Imaginez un instant : un colosse du secteur des jeux d’argent et des paris en ligne, pesant plusieurs dizaines de milliards en capitalisation, ploie sous une montagne de 12 milliards de dollars de dettes. De l’autre côté, une structure plus discrète, contrôlée à 100 % par un seul homme, affiche 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires… et zéro centime de dette. Cette opposition n’est pas une fable. Elle est devenue réalité en 2025.
Le géant s’appelle Flutter Entertainment, maison-mère de FanDuel, Paddy Power et Betfair. Le challenger ? Nexus International, dirigé par l’entrepreneur turc Gurhan Kiziloz. Derrière ce simple contraste de chiffres se cache une bataille bien plus profonde : celle du modèle économique qui dominera le futur du gaming, des paiements et peut-être même de l’internet financier décentralisé.
Quand la dette devient un boulet stratégique
En 2025, les taux d’intérêt restent élevés dans la plupart des grandes économies. Chaque milliard emprunté coûte cher. Très cher. Flutter Entertainment, qui a multiplié les acquisitions ces dernières années pour consolider sa domination, paie aujourd’hui le prix fort de cette stratégie expansionniste agressive. Les intérêts annuels grimpent dans les centaines de millions de dollars, amputant directement la marge opérationnelle.
À l’opposé, Gurhan Kiziloz a toujours refusé de céder ne serait-ce qu’une part minoritaire de son groupe. Pas d’investisseurs en capital-risque, pas d’introduction en bourse, pas d’emprunts bancaires massifs. Résultat : Nexus International peut réinvestir la quasi-totalité de ses flux de trésorerie sans qu’aucun créancier ne vienne prélever sa part au passage.
« La fintech, c’est pour les bureaucrates. Nous, on est en guerre. »
Gurhan Kiziloz – Gulf News, 2025
Cette phrase choc résume parfaitement la philosophie de l’homme d’affaires. Là où les dirigeants de sociétés cotées doivent jongler avec les attentes trimestrielles de Wall Street, Kiziloz peut se permettre de sacrifier temporairement la rentabilité au profit d’investissements massifs dans l’infrastructure technologique.
Le pari audacieux sur BlockDAG
Depuis plusieurs années, Gurhan Kiziloz ne se contente plus de développer des plateformes de paris en ligne classiques. Il voit plus loin. Beaucoup plus loin. Il mise sur une technologie blockchain de nouvelle génération capable de traiter des milliers de transactions par seconde sans sacrifier la sécurité ni la décentralisation.
Le projet porte un nom : BlockDAG. Contrairement aux blockchains classiques en chaîne linéaire (Bitcoin, Ethereum), BlockDAG utilise une structure de Directed Acyclic Graph (graphe orienté acyclique). Cette architecture permet de valider plusieurs blocs en parallèle, supprimant le goulot d’étranglement classique du minage séquentiel.
Avantages revendiqués par BlockDAG :
- Scalabilité horizontale massive
- Temps de confirmation quasi-instantanés
- Frais de transaction extrêmement bas
- Sécurité comparable à Bitcoin
- Compatibilité avec les smart-contracts EVM
Si ces promesses se concrétisent, BlockDAG pourrait devenir la couche de règlement de référence pour l’ensemble de l’industrie du gaming en ligne, des NFT, des paris sportifs tokenisés et même des micropaiements transfrontaliers.
Flutter : un géant aux pieds d’argile ?
Avec près de 15,4 milliards de dollars de revenus annuels en 2025 et une position ultra-dominante aux États-Unis grâce à FanDuel, Flutter reste incontestablement le leader mondial du secteur. Mais cette taille a un coût.
Les marges opérationnelles oscillent entre 3 et 6 % selon les trimestres, laminées par :
- les taxes réglementaires toujours plus lourdes,
- les budgets marketing colossaux nécessaires pour acquérir et conserver les joueurs,
- les coûts d’intérêts liés à la dette,
- les investissements permanents dans la technologie et l’expérience utilisateur.
Dans un environnement où les taux restent élevés, chaque point de marge perdu pèse doublement. Flutter doit donc en permanence arbitrer entre croissance à court terme et santé financière à long terme. Un exercice périlleux.
La doctrine Amazon selon Kiziloz
En 2025, Nexus International a volontairement laissé sa marge nette baisser de 7 points. Chez une société cotée, une telle annonce aurait déclenché une vague de ventes massives. Chez Nexus, ce choix stratégique délibéré a été applaudi en interne.
