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    Coinbase Prépare Des Packs Pokémon Physiques Dans L’App

    Steven SoarezDe Steven Soarez30/09/2026Aucun commentaire20 Mins de Lecture
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    Et si le prochain geste que vous feriez dans une application crypto n’était plus d’acheter un jeton, mais de déchirer un booster comme on le faisait sur le rebord d’une table, un mercredi après l’école ? L’idée paraît presque trop simple pour venir d’une plateforme qui, jusqu’ici, parlait surtout de Bitcoin, de spreads et de conformité. Pourtant, fin septembre 2026, Coinbase a commencé à souffler cette image : ouvrir des packs Pokémon depuis le téléphone, avec une carte réelle derrière chaque tirage. Pas un dessin numérique jetable. Une carte physique. À laisser au coffre. Ou à se faire livrer.

    Une Annonce Courte Qui Change Le Ton De La Plateforme

    Le 28 septembre, le message tenait en quelques mots. Rip packs on your phone. Every pull backed by a real, physical card. Vault it or ship it. Traduit sans fioriture : on déchire le paquet sur l’écran, chaque carte obtenue correspond à un objet réel, et l’utilisateur choisit ensuite entre la conservation en coffre et l’envoi postal. Aucune date ferme. Un « bientôt » volontairement flou. Juste assez pour allumer les conversations, pas assez pour calmer les questions.

    Quand un internaute a résumé l’idée par une formule du type « des packs Pokémon on-chain », la réponse de la plateforme a été encore plus brève : you get it. Autrement dit, le lien avec l’univers des cartes n’est pas un malentendu. Pokémon n’est pas un exemple au hasard glissé dans un fil. C’est, au moins pour l’instant, le visage le plus visible de ce nouveau produit.

    Ouvrez des packs sur votre téléphone. Chaque tirage est adossé à une carte réelle. Mettez-la au coffre ou faites-la livrer.

    Teaser Coinbase, septembre 2026

    Cette sobriété n’est pas un hasard. Dans le secteur, une phrase trop précise déclenche immédiatement des attentes réglementaires, des questions de licence, des comparaisons de prix et des débats sur la liquidité. Une phrase trop vague, au contraire, laisse la place au rêve. Coinbase a choisi le second registre. Et c’est précisément ce qui rend l’annonce intéressante : elle dit moins ce que le produit est que ce vers quoi la société veut que l’on regarde.

    Ce Que L’on Sait Déjà, Sans Enjoliver

    Les faits disponibles tiennent dans une liste courte. Le geste d’ouverture se ferait dans l’application. Chaque résultat serait lié à une carte physique authentique. L’utilisateur pourrait conserver cette carte dans un espace de stockage ou demander son expédition. Pokémon figure dans le périmètre évoqué. Le lancement n’a pas de calendrier public au-delà d’un horizon proche.

    Ce que l’annonce ne dit pas encore.

    • Quels sets Pokémon seront proposés, et à quel rythme.
    • Comment les packs seront tarifés, en devise fiat ou en crypto.
    • Où les cartes seront stockées, notées, assurées.
    • Si la propriété de chaque carte sera représentée par un jeton.
    • Sur quelle chaîne, ou dans quel registre interne, cette propriété sera inscrite.
    • Quels pays auront accès au service dès le premier jour.

    Cette liste de zones d’ombre n’est pas un détail de journaliste. Elle est le produit. Tant que ces points restent ouverts, Coinbase peut tester la réaction du public sans s’enfermer dans une architecture technique, un partenariat de custody ou un régime juridique trop étroit. Le teaser fonctionne comme un thermomètre autant que comme une promesse.

    Pourquoi Les Cartes Pokémon, Et Pourquoi Maintenant

    Il existe une raison presque triviale : les cartes Pokémon sont déjà un marché. Pas seulement un hobby. Un marché de liquidité irrégulière, de rareté visible, de mémoire collective et de spéculation froide. Une carte peut valoir quelques centimes ou plusieurs millions, selon le set, l’état, la notation et le récit qui l’accompagne. Cette amplitude crée un langage que les traders comprennent immédiatement : upside, downside, authenticité, friction de livraison.

