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    Chine Accumule 60 Tonnes Dor Ignore Bitcoin

    Steven SoarezDe Steven Soarez11/08/2026Aucun commentaire10 Mins de Lecture
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    Imaginez un pays qui, mois après mois, empile des tonnes d’or comme s’il préparait un bouclier invisible. En 2026, la Chine a officialisé l’achat de près de 60 tonnes de métal jaune, sans jamais toucher à un seul bitcoin pour sa réserve stratégique. Pendant que les États-Unis avancent sur une réserve nationale de Bitcoin, Pékin reste fidèle aux lingots. Pourquoi ce choix si tranché ? Pourquoi ignorer complètement l’or numérique alors que le diagnostic géopolitique semble partagé ?

    La Chine préfère l’or physique au Bitcoin pour ses réserves

    La Banque populaire de Chine a poursuivi en 2026 une stratégie d’accumulation d’or d’une régularité impressionnante. En juillet seul, elle a ajouté près de 20 tonnes à ses stocks officiels. Cela porte le total déclaré à plus de 2 366 tonnes, pour une valeur autour de 306 milliards de dollars aux cours du moment. Depuis le début de l’année, le volume officiel atteint environ 60 tonnes, soit l’équivalent de 7,8 milliards de dollars.

    Ce n’est pas un simple ajustement de portefeuille. C’est le vingt-et-unième mois consécutif d’achats. La plus grosse acquisition mensuelle depuis octobre 2023. Les chiffres officiels ne racontent pourtant qu’une partie de l’histoire. Des analystes de grandes banques estiment que les volumes réels sont bien plus élevés, parfois multipliés par quatre ou cinq certains mois, via des canaux moins visibles.

    Un rythme d’achats qui ne s’essouffle pas

    Les données publiées par l’Administration d’État des changes montrent une progression constante. De 75,44 millions d’onces à 76,08 millions d’onces en un seul mois. Derrière ces chiffres froids se cache une volonté claire de renforcer la part de l’or dans les réserves nationales. L’or n’est la dette de personne. Il ne dépend d’aucun gouvernement étranger. Un lingot stocké sur le sol chinois ne peut pas être gelé par un décret extérieur.

    Cette logique a été renforcée par l’expérience russe de 2022. Lorsque l’Union européenne a gelé environ 210 milliards d’euros d’actifs de la banque centrale russe, le message a été reçu cinq sur cinq à Pékin. Un stock d’or physique rapatrié devient bien plus difficile à saisir dans un scénario de confrontation majeure.

    Ce que révèlent les chiffres officiels et non officiels

    • 60 tonnes déclarées depuis janvier 2026
    • Près de 20 tonnes ajoutées en juillet seul
    • Estimations de volumes réels parfois largement supérieurs
    • Stock officiel dépassant les 2 366 tonnes

    Le spectre des sanctions russes comme moteur principal

    La Chine ne cache pas son objectif de réduction de la dépendance au dollar. Les bons du Trésor américain et les devises étrangères restent vulnérables. L’or, lui, offre une forme d’autonomie. Il s’agit moins d’anticiper une crise interne que de se préparer à un éventuel choc externe, qu’il s’agisse d’une rupture commerciale durable ou d’une escalade autour de Taïwan.

    Aucun élément public ne permet d’affirmer qu’un scénario militaire est programmé. Mais le profil d’achat, régulier, massif et partiellement sous-déclaré, ressemble davantage à une préparation de long terme qu’à une simple diversification de portefeuille. Les analystes notent que pour aligner le ratio or sur la masse monétaire comparable à celui de la Réserve fédérale, il faudrait encore plusieurs milliers de tonnes sur quelques années.

    Un lingot d’or ne se gèle pas par simple décret d’un tiers. C’est précisément ce que la Chine a retenu de l’expérience russe.

    Pourquoi le Bitcoin reste hors du radar officiel chinois

    Pendant que la Chine empile de l’or, les États-Unis ont officialisé en mars 2025 une réserve stratégique de Bitcoin via un décret. Le texte confie au Trésor les bitcoins déjà saisis par les agences fédérales. Des projets législatifs, comme le BITCOIN Act ou l’American Reserve Modernization Act, envisagent même des achats actifs pouvant atteindre un million de bitcoins.