Kiziloz appelle cela la « Amazon Doctrine » : accepter des marges faibles, voire négatives temporairement, pour construire une infrastructure et un avantage compétitif insurmontables sur le long terme. Jeff Bezos avait appliqué exactement la même philosophie pendant plus de quinze ans. Aujourd’hui, Amazon domine plusieurs secteurs.
« Vous pouvez sacrifier les profits d’aujourd’hui pour construire le futur de demain… à condition de ne répondre à personne d’autre qu’à vous-même. »
Gurhan Kiziloz
Cette liberté totale de manœuvre constitue sans doute le principal avantage concurrentiel de Nexus International face aux mastodontes publics.
Propriété à 100 % = liberté stratégique totale
Peter Jackson, PDG de Flutter, est un dirigeant talentueux et expérimenté. Mais il reste un salarié. Il rend des comptes à un conseil d’administration, à des actionnaires institutionnels et aux analystes financiers. Toute décision stratégique doit être justifiée en termes de création de valeur actionnariale à court et moyen terme.
Gurhan Kiziloz, lui, ne rend de comptes à personne. Il peut décider du jour au lendemain de réallouer 40 % des cash-flows vers un projet blockchain expérimental sans craindre la moindre lettre ouverte d’un fonds activiste ou la moindre dégradation de recommandation de la part d’une banque d’investissement.
Conséquences concrètes de cette souveraineté :
- Investissements massifs dans des technologies non prouvées
- Acceptation volontaire de baisses de rentabilité temporaires
- Capacité à pivoter rapidement sans consultation
- Stratégie sur 10-15 ans plutôt que sur 3-5 ans
- Absence totale de pression pour distribuer des dividendes
Le gaming et la blockchain : une convergence inéluctable ?
Le secteur des jeux d’argent en ligne génère déjà des milliards de micro-transactions chaque jour : dépôts, retraits, paris individuels, bonus, cash-back, etc. Aujourd’hui, ces flux transitent majoritairement par des processeurs de paiement traditionnels qui prélèvent entre 1,5 % et 3,5 % par transaction.
Une blockchain ultra-rapide et ultra-économique pourrait diviser ces coûts par 10, voire par 100. Les économies réalisées pourraient être redistribuées sous forme de cotes plus avantageuses pour les joueurs ou de marges plus confortables pour les opérateurs… ou les deux à la fois.
C’est précisément sur ce terrain que BlockDAG veut se positionner : devenir la couche de règlement de référence pour l’ensemble de l’industrie du gaming et des paris en ligne décentralisés.
Quelles leçons pour l’écosystème crypto ?
L’histoire de Nexus International et de Gurhan Kiziloz apporte plusieurs enseignements précieux pour quiconque s’intéresse au futur de la blockchain et des cryptomonnaies :
- Le cash-flow réel reste roi, même à l’ère crypto
- La dilution actionnariale et l’endettement excessif peuvent devenir des handicaps mortels
- La souveraineté décisionnelle est un actif stratégique sous-estimé
- Les applications concrètes à très fort volume (gaming, paiements) représentent le meilleur terrain de jeu pour les blockchains de nouvelle génération
- Les fondateurs qui gardent le contrôle total peuvent adopter des horizons temporels beaucoup plus longs
Vers un duel de titans sur 10 ans ?
Bien sûr, Flutter reste aujourd’hui très largement devant en termes de revenus, d’utilisateurs actifs, de parts de marché et de reconnaissance mondiale. Nexus International représente encore moins de 10 % de la taille du géant irlandais.
Mais l’histoire économique regorge d’exemples où des acteurs agiles, sans dette et totalement souverains ont fini par dépasser des incumbents obèses et surendettés. Amazon contre les librairies traditionnelles, Netflix contre Blockbuster, Tesla contre les constructeurs historiques… la liste est longue.
En 2025, Gurhan Kiziloz ne cherche pas à détrôner Flutter demain matin. Il construit patiemment les fondations d’un empire technologique qui pourrait, d’ici 2030-2035, redéfinir complètement les règles du jeu.
Le duel ne fait que commencer. Et contrairement aux apparences, le vainqueur ne sera peut-être pas celui qui est le plus gros aujourd’hui… mais celui qui aura su rester le plus libre.
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