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    Adam Back : Hack Liquid, Litiges Et Spac Abandonné

    Steven SoarezDe Steven Soarez29/09/2026Aucun commentaire20 Mins de Lecture
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    Il y a des semaines où l’histoire d’une technologie rattrape ceux qui l’ont aidée à naître. Adam Back n’est pas un inconnu de passage. Inventeur de Hashcash, cité dans le livre blanc de Bitcoin, cofondateur de Blockstream, il incarne une certaine continuité entre la cryptographie des années quatre-vingt-dix et l’infrastructure actuelle. Pourtant, à la fin septembre 2026, trois dossiers distincts se sont accumulés autour de son nom : une faille exploitée sur Liquid Network, des contentieux autour d’une activité minière désormais séparée, et l’abandon d’une cotation via un SPAC. Rien n’oblige à les fondre en une seule affaire. Tout oblige à les lire avec précision.

    Une mauvaise passe, trois dossiers distincts

    Le réflexe médiatique consiste à coller un visage unique sur une série d’événements. C’est confortable. C’est aussi trompeur. Les structures concernées ne sont pas les mêmes. Blockstream Corp. n’est pas l’ancienne branche minière. BSTR Holdings n’est pas Liquid. Adam Back n’est pas, à lui seul, le bilan consolidé de toutes ces entités. Bloomberg a recensé les faits. Le reste consiste à démêler ce qui relève de la technique, du contrat et du marché financier.

    La lecture honnête commence par un rappel. En 1997, Hashcash visait le courrier indésirable. L’idée était simple : rendre coûteux l’envoi massif en imposant un calcul. Satoshi Nakamoto a repris cette logique pour la preuve de travail. En 2008, le whitepaper cite explicitement ce travail. En 2014, Back cofonde Blockstream. En 2021, la société lève 210 millions de dollars et affiche une valorisation de 3,2 milliards. Liquid, sidechain fédérée, devient l’un de ses produits les plus visibles : déplacer des bitcoins plus vite, avec davantage de confidentialité, sans quitter l’orbite de BTC.

    Ces dossiers concernent des structures distinctes et n’engagent pas toutes directement la société dirigée par le cryptographe britannique.

    Ce que Liquid était censé faire

    Une sidechain fédérée n’est pas une couche magique. C’est un réseau parallèle, gouverné par un ensemble de parties prenantes, où des bitcoins sont verrouillés d’un côté pour émettre des représentations de l’autre. Sur Liquid, on parle de L-BTC. L’intérêt annoncé est connu : des confirmations plus rapides, des émissions d’actifs, une confidentialité renforcée par rapport à la chaîne principale. L’inconvénient l’est tout autant : la confiance se déplace vers le logiciel de validation, vers la fédération, vers les mécanismes d’entrée et de sortie.

    Le 6 septembre 2026, des acteurs non identifiés ont exploité une faille du logiciel de validation. Ils ont créé environ 4 000 L-BTC sans déposer les bitcoins correspondants, puis les ont convertis en véritables BTC via le mécanisme de sortie. Le retrait initial représentait environ 319 millions de dollars. Après le déploiement d’un correctif, quelque 3 400 BTC ont été restitués. Environ 598,5 BTC, valorisés autour de 47 millions de dollars, restent entre les mains des auteurs.

    Ce que l’on sait du retrait sur Liquid

    • Création d’environ 4 000 L-BTC sans dépôt correspondant
    • Conversion via le mécanisme de sortie vers de vrais BTC
    • Restitution d’environ 3 400 BTC après correctif
    • Reste estimé : 598,5 BTC, près de 47 millions de dollars

    Les auteurs se sont présentés comme des hackers éthiques. Cette qualité n’a pas été confirmée. Le point n’est pas rhétorique. Dans l’écosystème Bitcoin, la frontière entre divulgation responsable et extraction opportuniste se joue souvent après coup, une fois le correctif publié et les fonds partiellement rendus. Garder près de 15 % du butin n’est pas un détail cosmétique. C’est le cœur du litige moral, même en l’absence de verdict judiciaire public au moment où ces lignes sont écrites.

