Imaginez une entreprise japonaise cotée en bourse qui décide de miser massivement sur Bitcoin, au point de devenir l’une des plus grosses détentrices publiques de la cryptomonnaie. Puis, soudain, des accusations fusent sur les réseaux sociaux : manque de transparence, achats cachés, mauvaise gestion. Et si la réponse du dirigeant changeait complètement la perspective ? C’est exactement ce qui se passe en ce moment avec Metaplanet et son PDG Simon Gerovich.
En plein cœur de février 2026, alors que le marché crypto reste volatile, une polémique éclate autour de la stratégie Bitcoin de cette société. Des voix anonymes sur X accusent l’entreprise de dissimuler des informations cruciales. Mais loin de se cacher, le CEO choisit la confrontation directe et publique. Cette affaire soulève des questions essentielles sur la transparence dans le monde des entreprises Bitcoin treasury.
La réponse ferme de Simon Gerovich aux critiques
Simon Gerovich n’a pas attendu longtemps pour réagir. Dès le 20 février 2026, il publie un message clair et argumenté sur X. Il rejette catégoriquement les allégations de « divulgation malhonnête ». Selon lui, ces critiques proviennent d’un compte anonyme qui n’assume aucune responsabilité, contrairement à lui qui s’engage publiquement sur chaque mot prononcé.
« Il est facile de se cacher derrière un compte anonyme pour critiquer sans conséquences. Moi, je réponds publiquement et j’assume l’entière responsabilité de mes paroles et des actions de Metaplanet. »
Simon Gerovich, PDG de Metaplanet
Cette déclaration pose les bases d’une défense structurée. Le dirigeant insiste sur le fait que la stratégie d’accumulation Bitcoin reste inchangée : long terme, systématique, sans viser le timing du marché. Mais au-delà des mots, ce sont les faits concrets qu’il met en avant pour démontrer la transparence.
Les achats Bitcoin : tout est annoncé en temps réel
L’une des principales accusations portait sur des achats supposément cachés, notamment en septembre lors de prix élevés. Gerovich démonte point par point : quatre acquisitions ont eu lieu ce mois-là, et chacune a été communiquée immédiatement aux actionnaires. Pas de secret, pas de surprise.
Pour aller plus loin, l’entreprise met à disposition un dashboard public en temps réel. Les adresses de wallets Bitcoin sont accessibles à tous. N’importe quel investisseur peut vérifier les mouvements, les soldes, et suivre l’évolution des holdings. Cette ouverture totale contraste avec les pratiques de nombreuses sociétés traditionnelles.
Points clés sur la transparence des achats :
- Annonces immédiates après chaque décision d’achat
- Adresses wallets publiques et vérifiables
- Dashboard live pour suivre les holdings en direct
- Stratégie long terme assumée, pas de spéculation court terme
Cette approche rappelle les principes mêmes de Bitcoin : décentralisation et vérifiabilité par tous. Metaplanet applique ici les valeurs de la blockchain à sa gouvernance corporate.
La stratégie des options : réduire les coûts d’acquisition
Autre cible des critiques : l’utilisation d’options put vendues par l’entreprise. Certains y voient un risque excessif ou une mauvaise gestion. Gerovich explique au contraire qu’il s’agit d’une méthode intelligente pour baisser le prix effectif d’achat du Bitcoin.
Exemple concret : vendre une put à 80 000 $ avec une prime de 10 000 $ ramène le coût réel à 70 000 $ si l’option est exercée. En période de volatilité élevée, cette prime représente un revenu substantiel. Selon le PDG, cette tactique a permis d’augmenter le Bitcoin par action de plus de 500 % en 2025.
Il défend cette approche comme parfaitement alignée avec l’objectif principal : maximiser les BTC détenus par actionnaire, sans céder à la spéculation pure. Les primes servent ensuite à financer de nouveaux achats, créant un cercle vertueux.
Les résultats financiers : au-delà du profit net
Les comptes de Metaplanet montrent parfois des pertes nettes importantes. Pour Gerovich, ce chiffre est trompeur dans le cadre d’une société treasury Bitcoin. Les variations non réalisées sur les holdings pèsent lourdement, mais l’entreprise ne vend pas ses BTC.
