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    Regulation Crypto Insuffisante PourWriting the French blog article Le Règlement Institutionnel

    Steven SoarezDe Steven Soarez18/08/2026Aucun commentaire18 Mins de Lecture
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    Imaginez un trader institutionnel qui vient de conclure une opération sur un actif numérique à 3 heures du matin un samedi. La position est prise, le prix est bon, tout semble parfait. Pourtant, quelques minutes plus tard, le même professionnel se retrouve face à un mur invisible : impossible de faire transiter immédiatement le cash ou le collatéral nécessaire. Les marchés crypto ne dorment jamais. Les systèmes de paiement traditionnels, eux, ferment encore leurs portes. C’est précisément ce décalage que le dirigeant de Lynq, Jerald David, met en lumière à la veille d’une réunion très attendue à la Maison Blanche.

    Pourquoi La Régulation Ne Suffit Pas À Combler L’Écart De Règlement

    La discussion autour des règles américaines pour les actifs numériques occupe le devant de la scène depuis des mois. Les textes avancent, les définitions se précisent, les licences se profilent. Pourtant, selon le CEO de Lynq, ce cadre juridique, aussi clair soit-il, laisse intact un problème bien plus concret. Une fois la transaction signée, il reste encore à financer la position, livrer les liquidités et déplacer le collatéral. Or ces étapes deviennent extrêmement complexes dès que plusieurs plateformes, plusieurs contreparties et plusieurs formes de monnaie entrent en jeu.

    Les marchés d’actifs numériques fonctionnent en continu. Les week-ends, les jours fériés, les nuits : tout continue. À l’inverse, une grande partie des infrastructures bancaires et de titres repose encore sur des horaires de jours ouvrés, des heures de coupure et des processus de règlement séparés. Le résultat est une situation paradoxale. Une institution peut parfaitement entrer dans une opération, mais se retrouver sans accès immédiat aux moyens de la finaliser. Pour contourner le problème, certaines maisons de marché prépositionnent des liquidités sur plusieurs lieux. Cette solution a un coût : du capital immobilisé, une exposition accrue à chaque contrepartie et une rigidité opérationnelle difficile à justifier.

    Je pense que la régulation est évidemment une grande partie de la conversation, mais pour les institutions il existe une couche très pratique en dessous.

    Jerald David, CEO de Lynq

    Ce constat arrive à un moment charnière. Une réunion à la Maison Blanche est annoncée pour le 19 août. Au moins six acteurs du secteur crypto et des marchés de prédiction y sont attendus. Parmi les noms qui circulent : Coinbase, Ripple, a16z, Chainlink, Paradigm et Kalshi. Selon des sources proches du dossier, le président Donald Trump, le président de la SEC Paul Atkins et le président de la CFTC Michael Selig pourraient également y prendre part. Aucune liste officielle ni agenda détaillé n’avaient encore été publiés au moment où ces informations ont filtré, mais le simple fait que le sujet du règlement institutionnel revienne sur la table montre que le débat a évolué.

    Le Problème Opérationnel Que Les Textes Ne Résolvent Pas

    Washington s’est longtemps concentré sur les règles applicables aux émetteurs, aux plateformes de négociation et aux autorités de supervision. Ces questions restent essentielles. Elles ne disent cependant rien de la mécanique qui intervient après l’accord de transaction. Financer, déplacer le collatéral, régler : ces trois verbes deviennent lourds de conséquences dès que l’on opère sur des marchés ouverts en permanence.

    Les plateformes d’échange crypto restent généralement accessibles 24 heures sur 24, y compris les week-ends et les jours fériés. De nombreux systèmes bancaires et de titres, en revanche, s’appuient encore sur des plages horaires de jours ouvrés. Cette différence crée une zone grise. Une institution peut conclure une opération mais se trouver dans l’incapacité de mobiliser immédiatement les liquidités ou les garanties demandées. La réponse classique consiste à laisser des fonds dormants sur plusieurs places. Cette pratique immobilise du capital et augmente le risque de concentration sur chaque lieu.

    Ce que les institutions rencontrent concrètement

    • Des marchés qui tournent sans interruption face à des systèmes de paiement encore partiellement fermés
    • La nécessité de prépositionner des liquidités sur plusieurs venues pour rester opérationnel
    • Un capital immobilisé qui ne peut plus servir à d’autres opérations
    • Une exposition accrue à chaque contrepartie chez qui les fonds sont déposés

    Parallèlement, de nouvelles formes de monnaie numérique font leur entrée dans les flux institutionnels. Stablecoins, dépôts bancaires tokenisés, fonds monétaires tokenisés et soldes bancaires classiques jouent désormais des rôles distincts. Le défi n’est plus seulement d’en disposer, mais de disposer d’un système capable de faire circuler la valeur entre contreparties au moment précis où un paiement ou un appel de marge devient exigible.

