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    CFTC Attaquée Pour Futures Perpétuels Actions

    Steven SoarezDe Steven Soarez04/11/2026Aucun commentaire16 Mins de Lecture
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    Imaginez un produit dérivé qui ne expire jamais, permettant de parier sur le prix d’une action américaine comme Apple ou Tesla vingt-trois heures par jour, avec un levier potentiellement élevé, le tout sous supervision d’un régulateur des matières premières plutôt que de celui des titres. C’est exactement ce que la Commodity Futures Trading Commission vient d’autoriser. Quelques heures plus tard, un collectif soutenu par des poids lourds de Wall Street déposait une plainte pour bloquer ces contrats. La bataille est ouverte, et elle pourrait redessiner les frontières entre la finance traditionnelle et l’univers crypto.

    La CFTC autorise les futurs perpétuels sur actions et se retrouve immédiatement en justice

    Le 3 novembre 2026, la Capital Markets Alliance a saisi un tribunal fédéral de New York. Son objectif est clair : obtenir l’annulation des autorisations récemment accordées par la CFTC pour la négociation de futures perpétuels adossés à des actions individuelles américaines. Selon les informations relayées par plusieurs sources, cette plainte a été déposée littéralement quelques heures après l’annonce du régulateur. Le groupe demande non seulement l’invalidation des décisions, mais aussi une suspension immédiate de toute négociation pendant la durée de la procédure.

    Derrière cette alliance se trouvent des acteurs majeurs. Cboe, Citadel Securities et la Healthy Markets Association figurent parmi les soutiens les plus visibles. Leur argument central repose sur une question de classification juridique. Ils affirment que ces contrats perpétuels liés à des actions individuelles constituent en réalité des security-based swaps, c’est-à-dire des produits relevant de la compétence exclusive de la Securities and Exchange Commission.

    La plainte invoque également une violation de la loi sur les procédures administratives. Les plaignants estiment que la CFTC n’a pas suffisamment justifié sa décision, n’a pas correctement évalué les risques pour les investisseurs particuliers et s’est écartée de sa propre jurisprudence antérieure sur les dérivés perpétuels. Pour eux, il s’agit d’un contournement délibéré des règles établies par le Congrès.

    Ce que disent précisément les plaignants

    Craig Donohue, directeur général de Cboe, a résumé la position de son camp en des termes forts. Il a déclaré que la question dépasse la simple concurrence commerciale. Selon lui, il s’agit de protéger les investisseurs qui traitent sur des titres et de respecter l’État de droit. Dans un communiqué, il a insisté sur le fait que les dérivés liés aux valeurs mobilières doivent rester soumis aux protections que le législateur a prévues pour les marchés de titres.

    Cette question concerne la protection des investisseurs dans le trading de titres et le respect de l’État de droit.

    Craig Donohue, CEO de Cboe

    Chris Iacovella, dirigeant de l’American Securities Association, a été encore plus direct. Il accuse la CFTC d’avoir contourné la juridiction de la SEC et d’avoir ignoré l’interdiction posée par le Congrès d’offrir des security-based swaps aux investisseurs de détail. Pour ces organisations, l’enjeu est institutionnel. Elles redoutent un affaiblissement des garde-fous qui encadrent traditionnellement les produits liés aux actions.

    Les points clés de la plainte

    • Les contrats perpétuels sur actions individuelles seraient des security-based swaps relevant de la SEC
    • La CFTC aurait violé la Administrative Procedure Act en n’expliquant pas suffisamment sa décision
    • Les risques pour les investisseurs de détail n’auraient pas été correctement évalués
    • La décision s’écarterait de la pratique antérieure de l’agence sur les dérivés perpétuels

    La position de la CFTC face aux critiques

    Le même jour, le président de la CFTC, Michael Selig, avait annoncé que les exchanges éligibles pouvaient désormais proposer des futures perpétuels liés à des actions individuelles. L’agence s’est appuyée sur le règlement 40.3 de la Commission et sur le Commodity Futures Modernization Act de 2000. Selon ce cadre, les exchanges doivent être des designated contract markets et être également enregistrés auprès de la SEC pour pouvoir traiter des security futures. Les produits se retrouvent ainsi soumis à la fois aux lois sur les titres et aux règles sur les matières premières.