    Il existe aussi une raison moins évidente. Les cartes physiques ont déjà commencé à migrer vers des interfaces on-chain, bien avant que Coinbase ne publie son teaser. Des plateformes ont stocké les objets, émis des représentations numériques de la propriété, puis permis le retrait contre destruction du jeton correspondant. Le geste n’est donc pas né dans le vide. Il arrive après que d’autres ont prouvé qu’un public existait pour acheter un booster sans toucher le carton le jour même.

    Le moment, lui, s’inscrit dans une stratégie plus large que Coinbase a formalisée au mois de juin : l’Everything Exchange, l’idée d’une même maison capable d’abriter crypto, actions tokenisées, produits dérivés, marchés prédictifs et, désormais, des objets de collection. Les packs Pokémon ne sont pas un gadget isolé. Ils sont une pièce de communication. Ils disent : nous ne voulons plus être seulement le guichet où l’on achète de l’ether.

    Le Modèle Déjà Testé Par D’Autres Acteurs

    Avant Coinbase, plusieurs noms ont occupé ce créneau. Collector Crypt a popularisé l’idée d’une carte réelle derrière un titre numérique. L’utilisateur peut acheter sans prendre possession tout de suite. Quand il veut l’objet, il paie l’expédition et le jeton associé disparaît. Le lien entre le monde physique et le registre digital n’est plus une théorie. C’est une mécanique opérationnelle, avec ses files d’attente, ses coûts de shipping et ses risques de litige.

    Les volumes cités dans les reportages de 2025 donnaient une idée de l’appétit. Plus de 70 millions de dollars de ventes de packs Pokémon avaient été évoqués pour Collector Crypt à cette période, dont environ 5 millions sur un seul cycle de transactions. Courtyard, de son côté, dépassait les 100 millions de dollars de volume lié à Pokémon. D’autres initiatives, comme Phygitals ou Beezie, travaillaient des logiques proches. Plus récemment, Renaiss a levé 1,5 million de dollars en juin pour bâtir une infrastructure de mise on-chain de cartes et d’autres collectibles, avec un accent sur la custodie vérifiée.

    Ces chiffres ne prouvent pas que Coinbase réussira. Ils prouvent seulement que le terrain n’est pas vierge. Une grande plateforme réglementée qui arrive après les pionniers peut capter la confiance des profils qui n’auraient jamais déposé d’argent sur un protocole de niche. Elle peut aussi, paradoxalement, arriver trop tard, trop chère, trop prudente.

    Le vrai produit n’est pas le booster. C’est la possibilité de faire circuler un objet rare sans le déplacer à chaque transaction.

    Lecture de marché

    Vault It Or Ship It : Une Phrase Qui Cache Toute L’Architecture

    Garder au coffre ou faire livrer. Ces deux options dessinent deux produits distincts sous un même slogan. Le premier est un titre de propriété sur un objet immobilisé. Le second est un commerce de détail avec logistique, assurance, douane, casse, perte et délai. Entre les deux, il y a toute la question de la liquidité : une carte qui reste en chambre forte se revend plus facilement qu’une carte déjà partie dans une enveloppe.

    Si Coinbase autorise ensuite l’échange des pulls entre utilisateurs, le coffre devient un carnet d’ordres déguisé. On n’échange plus seulement une émotion de collectionneur. On échange un droit de retrait. C’est exactement le schéma que d’autres ont exploré. C’est aussi le schéma qui attire le regard des régulateurs dès que le droit de retrait commence à ressembler à un instrument financier.

    À l’inverse, si chaque pack ouvert n’est qu’une expérience de consommation, sans marché secondaire interne, le produit reste plus proche d’un e-commerce gamifié. Moins explosif. Moins intéressant pour les traders. Plus simple à expliquer à un service juridique. On ne sait pas encore de quel côté Coinbase inclinera. Le silence sur ce point est probablement le plus éloquent de toute l’annonce.