    Des Règles Qui Progressent Plus Vite Que Les Infrastructures

    Le 17 août, le Trésor américain a franchi une nouvelle étape en proposant des règles d’application de la section 3 de la loi GENIUS. Le texte vise à définir quand un stablecoin de paiement est considéré comme émis aux États-Unis et quand une entreprise d’actifs numériques en propose ou en vend à un client américain. À partir du 18 janvier 2027, les sociétés devront en principe détenir une licence fédérale ou étatique appropriée pour émettre des stablecoins de paiement sur le territoire. À compter du 18 juillet 2028, les prestataires de services d’actifs numériques seront généralement interdits de proposer ces stablecoins à des clients américains s’ils n’ont pas été émis par un émetteur licencié.

    Une période de consultation publique de soixante jours a été ouverte après publication au Federal Register. Ces propositions clarifient qui peut émettre et distribuer. Elles ne créent pas pour autant un réseau de règlement commun reliant chaque banque, chaque plateforme, chaque courtier et chaque dépositaire. C’est précisément cette couche opérationnelle distincte que Jerald David place au centre de son analyse.

    Les infrastructures de la Réserve fédérale illustrent parfaitement les écarts d’horaires. FedNow permet des paiements instantanés en continu pour les institutions participantes. Fedwire, qui traite les transferts bancaires de grande valeur, fonctionne actuellement vingt-deux heures par jour ouvré, du lundi au vendredi, hors jours fériés désignés. Une extension prévue pour 2028 ou plus tard ajoutera les dimanches et certains jours fériés en semaine. Le service continuera néanmoins de fermer deux heures chaque jour d’ouverture et restera inaccessible le samedi.

    La Tokenisation Accroît La Demande De Collatéral Continu

    Le besoin de règlement continu devient encore plus pressant à mesure que les régulateurs américains envisagent d’autoriser davantage d’actifs traditionnels à circuler sur des réseaux blockchain. Un rapport du 17 août indiquait que la SEC préparait une voie limitée permettant à des plateformes qualifiées de tester la négociation en continu d’actions américaines tokenisées. Aucune exemption finale, aucun critère d’éligibilité précis ni aucune date de lancement n’ont encore été annoncés. Les responsables de la SEC ont par ailleurs rappelé qu’inscrire des titres sur une blockchain ne les soustrait ni aux lois fédérales sur les valeurs mobilières ni aux exigences de protection des investisseurs.

    Pour les prestataires de règlement, l’allongement des horaires de négociation génère une demande correspondante de cash et de collatéral en dehors des heures ouvrées classiques. La DTCC a souligné en mai que les établissements financiers maintiennent souvent des coussins excessifs de collatéral et de liquidité, simplement parce que les actifs ne sont pas toujours disponibles au moment exact où ils sont requis. Selon cette même infrastructure de marché, un collatéral tokenisé pourrait permettre de mobiliser les actifs à la demande plutôt que de les prépositionner en plusieurs lieux à l’avance. La DTCC a d’ailleurs collaboré avec Chainlink sur un système conçu pour soutenir la gestion de collatéral en continu entre les marchés traditionnels et les réseaux blockchain.

    Un autre projet, associant BMO, le CME Group et Google Cloud, montre comment certaines banques abordent la question. BMO prévoyait de permettre à ses clients institutionnels de convertir des dollars américains en cash tokenisé destiné aux dérivés, aux appels de marge et au règlement continu. Le service complet était programmé pour le second semestre 2026, sous réserve d’autorisations réglementaires. Le CME a indiqué que cet arrangement pourrait permettre aux clients de déplacer du cash tokenisé à des fins de marge et de collatéral sans attendre les fenêtres bancaires ordinaires.

    Le Coût Caché De La Liquidité Prépositionnée

    Jerald David insiste sur un point rarement mis en avant : le décalage des horaires force les institutions à placer de la liquidité sur chaque plateforme ou contrepartie qu’elles anticipent d’utiliser. L’argent ainsi dispersé devient indisponible pour d’autres opérations. L’exposition directe à chaque lieu augmente dès lors qu’il faut financer un compte avant même d’exécuter les transactions.