    Michael Selig a rappelé que cette décision s’inscrivait dans la continuité de l’autorisation antérieure accordée aux futures perpétuels sur le bitcoin sur un exchange américain. L’objectif affiché est d’amener sur les marchés réglementés des États-Unis des instruments déjà largement utilisés à l’étranger, notamment sur les plateformes de cryptomonnaies. Pour le régulateur, il s’agit de canaliser l’innovation plutôt que de la laisser se développer hors de tout contrôle.

    La réaction de l’agence face à la plainte a été cinglante. Un porte-parole a qualifié l’action en justice d’interférence « troublante » dans le fonctionnement des marchés réglementés. Il a affirmé que les marchés doivent être régis par le droit et non par des campagnes de contentieux destinées à bloquer l’innovation. La SEC, de son côté, a refusé de commenter la procédure judiciaire tout en indiquant qu’elle soutenait l’introduction de nouveaux produits financiers dès lors qu’ils s’accompagnent d’une supervision complète et de protections adaptées pour les investisseurs.

    Pourquoi les futures perpétuels changent la donne

    Les futures perpétuels se distinguent des contrats à terme classiques par l’absence de date d’expiration. Le trader n’est plus obligé de rouler sa position à chaque échéance. Pour maintenir le prix du contrat proche de celui de l’actif sous-jacent, un mécanisme de funding rate intervient. Des paiements périodiques circulent entre les positions longues et les positions courtes selon que le contrat se négocie au-dessus ou en dessous du prix spot.

    Ce modèle, popularisé par les plateformes crypto asiatiques puis mondiales, offre une flexibilité appréciée des traders actifs. Il permet aussi d’utiliser un effet de levier significatif. L’inconvénient est évident : les pertes potentielles augmentent dans les mêmes proportions. Sur des marchés volatils, un mouvement rapide peut liquider une position en quelques minutes.

    Jusqu’à présent, ces produits restaient largement confinés aux marchés crypto offshore ou à des environnements réglementés limités. Leur introduction sur des actions américaines sous supervision de la CFTC marque une étape symbolique. Elle rapproche deux univers qui se regardaient jusqu’ici avec méfiance : la finance traditionnelle des equity derivatives et la culture de trading perpétuel née dans les cryptomonnaies.

    Les plateformes crypto déjà positionnées

    Plusieurs acteurs avaient anticipé ce mouvement. Kalshi, Coinbase Derivatives et Bitnomial avaient déjà soumis des propositions de contrats perpétuels liés à des actions. Kalshi prévoit par exemple un plancher de marge client de 15,50 % et une négociation quasi continue, vingt-trois heures par jour en semaine. Coinbase a de son côté déposé des dossiers pour des contrats cash-settled portant sur des actions individuelles et des ETF.

    Ces initiatives illustrent une stratégie claire. Les plateformes nées dans le monde crypto cherchent à s’implanter sur les marchés dérivés d’actions américaines, un segment historiquement dominé par les grands exchanges traditionnels. L’autorisation de la CFTC leur ouvre une porte. La plainte de la Capital Markets Alliance vise précisément à refermer cette porte le plus rapidement possible.

    Le contexte concurrentiel est tendu. En juin, le CME Group avait déjà engagé une action contre la manière dont le régulateur traitait les futures perpétuels crypto. Le géant des dérivés s’interrogeait sur la qualification même de contrats sans date d’expiration. Cette nouvelle plainte s’inscrit donc dans une série de contentieux qui révèlent les tensions structurelles entre les acteurs établis et les nouveaux entrants.

    Une concurrence qui s’étend au-delà des exchanges existants

    Le 29 octobre, Intercontinental Exchange, propriétaire du New York Stock Exchange, a annoncé un partenariat avec Trade.xyz. L’objectif est de développer des marchés perpétuels réglementés aux États-Unis en s’appuyant sur l’infrastructure d’Hyperliquid. Les deux sociétés prévoient de créer des structures de trading et de compensation distinctes couvrant actions, matières premières, devises et cryptomonnaies.