    Faut-Il Un Jeton Pour Dire Qu’On Possède Une Carte

    Le teaser n’identifie aucune blockchain. Il n’affirme pas non plus qu’un NFT représentera chaque carte. Cette omission peut être stratégique. Une représentation on-chain rend le transfert plus simple, plus visible, plus composable avec d’autres applications. Elle crée aussi un objet juridique supplémentaire : un jeton, une émission, parfois un prospectus, parfois un débat sur le caractère de valeur mobilière selon les juridictions.

    Une inscription interne, dans les systèmes de Coinbase, serait plus discrète. L’utilisateur verrait une carte dans son compte, comme il voit aujourd’hui un solde. Le transfert se ferait à l’intérieur de la maison. Moins d’interopérabilité. Plus de contrôle. Moins de poésie web3. Plus de conformité. Pour une société qui multiplie les produits à destination de publics non américains sur Base tout en restant prudente aux États-Unis, cette voie n’a rien d’absurde.

    Il existe une troisième hypothèse, hybride : un jeton sur Base pour certains marchés, un registre interne pour d’autres, un droit de retrait commun. Ce genre d’architecture à géométrie variable est devenu banal dans la tokenisation d’actions. Rien n’interdit de l’importer vers les cartes. Rien ne garantit non plus que le public comprendra la différence.

    L’Everything Exchange N’Est Plus Un Slogan Abstrait

    Quand un utilisateur a réagi à l’annonce des cartes, Coinbase a répondu : well, we are the Everything Exchange. La phrase n’est pas nouvelle. Elle a été posée comme cap stratégique en juin. Depuis, la société a enchaîné les preuves de mouvement. Quatre actions américaines tokenisées ont été mises en ligne sur Base en août, destinées à des investisseurs éligibles hors États-Unis : Apple, Nvidia, Meta, Alphabet. Chaque jeton représente un intérêt bénéficiaire dans une action réelle détenue en custodie réglementée et séparée.

    Le premier mois de ces produits a généré 227,7 millions de dollars de volume sur les échanges décentralisés. Début septembre, six titres supplémentaires ont suivi : Amazon, Microsoft, Strategy, SanDisk, SpaceX, Tesla. Au 12 septembre, le volume quotidien des actions tokenisées sur Base atteignait 100 millions de dollars, pour 730,9 millions sur trente jours. Ces chiffres ne parlent pas de Pokémon. Ils parlent d’une machine qui apprend à empiler des classes d’actifs très différentes derrière la même interface.

    Dans le même temps, le portefeuille self-custody a repris le nom Coinbase Wallet. L’application a été repositionnée autour du trading multi-chaînes, des contrats perpétuels, des marchés prédictifs et des actions tokenisées. Plus de 290 marchés perpétuels, alimentés via Hyperliquid pour les utilisateurs éligibles, élargissent encore le périmètre. Dans ce paysage, un booster Pokémon n’est plus une bizarrerie. C’est un test de culture produit : est-ce que la même application peut faire cohabiter un future perpétuel et un Dracaufeu graded ?

    Le fil conducteur de 2026 chez Coinbase.

    • Juin : formulation publique de la stratégie Everything Exchange.
    • Août : premières actions tokenisées sur Base.
    • Début septembre : deuxième vague de titres et volumes en forte hausse.
    • Septembre : retour du nom Coinbase Wallet et élargissement des produits self-custody.
    • 28 septembre : teaser des packs de cartes physiques dans l’app.

    Le Collectible N’Est Pas Un Jeton Comme Les Autres

    Une action tokenisée copie un sous-jacent déjà standardisé : une action, un ISIN, un dépositaire, un calendrier de corporate actions. Une carte Pokémon n’a rien de tout cela. Deux exemplaires du même nom peuvent valoir des mondes différents selon la centration, les coins, la surface, la langue, le tampon du grader. L’authenticité n’est pas un hash. C’est une expertise humaine, photographique, parfois contestée.

    Cette différence change tout. Si Coinbase se contente de vendre des packs scellés, le problème reste gérable : l’objet est encore fermé, le risque porte sur l’origine du carton et la chaîne de conservation. Dès que l’on parle de cartes individuelles ouvertes, le produit entre dans le monde du grading, des sleeves, des slabs, des litiges sur l’état déclaré. Une marketplace grand public ne peut pas improviser cela.

