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    Volumes Crypto Coréens : Une Chute De 20 % En Une Semaine

    Steven SoarezDe Steven Soarez04/10/2026Aucun commentaire44 Mins de Lecture
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    Une semaine suffit parfois à faire basculer le thermomètre d’un marché entier. Entre le 25 septembre et le 2 octobre 2026, les cinq grandes places crypto de Corée du Sud ont échangé environ 20 500 milliards de wons, soit près de 15,1 milliards de dollars. Le recul atteint 19,56 % par rapport à la semaine précédente. Ce n’est pas une correction de quelques points sur un graphique isolé. C’est environ 5 000 milliards de wons, soit 3,7 milliards de dollars, qui ont disparu du carnet d’ordres en sept jours. Le classement des plateformes n’a pas bougé. L’intensité des échanges, elle, a nettement baissé.

    Le chiffre vient de Digital Asset, qui a agrégé les volumes d’Upbit, de Bithumb, de Coinone, de Digital X et de Gopax jusqu’à 14 heures, heure de Corée, le 2 octobre. Aucune pièce, aucun incident technique, aucune décision réglementaire n’est désigné comme cause unique. Cette absence de coupable immédiat est précisément ce qui rend la baisse intéressante. Un marché peut ralentir sans crash spectaculaire, sans tweet viral, sans gel de retraits. Il suffit que les comptes deviennent plus prudents, que les dépôts en wons se raréfient, et que les opérateurs professionnels réduisent la taille de leurs allers-retours.

    Une semaine plus calme, un semestre déjà fragile

    Le repli hebdomadaire ne tombe pas dans un vide. Il arrive quelques jours après la publication, le 1er octobre, d’un bilan officiel du premier semestre 2026 par la Korea Financial Intelligence Unit et le Financial Supervisory Service. Ces deux autorités ont observé une chute de 44 % du volume quotidien moyen sur les places d’actifs virtuels domestiques, soit 2 300 milliards de wons de moins que lors des six mois précédents. La semaine du 25 septembre au 2 octobre ressemble donc moins à un accident qu’à un nouvel épisode d’un ralentissement déjà mesuré.

    Sur les six premiers mois de l’année, les cinq principales bourses en wons auraient généré environ 366,58 milliards de dollars de volume cumulé, en baisse de 54,6 % sur un an. Deux lectures coexistent. La première compare la semaine récente à la semaine d’avant. La seconde compare un semestre entier à l’année précédente, ou au semestre précédent. Elles ne disent pas la même chose sur le calendrier, mais elles racontent la même fatigue. Le marché coréen n’a pas cessé d’exister. Il a cessé de tourner au même rythme.

    Vingt mille cinq cents milliards de wons en sept jours peuvent encore impressionner. Le vrai signal est ailleurs : près d’un cinquième de cette activité a disparu sans qu’un événement unique explique le silence.

    Lecture des chiffres agrégés de la semaine

    Il faut aussi se souvenir des à-coups inverses. Lors d’un rallye du bitcoin, le volume sur 24 heures d’Upbit avait bondi de 273 %, jusqu’à environ 1,84 milliard de dollars. Celui de Bithumb avait grimpé de 132,9 %, autour de 934,9 millions de dollars. La Corée sait encore accélérer. Elle sait aussi retomber très vite. Cette élasticité est typique d’un marché de détail très connecté, où une séance mondiale peut remplir les carnets, puis les vider dès que l’élan s’éteint.

    Ce que 19,56 % veut vraiment dire

    Un pourcentage sans base trompe. Ici, la base reste massive. Passer de plus de 25 000 milliards de wons à 20 500 milliards ne transforme pas Séoul en désert. Cela retire toutefois une couche d’ordres qui, sur d’autres places, constituerait le volume d’une semaine entière. Pour un teneur de marché, cette couche est le coussin qui absorbe un ordre un peu trop large. Quand elle s’amincit, le même ordre déplace davantage le prix.

    La fenêtre retenue s’arrête un vendredi à 14 heures, heure locale. Ce choix méthodologique compte. Une clôture en milieu d’après-midi n’est pas une clôture de minuit. Elle évite d’inclure une fin de séance éventuellement atypique, mais elle peut aussi couper un rebond tardif. Digital Asset applique la même borne aux deux semaines comparées, ce qui rend l’écart plus comparable qu’un simple cumul médiatique. Le lecteur doit néanmoins garder en tête qu’il s’agit d’un agrégat de cinq places, pas du marché mondial, ni même de l’ensemble des prestataires enregistrés en Corée.

    La semaine en cinq repères, sans interprétation forcée.

    • Volume combiné : 20 500 milliards de wons, environ 15,1 milliards de dollars.
    • Baisse semaine sur semaine : 19,56 %, soit près de 5 000 milliards de wons.
    • Périmètre : Upbit, Bithumb, Coinone, Digital X, Gopax.
    • Borne horaire : 14 heures, heure de Corée, le 2 octobre 2026.
    • Cause unique identifiée par la source : aucune.

