24/7 À 100x

    18/09/2026

    Faux Tutos Bots Trading Ia Volent 274 Eth Aux Victimes

    18/09/2026

    Plan Sec Tokenisé Place Droits Investisseurs En Premier

    18/09/2026

    Bafin Alerte Contre Une Supervision Mica Centralisée

    18/09/2026
    Ajouter un Commentaire
    Laisser une réponse Cancel Reply

    Sujets Populaires

    OKX Bonus 2026 : Guide Complet pour 400€ + 8% Dépôt

    30/06/2026

    Clarity Act Retarde Apres Coupes Des Sessions De Septembre

    03/09/2026

    Zebec Network : Krach Imminent pour ZBCN en 2025 ?

    26/05/2025
    Advertisement

    Restez à la pointe de l'actualité crypto avec nos analyses et mises à jour quotidiennes. Découvrez les dernières tendances et évolutions du monde des cryptomonnaies !

    Facebook X (Twitter)
    Derniers Sujets

    Banques Européennes Doublent Leur Présence MiCA 2026

    18/09/2026

    Binance Lance Le Forex Perpétuel 24/7 À 100x

    18/09/2026

    Faux Tutos Bots Trading Ia Volent 274 Eth Aux Victimes

    18/09/2026
    Liens Utiles
    • Accueil
    • Actualités
    • Analyses
    • Cryptomonnaies
    • Formations
    • Nous Contacter
    • Nous Contacter
    © 2026 InfoCrypto.fr - Tous Droits Réservés

    Tapez ci-dessus et appuyez sur Enter pour effectuer la recherche. Appuyez sur Echap pour annuler.