    D’où l’importance, encore non tranchée, du partenaire de custodie. Qui authentifie ? Qui photographie ? Qui assure ? Qui décide qu’une carte rayée à la réception n’était pas déjà rayée au départ ? Les plateformes spécialisées ont passé des années à construire ces process. Une application grand public qui les sous-estime se brûle très vite, non pas sur le cours du Bitcoin, mais sur un ticket de réclamation à 49 dollars.

    Ce Que Change L’Échelle Coinbase

    Les acteurs spécialisés ont un avantage culturel. Ils parlent déjà aux collectionneurs. Ils connaissent les sets, les rumeurs de reprint, les fenêtres de restock, les habitudes de rip-and-ship. Coinbase a un autre avantage : la base d’utilisateurs, la conformité, la marque, les rails de paiement, la capacité à transformer un teaser en une file d’attente mondiale en quelques heures.

    Cette échelle est à double tranchant. Un drop mal cadencé peut assécher l’offre physique disponible. Un prix trop bas attire les revendeurs. Un prix trop haut tue le plaisir du pack. Un service limité à certains pays crée un marché gris immédiat. Une communication trop jouée sur la rareté ressemble à de la loterie. Or la loterie, dans bien des juridictions, n’est pas un simple produit lifestyle.

    Le mot « rip » n’est pas anodin. Ouvrir un booster, c’est accepter un aléa. L’aléa est le sel de l’expérience. Il est aussi le point où un régulateur peut demander si l’on vend un objet ou une chance. La frontière dépendra du prix, de la communication, de la possibilité de revendre immédiatement, de la présence ou non d’un marché secondaire interne. Autant de sujets que le teaser évite avec élégance.

    Le Précédent Des Ventes Record Et La Fièvre Des Collectionneurs

    Le marché des cartes n’a plus besoin d’être expliqué comme une lubie d’enfants. Des ventes à plusieurs millions de dollars ont déjà inscrit les pièces les plus rares dans l’histoire des enchères de collectibles. L’exemple souvent cité d’une cession à 16,49 millions de dollars autour d’une carte liée à Logan Paul a servi de signal : l’objet n’est plus seulement nostalgique. Il est devenu un actif de prestige, avec ses propres récits, ses propres intermédiaires, ses propres risques de bulle.

    Cette fièvre a un effet collatéral utile pour Coinbase. Elle a familiarisé un public jeune, parfois crypto-natif, avec l’idée qu’une carte peut se comporter comme un actif. Elle a aussi habitué un public plus âgé, parfois venu de la finance traditionnelle, à regarder Pokémon sans ironie. Le teaser s’adresse aux deux. Aux premiers, il promet le geste du rip sans quitter le canapé. Aux seconds, il promet un objet réel, donc rassurant, derrière l’écran.

    Encore faut-il que le catalogue soit à la hauteur. Un booster de set récent largement imprimé n’a pas la même charge émotionnelle qu’une fenêtre sur un inventaire plus rare. Coinbase n’a rien dit des sets. C’est sans doute le levier commercial le plus puissant, et le plus dangereux. Trop grand public, le produit paraît fade. Trop exclusif, il paraît inaccessible et artificiellement rare.

    Les Questions De Confiance Que Personne Ne Peut Esquiver

    Une carte en coffre n’existe pour l’utilisateur que par des photos, des numéros de lot, des certificats et des procédures. La confiance se joue dans la banalité : l’éclairage des clichés, la cohérence des serials, le délai entre l’achat et la mise à jour de l’inventaire, la clarté des conditions d’assurance. Les collectionneurs sont patients avec la rareté. Ils sont impitoyables avec le flou documentaire.

    Le shipping, lui, réintroduit le monde réel dans sa version la moins glamour. Taxes, douanes, délais, colis ouverts, cartes pliées, assurances qui discutent. Une plateforme crypto n’est pas naturellement douée pour cela. Elle peut le devenir en s’associant. Elle peut aussi sous-traiter trop loin et découvrir que sa marque porte le litige même lorsque le carton a été manipulé par un tiers.