    La Chine, deuxième économie mondiale et principale rivale du système dollar, coche pourtant toutes les cases pour s’intéresser à un actif décentralisé. Pourtant, silence radio. Aucune déclaration, aucun achat documenté. La raison est en partie interne. Depuis 2021, le trading de cryptomonnaies est interdit sur le sol chinois. Difficile de justifier auprès de la population une réserve nationale dans un actif dont l’achat a été prohibé.

    Le Bitcoin est présenté par ses promoteurs comme un or numérique, à l’abri du bon vouloir de Washington. La Chine partage le diagnostic géopolitique. Elle a simplement choisi une autre réponse. L’or physique reste sous contrôle souverain total. Le Bitcoin, même détenu par un État, reste soumis aux règles d’un réseau ouvert et à des risques technologiques ou réglementaires que Pékin préfère éviter pour l’instant.

    Les autres banques centrales suivent aussi la voie de l’or

    La Chine n’est pas isolée. La Banque nationale tchèque a ajouté 1,7 tonne en juillet, se rapprochant de son objectif de 100 tonnes. Le Kazakhstan a suivi avec un peu plus d’une tonne. Ces mouvements s’inscrivent dans une tendance plus large de reconstitution des réserves d’or par plusieurs banques centrales émergentes ou semi-émergentes.

    Aux États-Unis, certains États fédérés explorent de leur côté des réserves en cryptoactifs. Le Michigan a notamment avancé sur un projet permettant d’allouer jusqu’à 10 % de certains fonds publics en actifs numériques. Face aux 2 366 tonnes de lingots chinois, ces initiatives restent modestes en termes de volume absolu.

    Les écarts entre chiffres officiels et estimations du marché

    Les analystes de Goldman Sachs ont estimé qu’en mai, les achats réels chinois avaient pu dépasser 48 tonnes, contre seulement 10 tonnes déclarées. BMO Capital Markets évoque un stock non déclaré pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de tonnes au-dessus du sol, représentant une part significative de la demande mondiale d’or.

    Ces écarts s’expliquent par des achats réalisés via d’autres institutions publiques ou sur le marché de gré à gré de Londres. Le résultat est le même : la Chine augmente sa capacité de résistance financière hors du système dollar, tout en maintenant une opacité relative sur les volumes exacts.

    Points de divergence entre les deux approches

    • Or physique : contrôle souverain total, liquidité historique, absence de risque technologique
    • Bitcoin : décentralisation, transparence du réseau, volatilité élevée, interdiction interne en Chine
    • Objectif commun : réduire la dépendance aux devises contrôlées par des adversaires potentiels

    Une stratégie de long terme plutôt qu’un coup tactique

    Les achats chinois ne ressemblent pas à une réaction de court terme. Le rythme soutenu depuis fin 2023, l’ampleur des volumes et le caractère partiellement discret des opérations dessinent une vision pluriannuelle. Pour atteindre un ratio or comparable à celui de grandes banques centrales occidentales, il faudrait encore acquérir entre 2 500 et 3 000 tonnes sur un horizon de deux à cinq ans selon certaines estimations.

    Cette trajectoire s’inscrit dans une politique plus large de dédollarisation progressive. L’or n’est qu’un des outils. Les accords commerciaux en devises locales, le développement de systèmes de paiement alternatifs et la réduction relative de la part des bons du Trésor américain dans les réserves complètent le tableau.

    L’ironie du moment géopolitique

    L’ironie est flagrante. Les promoteurs du Bitcoin aux États-Unis utilisent depuis des années l’argument de l’indépendance face à un adversaire potentiel. La Chine reprend exactement le même diagnostic, mais applique une solution différente. Elle refuse pour l’instant d’intégrer un actif qu’elle a elle-même banni pour ses citoyens.

    Cette position n’est pas figée pour l’éternité. Les politiques évoluent. Mais en 2026, le message de Pékin reste clair : la priorité absolue va au métal physique, stocké, contrôlé et à l’abri des décisions étrangères. Le Bitcoin, même stratégique, reste pour l’instant hors du cadre officiel chinois.

    Ce que cela signifie pour les marchés de l’or et des cryptos

    La demande chinoise continue de soutenir le marché de l’or. Chaque tonne achetée retire du métal disponible pour d’autres acteurs. Dans le même temps, l’absence totale d’intérêt officiel chinois pour le Bitcoin prive le marché crypto d’un acheteur potentiellement massif. Les flux institutionnels américains et européens restent pour l’instant les principaux moteurs côté Bitcoin.

