Imaginez un monde où obtenir une ligne de crédit hypothécaire ne prend plus des semaines de paperasse interminable, mais quelques clics sécurisés sur une infrastructure immuable. C’est précisément ce que Figure Technology Solutions est en train de concrétiser, et les analystes de Bernstein viennent de lui donner un sérieux coup de projecteur. Avec un objectif de cours à 67 dollars impliquant plus de 100 % de potentiel de hausse depuis les niveaux actuels autour de 32 dollars, cette fintech cotée en bourse attire tous les regards.
Le 3 avril 2026, Figure a annoncé avoir franchi pour la première fois le seuil symbolique d’un milliard de dollars de volumes de prêts mensuels en mars. Un exploit qui n’est pas passé inaperçu, surtout dans un contexte où le secteur du crédit immobilier américain reste l’un des plus traditionnels et réglementés qui soient. Cette performance exceptionnelle intervient dans un premier trimestre déjà marqué par une croissance de 113 % sur un an, atteignant 2,9 milliards de dollars de volumes.
Derrière ces chiffres impressionnants se cache une révolution silencieuse : l’utilisation massive de la blockchain pour tokeniser des actifs réels du quotidien, comme les lignes de crédit hypothécaires (HELOC). Loin des spéculations purement crypto, Figure démontre que la technologie décentralisée peut s’intégrer profondément dans la finance traditionnelle pour en réduire drastiquement les frictions.
Figure Technology Solutions : une fintech qui réinvente le crédit hypothécaire
Fondée en 2018 par Mike Cagney, ancien co-fondateur de SoFi, et June Ou, Figure Technology Solutions s’est rapidement positionnée comme un acteur innovant du secteur des prêts à la consommation. Contrairement à de nombreuses startups crypto qui restent dans le domaine spéculatif, cette société a choisi d’attaquer de front l’un des marchés les plus massifs et les plus inertes : le crédit immobilier résidentiel aux États-Unis.
Son arme secrète ? La blockchain Provenance, développée spécifiquement pour tokeniser les prêts dès leur origine. Chaque HELOC émis par Figure est enregistré on-chain, ce qui élimine une grande partie des processus manuels de réconciliation qui alourdissent traditionnellement les opérations de titrisation et de distribution aux investisseurs.
Cette approche permet non seulement d’accélérer les délais de traitement, mais aussi de réduire significativement les coûts opérationnels. Dans un marché où les marges sont souvent grignotées par les intermédiaires successifs, cette efficacité représente un avantage compétitif majeur.
Points clés sur le modèle économique de Figure :
- Origination de prêts HELOC via un réseau de plus de 300 partenaires
- Marketplace Figure Connect pour la vente directe de portefeuilles tokenisés aux institutionnels
- Enregistrement on-chain systématique pour une transparence et une liquidité accrues
- Diversification progressive vers d’autres produits de crédit comme les prêts first-lien
Le modèle de Figure repose sur deux piliers principaux. D’un côté, le Consumer Loan Marketplace traditionnel qui distribue les produits via des partenaires. De l’autre, Figure Connect, une marketplace de crédit tokenisé qui permet aux investisseurs institutionnels d’acheter directement des parts de portefeuilles de prêts on-chain. Cette seconde composante gagne rapidement du terrain et représente déjà plus de la moitié des volumes dans certains trimestres.
Le franchissement du milliard de dollars mensuels en mars n’est pas un hasard. Il reflète l’efficacité croissante d’une infrastructure blockchain pensée dès le départ pour le crédit à la consommation.
Bernstein Research
Cette dualité permet à Figure de combiner la distribution grand public avec une scalabilité institutionnelle. Bernstein projette que la part de Figure Connect dans les volumes totaux atteindra 56 % d’ici la fin 2026, soulignant le virage stratégique vers un modèle marketplace plus scalable.