    Même si le cadre réglementaire devient plus clair, il reste ce décalage entre la façon dont le marché négocie et la façon dont le capital se déplace réellement.

    Jerald David

    Lynq exploite un réseau institutionnel privé via tZERO Securities, un courtier enregistré auprès de la SEC. Selon la société, les participants peuvent effectuer des transferts en temps réel à l’intérieur du réseau. Les investissements des clients sont conservés sur des comptes ségrégués et les utilisateurs passent les contrôles de connaissance client et de lutte contre le blanchiment. En février, la plateforme indiquait que les actifs détenus dépassaient 89 millions de dollars et qu’elle collaborait avec plus de trente sociétés institutionnelles d’actifs numériques, parmi lesquelles des plateformes d’échange, des dépositaires, des teneurs de marché et des desks de gré à gré.

    En mars, Lynq a également déployé une fonctionnalité de verrouillage de collatéral. Elle permet aux utilisateurs de désigner des actifs comme garanties sans les sortir du réseau. Cette option empêche qu’un même actif soit engagé deux fois tout en laissant la possibilité de le libérer et de le redéployer une fois l’obligation liée terminée. Pour les institutions, l’intérêt est clair : conserver la maîtrise opérationnelle sans multiplier les transferts externes ni immobiliser inutilement des fonds.

    Ce Que Change La Perspective Institutionnelle

    L’approche de Lynq illustre une réalité plus large. Les institutions ne demandent pas seulement des règles claires. Elles ont besoin d’infrastructures capables de faire circuler la valeur au même rythme que les marchés. Tant que le cash et le collatéral ne peuvent pas se déplacer 24 heures sur 24, le simple fait de pouvoir négocier en continu ne suffit pas. Le risque opérationnel et le coût du capital immobilisé restent des freins majeurs à l’intégration réelle des actifs numériques dans les flux institutionnels.

    Les projets de tokenisation de cash, les expérimentations de la DTCC avec Chainlink, les initiatives de banques comme BMO et les réseaux privés comme celui de Lynq montrent que plusieurs réponses techniques sont déjà en cours de test. Aucune ne résout à elle seule l’ensemble du problème. Ensemble, elles dessinent cependant une direction : passer d’un modèle où la liquidité est prépositionnée par précaution à un modèle où elle peut être mobilisée à la demande, en temps réel, sur des rails adaptés aux horaires des marchés modernes.

    Les Enjeux De La Réunion Du 19 Août

    La réunion annoncée à la Maison Blanche arrive donc à un moment où le débat commence à dépasser la seule question des licences et des définitions juridiques. Les participants attendus représentent à la fois des plateformes d’échange, des protocoles d’infrastructure, des fonds et des acteurs des marchés de prédiction. La présence possible de responsables de la SEC et de la CFTC, ainsi que celle du président, indique que le sujet a gagné en priorité politique.

    Il serait naïf de croire qu’une seule réunion suffira à résoudre les écarts d’horaires entre les systèmes de paiement et les marchés d’actifs numériques. En revanche, le simple fait que la dimension opérationnelle du règlement institutionnel soit explicitement mise sur la table constitue un signal. Les discussions ne portent plus uniquement sur qui a le droit d’émettre ou de négocier. Elles commencent à intégrer la question de savoir comment le capital peut réellement circuler une fois les autorisations obtenues.

    Pour les institutions, l’enjeu est double. D’un côté, elles veulent de la clarté réglementaire afin de pouvoir allouer davantage de ressources aux actifs numériques. De l’autre, elles ont besoin d’infrastructures de règlement qui ne les obligent pas à immobiliser du capital sur chaque venue. Tant que ces deux dimensions ne progressent pas de concert, l’adoption restera freinée par des considérations purement opérationnelles.

    Stablecoins, Cash Tokenisé Et Nouveaux Rails De Règlement

    Les stablecoins de paiement occupent une place particulière dans cette équation. Les règles proposées par le Trésor visent précisément à clarifier les conditions d’émission et de distribution sur le territoire américain. Une fois ces conditions stabilisées, la question suivante sera celle de leur intégration dans les flux de règlement institutionnels. Un stablecoin bien conçu peut en théorie circuler à toute heure. Encore faut-il que les contreparties institutionnelles acceptent de le recevoir, de le traiter comptablement et de le mobiliser pour des appels de marge ou des livraisons de cash.