    Les investisseurs suivent de près ces divergences. L’or bénéficie d’un soutien structurel de la part des banques centrales. Le Bitcoin dépend davantage de l’appétit institutionnel privé et des évolutions réglementaires occidentales. Deux actifs, deux logiques, un même contexte de fragmentation monétaire internationale.

    La Chine partage le diagnostic d’une possible rupture avec le système dollar. Elle a simplement choisi une autre ordonnance : le lingot plutôt que le satoshi.

    Les limites de la transparence chinoise

    Les données officielles restent partielles. Les estimations du marché laissent penser que les volumes réels dépassent régulièrement les annonces. Cette opacité fait partie de la stratégie. Elle complique l’analyse des adversaires potentiels et maintient une forme de flexibilité.

    Dans le même temps, les publications mensuelles permettent de signaler clairement la direction prise. Le message est double : nous renforçons nos réserves d’or, et nous le faisons de manière déterminée. Le Bitcoin n’entre pas dans cette équation pour le moment.

    Perspectives pour les années à venir

    Si la Chine maintient le rythme actuel, elle pourrait devenir l’un des plus grands détenteurs officiels d’or au monde dans un horizon relativement court. Cela renforcerait sa position dans les discussions monétaires internationales et offrirait un matelas de sécurité en cas de tensions accrues.

    Côté Bitcoin, l’absence chinoise laisse le champ libre aux acteurs occidentaux. Les États-Unis, certains États fédérés et éventuellement d’autres pays pourraient continuer à explorer des réserves stratégiques numériques. Deux modèles de réserves se dessinent progressivement : l’un centré sur le métal physique et la souveraineté territoriale, l’autre sur un actif numérique décentralisé.

    Une leçon de pragmatisme géopolitique

    La Chine n’a pas besoin de convaincre le monde que le Bitcoin est l’avenir. Elle a besoin d’actifs qu’elle peut contrôler totalement, stocker sur son territoire et utiliser sans dépendre d’infrastructures externes. L’or répond parfaitement à ces critères. Le Bitcoin, malgré ses atouts, introduit des variables que Pékin préfère gérer autrement pour l’instant.

    Cette approche pragmatique explique pourquoi, en 2026, les 60 tonnes d’or déclarées côtoient un silence total sur le Bitcoin. Ce n’est pas un rejet idéologique de la technologie. C’est un choix stratégique basé sur le contrôle, la liquidité historique et la leçon des sanctions russes.

    Le débat entre or et Bitcoin n’est pas terminé. Il évoluera avec les technologies, les réglementations et les rapports de force internationaux. Mais pour l’instant, la Chine a tranché. Les lingots l’emportent, et de loin.

    Les implications pour les investisseurs individuels

    Les décisions des banques centrales influencent les marchés de long terme. Une demande structurelle chinoise soutient le prix de l’or. L’absence d’achat officiel chinois limite un potentiel flux massif vers le Bitcoin. Les investisseurs doivent intégrer ces divergences dans leur allocation d’actifs.

    Certains préfèrent suivre le mouvement des banques centrales et renforcer leur exposition à l’or physique ou papier. D’autres misent sur l’adoption progressive du Bitcoin par les institutions occidentales. Les deux approches peuvent coexister dans un portefeuille diversifié. L’essentiel est de comprendre les logiques sous-jacentes plutôt que de parier uniquement sur un récit dominant.

    Un contexte monétaire en mutation

    Le monde monétaire de 2026 n’est plus celui d’il y a dix ans. Les sanctions, les rivalités commerciales et les tentatives de création de systèmes de paiement parallèles ont modifié le paysage. L’or retrouve un rôle de refuge souverain. Le Bitcoin tente de s’imposer comme alternative numérique. La Chine a clairement choisi son camp pour le moment.

    Cette divergence n’empêche pas les deux actifs de progresser sur leurs propres logiques. Elle illustre simplement que les priorités nationales peuvent différer radicalement même face à un diagnostic géopolitique similaire. L’or pour Pékin, le Bitcoin pour certains acteurs américains. Deux réponses à une même question de souveraineté monétaire.

    En définitive, l’accumulation chinoise de 60 tonnes d’or en 2026, couplée à l’absence totale de Bitcoin dans les réserves stratégiques, constitue un signal fort. Il rappelle que les décisions monétaires d’État restent guidées par le contrôle, la liquidité et la capacité à résister aux pressions externes. Dans ce cadre, le métal jaune conserve une longueur d’avance aux yeux de Pékin.

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    Steven Soarez
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