Et si le Bitcoin, après avoir frôlé les sommets historiques, se préparait à une chute vertigineuse bien plus importante que ce que la plupart des investisseurs imaginent actuellement ?
En ce début février 2026, alors que la cryptomonnaie phare vient de perdre plus de 19 % en une semaine et flirte dangereusement avec des niveaux plus vus depuis octobre 2024, une théorie circule de plus en plus fort sur les réseaux : celle d’une correction pouvant atteindre **70 %** depuis le plus haut, ce qui ramènerait le BTC aux alentours des **38 000 $**.
Une vieille leçon des cycles passés refait surface
Les marchés crypto sont connus pour leur violence. Mais derrière cette réputation de montagnes russes se cache en réalité une certaine régularité statistique… du moins sur les grands cycles baissiers.
Regardons calmement les chiffres des quatre grands bear markets historiques :
- 2011 → drawdown de **-93 %**
- 2015 → drawdown de **-86 %**
- 2018 → drawdown de **-84 %**
- 2022 → drawdown de **-77 %**
On observe clairement une tendance : à chaque cycle majeur, l’ampleur de la correction diminue progressivement. Le marché mûrit, la capitalisation augmente, les acteurs institutionnels arrivent… et la douleur, statistiquement, s’atténue.
En suivant cette logique mathématique simple, plusieurs analystes estiment que le bear market 2025-2026 devrait logiquement afficher un drawdown autour de **-68 % à -72 %** depuis le sommet de 126 000 $ atteint en octobre 2025. Cela nous amène… très exactement dans la zone des **36 000 $ – 40 000 $**.
« Chaque cycle, le drawdown diminue. Si la tendance se poursuit, -70 % depuis 126k nous amène autour de 38k. Bonne chance à tous… »
Sherlock | DeFi Researcher
Cette publication, postée début février 2026, a rapidement dépassé les 2 000 retweets et généré des milliers de réactions. Mais tous les observateurs ne sont pas d’accord avec cette projection.
Les contre-arguments : un marché plus mature, des acheteurs institutionnels
Une partie significative de la communauté a immédiatement réagi en soulignant que le contexte macro et micro a énormément changé depuis 2022.
Parmi les arguments les plus fréquemment avancés :
- Présence massive d’**ETF Bitcoin spot** aux États-Unis et en Europe
- Accumulation continue par des entreprises du type MicroStrategy, Metaplanet, etc.
- Arrivée de fonds souverains et de family offices dans le secteur
- Comportement différent des détenteurs à long terme (HODLers) qui vendent beaucoup moins facilement
- Corrélation croissante avec les actifs traditionnels (mais aussi décorrélation par moments)
Ces éléments poussent certains analystes à défendre l’idée d’une correction plus modérée, située plutôt entre **-55 % et -62 %** depuis l’ATH, ce qui placerait le point bas probable entre **50 000 $ et 57 000 $** environ.
Arguments les plus cités pour une correction moins violente
- ETF → flux institutionnels continus même en période de baisse
- Corporate treasury adoption → entreprises achètent les creux
- Moins de levier excessif qu’en 2021
- Retail moins dominant → capitulation moins brutale
Le débat est donc loin d’être tranché et oppose deux écoles :
- les « historicistes » qui regardent les pourcentages passés
- les « contextualistes » qui insistent sur l’évolution structurelle du marché
Reflexivity : quand la peur renforce la peur
Face aux critiques, l’analyste Sherlock a apporté une réponse intéressante en invoquant le concept de **réflexivité** popularisé par George Soros.
Selon lui, la réflexivité peut fonctionner dans les deux sens :
- hausse → hausse crée plus de confiance → plus d’achats → hausse
- baisse → baisse crée de la peur → ventes paniquées → baisse
Autrement dit, même si le marché est plus mature, une cassure importante de supports psychologiques (80k, 70k, 60k…) peut déclencher une spirale auto-renforçante très difficile à stopper, même avec des acheteurs institutionnels.
« La réflexivité fonctionne aussi à la baisse. Ne sous-estimez jamais la psychologie de troupeau quand les supports sautent les uns après les autres. »
Sherlockwhale
Ce qui est intéressant, c’est que les deux camps ont finalement un point commun : personne ne sait exactement où se situera le creux. Et c’est précisément cette incertitude qui rend la gestion de position particulièrement compliquée en ce moment.