Il préfère mettre en avant le profit opérationnel, qui a explosé en 2025 grâce aux primes d’options et aux activités annexes. Ce indicateur reflète mieux la santé réelle de l’entreprise. Les pertes comptables liées à la valorisation Bitcoin sont temporaires, liées à la volatilité, mais la stratégie reste solide.
« Le profit net n’est pas le bon indicateur pour une entreprise Bitcoin treasury. Regardez plutôt le profit opérationnel et le Bitcoin par action. »
Simon Gerovich
Cette distinction est cruciale. Beaucoup d’investisseurs traditionnels jugent sur le résultat net, mais dans le monde crypto, la valeur réside dans l’accumulation d’actifs rares comme Bitcoin.
Emprunts et financement : des conditions favorables
Les critiques ont aussi visé les pratiques d’emprunt. Metaplanet utilise des lignes de crédit pour financer ses achats. Gerovich confirme que toutes les conditions essentielles (montants, collatéral, objectifs) ont été divulguées en temps voulu.
Seuls les noms des prêteurs et les taux exacts restent confidentiels, à la demande des contreparties. Le PDG assure que ces termes sont avantageux et respectent pleinement les règles de disclosure japonaises. L’entreprise combine ainsi levier intelligent et transparence maximale sur l’essentiel.
Éléments divulgués sur les emprunts :
- Montants tirés et calendrier
- Collatéral utilisé
- Objectif des fonds
- Conditions générales
- Approbation conforme aux normes
Cette ouverture renforce la crédibilité auprès des investisseurs institutionnels, qui apprécient la clarté sur les risques financiers.
L’engagement personnel du PDG et les activités diversifiées
Pour contrer l’idée que Metaplanet repose uniquement sur les fonds des actionnaires, Gerovich rappelle qu’il est lui-même un gros actionnaire et a investi personnellement. Cette skin in the game aligne les intérêts du dirigeant avec ceux des investisseurs.
Par ailleurs, l’entreprise conserve une activité hôtelière traditionnelle qui génère des revenus stables et des profits en 2025. Cela prouve que Metaplanet n’est pas une pure play crypto spéculative, mais une société diversifiée qui intègre Bitcoin comme réserve stratégique.
Pourquoi cette affaire dépasse Metaplanet
Cette controverse illustre un enjeu plus large : comment les entreprises cotées intègrent Bitcoin dans leur bilan ? Metaplanet suit les traces de pionniers comme MicroStrategy, mais avec une touche japonaise : rigueur, disclosure stricte, et innovation financière via les options.
Dans un contexte où les régulateurs scrutent de près les cryptos, une transparence exemplaire peut devenir un avantage compétitif. Les actionnaires exigent de la clarté, et Gerovich semble l’avoir compris. Sa réponse directe pourrait même renforcer la confiance à long terme.
De plus, avec des holdings dépassant les 35 000 BTC fin 2025 et un objectif ambitieux de 210 000 BTC d’ici 2027 (1 % de l’offre totale), Metaplanet se positionne comme un acteur majeur. Les critiques, même virulentes, ne semblent pas entamer cette trajectoire.
Les leçons pour les investisseurs crypto
Cette affaire rappelle plusieurs principes essentiels. D’abord, vérifiez toujours les sources : un tweet anonyme ne vaut pas une annonce officielle. Ensuite, la transparence est reine dans la crypto, surtout pour les entités cotées. Enfin, une stratégie long terme sur Bitcoin tolère mal les jugements court terme.
- Vérifiez les dashboards et wallets publics
- Privilégiez les indicateurs comme BTC par action
- Comprenez les stratégies d’options comme outil de yield
- Acceptez la volatilité comptable sans panique
- Soutenez les dirigeants qui assument publiquement
Metaplanet pourrait bien devenir un modèle pour d’autres entreprises asiatiques tentées par Bitcoin. En attendant, Simon Gerovich a transformé une attaque en opportunité de communication. Reste à voir si les marchés récompenseront cette franchise.
Le débat sur la transparence des Bitcoin treasury companies ne fait que commencer. Avec la maturité croissante du secteur, ces polémiques forgent les standards de demain. Et pour Metaplanet, l’avenir semble plus que jamais tourné vers l’accumulation sans compromis.
Restez attentifs : les prochaines annonces de la société pourraient redéfinir les attentes des investisseurs face à une stratégie aussi audacieuse.