    Enfin, il y a la question de la revente. Si je peux ouvrir un pack, obtenir une carte recherchée et la céder dans la minute à un autre utilisateur de l’app, l’expérience ressemble à un marché. Si je dois attendre une livraison pour revendre ailleurs, l’expérience ressemble à de l’e-commerce. Les deux peuvent coexister. Ils ne se régulent pas de la même façon. Ils ne se pricent pas de la même façon. Ils n’attirent pas les mêmes profils.

    Ce Que Cela Dit Du Futur Des Actifs « Phygital »

    Le mot est devenu banal, presque usé : phygital. Un objet réel, une représentation numérique, un droit de retrait. Montres, sacs, bouteilles, œuvres, cartes. La liste s’allonge. Ce qui change avec Coinbase, ce n’est pas l’invention du modèle. C’est l’hypothèse selon laquelle ce modèle peut vivre à côté d’un carnet d’ordres de perpétuels et d’un jeton d’action Apple, dans la même application, pour le même utilisateur.

    Si cela fonctionne, d’autres catégories suivront. On peut imaginer des drops de cartes sportives, des montres en coffre, des éditions limitées de maisons de luxe. On peut aussi imaginer que rien de tout cela ne scale, parce que chaque catégorie a ses experts, ses fraudes, ses saisons, ses communautés suspicieuses. Le collectible n’aime pas être traité comme un ticker parmi d’autres. Il exige un soin que la finance tokenisée n’a pas toujours la patience d’offrir.

    Il reste néanmoins une intuition solide. Beaucoup d’utilisateurs veulent de l’exposition à des objets désirables sans gérer un coffre chez eux, sans négocier avec un vendeur inconnu, sans apprendre les codes d’un forum spécialisé. Une grande application qui réduit cette friction a une chance. À condition de ne pas transformer le désir en usine à packs sans âme.

    Risques Réglementaires Et Zones Grises

    Selon les pays, un pack dont le contenu est aléatoire peut être lu comme un jeu. Selon d’autres, c’est simplement de la vente d’objets scellés. La présence d’un marché secondaire immédiat durcit la lecture. La publicité qui insiste sur le « pull » rare aussi. Coinbase a l’habitude de ces frontières. Cela ne signifie pas qu’elle pourra les ignorer ici.

    La tokenisation, si elle existe, ajoutera une couche. Un jeton qui représente une carte stockée n’est pas forcément un titre financier. Il peut le devenir si l’on insiste trop sur le rendement, la liquidité, l’attente de revente, le pooling d’intérêts. Les actions tokenisées de Base ont déjà montré que Coinbase savait concevoir des produits à accès géographique restreint. On peut s’attendre à voir la même prudence sur les cartes, au moins au début.

    Les mineurs constituent un autre sujet délicat. Pokémon est un univers largement associé à l’enfance, même lorsque les prix d’adultes s’envolent. Une application financière qui vend l’ouverture de packs devra soigner l’âge, les limites, le ton. Non pas parce que le teaser actuel serait agressif. Parce que le succès, s’il vient, attirera précisément les regards que l’on n’avait pas le jour du tweet.

    Comment Un Utilisateur Devrait Lire Cette Promesse

    La première lecture possible est ludique. On ouvre. On espère. On range. On affiche. C’est le plaisir ancien, simplement déplacé dans une interface que l’on ouvre déjà dix fois par jour. Cette lecture n’a pas besoin de blockchain pour exister. Elle a besoin d’un stock réel, d’une logistique propre et d’un prix qui ne tue pas le geste.

    La deuxième lecture est patrimoniale. On considère la carte comme une réserve de valeur émotionnelle et, parfois, financière. On la laisse au coffre. On suit les cotes. On attend une fenêtre de revente. Cette lecture exige des preuves : provenance, état, assurance, politique de retrait. Sans ces preuves, le coffre n’est qu’une métaphore.

    La troisième lecture est spéculative. On cherche le pack mal pricé, le set sous-estimé, le flip immédiat. Cette lecture arrivera toute seule, que Coinbase l’invite ou non. Elle peut porter les volumes. Elle peut aussi vider le produit de ce qui le rendait désirable : le sentiment d’avoir ouvert quelque chose pour soi.