    Pourquoi 85 % restitués ne referment pas le débat

    Un protocole qui promet de représenter du bitcoin doit garantir une correspondance stricte entre l’actif verrouillé et l’actif émis. Si cette correspondance casse, la sidechain cesse d’être un simple rail. Elle devient une source d’émission non prévue. Même lorsque la majorité des fonds revient, le précédent demeure. Les opérateurs, les utilisateurs et les contreparties institutionnelles relisent alors les hypothèses de confiance qu’ils avaient acceptées par habitude.

    Liquid n’est pas Bitcoin. Cette phrase banale mérite d’être répétée. Bitcoin ne possède pas de comité de validation fédéré au même titre. Liquid, si. Dès lors, une faille de validation n’est pas seulement un bug logiciel. C’est un test de gouvernance. Qui corrige ? Qui communique ? Qui assume le manque à gagner ? Qui décide si les 598,5 BTC restants relèvent d’une prime de bug, d’un vol, ou d’une zone grise ?

    Blockstream a construit une part de sa réputation sur la rigueur technique. Une valorisation passée de 3,2 milliards de dollars ne garantit rien face à un incident de production. Elle rend seulement l’attente plus élevée. Les utilisateurs de L-BTC n’achètent pas une légende des origines. Ils achètent une promesse opérationnelle : entrer, sortir, et retrouver le même bitcoin.

    L’ancienne mine, les factures et le nom qui reste

    Le deuxième dossier n’est pas Liquid. Il concerne une activité minière séparée du groupe, désormais organisée autour d’Exacore. Adam Back n’y conserverait qu’une participation minoritaire. Plusieurs procédures portent sur des factures, des équipements et des contrats d’hébergement prétendument impayés. River Financial réclame notamment environ 6,7 millions de dollars à Blockstream Services Canada.

    La société visée n’est plus contrôlée par Blockstream Corp., même si elle continue d’utiliser ce nom sous licence. Cette phrase change tout. Dans l’opinion publique, un nom commercial suffit à fusionner les responsabilités. Dans le droit des sociétés, le contrôle, la cession d’activité et la licence d’usage du nom dessinent des frontières. Les accusations civiles n’ont pas encore été tranchées. Il faut le dire clairement : il s’agit d’allégations, pas d’un jugement définitif.

    Le mining de bitcoin a ceci de cruel qu’il mélange capex lourd, électricité, hébergement, maintenance et cycles de prix. Quand le cours baisse ou quand les machines vieillissent plus vite que prévu, les contrats d’hébergement deviennent des champs de bataille. Une facture contestée n’est pas forcément un scandale. Une accumulation de contentieux autour d’une même activité cédée l’est davantage, au moins sur le plan réputationnel.

    • Séparation d’activité : la mine ne dépend plus de Blockstream Corp.
    • Participation : Adam Back resterait minoritaire via le nouvel ensemble
    • Nom commercial : usage sous licence, source fréquente de confusion
    • Litige cité : environ 6,7 millions réclamés par River Financial

    Pourquoi cela touche-t-il encore Back ? Parce que le public associe un fondateur à toutes les incarnations successives de son entreprise. Parce que le mining a longtemps été présenté comme un bras industriel de Blockstream. Parce qu’un nom licencié continue de circuler sur des factures, des communiqués et des dossiers d’audience. La confusion n’est pas une preuve. Elle est un coût.

    BSTR Holdings et la porte refermée du Nasdaq

    Le troisième revers est financier. BSTR Holdings, société de trésorerie Bitcoin cofondée et dirigée par Adam Back, devait entrer au Nasdaq en fusionnant avec Cantor Equity Partners I, un SPAC soutenu par Cantor Fitzgerald. Le montage prévoyait que la future entreprise cotée disposerait de 30 021 BTC à la clôture. Les fondateurs devaient en apporter 25 000. Des investisseurs d’un placement privé devaient fournir les 5 021 BTC restants. Jusqu’à 1,5 milliard de dollars de financements en monnaie fiduciaire étaient également envisagés.

    Ces bitcoins ne constituaient pas encore le bilan effectif d’une société cotée. Leur apport restait conditionné à la finalisation de la fusion. Distinguer la promesse du bilan est essentiel. Trop d’observateurs ont parlé d’une entreprise « assise » sur 30 000 BTC comme s’il s’agissait d’un coffre déjà fermé. Ce n’était pas le cas.

