Imaginez une entreprise cotée en bourse qui décide du jour au lendemain de tourner le dos à l’un des projets blockchain les plus emblématiques de la décennie pour plonger tête la première dans l’intelligence artificielle. C’est exactement ce que vient d’annoncer VivoPower International, et cette décision pourrait bien marquer un tournant symbolique dans la manière dont certaines sociétés traditionnelles perçoivent désormais les cryptomonnaies et l’IA.

Le 9 février 2026, VivoPower a officialisé la cession de l’intégralité de sa participation dans Ripple Labs. Exit les tokens XRP, exit l’exposition directe aux actifs numériques. L’entreprise explique vouloir concentrer toutes ses ressources sur le développement d’infrastructures de data centers optimisées pour l’intelligence artificielle et alimentées par des sources d’énergie renouvelable.

Un virage stratégique sans précédent

Ce n’est pas tous les jours qu’une société cotée sur le Nasdaq et sur la Bourse de Francfort décide de se désengager totalement d’un acteur majeur de la blockchain. Pourtant, VivoPower affirme avoir réalisé cette opération sans aucune perte réalisée ni latente sur ses avoirs numériques. Une sortie propre, chirurgicale, presque trop belle pour être vraie dans un marché crypto connu pour sa volatilité extrême.

Mais derrière cette annonce se cache une ambition bien plus large : devenir un acteur incontournable des infrastructures critiques de demain, celles qui font tourner les modèles d’IA les plus gourmands en calcul et en énergie.

Les détails de la transaction Ripple

Selon le communiqué officiel, la participation de VivoPower dans Ripple Labs a été transférée à deux entités sud-coréennes :

  • Une partie significative a été cédée à KWeather Co., société cotée sur le KOSDAQ, en échange d’une participation de 20 % dans son capital.
  • Le solde a été transmis à Lean Ventures, conformément à un accord de partenariat signé dès décembre 2025.

Toutes les actions Ripple ont été transférées à leur juste valeur marchande, et l’opération reste soumise à l’approbation interne finale de Ripple Labs elle-même. Une clause classique dans ce genre de transaction impliquant des parts de sociétés privées.

Points clés de l’opération

  • Vente totale de la participation Ripple
  • Pas de perte latente ni réalisée sur actifs numériques
  • Acquisition d’une participation de 20 % dans KWeather
  • Partenariat renforcé avec Lean Ventures
  • Approbation finale encore attendue de Ripple Labs

Ce qui frappe dans cette opération, c’est la volonté affichée de nettoyer complètement le bilan de toute exposition directe aux cryptomonnaies. Une fois l’opération finalisée, VivoPower n’aura plus aucun token ni action numérique directe dans ses comptes.

Pourquoi sortir de Ripple maintenant ?

Le timing peut surprendre. XRP évolue autour de 1,39 $ en ce début février 2026, après avoir connu des périodes bien plus fastes. Certains observateurs y verront une forme de capitulation, d’autres une décision pragmatique et visionnaire.

VivoPower explique que cette sortie s’inscrit dans une stratégie globale de recentrage sur les secteurs à très forte croissance structurelle : les data centers pour l’IA. L’entreprise estime que les besoins en puissance de calcul vont continuer d’exploser dans les prochaines années, tandis que les contraintes énergétiques et environnementales deviennent de plus en plus critiques.

« Nous voulons être du côté de la solution, pas du côté du problème. Les data centers de nouvelle génération doivent être à la fois ultra-puissants et véritablement durables. C’est notre ADN. »

Extrait du communiqué VivoPower – février 2026

Derrière cette phrase se dessine une vision très claire : l’intelligence artificielle va consommer énormément d’électricité, et les acteurs qui sauront proposer des infrastructures à faible empreinte carbone disposeront d’un avantage compétitif décisif.

L’ADN « Power to X » de VivoPower

Depuis plusieurs années, VivoPower communique autour de son positionnement « Power to X ». Derrière ce slogan se cache la volonté de développer des infrastructures énergétiques et de calcul capables de répondre aux besoins des industries les plus énergivores de demain : IA, cloud computing haute performance, HPC, etc.

L’entreprise met particulièrement en avant trois axes :

  • Production et stockage d’énergie renouvelable
  • Data centers à haute densité optimisés pour l’IA
  • Modèles économiques basés sur des contrats long terme avec des acteurs tech majeurs

Cette stratégie s’accompagne d’une certification B Corp, ce qui signifie que l’entreprise s’engage officiellement à respecter des standards élevés en matière de performance sociale et environnementale.

Que deviennent les autres activités crypto ?

Tout n’est pas totalement abandonné côté blockchain chez VivoPower. L’exposition restante à Ripple Labs (et plus largement aux usages blockchain) a été transférée au sein de Vivo Federation, une entité distincte actuellement en cours d’évaluation stratégique.