Les chiffres qui changent la donne
Les données préliminaires publiées par Figure pour mars et le premier trimestre 2026 sont particulièrement éloquentes. Avec 1,19 milliard de dollars de volumes en mars seul, la société affiche une croissance de 102 % par rapport à mars 2025. Sur l’ensemble du trimestre, les 2,9 milliards de dollars représentent une progression de 113 % en glissement annuel.
Ces performances interviennent dans un contexte saisonnier traditionnellement faible pour les HELOC au premier trimestre. Le fait que Figure ait réussi à franchir le cap du milliard mensuel malgré cela renforce la crédibilité de sa thèse de croissance structurelle.
Parallèlement, d’autres métriques comme le solde des $YLDS en circulation (un actif digital adossé aux certificats émis par Figure) ont explosé, passant de seulement 3 millions de dollars un an plus tôt à 598 millions de dollars fin mars 2026. Cela témoigne de l’intérêt croissant pour les instruments tokenisés proposés par la plateforme.
Sur la plateforme Democratized Prime, les offres appariées ont également connu une forte dynamique, avec un solde atteignant 368 millions de dollars et une offre de prêteurs disponible en nette hausse.
L’analyse détaillée de Bernstein
La firme Bernstein n’en est pas à sa première prise de position positive sur Figure. Dans sa note publiée début avril 2026, les analystes ont réitéré leur rating Outperform tout en maintenant un objectif de cours à 67 dollars. Ce prix cible implique une hausse potentielle supérieure à 107 % depuis le cours de clôture du 6 avril autour de 32,30 dollars.
L’évaluation repose sur une projection de 25 fois l’EBITDA estimé pour 2027, avec une croissance annuelle composée de l’EBITDA de 48 % entre 2025 et 2027. Bernstein justifie cette prime de valorisation par la position dominante de Figure dans le marché émergent du crédit privé tokenisé, estimé à 17 milliards de dollars, où la société capterait environ 75 % des parts de marché.
Les analystes soulignent également que la baisse de plus de 60 % du cours de l’action depuis ses sommets historiques représente une opportunité d’achat rare. Selon eux, cette décote résulte davantage de pressions géopolitiques et de sentiment de marché temporaires que d’une quelconque détérioration des fondamentaux opérationnels.
Les hypothèses clés de Bernstein pour 2026-2027 :
- Volumes annuels projetés à 12,8 milliards de dollars en 2026
- Progression continue de la part de Figure Connect dans le mix total
- Amélioration de la profitabilité grâce aux gains d’efficacité on-chain
- BPA attendu à 0,98 dollar en 2026 et 1,52 dollar en 2027
Cependant, Bernstein a légèrement ajusté son objectif à la baisse, le ramenant de 72 à 67 dollars fin mars. Cet ajustement reflète probablement une prise en compte plus prudente de l’impact des prêts first-lien, qui affichent un taux de prise inférieur aux HELOC standards et qui pèsent sur le mix de revenus à court terme.
La blockchain Provenance au cœur du dispositif
Lancée en 2020, la blockchain Provenance constitue l’infrastructure technique fondatrice de Figure. Contrairement à des blockchains généralistes comme Ethereum ou Solana, Provenance a été conçue spécifiquement pour répondre aux exigences réglementaires et opérationnelles du crédit à la consommation.
Chaque prêt est tokenisé dès son origination, ce qui crée un enregistrement unique et vérifiable sur la chaîne. Cette approche permet d’éliminer les silos d’information entre les différentes parties prenantes : originateur, servicer, titriseur et investisseur final.
Les avantages sont multiples : réduction des délais de settlement de plusieurs mois à quelques jours, diminution des coûts de réconciliation, et surtout amélioration de la liquidité secondaire des portefeuilles de prêts tokenisés via Figure Connect.
La tokenisation n’est plus une promesse futuriste. Avec Figure, elle devient une réalité opérationnelle qui transforme concrètement le fonctionnement du marché du crédit hypothécaire.