    Les deux parties ont abandonné l’opération le 20 août 2026 après avoir tenté d’en modifier les conditions. L’accord de rupture prévoit le paiement de 15 millions de dollars à Cantor Equity Partners I, dont 10 millions en septembre et 5 millions en décembre. BSTR affirme poursuivre sa stratégie de gestion de trésorerie hors des marchés publics.

    L’abandon de la cotation intervient alors que la diminution des primes boursières sur les réserves de bitcoins complique le financement des sociétés spécialisées dans cette stratégie.

    Pourquoi les sociétés de trésorerie Bitcoin ont perdu leur magie

    Pendant un temps, coté une société dont l’actif principal est du bitcoin permettait de vendre une prime. L’action valait plus que la valeur liquidative des BTC détenus. Cette prime finançait de nouveaux achats, qui nourrissaient le récit, qui soutenait encore la prime. Le mécanisme est circulaire. Il fonctionne tant que le marché accepte de payer l’histoire en plus des pièces.

    Lorsque cette prime se comprime, le modèle change de nature. Lever de l’argent frais devient plus cher. Fusionner avec un SPAC, déjà un chemin exigeant, devient un exercice de négociation permanente. Modifier les conditions en cours de route n’est pas un caprice. C’est souvent le signe que l’une des parties voit le rapport de force basculer. Abandonner et payer 15 millions de dollars pour sortir proprement est alors une décision de gestion, pas seulement un échec d’ego.

    BSTR n’est pas isolée dans ce climat. Les véhicules qui accumulent du bitcoin en Bourse ont dû réapprendre une leçon ancienne : le marché public n’achète pas seulement un actif. Il achète la liquidité du titre, la gouvernance, la capacité à lever, la qualité du reporting, et la crédibilité de l’équipe. Un nom historique de Bitcoin aide. Il ne remplace pas un multiple.

    Hashcash, Satoshi et le poids d’une légende

    Pour comprendre la résonance de ces dossiers, il faut revenir à la légende. Hashcash n’était pas Bitcoin. C’était un outil anti-spam. Son intelligence tenait à une idée : attacher un coût computationnel à une action trop facile. Nakamoto a transposé cette idée à la sécurisation d’un registre monétaire. Back, contacté à l’époque, appartient au petit cercle des correspondants techniques du début.

    Cette généalogie crée une aura. Elle crée aussi une exigence disproportionnée. On pardonne plus facilement une erreur à un inconnu qu’à quelqu’un dont le nom figure en bas de page du texte fondateur. L’inverse est vrai aussi : on lui prête parfois des pouvoirs qu’il n’a pas. Diriger Blockstream n’équivaut pas à gouverner Bitcoin. Posséder une participation minoritaire dans une mine séparée n’équivaut pas à signer chaque facture d’hébergement.

    Le mythe de l’OG fonctionne comme un amplificateur. Quand Liquid fonctionne, on dit que la filiation technique protège. Quand Liquid casse, on dit que la filiation technique aurait dû empêcher la faille. Les deux phrases ne peuvent pas être vraies au même degré. La cryptographie n’abolit pas l’ingénierie logicielle. Un whitepaper de 2008 n’audite pas un validateur de 2026.

    Fédérations, ponts et la leçon des rails secondaires

    L’industrie a multiplié les rails pour faire circuler du bitcoin plus vite. Sidechains, ponts, dépôts enveloppés, couches deux : le vocabulaire change, le risque de correspondance reste. Dès qu’un jeton représente un BTC sans être ce BTC, quelqu’un doit garantir la parité. Parfois c’est un contrat intelligent. Parfois une fédération. Parfois une entreprise. Dans tous les cas, la surface d’attaque s’élargit.

    Liquid a choisi le modèle fédéré. Ce choix n’est ni absurde ni parfait. Il accélère. Il concentre aussi la confiance. Une faille de validation qui permet de créer des L-BTC sans dépôt correspondant est précisément le scénario que les critiques des sidechains décrivent depuis des années. Que 85 % des fonds reviennent atténue le préjudice immédiat. Cela n’efface pas la démonstration de possibilité.

