Imaginez un instant : le Bitcoin oscille autour de 70 000 dollars, le marché totalise encore plus de 2 400 milliards de capitalisation… et pourtant, la panique ambiante est presque palpable. Les écrans clignotent en rouge, les forums bruissent de craintes apocalyptiques et même les plus aguerris hésitent à ouvrir leurs portefeuilles. Bienvenue dans l’ère de la peur extrême qui s’est installée sur le marché des cryptomonnaies en ce début février 2026.
Ce n’est pas une simple baisse passagère. C’est un sentiment profond, presque viscéral, qui s’est emparé de la communauté. Et l’indicateur le plus scruté du secteur vient de confirmer ce que beaucoup ressentaient déjà dans leurs tripes : le Fear and Greed Index de CoinMarketCap s’est effondré à 9. Un niveau historiquement bas qui crie « panique généralisée ».
Quand la peur atteint des sommets… historiques
Le 9 février 2026, l’indice qui mesure le moral des investisseurs crypto affiche un score de 9 sur 100. Pour rappel, 0 représente la peur absolue et 100 l’euphorie la plus démesurée. Entre les deux, on trouve des zones plus tempérées : neutralité autour de 50, avidité au-dessus de 75, et terreur en dessous de 25. À 9, on est clairement dans la catégorie Extreme Fear.
Quelques jours plus tôt, le 6 février, l’indice avait même touché 5 – son plus bas niveau de l’année. Une chute vertigineuse depuis le score de 41 (zone neutre) observé il y a seulement un mois. Cette dégringolade n’est pas anodine : elle traduit un revirement brutal du sentiment collectif.
Quelques chiffres marquants du moment :
- Fear & Greed Index : 9 (Extreme Fear)
- Plus bas annuel : 5 (6 février 2026)
- Score il y a 7 jours : 15
- Score il y a 30 jours : 41 (Neutre)
Comment est calculé cet indice qui fait trembler les traders ?
CoinMarketCap ne sort pas ce chiffre de nulle part. L’indice est construit à partir de cinq grandes composantes qui, ensemble, dessinent un portrait assez fidèle de l’humeur du marché :
- Momentum des prix des 10 principales cryptos (hors stablecoins)
- Volatilité anticipée sur Bitcoin et Ethereum (via les indices BVIV et EVIV)
- Positionnement options (ratio put/call)
- Ratio d’offre en stablecoins (signe de liquidité prête à être déployée)
- Données sociales et tendances d’engagement sur la plateforme
Chacune de ces briques est pondérée et normalisée pour aboutir à un score unique, censé refléter l’état émotionnel global du marché. Quand tout le monde vend dans la panique, que la volatilité explose et que les réseaux sociaux se remplissent de messages catastrophistes, le score plonge. C’est exactement ce qui se passe en ce moment.
« Être craintif quand les autres sont avides, et avide quand les autres ont peur », telle est la célèbre maxime de Warren Buffett appliquée aux cryptos.
Adaptation crypto de la philosophie value investing
Bitcoin tient bon… mais le moral est au plus bas
Ce qui rend la situation encore plus intéressante, c’est le décalage entre le prix et le sentiment. Alors que l’indice hurle « peur maximale », le Bitcoin se maintient courageusement autour des 69 500 – 70 500 $. Mieux : il a même repris la barre symbolique des 71 000 $ récemment après avoir été violemment secoué la semaine passée.
Ethereum suit une trajectoire comparable, oscillant autour de 2 050 – 2 100 $. Solana, souvent plus volatile, se stabilise vers 85 – 88 $. Le marché total reste au-dessus des 2 400 milliards de dollars. En clair : les prix ne s’effondrent plus, mais la psychologie collective, elle, est toujours en chute libre.
État des lieux des principales cryptos (9 février 2026) :
- Bitcoin : ~69 510 $ (-0,91 % 24h / -9,52 % 7j)
- Ethereum : ~2 036 $ (-3,04 % 24h)
- Solana : ~84 $ (-4,08 % 24h)
- XRP : ~1,40 $ (-2,86 % 24h)
- Capitalisation totale : > 2 400 milliards $
La peur extrême : signal d’achat ou piège mortel ?
Historiquement, les périodes de Extreme Fear ont souvent coïncidé avec des points bas majeurs. Lorsque l’indice tombe sous les 20, voire sous les 10, beaucoup de capitulations se produisent : les mains faibles vendent à perte, les liquidations en cascade s’enchaînent, et les acheteurs patients commencent à se positionner.