    Les dépôts bancaires tokenisés et les fonds monétaires tokenisés offrent une autre piste. Ils restent ancrés dans le système bancaire traditionnel tout en permettant des transferts plus rapides sur des rails numériques. Les expérimentations en cours, notamment celles associant des banques et des infrastructures de marché, cherchent précisément à combiner la confiance du cadre réglementaire existant avec la disponibilité continue des réseaux blockchain.

    Dans ce paysage, les réseaux privés institutionnels comme celui de Lynq apportent une réponse intermédiaire. Ils ne prétendent pas remplacer l’ensemble des systèmes de paiement. Ils proposent en revanche un espace où des acteurs déjà connus et contrôlés peuvent déplacer de la valeur et du collatéral en temps réel, sous un cadre de conformité déjà en place. Cette approche réduit le besoin de prépositionner des liquidités sur des plateformes multiples tout en maintenant les exigences de ségrégation des actifs et de contrôles anti-blanchiment.

    Les Risques D’Une Adoption À Deux Vitesses

    Si la régulation progresse plus vite que les infrastructures de règlement, un scénario de dualité risque de s’installer. D’un côté, des institutions disposant déjà d’accès privilégiés à des réseaux privés ou à des solutions de cash tokenisé pourront opérer de façon quasi continue. De l’autre, celles qui resteront dépendantes des systèmes de paiement traditionnels continueront de subir des frictions importantes. Cette divergence pourrait créer un avantage concurrentiel durable pour les premiers arrivés et freiner l’entrée de nouveaux acteurs institutionnels.

    Le coût du capital immobilisé n’est pas anodin. Dans un environnement de taux plus élevés qu’il y a quelques années, chaque dollar laissé dormant sur un compte de plateforme représente un manque à gagner. Multiplié par le nombre de venues et par la taille des positions institutionnelles, ce coût devient un argument sérieux contre une allocation plus large aux actifs numériques. Résoudre le problème de la liquidité continue n’est donc pas seulement une question de confort opérationnel. C’est aussi une question d’efficacité économique.

    Ce Que Les Institutions Attendent Concrètement

    Les demandes des acteurs institutionnels se concentrent autour de quelques points récurrents. Ils souhaitent pouvoir financer une position immédiatement après son exécution, quelle que soit l’heure. Ils veulent pouvoir déplacer du collatéral sans attendre l’ouverture des fenêtres bancaires. Ils aspirent à réduire le nombre de lieux où ils doivent laisser des liquidités dormantes. Enfin, ils exigent que ces mouvements restent conformes aux règles de ségrégation des actifs et de lutte contre le blanchiment.

    Les priorités opérationnelles qui reviennent le plus souvent

    • Financement et règlement possibles en dehors des heures ouvrées classiques
    • Mobilisation de collatéral à la demande plutôt que prépositionnement systématique
    • Réduction de l’exposition multiple aux différentes plateformes
    • Conservation des exigences de conformité et de ségrégation des actifs

    Ces attentes ne sont pas incompatibles avec un cadre réglementaire plus strict. Au contraire, un environnement clair sur le plan juridique peut faciliter l’émergence de solutions techniques robustes. Le risque serait de considérer que la clarification des règles suffit à elle seule. Comme le souligne le dirigeant de Lynq, la couche pratique qui se situe en dessous reste déterminante.

    Vers Une Nouvelle Génération D’Infrastructures

    Les initiatives en cours, qu’elles viennent de la DTCC, de banques traditionnelles ou de réseaux privés comme Lynq, convergent vers une même idée : le collatéral et le cash doivent pouvoir se déplacer au rythme des marchés. La tokenisation n’est pas une fin en soi. Elle est un moyen de rendre ces mouvements possibles sans rompre avec les exigences de contrôle et de traçabilité.

    La collaboration entre la DTCC et Chainlink sur la gestion de collatéral en continu illustre cette convergence. De même, le projet de BMO visant à convertir des dollars en cash tokenisé pour les besoins de marge et de règlement montre que les banques elles-mêmes explorent des solutions. Lynq, de son côté, propose un environnement déjà opérationnel où des acteurs institutionnels peuvent transférer de la valeur en temps réel et verrouiller du collatéral sans le sortir du réseau.

    Aucune de ces solutions n’est encore généralisée. Chacune avance à son rythme, en fonction des autorisations réglementaires et de l’appétit des participants. L’accumulation de ces expérimentations crée cependant une pression positive. Plus les institutions constateront qu’il est possible de régler et de mobiliser du collatéral en continu, plus elles seront exigeantes envers les systèmes qui ne le permettent pas encore.