    Trois niveaux de risque à ne pas mélanger

    • Risque technique : bug de validation, émission non collatéralisée
    • Risque contractuel : factures, hébergement, cession d’activité minière
    • Risque de marché : prime boursière, SPAC, accès au capital public

    Ce que 598,5 BTC disent du rapport de force

    Le montant restant n’est pas anecdotique. Près de 47 millions de dollars, selon les valorisations citées au moment des faits, représentent à la fois assez pour justifier une enquête persistante et assez peu, relativement aux 319 millions initiaux, pour que certains parlent d’un « dénouement majoritairement positif ». Les deux lectures coexistent. Elles ne se valent pas.

    Si les auteurs étaient réellement dans une démarche de divulgation, la conservation d’une fraction aussi élevée interroge le barème. Les primes de bug dans Bitcoin et autour de Bitcoin existent. Elles sont rarement de cet ordre sans cadre préalable. Si les auteurs n’étaient pas dans cette démarche, la restitution partielle ressemble à une négociation après coup : assez pour limiter la chasse, assez peu pour rester payé.

    Les mots importent. Dire « hackers éthiques » sans confirmation, c’est adopter le langage de la partie qui a retiré les fonds. Dire « vol » avant toute décision, c’est anticiper le droit. La voie étroite consiste à décrire la mécanique : création non collatéralisée, sortie vers BTC, restitution partielle, solde conservé.

    Cantor, le SPAC et le prix d’une sortie

    Un SPAC n’est pas une introduction en Bourse classique. C’est une coquille cotée qui cherche une cible, puis fusionne. Cantor Equity Partners I apportait un véhicule et un réseau. BSTR apportait un récit Bitcoin et l’engagement d’un apport en BTC. Tant que la fusion n’est pas close, rien n’est due au bilan public. Tout est conditionnel.

    Payer 15 millions de dollars pour rompre n’est pas anodin. Dix millions en septembre, cinq en décembre : l’étalement dit quelque chose de la trésorerie et du calendrier. Il dit aussi que les deux camps ont préféré un coût certain à un procès ou à une opération bancale. Dans un marché où les primes sur les trésoreries Bitcoin se réduisent, conserver de la flexibilité hors cote peut valoir plus qu’un ticker.

    BSTR affirme continuer sa stratégie. C’est cohérent. Une société de trésorerie n’a pas besoin d’être cotée pour détenir du bitcoin. Elle a besoin d’être cotée pour transformer cette détention en monnaie de levée permanente. Renoncer au Nasdaq, c’est renoncer à cet accélérateur, pas nécessairement à l’actif.

    La confusion des noms, arme involontaire

    Blockstream Services Canada. Blockstream Corp. Blockstream comme marque licenciée. Pour un lecteur pressé, c’est la même enseigne. Pour un avocat, ce sont des personnes morales différentes, des contrôles différents, des passifs potentiellement cloisonnés. Le mining séparé autour d’Exacore illustre ce décalage entre narration et organigramme.

    Les entreprises technologiques recyclent leurs marques parce que la marque a de la valeur. Elles découvrent ensuite que cette valeur attire aussi les créanciers, les journalistes et les amalgames. Continuer d’utiliser un nom sous licence après une séparation d’activité est légalement possible. Communicationnellement, c’est une invitation au quiproquo.

    Adam Back se trouve au croisement de ces calques. Cofondateur ici, dirigeant là, actionnaire minoritaire ailleurs, visage public partout. On peut tenir les deux idées en même temps : il n’est pas juridiquement l’unique débiteur de tous les dossiers ; son nom sert de raccourci à chacun d’eux.

    Ce que cela change pour les utilisateurs de Liquid

    Un utilisateur de L-BTC ne lit pas un organigramme. Il veut savoir si la parité tient. Après un incident de validation, trois questions reviennent. Le correctif ferme-t-il réellement la faille ? Les procédures de sortie ont-elles été durcies ? La fédération assume-t-elle un standard de transparence plus élevé qu’avant le 6 septembre ?

    La restitution de 3 400 BTC est un signal opérationnel fort. Elle montre qu’une partie des flux a pu être interrompue, négociée ou inversée. Le solde de 598,5 BTC est un signal inverse. Entre les deux, la confiance se reconstruit au compte-gouttes, transaction par transaction, pas par communiqué.

    Les sidechains vivent de l’habitude. On les utilise parce que le dernier transfert a fonctionné. Un seul incident grave réinitialise cette habitude. Les volumes peuvent revenir. Ils reviendront avec plus de clauses, plus d’audits demandés, plus de questions sur la composition de la fédération. C’est le prix banal d’un rail qui a montré sa faille.

