Imaginez un instant : vous ouvrez votre application bancaire ce matin, vous consultez votre solde… et vous réalisez soudain que cet argent dort depuis des années sur un compte qui vous coûte plus qu’il ne vous rapporte. Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, des milliers de milliards circulent instantanément, sans intermédiaire, sans frais exorbitants, sans délai. Cette scène n’est plus de la science-fiction. Elle est en train de devenir notre réalité quotidienne, et c’est le patron de la plus grande société de gestion d’actifs au monde qui vient de sonner l’alarme.

Le 8 février 2026, lors du Future Investment Initiative à Riyad, Larry Fink a prononcé des mots qui risquent de hanter les directions des grandes banques pendant longtemps. Lui qui gère plus de 10 000 milliards de dollars n’a pas hésité : la véritable disruption n’est pas l’intelligence artificielle, mais bien la tokenisation massive des actifs financiers. Et selon lui, ce basculement arrive beaucoup plus vite que ce que la plupart des gens imaginent.

Quand le patron de BlackRock enterre la banque traditionnelle

Dans une salle remplie de banquiers centraux, de fonds souverains et de chefs d’État, Larry Fink a tenu un discours d’une rare franchise. Il n’a pas parlé d’un futur hypothétique dans vingt ans. Il a décrit un changement structurel qui, selon ses propres termes, se produit « très rapidement » et à l’échelle planétaire.

« Nous passons trop de temps à parler d’IA, et pas assez à parler de la rapidité avec laquelle nous allons tokeniser chaque actif financier. » Cette phrase résume à elle seule le message principal : pendant que le grand public s’émerveille devant les chatbots et les images générées, la finance mondiale est en train de remplacer ses fondations les plus profondes.

« Plus rapide que l’IA », voilà comment Larry Fink qualifie la tokenisation des actifs. Un aveu qui fait froid dans le dos quand on sait qui parle.

Pourquoi un tel constat venant d’un homme qui représente l’establishment financier ? Parce que BlackRock ne se contente pas d’observer la blockchain : la société y investit massivement depuis plusieurs années, notamment via ses ETF Bitcoin et ses projets autour des Real World Assets (RWA).

La tokenisation, c’est quoi exactement ?

La tokenisation consiste à représenter un actif du monde réel (immobilier, obligations, actions, œuvres d’art, matières premières…) sous forme de jeton numérique sur une blockchain. Ce jeton est alors divisible à l’infini, transférable instantanément 24h/24 et 7j/7, et programmable.

Concrètement, au lieu d’acheter une part d’un fonds immobilier via une banque qui prend 2 % de frais d’entrée et 1,5 % de frais de gestion annuels, vous achetez directement un token représentant cette part. Le transfert se fait en quelques secondes pour quelques centimes, sans notaire, sans banquier, sans attente de règlement-livraison à J+2 ou J+3.

Avantages immédiats de la tokenisation selon les institutionnels :

  • Liquidité accrue : des actifs illiquides (immobilier, private equity) deviennent échangeables comme des actions
  • Fractionnement : on peut acheter 0,001 % d’un immeuble à Dubaï
  • Transparence totale : l’historique des propriétaires est inscrit sur la blockchain
  • Règlement instantané : exit les délais de 48h ou 72h
  • Coûts divisés par 10 voire par 100
  • Accessibilité mondiale : n’importe qui avec une connexion internet peut investir

Ces arguments ne viennent plus seulement des maximalistes Bitcoin. Ils sont désormais portés par BlackRock, Franklin Templeton, Goldman Sachs, JPMorgan et même plusieurs banques centrales qui expérimentent des CBDC (monnaies numériques de banque centrale).

Visa, Mastercard, SWIFT… menacés d’obsolescence ?

Là où le discours de Larry Fink devient vraiment troublant, c’est lorsqu’il s’attaque directement aux rails de paiement actuels. Il pose la question sans détour :

« Si chaque devise est numérisée… si nous avons tous des portefeuilles numériques… quel est l’avenir des banques pour les paiements ? Quel est l’avenir d’intermédiaires comme Visa ou Mastercard ? »

La réponse implicite est glaçante pour ces mastodontes : leur modèle économique repose sur des frais d’interchange de 1,5 à 3 % par transaction et sur le fait que l’argent met plusieurs jours à circuler entre comptes. Or la blockchain permet déjà des transferts de valeur en moins de 5 secondes pour moins de 0,01 $ dans de nombreux cas (Solana, Polygon, Base, etc.).

Les stablecoins comme l’USDC de Circle ou l’USDT de Tether ne sont plus des gadgets pour crypto-traders. Ils représentent aujourd’hui des centaines de milliards de dollars en circulation et servent déjà de pont entre finance traditionnelle et finance décentralisée.