    Le projet reste soumis à des autorisations réglementaires. Les promoteurs insistent sur la mise en place de contrôles d’identité, de procédures anti-blanchiment et d’un accès via des courtiers. Aucune date de lancement n’a encore été communiquée. Ce type d’alliance montre néanmoins que même les acteurs les plus institutionnels explorent désormais les modèles perpétuels.

    L’arrivée d’ICE sur ce terrain complexifie encore le tableau. D’un côté, des plateformes crypto veulent pénétrer le marché des actions. De l’autre, des acteurs traditionnels s’intéressent aux mécanismes nés dans la crypto. Au milieu, les régulateurs se disputent la compétence et les associations professionnelles engagent des batailles juridiques pour préserver leurs prérogatives.

    Les risques pointés du doigt par les opposants

    Les critiques insistent sur plusieurs points de vigilance. Le premier concerne l’accès des investisseurs particuliers à des produits à fort levier. Les security-based swaps sont traditionnellement réservés à des contreparties professionnelles ou à des institutions. Les ouvrir largement via une qualification de futures pourrait, selon les plaignants, exposer le grand public à des instruments qu’ils ne maîtrisent pas toujours.

    Le deuxième point porte sur la transparence et la surveillance. Les marchés de titres disposent de règles strictes en matière de reporting, de manipulation et de protection des clients. Les opposants craignent qu’un cadre purement commodities n’offre pas le même niveau de garanties. Ils soulignent également le risque de fragmentation réglementaire : un même sous-jacent action pourrait être traité selon des règles différentes selon qu’il est négocié via un future perpétuel ou via un produit classique de la SEC.

    Enfin, la question de la liquidité et de la stabilité des marchés est évoquée. Un trading 23 heures sur 24 avec effet de levier sur des actions individuelles pourrait amplifier la volatilité, surtout en dehors des heures d’ouverture traditionnelles des marchés actions. Les mécanismes de funding rate, s’ils ne sont pas parfaitement calibrés, peuvent eux-mêmes devenir une source de stress pour les positions.

    Ce que défend réellement la CFTC

    Du côté de l’agence, le discours est cohérent avec sa trajectoire récente. Après avoir autorisé les futures perpétuels sur le bitcoin, elle considère logique d’étendre le modèle à d’autres sous-jacents, y compris des actions individuelles, dès lors que les exchanges respectent les conditions d’enregistrement. L’argument principal reste celui de l’innovation contrôlée. Mieux vaut, selon elle, voir ces produits se développer sous supervision américaine que de les laisser prospérer sur des plateformes offshore.

    La CFTC insiste aussi sur le double enregistrement. Puisque les exchanges doivent être enregistrés à la fois auprès d’elle et de la SEC pour les security futures, les protections des deux régimes s’appliquent en théorie. Cette architecture hybride est présentée comme une réponse aux critiques. Elle n’a toutefois pas convaincu les organisations qui ont engagé la procédure.

    L’agence souligne enfin l’expérience internationale. Les futurs perpétuels existent depuis des années sur de nombreux marchés. Leur popularité n’a pas empêché le développement de mécanismes de gestion des risques sophistiqués. Transposer ces outils dans un environnement américain réglementé constituerait, selon elle, une avancée plutôt qu’un danger.

    Les implications pour l’écosystème crypto

    Pour les plateformes crypto, l’enjeu est stratégique. L’accès aux dérivés d’actions américaines représente une diversification majeure de l’offre. Cela permet de retenir des clients qui, jusqu’ici, devaient se tourner vers des brokers traditionnels ou des plateformes offshore pour trader des equity derivatives. Cela ouvre aussi la porte à des stratégies de trading plus complexes combinant crypto et actions au sein d’un même environnement réglementé.

    Kalshi, déjà connue pour ses marchés de prédiction, cherche clairement à élargir son périmètre. Coinbase Derivatives poursuit sa montée en puissance sur les produits réglementés. Bitnomial, plus spécialisé, veut également se positionner. Si les autorisations tiennent, ces acteurs pourraient capturer une part significative d’un volume qui, aujourd’hui, échappe encore largement aux plateformes nées dans la crypto.