    Mining, hébergement et la prose des tribunaux

    Les contentieux miniers ont une musique répétitive. Une partie dit avoir livré de l’électricité, de l’espace, de la maintenance. L’autre dit que les machines n’étaient pas conformes, que le service a flanché, que les paiements étaient conditionnés à des jalons. Les montants, ici autour de 6,7 millions dans le cas cité, donnent l’échelle. Ils ne donnent pas le fond.

    Tant que rien n’est tranché, la seule honnêteté consiste à relater l’existence des procédures et le changement de contrôle. L’activité ne dépend plus de Blockstream Corp. Le nom circule encore. Back serait minoritaire. Ces trois phrases devraient précéder n’importe quel commentaire définitif. Elles sont trop souvent reléguées en fin d’article.

    Le mining reste une industrie de contrats longs et de cash court. Quand le bitcoin est cher, on pardonne les à-coups. Quand il corrige, chaque clause oubliée revient. Ce n’est pas propre à cet ensemble d’entités. C’est le climat. Le climat n’absout personne. Il explique pourquoi plusieurs dossiers apparaissent en même temps.

    Le calendrier de 2026 n’est pas une coïncidence narrative

    Abandon de fusion le 20 août. Incident Liquid le 6 septembre. Contentieux miniers en toile de fond. La compression du temps crée l’impression d’un seul orage. Chronologiquement, ce sont des fronts parallèles. Éditorialement, ils se renforcent. Un fondateur peut encaisser un échec de cotation. Il encaisse plus difficilement trois récits qui se nourrissent l’un l’autre.

    Les marchés aiment les causalité simples. « L’homme de Hashcash vacille » est une accroche. « Trois personnes morales distinctes traversent trois types de friction » est plus juste et moins vendable. Le travail d’un article consiste à refuser la paresse de la première phrase sans nier le poids symbolique de la seconde.

    Back reste à la tête de Blockstream. Liquid reste un produit de cette maison. BSTR reste une société de trésorerie qu’il dirige. L’ancienne mine n’est plus dans le même périmètre. Tenir ces quatre phrases ensemble évite deux écueils : blanchir par distinction juridique ; condamner par association de logos.

    Ce que les primes disparues enseignent aux prochaines trésoreries

    Les véhicules qui accumulent du bitcoin en Bourse ont vécu un âge d’or où le titre valait plus que les pièces. Cet âge d’or a financé des rachats, des dettes convertibles, des récits de « banque centrale privée ». Il a aussi créé une dépendance à la prime. Quand elle s’évapore, il reste l’actif, les frais, et la question du refinancement.

    BSTR voulait arriver avec 30 021 BTC à la clôture. Le chiffre était un horizon, pas un coffre. Les 25 000 BTC des fondateurs et les 5 021 du privé dépendaient de la fusion. Sans fusion, le horizon se recule. La stratégie peut continuer en privé. Elle perd l’amplificateur public.

    Pour les prochaines tentatives, la leçon est sèche. Un SPAC n’achète pas seulement un stock de BTC. Il achète un multiple, une équipe, une capacité à parler aux marchés actions. Si le multiple n’est plus là, mieux vaut parfois payer pour sortir que d’entrer mal.

    Sécurité des sidechains : au-delà du communiqué

    Après une faille, le réflexe consiste à publier un correctif et à compter les fonds revenus. C’est nécessaire. Ce n’est pas suffisant. Il faut documenter la classe de bug. Était-ce une vérification de collatéral ? Une condition de sortie ? Une hypothèse sur l’état du validateur ? Sans cette cartographie, la communauté ne peut pas juger si le correctif est local ou systémique.

    Les sidechains fédérées devraient, plus que d’autres systèmes, accepter un standard élevé de post-mortem. Elles demandent déjà une confiance supplémentaire. Cette confiance se paie en clarté. Dire que des acteurs non identifiés ont créé 4 000 L-BTC sans dépôt, puis sorti vers BTC, est un début. Dire comment le logiciel a laissé faire, et comment il ne le laissera plus faire, est la suite attendue.

