Imaginez un monde où vous tradez des contrats perpétuels sur l’or ou des actions sans jamais confier vos fonds à une plateforme centralisée. Un monde où la liquidité est transparente, la garde de vos actifs totale et l’exécution infalsifiable. Ce n’est plus de la science-fiction : c’est la vision que porte Rachel Lin, CEO de SynFutures, et elle estime que cette réalité dominera la finance d’ici cinq ans.
Dans une interview récente accordée à crypto.news le 1er janvier 2026, l’ancienne executive de Deutsche Bank et cofondatrice de Matrixport a partagé sa conviction profonde : la migration massive vers les infrastructures on-chain est irréversible. Entre chiffres éloquents, analyses pointues et annonces sur l’évolution de sa plateforme, Rachel Lin dessine les contours d’un secteur en pleine mutation.
Rachel Lin : « Le déplacement vers l’on-chain est déjà en marche »
Le ton est donné dès les premières questions. Alors que les volumes des exchanges décentralisés (DEX) ont explosé pour atteindre près de 900 milliards de dollars en spot au seul deuxième trimestre 2025, les plateformes centralisées (CEX) voient leur part de marché fondre à vue d’œil. Pour Rachel Lin, ce n’est pas un hasard passager mais le début d’une tendance structurelle.
Ce qui frappe dans son discours, c’est la sérénité face à ces chiffres. Pas de triomphalisme excessif, mais une analyse froide des forces en présence. Les DEX ne gagnent pas seulement parce qu’ils sont « décentralisés » par idéologie. Ils gagnent parce qu’ils sont devenus meilleurs sur les critères qui comptent vraiment pour les traders : vitesse, profondeur de marché et qualité d’exécution.
Pourquoi SynFutures se distingue dans la jungle des DEX
SynFutures n’est pas un DEX comme les autres. C’est la seule plateforme qui combine un carnet d’ordres (order book) véritablement décentralisé avec des mécanismes AMM pour les perpétuels. Tout le matching et le règlement se font on-chain, sans intermédiaire.
Cette architecture hybride résout un problème majeur des dérivés décentralisés : la fragmentation de la liquidité et la complexité liée à l’expiration des contrats. En éliminant ces frictions, SynFutures offre une efficacité de capital et une exécution que même certains CEX envient.
« Les avantages structurels comme l’exécution transparente, l’accès permissionless et la self-custody deviennent de plus en plus difficiles à reproduire pour les CEX traditionnels. »
Rachel Lin, CEO de SynFutures
Ajoutez à cela des block times plus rapides et des contrôles de risque adaptatifs, et vous obtenez une plateforme capable de rester stable même pendant les périodes de forte volatilité. Un argument de poids quand on se souvient des liquidations en cascade qui ont marqué les crises passées.
La confiance brisée : l’héritage des faillites CEX
Si la self-custody est souvent mise en avant, Rachel Lin va plus loin. Pour elle, le vrai moteur du mouvement vers les DEX est la prédictibilité. Les scandales Celsius et FTX ont changé à jamais la perception du risque.
Plus de 11 milliards de dollars perdus par les utilisateurs de CEX à cause de hacks ou de mauvaise gestion – un chiffre largement supérieur aux pertes enregistrées par les protocoles DeFi. Dès lors, les traders veulent pouvoir vérifier eux-mêmes la liquidité, confirmer les exécutions et garder le contrôle total de leurs actifs.
Les mesures de protection que SynFutures a mises en place :
- Isolation des marges pour les paires avec liquidité insuffisante
- Réduction automatique du levier quand l’Open Interest devient trop élevé
- Restrictions de sécurité renforcées en période de stress marché
- Contrôles de risque intégrés directement dans l’expérience utilisateur
Ces mécanismes, loin d’être des gadgets, contribuent à restaurer progressivement la confiance. Les utilisateurs savent que la plateforme agit dans leur intérêt même quand les marchés deviennent fous.
Les CEX vont-ils disparaître ? Pas tout de suite…
Rachel Lin se montre nuancée sur l’avenir des exchanges centralisés. Non, ils ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Ils conserveront un rôle important comme points d’entrée fiat, canaux de distribution et interfaces dans certaines régions.
Mais leur modèle est en train de changer profondément. Déjà, on voit des CEX intégrer des infrastructures on-chain, router leur liquidité via des DEX ou nouer des partenariats avec des protocoles DeFi. C’est une reconnaissance implicite : l’activité principale se déplace vers la chaîne.
À long terme, cependant, ajouter des fonctionnalités décentralisées sur une infrastructure centralisée ne suffira pas. Les limitations fondamentales en matière de confiance, de flexibilité et d’effets de réseau persisteront. Les CEX risquent de devenir de simples portes d’entrée posées sur des systèmes décentralisés.