    À l’inverse, un succès de la plainte ralentirait considérablement ces ambitions. Les dossiers déjà déposés resteraient en suspens et les projets de développement seraient reportés. Dans un secteur où la vitesse d’exécution compte, un blocage judiciaire de plusieurs mois, voire plusieurs années, aurait des conséquences concrètes sur les plans de croissance.

    Une bataille de juridiction plus large

    Ce contentieux s’inscrit dans une série plus longue de tensions entre la CFTC et la SEC sur le périmètre de chacun. Les cryptomonnaies ont déjà fourni de nombreux exemples de divergences d’interprétation. Les security futures et les security-based swaps constituent un autre terrain de friction historique. Chaque agence défend son champ de compétence, et les acteurs de marché s’adaptent en fonction des signaux qu’ils reçoivent.

    Le Congrès a tenté à plusieurs reprises de clarifier les frontières. Le Commodity Futures Modernization Act de 2000 et les textes post-crise de 2008 ont posé des principes, mais les produits innovants continuent de tester les limites. Les futurs perpétuels sur actions individuelles représentent précisément ce type de produit hybride qui force les régulateurs à trancher.

    Le résultat de cette procédure pourrait donc avoir des répercussions au-delà du seul cas d’espèce. Une victoire de la Capital Markets Alliance renforcerait la position de la SEC sur les produits liés aux actions. Une confirmation des autorisations de la CFTC ouvrirait la voie à d’autres innovations sous son égide. Dans les deux cas, le signal sera clair pour l’ensemble de l’industrie.

    Les prochaines étapes judiciaires et réglementaires

    La plainte a été déposée devant un tribunal fédéral de New York. Les délais d’instruction de ce type de dossier sont rarement courts. Les parties vont d’abord s’affronter sur les mesures provisoires. Les plaignants demandent explicitement que les autorisations ne produisent pas d’effet pendant la procédure. La CFTC s’y opposera probablement avec vigueur.

    Parallèlement, les exchanges qui ont déjà préparé leurs dossiers continueront de travailler avec le régulateur. Rien n’interdit, en l’état, de poursuivre les démarches techniques et opérationnelles. Mais le lancement effectif des contrats restera conditionné à l’issue des décisions de justice et aux éventuelles mesures conservatoires.

    Les observateurs surveilleront également les positions publiques de la SEC. Même si l’agence a refusé de commenter la plainte, son silence n’est pas neutre. Toute déclaration ultérieure, ou toute initiative parallèle sur le même sujet, sera analysée comme un signal d’alignement ou de divergence avec la CFTC.

    Ce que cela change pour les traders particuliers

    Pour un trader particulier, l’arrivée éventuelle de futurs perpétuels sur actions américaines sur des plateformes réglementées modifierait le paysage. Aujourd’hui, l’accès à un levier significatif sur des actions individuelles passe souvent par des CFD offshore, des options ou des produits structurés. Les futurs perpétuels offriraient une alternative plus transparente sur le plan des prix, avec un mécanisme de funding visible et des règles de compensation claires.

    Le corollaire est une exposition accrue au risque de liquidation. Les plateformes crypto ont déjà familiarisé une génération de traders avec ces mécanismes. Les transposer sur des actions comme Nvidia ou Tesla pourrait attirer une clientèle habituée au trading crypto, mais moins rompue aux spécificités des marchés actions (dividendes, événements corporate, gaps de weekend).

    Les exigences de marge annoncées, notamment le plancher de 15,50 % évoqué par Kalshi, restent relativement élevées par rapport à certains produits crypto. Elles traduisent une volonté de limiter les excès. Reste à voir si, une fois les produits lancés, la concurrence poussera ces niveaux à la baisse.

    Le rôle des associations professionnelles

    La Capital Markets Alliance n’est pas un acteur isolé. Elle regroupe des organisations qui défendent des intérêts structurés de l’industrie des titres. Leur mobilisation rapide, le jour même de l’annonce de la CFTC, montre que le sujet était anticipé. Les arguments juridiques ont clairement été préparés à l’avance.

    Cette capacité de réaction illustre le poids des lobbies traditionnels face aux nouveaux entrants. Les plateformes crypto disposent de ressources croissantes et d’une influence politique en progression, mais elles se heurtent encore à des organisations plus anciennes, mieux implantées dans les circuits décisionnels et judiciaires de Washington et de New York.