    Les 15 % non rendus resteront longtemps la statistique citée. Elle est facile à mémoriser. Elle ne doit pas masquer l’autre statistique : 85 % sont revenus après correctif. Un débat adulte tient les deux chiffres, refuse de n’en choisir qu’un selon l’humeur.

    Réputation, OG et mémoire courte des marchés

    Bitcoin a la mémoire longue pour les textes et courte pour les personnes. On cite Hashcash. On oublie les cycles corporatifs. Un fondateur peut traverser une mauvaise année sans que le protocole cligne. C’est même l’une des thèses de Bitcoin : les individus passent, les règles restent. Appliquer cette thèse à Liquid est plus délicat, parce que Liquid n’est pas le protocole de base.

    La réputation d’Adam Back se joue donc sur deux tableaux. Sur Bitcoin, elle reste historique. Sur les produits adjacents, elle devient opérationnelle. On peut vénérer 1997 et juger 2026. On peut aussi refuser la révérence comme unique boussole. Les utilisateurs de rails secondaires n’ont pas signé pour une biographie. Ils ont signé pour une parité.

    Les marchés publics, eux, n’ont presque aucune mémoire sentimentale. Un SPAC abandonné devient une ligne dans un dossier. Quinze millions versés deviennent un coût d’opportunité. Le ticker qui n’arrive pas n’existe pas. BSTR hors cote recommence plus loin des projecteurs, ce qui n’est pas forcément un mal pour une stratégie de trésorerie.

    Lire ensemble sans tout fusionner

    Il est légitime de placer ces trois dossiers dans le même article. Ils surviennent dans la même fenêtre. Ils touchent, à des degrés différents, la même figure. Il est illégitime d’en faire une seule affaire criminelle, une seule faillite, ou une seule preuve que « Bitcoin se brise ». Bitcoin n’est pas Liquid. Liquid n’est pas BSTR. BSTR n’est pas Exacore. Back n’est pas chacune de ces structures à lui seul.

    La mauvaise passe est réelle. Elle est technique sur Liquid, civile sur le mining séparé, financière sur le SPAC. Empiler ces adjectifs donne un portrait plus juste qu’un verdict unique. Les 4 000 L-BTC créés sans dépôt, les 3 400 BTC rendus, les 598,5 BTC restants, les 6,7 millions réclamés, les 15 millions de rupture, les 30 021 BTC conditionnels : ces chiffres suffisent. Ils n’ont pas besoin d’une morale supplémentaire.

    Reste une question pratique, la seule qui vaille pour ceux qui utilisent encore ces rails ou observent ces sociétés. Les structures distinctes sauront-elles parler clairement de leurs frontières, de leurs correctifs et de leurs calendriers ? Si oui, la passe difficile restera une séquence. Si non, le raccourci du visage unique continuera de gagner, faute de contradicteur précis.

    Ce qu’il faut retenir sans théâtraliser

    Adam Back demeure une figure de la généalogie de Bitcoin. Hashcash a inspiré la preuve de travail. Blockstream a levé gros en 2021. Liquid a voulu accélérer BTC dans un cadre fédéré. En septembre 2026, une faille de validation a permis un retrait massif, largement mais pas totalement inversé. Une activité minière séparée affronte des procédures. Une société de trésorerie a renoncé à une cotation et doit verser 15 millions de dollars au SPAC de Cantor.

    • Liquid : incident du 6 septembre 2026, restitution majoritaire, solde d’environ 598,5 BTC
    • Mining : activité détachée, nom parfois licencié, litiges non tranchés
    • BSTR : fusion abandonnée le 20 août 2026, 15 millions de dollars de rupture
    • Lecture : trois fronts, un même visage public, des périmètres juridiques différents

    La suite ne se jouera pas dans un titre. Elle se jouera dans la capacité de Liquid à prouver que la parité tient à nouveau, dans celle des entités minières à clarifier qui doit quoi, et dans celle de BSTR à exister sans prime boursière. Pour le protocole Bitcoin lui-même, ces chapitres restent périphériques. Pour ceux qui avaient confondu la périphérie et le centre, le rappel est rude. Il était temps de le formuler sans en faire un procès d’intention, et sans en faire non plus une anecdote oubliable.

    Adam Back Blockstream Bitcoin BSTR Holdings Hashcash Bitcoin Liquid Network
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