Analyste spécialiste des RWA
Cette infrastructure propriétaire permet également à Figure de maintenir un haut niveau de conformité réglementaire, un point crucial dans un secteur aussi surveillé que la finance hypothécaire aux États-Unis.
Le contexte plus large de la tokenisation des actifs réels (RWA)
La performance de Figure s’inscrit dans un mouvement plus vaste de tokenisation des actifs du monde réel. Des géants de la gestion d’actifs comme Franklin Templeton ou Ondo Finance explorent déjà cette voie pour des fonds monétaires ou d’autres instruments financiers.
Ce qui distingue Figure, c’est son focus exclusif sur le crédit à la consommation et sa capacité à opérer à grande échelle dans un environnement réglementé. Alors que beaucoup de projets RWA restent encore au stade expérimental, Figure traite déjà des milliards de dollars de prêts réels sur sa blockchain.
Cette convergence entre finance traditionnelle et technologie blockchain ne se fait pas sous l’impulsion de crypto-natifs cherchant à tout désintermédier, mais bien par des acteurs régulés qui voient dans la tokenisation un moyen concret d’améliorer leur efficacité opérationnelle et de proposer de nouveaux produits à leurs clients institutionnels.
Les risques et les défis à anticiper
Malgré ces perspectives encourageantes, plusieurs risques méritent d’être soulignés. Tout d’abord, l’environnement de taux d’intérêt reste un facteur déterminant pour la demande globale de crédit hypothécaire. Une hausse prolongée des taux pourrait freiner la croissance des volumes, indépendamment de la qualité de l’infrastructure technologique.
Ensuite, la montée en puissance des prêts first-lien, bien que stratégique pour diversifier l’offre, dilue temporairement les marges moyennes. Figure devra démontrer sa capacité à compenser cet effet par les gains d’efficacité et l’augmentation des volumes.
Le risque concurrentiel ne doit pas non plus être négligé. Si des banques traditionnelles décident d’investir massivement dans leurs propres capacités de tokenisation, elles pourraient tenter de reprendre des parts de marché. Cependant, l’avance technologique et l’expérience opérationnelle accumulées par Figure constituent pour l’instant un solide rempart.
Principaux risques identifiés :
- Sensibilité aux variations des taux d’intérêt
- Dilution des marges liée au mix de produits
- Concurrence potentielle des acteurs bancaires traditionnels
- Évolutions réglementaires imprévues dans le domaine de la tokenisation
- Dépendance à l’exécution opérationnelle pour atteindre les projections de profitabilité
L’impact réglementaire sur le développement de Figure Connect
Le cadre réglementaire américain joue un rôle déterminant dans l’avenir de la plateforme Figure Connect. Toute clarification favorable de la part de la SEC ou du CFPB concernant les instruments de crédit tokenisés pourrait considérablement élargir le marché adressable pour les investisseurs institutionnels.
Inversement, un durcissement des règles pourrait ralentir l’adoption. Pour l’instant, Figure bénéficie de son statut de société cotée, auditée et pleinement régulée, ce qui lui confère une légitimité importante auprès des grands investisseurs.
L’évolution récente de la position de la SEC sur les exemptions pour l’innovation en matière de tokenisation d’actifs est perçue comme un signal positif par de nombreux observateurs du secteur.
Scénarios prospectifs pour les prochains mois
Plusieurs scénarios peuvent être envisagés pour Figure Technology Solutions dans les dix-huit prochains mois.
Dans un scénario optimiste, les résultats complets du premier trimestre 2026 confirment la trajectoire vers la profitabilité. Les volumes mensuels se stabilisent durablement au-dessus du milliard de dollars, et Figure Connect dépasse rapidement les 55 % de part dans le mix total. Un contexte réglementaire favorable vient amplifier cette dynamique, permettant au marché de réévaluer significativement la prime de risque sur l’action FIGR.