    • Lecture ludique : l’expérience du rip, le hasard, la collection.
    • Lecture patrimoniale : l’objet réel, le coffre, la transmission.
    • Lecture spéculative : le prix, le marché secondaire, la vitesse.

    Ce Que Les Prochaines Semaines Devraient Trancher

    Pour sortir du teaser, Coinbase devra répondre à une poignée de questions concrètes. Quels sets. Quel prix. Quelle zone géographique. Quel prestataire de stockage. Quelle preuve d’authenticité. Quelle politique de retrait. Quelle éventuelle représentation on-chain. Quelle possibilité de céder une carte déjà ouverte. Tant que ces réponses manquent, on commente une intention, pas un produit.

    Il sera aussi utile de regarder le ton des communications suivantes. Si la société insiste sur le mot « soon » sans catalogue, elle prolonge le marketing d’attente. Si elle publie des photos d’inventaire, des process de vault et des conditions claires, elle bascule dans l’opérationnel. Les collectionneurs pardonneront un délai. Ils pardonneront moins une brochure trop lisse.

    Enfin, il faudra observer si le produit reste cantonné à Pokémon ou s’il sert de tête de pont. Un succès ferait entrer d’autres licences. Un échec discret serait rangé parmi les expériences de diversification. Dans les deux cas, le teaser aura déjà servi : il a rappelé que Coinbase veut être vue comme une place de marché d’à peu près tout ce qui peut se détenir, se transférer et se désirer.

    Une Place De Marché Qui Cherche Encore Son Âme De Boutique

    Une application financière sait afficher un carnet d’ordres. Elle sait moins recréer la lumière d’une boutique de cartes, l’odeur du papier, le silence juste avant d’ouvrir le pack. Ce décalage n’est pas un obstacle fatal. Beaucoup d’achats de cartes se font déjà en ligne, sans rituel physique. Mais le rituel reste le argument caché de la catégorie. Le jour où l’interface ne sera qu’un bouton « open », quelque chose se perdra. Le jour où l’interface saura raconter le set, la rareté, l’état, le coffre, quelque chose se gagnera.

    C’est peut-être le vrai défi, plus encore que la technique. Coinbase doit parler deux langues à la fois : celle du trader qui veut un règlement net et celle du collectionneur qui veut croire que la carte existe vraiment, quelque part, sous plastique, dans une pièce climatisée. Si l’une des deux langues domine trop, le produit penche. Trop trader, il devient froid. Trop fan service, il devient gadget.

    Le teaser de septembre a l’intelligence de ne choisir ni l’une ni l’autre. Il montre le geste. Il affirme l’objet réel. Il laisse le reste en suspens. Pour une annonce de quelques mots, c’est déjà une stratégie. Pour un article, c’est une invitation à attendre la suite sans confondre le slogan et le stock.

    En attendant le premier pack réellement ouvert

    On peut sourire de voir une plateforme crypto s’intéresser à Pikachu. On peut aussi y lire une évolution banale des places de marché : elles vont là où existent déjà le désir, la rareté et un public prêt à payer pour un aléa contrôlé. Les cartes n’ont pas besoin de la blockchain pour valoir quelque chose. La blockchain, ou à défaut un registre d’entreprise bien tenu, a besoin d’objets que les gens comprennent sans tutoriel.

    Le 28 septembre n’a pas lancé un produit. Il a ouvert une hypothèse. Derrière chaque pull, une carte réelle. Derrière chaque carte, une logistique. Derrière la logistique, une stratégie d’exchange total qui cherche encore les objets capables de faire venir dans l’app des gens qui ne viendraient pas seulement pour un chandelier. Reste à voir si le premier booster numérique sentira encore le carton, ou seulement le serveur.

    Jusque-là, la seule chose solide est le cadre. Une application. Un pack. Un objet quelque part. Un choix entre le coffre et la poste. Tout le reste, des sets au smart contract éventuel, appartient encore au chapitre suivant. C’est précisément pour cela que l’annonce fonctionne : elle donne envie d’ouvrir, alors même que rien n’est encore déchiré.

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    Steven Soarez
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    Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

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