Deux autres branches font également l’objet d’une revue stratégique :

  • Tembo : solutions électriques pour flottes de véhicules et infrastructures énergétiques
  • Caret Digital : mining d’actifs numériques couplé à des énergies renouvelables

Plusieurs scénarios sont sur la table : recentrage total sur l’IA, cessions partielles, création de co-entreprises, voire introduction en bourse de certaines filiales. Rien n’est encore tranché, mais le message est clair : l’époque où VivoPower gardait un pied dans le monde crypto semble révolue.

Le boom des data centers IA : un marché en ébullition

Pour comprendre la logique de VivoPower, il faut regarder les chiffres du secteur. Les projections les plus sérieuses estiment que la demande mondiale en capacité de data centers va être multipliée par 4 à 6 d’ici 2030, essentiellement tirée par l’entraînement et l’inférence des grands modèles d’IA.

Problème : ces centres consomment énormément d’électricité. On parle déjà de plusieurs gigawatts rien que pour les hyperscalers américains. Dans ce contexte, les projets capables d’associer :

  • Haute densité de calcul
  • Refroidissement innovant
  • Énergie 100 % renouvelable
  • Contrats d’achat d’électricité (PPA) longue durée

… deviennent extrêmement attractifs pour les géants de la tech qui cherchent à verdir leur image tout en sécurisant leur approvisionnement énergétique.

Quelques chiffres marquants (estimations 2026-2030)

  • Demande IA → +400 à +600 % de capacité data center
  • Consommation électrique data centers → potentiellement 8-12 % de la consommation mondiale d’électricité en 2030
  • PPA renouvelables signés en 2025 → record historique de +55 GW

VivoPower veut clairement se positionner sur ce créneau en pleine explosion, là où les marges sont encore confortables et où les barrières à l’entrée restent relativement élevées.

Zones géographiques ciblées

L’entreprise communique sur une implantation volontairement diversifiée :

  • Royaume-Uni
  • Australie
  • Amérique du Nord
  • Europe continentale
  • Moyen-Orient
  • Asie du Sud-Est

Cette dispersion géographique permet de limiter les risques réglementaires et climatiques tout en profitant des meilleurs régimes d’incitation pour les énergies renouvelables selon les pays.

Que retenir de ce mouvement stratégique ?

Le cas VivoPower est intéressant à plus d’un titre. Il illustre plusieurs tendances qui se dessinent en 2026 :

  • De nombreuses entreprises ayant investi dans les cryptos entre 2017 et 2022 sortent progressivement de ces positions
  • L’intelligence artificielle est perçue comme le prochain grand cycle d’investissement technologique
  • L’énergie renouvelable devient un critère de différenciation majeur dans les infrastructures critiques
  • Les acteurs traditionnels cherchent à se repositionner sur des secteurs à plus forte visibilité et à moindre volatilité que la crypto

Pour autant, tout n’est pas rose. Construire des data centers de nouvelle génération demande des capitaux considérables, des délais longs et une exécution sans faille. Le marché est déjà très concurrentiel avec l’arrivée de géants comme AWS, Google Cloud, Microsoft Azure, mais aussi de pure-players comme Core Scientific, Applied Digital ou encore les nouveaux entrants soutenus par des fonds souverains.

Et Ripple dans tout ça ?

Du côté de Ripple Labs, cette sortie d’un actionnaire historique ne devrait pas avoir d’impact majeur. L’entreprise a considérablement diversifié ses revenus ces dernières années (paiements transfrontaliers, custody, stablecoin RLUSD, partenariats institutionnels) et dépend beaucoup moins de ses actionnaires historiques qu’auparavant.

Cependant, le symbole reste fort : une société qui avait misé sur Ripple il y a plusieurs années choisit aujourd’hui de s’en séparer totalement pour se concentrer sur l’IA. Difficile de ne pas y voir un signe des temps.

Conclusion : la fin d’une époque ?

Le mouvement de VivoPower ne marque probablement pas « la fin » des cryptomonnaies dans les bilans d’entreprises cotées. Mais il illustre une tendance lourde : de plus en plus d’acteurs institutionnels considèrent que le chapitre spéculatif des cryptos touche à sa fin, tandis que le chapitre infrastructurel de l’IA ne fait que commencer.

Entre la volonté de verdir les data centers, la course aux mégawatts renouvelables et la recherche de rendements plus prévisibles, le choix stratégique de VivoPower est finalement assez logique… même s’il peut laisser un goût amer aux puristes de la blockchain.

Reste maintenant à voir si l’entreprise parviendra à transformer cette ambition en réalité opérationnelle et financière. Le chemin s’annonce long, semé d’embûches et très capitalistique. Mais l’appétit du marché pour les infrastructures IA renouvelables n’a jamais été aussi fort.

À suivre de très près.

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