« La plomberie de la finance mondiale est sur le point d’être remplacée. »

Larry Fink – 8 février 2026

Quand on sait que BlackRock détient une participation significative dans Circle (émetteur de l’USDC), on comprend mieux pourquoi son PDG pousse aussi fort pour cette narrative.

Pourquoi la plupart des pays et des épargnants sont-ils « mal préparés » ?

Larry Fink ne s’est pas contenté de vanter les mérites de la tokenisation. Il a aussi dressé un constat inquiétant : la majorité des gouvernements, des régulateurs et des citoyens sous-estiment complètement l’ampleur et la vitesse de ce changement.

Dans cinq ans, selon lui, ceux qui n’auront pas adapté leur épargne risquent de se retrouver coincés dans un système bancaire lent, coûteux et déconnecté de la nouvelle réalité économique. L’argent « mort » sur un compte courant ou sur un livret A à 3 % ne rivalisera plus avec l’argent « vivant » qui travaille 24h/24 via des protocoles DeFi ou des pools de rendement tokenisés.

Signes que la tokenisation est déjà en marche :

  • BlackRock et Securitize lancent des fonds tokenisés sur Ethereum
  • Franklin Templeton propose un fonds monétaire tokenisé (FOBXX) sur plusieurs blockchains
  • Plusieurs États du Golfe tokenisent déjà des obligations souveraines
  • Les volumes quotidiens de stablecoins dépassent régulièrement ceux de Visa
  • PayPal, Revolut, Société Générale et même la Banque de France testent ou utilisent des stablecoins / CBDC

Ces éléments ne sont plus des expérimentations marginales. Ils deviennent l’infrastructure de demain.

Le portefeuille numérique devient la nouvelle norme

Dans ce futur décrit par Fink, posséder un simple compte bancaire ne suffira plus. La norme sera de maîtriser son propre portefeuille numérique (wallet), non pas pour spéculer sur des memecoins, mais pour détenir :

  • des parts d’entreprises tokenisées
  • des obligations d’État numériques
  • des fractions d’immeubles ou d’infrastructures
  • des stablecoins rémunérés
  • des matières premières tokenisées (or, pétrole, etc.)

Ce portefeuille ne sera plus un gadget crypto. Il deviendra l’équivalent moderne du compte courant + livret d’épargne + PEA + assurance-vie, le tout réuni dans une interface que vous contrôlez à 100 %.

Et contrairement aux idées reçues, la sécurité progresse très vite : les wallets multisignatures institutionnels, les solutions de récupération sociale et les hardware wallets de nouvelle génération rendent le self-custody beaucoup plus accessible qu’il y a trois ans.

Stablecoins = la vraie digitalisation du dollar

Quand Larry Fink parle de « digitaliser le dollar », il ne parle pas uniquement des projets de CBDC. Il valide ce que la DeFi utilise depuis des années : les stablecoins adossés au dollar américain.

Ces dollars numériques ne sont plus des curiosités. Ils représentent aujourd’hui une part significative des flux transfrontaliers, notamment dans les pays émergents où les monnaies locales s’effondrent ou subissent une inflation massive.

« Si chaque devise est digitalisée […] qu’est-ce que cela signifie pour les paiements bancaires ? Pour Visa et Mastercard ? »

Larry Fink

Les stablecoins offrent déjà ce que les banques promettent depuis vingt ans sans jamais vraiment y arriver : des paiements instantanés, sans frontières, à faible coût, disponibles 24h/24.

Et concrètement, que faire aujourd’hui ?

Face à cette vague qui arrive, plusieurs stratégies se dessinent pour les particuliers :

  • Commencer à se familiariser avec un wallet non-custodial (Metamask, Rabby, Phantom…)
  • Stocker une partie de son épargne en stablecoins sur des protocoles qui rapportent (Aave, Compound, Morpho, etc.)
  • S’intéresser aux premiers produits RWA accessibles aux particuliers
  • Suivre les annonces des grandes institutions (BlackRock, Franklin, WisdomTree…) qui lancent de nouveaux produits tokenisés
  • Ne pas attendre que sa banque propose « la version crypto » : elle arrivera forcément en retard et avec beaucoup plus de restrictions

La transition ne se fera pas du jour au lendemain, mais les signaux sont clairs : ceux qui s’adapteront tôt auront un avantage compétitif majeur dans les années à venir.

Comme le résume si bien Larry Fink : le futur de la finance n’est pas dans l’intelligence artificielle seule, mais dans la rencontre entre l’IA, la tokenisation et les infrastructures décentralisées. Et cette rencontre est déjà en train de redessiner complètement le paysage.

La question n’est donc plus de savoir si cela va arriver, mais à quelle vitesse vous allez vous positionner pour en profiter plutôt que de le subir.

Le compte bancaire tel que nous le connaissons a peut-être déjà vécu ses plus belles années.

Et vous, où en êtes-vous dans votre transition vers la finance tokenisée ?

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