    Le contentieux devient ainsi un terrain d’affrontement plus large entre deux visions de la régulation financière. L’une privilégie la protection stricte des investisseurs de détail et le maintien des frontières historiques entre titres et matières premières. L’autre mise sur l’adaptation des cadres existants pour accueillir des innovations déjà adoptées par les marchés internationaux.

    Perspectives à moyen terme

    Quel que soit le résultat de la plainte, le débat sur les futures perpétuels ne disparaîtra pas. La demande existe. Les traders, qu’ils soient professionnels ou particuliers, apprécient la flexibilité de ces instruments. Les plateformes, qu’elles soient crypto ou traditionnelles, y voient un relais de croissance. Les régulateurs devront donc continuer à se positionner.

    Une issue possible serait un compromis législatif ou réglementaire clarifiant une bonne fois pour toutes le statut de ces produits. Une autre serait une cohabitation temporaire sous le régime hybride défendu par la CFTC, le temps que la jurisprudence se stabilise. Une troisième, plus radicale, consisterait en un recul net de l’agence face à la pression des acteurs traditionnels.

    Pour l’instant, le scénario le plus probable reste celui d’une longue bataille juridique. Les arguments des deux camps sont solides. Le juge devra trancher sur des questions techniques de classification de produits et d’interprétation de textes parfois anciens face à des innovations récentes. L’issue influencera non seulement le sort des futurs perpétuels sur actions, mais aussi la capacité des États-Unis à accueillir d’autres formes d’innovation financière nées dans l’univers crypto.

    Un signal pour l’ensemble des marchés dérivés

    Au-delà du cas précis des actions individuelles, cette affaire interroge la place des États-Unis dans la compétition mondiale des marchés dérivés. Plusieurs places asiatiques et européennes ont déjà intégré des formes de contrats perpétuels dans des cadres réglementés. Si les États-Unis restent bloqués dans des contentieux de juridiction, une partie de l’activité pourrait continuer de se développer ailleurs.

    Les promoteurs de l’innovation insistent sur ce point. Ils rappellent que les traders américains utilisent déjà massivement ces produits via des plateformes étrangères. L’enjeu, selon eux, n’est pas d’interdire, mais de ramener l’activité sous supervision nationale avec des standards élevés de protection et de transparence.

    Les opposants répondent que la protection des investisseurs de détail et l’intégrité des marchés actions justifient une approche prudente. Ils estiment que la précipitation pourrait créer des précédents dangereux et affaiblir des dispositifs construits sur plusieurs décennies.

    Conclusion provisoire d’un conflit encore ouvert

    La décision de la CFTC d’autoriser les futures perpétuels sur actions américaines a immédiatement déclenché une riposte juridique orchestrée par des acteurs majeurs de Wall Street. Le débat porte sur la nature même de ces contrats, sur la répartition des compétences entre régulateurs et sur le niveau de risque acceptable pour les investisseurs particuliers.

    Pour les plateformes crypto, l’enjeu est l’accès à un nouveau marché stratégique. Pour les exchanges traditionnels et leurs alliés, il s’agit de préserver un cadre qu’ils jugent protecteur. Pour les régulateurs, c’est une nouvelle illustration des difficultés à adapter des textes anciens à des produits nés dans un univers technologique différent.

    Les prochaines semaines et les prochains mois diront si les autorisations tiennent ou si la justice les suspend. Dans un cas comme dans l’autre, le signal envoyé à l’ensemble de l’industrie sera fort. Les futures perpétuels, longtemps cantonnés aux cryptomonnaies, sont désormais au cœur d’une bataille qui concerne l’avenir des marchés dérivés américains dans leur ensemble.

    Cette affaire confirme une tendance de fond. La frontière entre finance traditionnelle et univers crypto continue de s’estomper. Chaque innovation force les institutions existantes à se repositionner. Les contentieux se multiplient, les alliances se recomposent, et les traders, eux, continuent de chercher les instruments les plus efficaces pour exprimer leurs vues de marché. La suite de cette histoire se jouera autant dans les prétoires que sur les order books.

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    Steven Soarez
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