Imaginez un instant : le président des États-Unis signe un décret historique pour transformer les bitcoins saisis en réserve stratégique nationale, un peu comme l’or de Fort Knox. Et quelques mois plus tard, une agence fédérale décide tranquillement de vendre une partie de ces précieux BTC. Cela ressemble à un scénario de film, pourtant c’est exactement ce qui semble s’être produit avec l’affaire Samourai Wallet. Une opération qui soulève une question brûlante : le Département de la Justice a-t-il délibérément ignoré les ordres de Donald Trump ?
Une réserve stratégique de Bitcoin made in USA
En mars 2025, Donald Trump a marqué un tournant radical dans la politique américaine vis-à-vis des cryptomonnaies. Fini les années de répression sous Biden. Le nouveau président a signé l’ordre exécutif 14233, créant officiellement une Réserve stratégique de Bitcoin. L’idée est simple mais révolutionnaire : tous les BTC saisis lors d’enquêtes criminelles ou civiles doivent être conservés, et non liquidés.
Cette décision n’est pas anodine. Les États-Unis détiennent déjà l’un des plus gros stocks de bitcoins au monde, avec environ 328 000 BTC selon les estimations les plus récentes. Cela représente une valeur colossale, surtout quand le cours dépasse régulièrement les 100 000 dollars. Transformer ces saisies en actif stratégique, c’est reconnaître que Bitcoin n’est plus un simple outil spéculatif, mais une ressource nationale à protéger.
Le message était clair : plus de ventes précipitées qui inondent le marché et font chuter les prix. À la place, une accumulation progressive pour renforcer la position des USA dans l’économie numérique mondiale.
L’affaire Samourai Wallet : rappel des faits
Pour comprendre la controverse, il faut remonter à l’arrestation des fondateurs de Samourai Wallet. Ce portefeuille non-custodial était particulièrement apprécié pour ses fonctions de mixage des transactions, rendant très difficile le traçage des fonds. Une fonctionnalité qui, selon les autorités, facilitait le blanchiment d’argent.
Keonne Rodriguez et William Lonergan Hill ont finalement plaidé coupable. Dans le cadre de leur accord avec la justice, ils ont accepté de transférer environ 6,3 millions de dollars en bitcoins au gouvernement américain. À l’époque, cela représentait environ 57,55 BTC. Une somme importante, mais qui aurait dû, en théorie, rejoindre la réserve stratégique.
Or, selon plusieurs sources fiables dont Bitcoin Magazine, ces bitcoins auraient été vendus dès le 3 novembre 2025 par le US Marshall Service via la plateforme Coinbase Prime. Une opération classique dans le passé, mais qui pose aujourd’hui un sérieux problème de conformité.
« L’ordre exécutif est clair : les bitcoins saisis doivent être conservés pour constituer une réserve stratégique nationale, et non liquidés à la première occasion. »
Extrait de l’ordre exécutif 14233
Une violation manifeste de l’ordre exécutif ?
L’ordre exécutif 14233 est catégorique. Il interdit explicitement la vente des bitcoins acquis par le gouvernement via des procédures judiciaires. L’objectif affiché est de construire progressivement une réserve qui renforce la souveraineté numérique américaine.
En vendant ces 57 BTC, le US Marshall Service semble donc avoir agi en totale contradiction avec les directives présidentielles. Cela soulève plusieurs interrogations. Était-ce une erreur administrative ? Une décision prise avant que les nouvelles règles ne soient pleinement intégrées ? Ou pire, un acte de résistance délibérée de certaines agences fédérales encore marquées par l’ère anti-crypto de l’administration précédente ?
Ce n’est pas la première fois que des tensions apparaissent entre les différentes branches du gouvernement américain sur la question des cryptomonnaies. Pendant des années, la SEC et d’autres régulateurs ont mené une guerre sans merci contre le secteur. Même si Trump a changé la donne, il reste visiblement du chemin à parcourir pour aligner toutes les agences.