Mais attention : ce n’est pas une règle mécanique. Il arrive que la peur dure longtemps, que les prix continuent de baisser pendant des semaines, voire des mois. 2022 en est un parfait exemple : l’indice est resté dans le rouge pendant de très longues périodes avant que le vrai plancher ne soit atteint.
Aujourd’hui, plusieurs éléments plaident pour une certaine prudence :
- La macroéconomie mondiale reste incertaine
- Des sorties de capitaux des ETF Bitcoin spot ont été observées récemment
- Certains altcoins continuent de sous-performer fortement
- Le volume global reste relativement faible par rapport aux sommets
Que faire concrètement quand tout le monde a peur ?
Face à un tel niveau de stress collectif, plusieurs stratégies coexistent dans la communauté :
- DCA renforcé : augmenter ses achats programmés lorsque le sentiment est au plus bas
- Attendre un signal clair : rebond technique + volume + inversion du Fear & Greed
- Prendre des profits partiels sur les positions qui ont tenu bon
- Rester en cash / stablecoins pour saisir une opportunité encore plus basse
- Analyser les flux on-chain : whale accumulation, exchange inflows/outflows
Aucune de ces approches n’est universellement « la bonne ». Tout dépend de votre horizon, de votre tolérance au risque et de votre conviction dans le projet global des cryptomonnaies.
Les leçons des précédentes phases de peur extrême
Retour en arrière rapide sur quelques moments où l’indice est passé sous les 15 :
- Mars 2020 (COVID crash) → Indice à 8 → Bitcoin tombe à ~3 800 $, puis entame un bull-run historique
- Juin 2022 (post-LUNA / 3AC) → Indice à 6-10 → BTC touche ~17 600 $, puis remonte progressivement
- Novembre 2022 (FTX collapse) → Indice à 10 → Point bas autour de 15 500 $, suivi d’une lente reconstruction
À chaque fois, la combinaison « prix très bas + sentiment catastrophiste » a fini par créer des opportunités majeures… mais seulement pour ceux qui ont eu le courage (ou les nerfs d’acier) de rester investis ou d’acheter dans le vide.
Stablecoins : le baromètre discret de la panique
Un autre indicateur intéressant surveillé par les analystes est le ratio d’offre en stablecoins par rapport à la capitalisation totale du marché. Quand ce ratio augmente fortement, cela signifie que beaucoup d’investisseurs sortent des cryptos volatiles pour se réfugier dans l’USDT, l’USDC, le DAI, etc.
Ce mouvement de fuite vers la sécurité est typique des phases de Extreme Fear. Et actuellement, on observe précisément ce comportement : les entrées sur les exchanges centralisés de stablecoins augmentent, tandis que les sorties de BTC et ETH ralentissent.
Et si c’était le calme avant la tempête haussière ?
Certains observateurs, plus optimistes, rappellent que les marchés crypto ont toujours fonctionné par cycles d’euphorie et de désespoir. Après chaque phase prolongée de peur extrême est venue… une phase d’avidité extrême. La question n’est donc pas si le marché remontera, mais quand et à quel prix les plus patients auront accumulé.
Les données on-chain montrent d’ailleurs que certaines whales continuent d’accumuler discrètement. Les adresses contenant plus de 1 000 BTC augmentent lentement mais sûrement depuis plusieurs semaines. Un signe que tout le monde n’a pas capitulé.
Conclusion : la peur est temporaire, la conviction est durable
En ce 9 février 2026, le marché des cryptomonnaies traverse l’une de ses phases les plus anxiogènes depuis longtemps. L’indice Fear and Greed à 9 n’est pas une sentence de mort, mais un thermomètre émotionnel qui indique que la majorité des participants sont terrifiés.
Pourtant, le Bitcoin refuse de plier durablement sous les 70 000 $. Ethereum et Solana montrent des signes de résilience. Le total market cap ne s’effondre pas. Tout cela suggère que la structure de fond reste intacte… même si le moral, lui, est en miettes.
Alors, capitulation ou ultime test avant le prochain chapitre haussier ? Personne ne possède la réponse définitive. Mais une chose est sûre : les plus belles opportunités naissent rarement quand tout le monde sourit. Elles naissent quand la peur est si forte qu’elle fait douter même les plus convaincus.
À vous de voir de quel côté de l’histoire vous souhaitez vous placer.