    Le Rôle Des Marchés De Prédiction Dans La Discussion

    La présence de Kalshi parmi les participants pressentis à la réunion du 19 août n’est pas anodine. Les marchés de prédiction fonctionnent eux aussi sur des horaires étendus et génèrent des besoins de règlement et de collatéral spécifiques. Leur inclusion dans les discussions montre que le sujet dépasse le seul univers des cryptomonnaies au sens strict. Il touche l’ensemble des marchés numériques qui opèrent en dehors des fenêtres traditionnelles.

    Cette élargissement du périmètre est important. Il rappelle que le problème de la liquidité continue n’est pas propre aux actifs numériques. Il apparaît dès que des marchés restent ouverts pendant que les systèmes de paiement se mettent en pause. Les leçons tirées du côté crypto et tokenisation pourraient donc bénéficier à d’autres segments de marché à l’avenir.

    Ce Qu’Il Faut Retenir Avant La Réunion

    La régulation américaine des actifs numériques avance. Les propositions du Trésor sur les stablecoins de paiement, les discussions de la SEC autour de la négociation tokenisée d’actions et la présence de responsables de haut niveau à la table du 19 août en témoignent. Pourtant, comme le souligne Jerald David, ces progrès ne résolvent pas automatiquement le problème de la circulation du cash et du collatéral en dehors des heures ouvrées.

    Les institutions continuent de faire face à un décalage structurel entre des marchés ouverts en permanence et des infrastructures de paiement encore partiellement fermées. Pour y répondre, elles multiplient les solutions de contournement : prépositionnement de liquidités, usage de réseaux privés, expérimentations de cash tokenisé. Chacune de ces réponses a un coût et des limites. Aucune ne remplace un écosystème de règlement véritablement adapté aux horaires des marchés modernes.

    La réunion de la Maison Blanche n’apportera sans doute pas de solution technique immédiate. Elle peut en revanche contribuer à faire monter dans l’agenda politique la question opérationnelle du règlement institutionnel. Si les décideurs reconnaissent que la clarté juridique ne suffit pas sans infrastructures capables de faire circuler la valeur en continu, alors le débat aura franchi une étape importante.

    Dans les mois qui viennent, l’attention se portera autant sur les textes réglementaires que sur les avancées concrètes des projets de tokenisation et des réseaux de règlement. Les institutions jugeront les solutions non pas sur leurs promesses, mais sur leur capacité réelle à réduire le capital immobilisé et à permettre des mouvements de collatéral à toute heure. C’est à cette aune que se mesurera, in fine, la maturité de l’écosystème.

    Perspectives À Plus Long Terme

    À l’horizon 2027-2028, les règles sur les stablecoins de paiement entreront progressivement en vigueur. Les extensions d’horaires de Fedwire devraient également se matérialiser. Ces évolutions créeront un environnement plus favorable. Elles ne supprimeront pas pour autant le besoin de solutions intermédiaires capables de combler les derniers écarts. Les réseaux privés, les mécanismes de verrouillage de collatéral et les formes de cash tokenisé continueront de jouer un rôle d’accélérateur.

    Le vrai test interviendra lorsque les volumes institutionnels sur les actifs numériques et tokenisés atteindront une taille critique. À ce stade, les frictions de règlement ne seront plus de simples désagréments opérationnels. Elles deviendront des obstacles quantifiables à la croissance. Les acteurs qui auront anticipé cette réalité en construisant des rails adaptés se trouveront en position de force.

    Lynq, avec son réseau déjà opérationnel et sa fonctionnalité de collatéral-lock, fait partie de ces acteurs qui ont choisi d’adresser le problème dès maintenant plutôt que d’attendre que les infrastructures publiques rattrapent le rythme des marchés. D’autres suivront, qu’il s’agisse de banques, d’infrastructures de marché ou de protocoles. La concurrence sur ce terrain de la liquidité continue pourrait bien devenir l’un des axes différenciants les plus importants des prochaines années.

    En définitive, le message de Jerald David résonne comme un rappel pragmatique. La régulation est indispensable. Elle n’est pas suffisante. Tant que le capital ne peut pas se déplacer aussi librement que les ordres de marché, l’intégration institutionnelle des actifs numériques restera incomplète. La réunion du 19 août offre une occasion de porter cette réalité au plus haut niveau. Reste à voir si elle sera saisie.

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    Steven Soarez
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