Les points qui alimentent la controverse :
- La vente a été réalisée seulement huit mois après la signature de l’ordre exécutif.
- Le montant, bien que modeste à l’échelle nationale, avait une valeur symbolique forte.
- Aucune communication officielle n’a justifié cette opération.
- Des documents publics montrent le transfert vers Coinbase Prime, plateforme habituellement utilisée pour les liquidations.
Les implications pour la politique crypto américaine
Cette affaire ne concerne pas seulement quelques dizaines de bitcoins. Elle révèle les difficultés d’une administration à imposer une vision nouvelle à l’ensemble de l’appareil d’État. Donald Trump a promis une politique pro-crypto ambitieuse : réserve stratégique, soutien à l’innovation, fin des persécutions judiciaires injustifiées.
Mais si même un ordre exécutif aussi clair peut être contourné, cela envoie un signal inquiétant à la communauté crypto. Les investisseurs institutionnels, qui ont massivement investi en 2025 grâce aux ETF Bitcoin et Ethereum, pourraient y voir une instabilité réglementaire persistante.
De plus, cette vente, même limitée, contribue à une pression baissière inutile sur le marché. À une époque où les États-Unis veulent dominer la course mondiale aux cryptomonnaies face à la Chine ou aux Émirats arabes unis, chaque bitcoin vendu est un bitcoin qui ne renforce pas la position américaine.
Que dit la communauté crypto ?
Sur les réseaux sociaux et les forums spécialisés, la nouvelle a rapidement fait réagir. Beaucoup y voient la preuve que certaines agences fédérales traînent encore des pieds face à la nouvelle politique pro-Bitcoin. D’autres estiment qu’il s’agit d’un simple retard dans la mise en œuvre des nouvelles procédures.
Ce qui est certain, c’est que cette affaire renforce le sentiment que la transition vers une Amérique véritablement crypto-friendly est encore en cours. Trump a gagné la bataille politique, mais la guerre bureaucratique semble loin d’être terminée.
Des figures influentes du secteur ont déjà appelé à plus de transparence. Ils demandent que le gouvernement publie régulièrement l’inventaire de ses avoirs en bitcoins, comme il le fait pour les réserves d’or. Une mesure qui permettrait d’éviter ce genre de controverses à l’avenir.
Vers une clarification rapide ?
Face au tollé, on peut imaginer que l’administration Trump va rapidement réagir. Une clarification officielle pourrait être publiée dans les prochaines semaines. Peut-être même un rappel ferme à toutes les agences fédérales concernées.
Dans le meilleur des cas, cette affaire servira de catalyseur pour accélérer la mise en place effective de la Réserve stratégique. Les procédures de gestion des saisies devront être revues et harmonisées avec les nouvelles directives présidentielles.
En attendant, l’épisode Samourai Wallet reste un rappel brutal : changer de politique à 180 degrés prend du temps, surtout quand il s’agit de convaincre des institutions ancrées dans leurs anciennes habitudes.
Conclusion : un test pour l’engagement pro-crypto de Trump
Cette possible violation de l’ordre exécutif sur la Réserve stratégique de Bitcoin met Donald Trump face à un défi interne. Il devra démontrer qu’il a non seulement la volonté politique, mais aussi la capacité à imposer sa vision à l’ensemble du gouvernement fédéral.
Pour la communauté crypto mondiale, qui regarde les États-Unis avec attention, c’est un moment crucial. Une réaction ferme et rapide renforcerait la crédibilité de la nouvelle politique américaine. Une réponse timide ou absente pourrait, au contraire, alimenter les doutes.
Une chose est sûre : l’histoire de Bitcoin et des cryptomonnaies continue de s’écrire sous nos yeux. Et ce chapitre américain, entre ambitions stratégiques et résistances bureaucratiques, promet d’être passionnant à suivre dans les mois à venir.
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