Que nous disent les niveaux techniques actuels ?
À l’heure où ces lignes sont écrites, Bitcoin oscille autour de **66 000 $** après avoir touché un plus bas intraday à **60 256 $**.
Voici les principaux niveaux qui reviennent dans la plupart des analyses :
- 64 800 $ – 65 200 $ : zone de confluence (ancienne résistance → support potentiel)
- 58 000 $ – 60 000 $ : zone psychologique + ancien ATH d’avril 2024
- 52 000 $ – 54 000 $ : 200 semaines MA + retracement Fibonacci 0.618 du dernier cycle haussier
- 44 000 $ – 48 000 $ : zone de liquidité importante (anciens tops 2021-2022)
- 38 000 $ – 40 000 $ : cible agressive selon le scénario -70 %
Beaucoup de traders institutionnels surveillent particulièrement la **moyenne mobile 200 semaines**, actuellement autour de **53 000 $ – 54 000 $**, car elle a historiquement très bien joué le rôle de support majeur lors des bear markets.
Et les altcoins dans tout ça ?
Lorsque Bitcoin corrige fortement, les altcoins ont tendance à souffrir encore plus violemment. On parle souvent d’un coefficient bêta de 2 à 4 par rapport à BTC.
Quelques exemples concrets observés récemment :
- Solana : -9,97 % sur 24h, -32 % sur 7 jours
- Ethereum : -7,81 % sur 24h, -28 % sur 7 jours
- BNB : -7,19 % sur 24h
- Memecoins (WIF, PEPE, BONK, POPCAT) : entre -4,5 % et -10 % sur 24h
Si le scénario des 38 000 $ se réalisait, beaucoup d’altcoins pourraient perdre **80 à 95 %** depuis leurs plus hauts respectifs… un niveau de carnage qui rappellerait furieusement 2018 ou 2022.
Comment se positionner dans un tel contexte ?
Il n’existe évidemment pas de réponse miracle, mais voici les grandes philosophies que l’on retrouve actuellement parmi les investisseurs expérimentés :
Stratégies face à une possible chute vers 38k
- DCA prudent : investir des petites sommes régulièrement sans essayer de catcher le fond
- Attendre la capitulation : attendre des signes clairs d’épuisement vendeur (spike de funding négatif, volume énorme, capitulation retail)
- Short hedging : garder une position spot longue mais hedger partiellement avec des shorts ou des puts
- Stablecoins temporaires : sortir une partie en USDC/USDT pour racheter plus bas
- Ne rien faire : continuer à HODL sans regarder le prix pendant 12-24 mois
Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients. La pire décision reste souvent de paniquer et de vendre au pire moment, puis de rater la reprise.
Leçons des bear markets précédents
Chaque grand cycle baissier a apporté son lot d’enseignements. Voici les plus marquants :
- 2014-2015 → Mt. Gox a détruit la confiance, mais les survivants ont multiplié par 100+
- 2018-2019 → ICO mania → 95 % des projets ont disparu, les vrais cas d’usage ont survécu
- 2022 → Terra/Luna + FTX → centralisation et levier excessif sanctionnés très durement
À chaque fois, ceux qui ont continué à apprendre, à accumuler patiemment et à ignorer le bruit ont fini par être largement récompensés… mais seulement après avoir traversé une période psychologiquement très difficile.
Conclusion : personne n’a la boule de cristal
Le scénario des **38 000 $** est-il probable ? Possible, oui. Certain ? Non.
Le scénario d’une correction limitée à **-55/-60 %** grâce aux institutionnels est-il crédible ? Oui. Garanti ? Non plus.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que nous sommes dans une phase où la gestion du risque, la taille de position et surtout le contrôle émotionnel sont plus importants que jamais.
Car même si Bitcoin devait effectivement tomber à 38 000 $, l’histoire montre que les creux les plus sombres ont toujours été suivis, quelques mois ou années plus tard, par de nouveaux sommets historiques.
Reste à savoir si vous avez assez de conviction… et assez de cash pour traverser la tempête.
Et vous, quelle est votre thèse actuelle sur Bitcoin ? Plutôt team 38k ou team bottom plus haut ?