Les obstacles technologiques et réglementaires
Les barrières technologiques tombent à grande vitesse. Les améliorations en latence, vitesse d’exécution et efficacité de capital ont déjà rendu possibles des produits complexes entièrement on-chain. Les marchés de prêt scalables suivent le même chemin.
La prochaine étape ? Raffiner les systèmes de gestion de risque, approfondir la liquidité cross-chain et simplifier radicalement l’UX/UI pour toucher le grand public.
Côté réglementaire, le paysage reste fragmenté. Mais un point positif : la traçabilité inhérente aux systèmes on-chain s’aligne parfaitement avec les objectifs de régulation. L’auditabilité et l’automatisation pourraient même devenir des atouts majeurs si les régulateurs les reconnaissent comme tels.
TradFi face à la révolution on-chain
Les institutions financières traditionnelles ne peuvent ignorer les avantages de la blockchain : règlement continu, réduction du risque de contrepartie, baisse des coûts opérationnels et portée mondiale. C’est une technologie transformative qu’elles ne peuvent se permettre de rater.
Bien sûr, il y aura de la résistance. Les systèmes bancaires legacy, les inquiétudes réglementaires freineront l’adoption. Mais les expérimentations avec les instruments tokenisés, les stablecoins et les marchés de crédit blockchain montrent déjà que les bénéfices sont évidents.
« À terme, la finance décentralisée sera la plus significative lorsqu’elle réalisera son potentiel innovant et s’éloignera de la finance traditionnelle. »
Rachel Lin
Au-delà de la simple tokenisation : créer de nouveaux marchés
La tokenisation des actifs du monde réel (RWAs) est importante, mais elle n’est pas l’ultime objectif. Répliquer les instruments TradFi sur blockchain est une étape nécessaire – elle démontre les capacités permissionless et programmables de la technologie.
Mais le vrai potentiel réside ailleurs : créer des marchés et des actifs entièrement nouveaux, impossibles dans la finance traditionnelle. Grâce à la programmabilité et à l’absence de permission, on peut imaginer des marchés autour de n’importe quel actif, indice ou même identité.
C’est là que DeFi deviendra vraiment révolutionnaire : non pas en important Wall Street sur la chaîne, mais en inventant quelque chose de totalement différent.
Ce qui a surpris Rachel Lin en 2025
2025 a été une année charnière. Les performances des blockchains ont progressé de manière spectaculaire : chaînes comme Monad atteignent des vitesses records, les frais sont devenus négligeables. Les régulateurs mondiaux se réchauffent à la crypto.
Ce qui marque surtout Rachel Lin, c’est la nature de cette adoption. Contrairement aux cycles précédents, la migration vers DeFi n’a pas été principalement alimentée par des incitations artificielles, mais par une confiance réelle dans des plateformes transparentes dotées de contrôles de risque solides.
Signes d’une adoption grand public imminente :
- Inscription par email sur les wallets
- Bridging seamless entre chaînes
- Cartes crypto qui deviennent mainstream
- Adoption rapide des stablecoins
- Interfaces toujours plus intuitives
La vision à 5 ans de SynFutures
Pour Rachel Lin, SynFutures doit évoluer d’une simple plateforme de dérivés vers une infrastructure fondamentale pour les marchés on-chain.
Les RWAs à forte liquidité mondiale représentent une extension naturelle. Après avoir lancé les premiers marchés sur l’or et le pétrole brut, la plateforme prépare l’arrivée d’une gamme plus large d’actifs tokenisés – les perpétuels étant le moyen le plus efficace de les trader.
Mais l’ambition va plus loin. Plutôt que de tout contrôler en interne, SynFutures lance un Builder Program pour permettre à des équipes indépendantes de construire sur son infrastructure éprouvée, en bénéficiant de sa liquidité et de ses contrôles de risque.
En 2026, un nouveau mainnet est prévu : exécution plus rapide, frais réduits, expérience utilisateur proche de celle d’un CEX, sur une chaîne optimisée pour les perpétuels. Viendront ensuite l’expansion des actifs (actions, indices), une application mobile et des améliorations de gouvernance.
En résumé, Rachel Lin ne voit pas SynFutures comme un simple exchange, mais comme la colonne vertébrale des futurs marchés on-chain. Une infrastructure ouverte, robuste et prête à accueillir l’explosion des actifs tokenisés et des innovations financières qui n’existent pas encore.
Alors que le secteur entre dans une phase de maturation rapide, cette vision apparaît non seulement crédible, mais presque inévitable. Le déplacement vers l’on-chain n’est plus une question de « si », mais de vitesse et d’ampleur. Et des acteurs comme SynFutures, avec leur mélange unique d’expérience TradFi et d’exécution DeFi-native, sont idéalement positionnés pour mener cette transformation.
Le message est clair : préparez-vous. Dans cinq ans, la finance que nous connaissons pourrait sembler aussi archaïque que les télégrammes face aux smartphones.