Dans un scénario plus prudent, la dilution des marges liée aux nouveaux produits pèse plus lourdement que prévu sur la profitabilité. L’environnement de taux reste défavorable, limitant la croissance organique. Dans ce cas, l’action pourrait consolider dans une fourchette entre 25 et 35 dollars en attendant des preuves plus tangibles de conversion vers une profitabilité durable.
Quelle que soit l’évolution à court terme, la performance opérationnelle récente de Figure marque un tournant. Elle démontre que la blockchain n’est plus cantonnée aux actifs spéculatifs mais peut s’imposer comme une infrastructure critique pour des marchés financiers traditionnels massifs.
Pourquoi cette nouvelle mérite l’attention des investisseurs crypto et traditionnels
Pour les investisseurs purement crypto, l’histoire de Figure offre une validation empirique puissante de la thèse RWA. La tokenisation n’est plus une idée abstraite : elle génère déjà des volumes de prêts réels mesurables en milliards de dollars.
Pour les investisseurs traditionnels, Figure représente un vecteur d’exposition hybride à la blockchain : une société cotée, régulée, générant des revenus issus de prêts hypothécaires réels, tout en bénéficiant de l’efficacité disruptive de la technologie décentralisée.
Cette hybridité pourrait bien constituer l’un des ponts les plus solides entre l’univers crypto et la finance classique dans les années à venir.
Les catalyseurs à surveiller dans les prochaines semaines
Plusieurs événements clés pourraient influencer significativement la trajectoire de l’action FIGR dans les mois à venir.
La publication des résultats complets du premier trimestre 2026, attendue en mai, fournira des données granulaires sur la décomposition des volumes par produit et sur les premiers indicateurs de profitabilité. Un BPA supérieur aux attentes constituerait un catalyseur immédiat.
L’évolution mensuelle des volumes de prêts restera également un indicateur crucial. Un maintien ou une progression au-delà du milliard de dollars en avril et mai confirmerait que mars n’était pas un pic isolé mais le début d’une nouvelle norme opérationnelle.
Enfin, toute annonce concernant l’expansion de Figure Connect ou de nouvelles catégories de prêts (comme l’entrée dans le marché du crédit automobile via Agora Data) sera scrutée avec attention par les investisseurs.
Conclusion : vers une nouvelle architecture du crédit à la consommation ?
L’époque où la blockchain était réservée aux expériences DeFi marginales ou aux actifs purement spéculatifs semble bel et bien révolue. Avec Figure Technology Solutions, nous assistons à l’intégration concrète et à grande échelle de cette technologie dans l’un des piliers les plus conservateurs de la finance mondiale : le crédit hypothécaire.
Le franchissement du milliard de dollars de prêts mensuels n’est pas seulement un record opérationnel. C’est le signe tangible que la tokenisation des actifs réels passe d’une phase expérimentale à une phase de maturité industrielle.
Bien sûr, de nombreux défis restent à relever : exécution opérationnelle, environnement de taux, cadre réglementaire, concurrence. Mais la direction prise par Figure, validée par des analystes réputés comme Bernstein, suggère que nous sommes peut-être en train d’assister aux prémices d’une transformation structurelle profonde du marché du crédit.
Pour les investisseurs attentifs, cette évolution offre à la fois des opportunités d’exposition directe via l’action FIGR et une validation plus large de la thèse RWA qui pourrait bénéficier à l’ensemble de l’écosystème blockchain.
L’avenir dira si le potentiel identifié par Bernstein se matérialise pleinement. Mais une chose est certaine : le mariage entre crédit traditionnel et infrastructure blockchain n’est plus une hypothèse futuriste. Il est déjà en train de se concrétiser, un prêt tokenisé après l’autre.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Les marchés financiers, qu’ils soient traditionnels ou crypto, comportent des risques significatifs de perte en capital. Effectuez toujours vos propres recherches et consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d’investissement.