    Cette dernière ligne est la plus importante. Attribuer la baisse au bitcoin, à un altcoin local ou à une rumeur de régulation serait aller plus loin que les données. On peut seulement dire que le ralentissement coïncide avec un semestre déjà marqué par moins de dépôts, moins de capitalisation et moins de profit pour les opérateurs. La coïncidence n’est pas une preuve. Elle est un contexte.

    Pourquoi le silence des carnets pèse plus qu’un titre rouge

    Un krach se voit. Un ralentissement se mesure. Dans le premier cas, les fils d’actualité se remplissent de captures d’écran. Dans le second, les écrans restent allumés, les paires restent ouvertes, et pourtant le nombre de wons qui changent de mains diminue. C’est exactement le tableau de cette semaine. Les places n’ont pas fermé. Elles ont moins brassé.

    Pour le particulier coréen, souvent contraint de passer par un compte vérifié en wons, ce calme change le coût implicite d’une sortie. Moins il y a d’acheteurs en face, plus le prix affiché s’éloigne du prix réellement obtenu. Pour l’émetteur d’un jeton peu suivi, la différence est encore plus nette. Un marché qui paraît vivant à 10 heures peut devenir une flaque à 16 heures. Le volume hebdomadaire agrégé masque ces trous intra-journaliers, mais il en donne déjà le climat.

    Upbit reste premier, sans garder toute sa part

    Upbit a conservé la première place avec 64,04 % du volume des cinq places. Sa part recule toutefois de 3,3 points. Ce n’est pas une déchéance. C’est un glissement visible sur une base déjà dominante. Perdre trois points quand on pèse près des deux tiers du marché signifie que des flux concrets sont allés ailleurs, ou qu’ils se sont simplement éteints plus vite chez le leader que chez ses poursuivants.

    Bithumb demeure deuxième et progresse de 1,893 point, à 26,66 %. Coinone gagne 1,12 point et s’établit à 6,58 %. Digital X avance de 0,316 point, à 2,71 %. Gopax reste cinquième, à 0,02 %, avec un gain symbolique de 0,002 point. L’ordre ne change pas. La répartition, si. Upbit et Bithumb continuent de contrôler plus de 90 % de l’ensemble. Le duopole n’est pas remis en cause. Il est seulement un peu moins déséquilibré qu’une semaine plus tôt.

    Un gain de part dans un marché en baisse n’est pas forcément une victoire commerciale. Si le gâteau rétrécit de près de 20 % et que votre tranche grossit de deux points, votre volume absolu peut tout de même diminuer. Les données publiées donnent les parts, pas le montant exact de chaque place. On peut donc dire qui a mieux résisté en relatif. On ne peut pas, à partir de ces seuls pourcentages, désigner un gagnant en wons encaissés.

    Parts de marché sur la semaine close le 2 octobre.

    • Upbit : 64,04 %, en recul de 3,3 points.
    • Bithumb : 26,66 %, en hausse de 1,893 point.
    • Coinone : 6,58 %, en hausse de 1,12 point.
    • Digital X : 2,71 %, en hausse de 0,316 point.
    • Gopax : 0,02 %, en hausse de 0,002 point.

    Ce tableau mérite d’être lu deux fois. D’abord pour l’écart entre le premier et le dernier : Gopax pèse à peine deux dix-millièmes du total agrégé. Ensuite pour le mouvement interne au duo de tête. Quand le leader cède 3,3 points et que le deuxième en reprend près de 1,9, le reste se partage entre Coinone et Digital X. Le marché coréen reste concentré. Il n’est pas figé.

    Le duopole, une habitude plus qu’une surprise

    Depuis plusieurs années, le particulier coréen associe presque mécaniquement l’achat de crypto à deux noms. Upbit bénéficie d’une notoriété et d’une profondeur qui attirent l’ordre spontané. Bithumb conserve une base assez large pour capter le report quand le leader ralentit. Les trois autres places existent, cotent, communiquent. Leur poids cumulé reste inférieur à 10 % sur cette semaine.

    Cette concentration a une conséquence pratique. Une décision de listing, une maintenance ou un durcissement de contrôle chez l’un des deux leaders déplace plus de liquidité que l’annonce d’une petite place. À l’inverse, la progression relative de Coinone et de Digital X montre que le report n’est pas entièrement capté par Bithumb. Une fraction des flux cherche encore un troisième guichet, surtout si les frais, les paires ou l’interface diffèrent.

    Digital X, l’ancien Korbit sous un autre nom

    Digital X n’est pas une cinquième place sortie de nulle part. C’est le nouveau nom de Korbit. Le service a basculé sous cette marque le 16 septembre, après le passage sous l’orbite de Mirae Asset. Les avoirs des clients, l’historique de trading et les informations de compte ont été transférés sans modification annoncée. Le changement de raison sociale, de Korbit Inc. à Digital X Inc., date du 11 août. La page officielle de la société indique une intégration au groupe Mirae Asset en juillet.

    Mirae Asset a pris une participation de contrôle avant le changement de marque, avec l’intention d’élargir l’offre d’actifs numériques sous le nom Digital X. Sur la semaine mesurée, la place ne pèse que 2,71 %. Ce chiffre ne dit rien du projet industriel. Il dit seulement que le rebranding n’a pas, en quelques jours, redistribué le marché. Un nom nouveau ne crée pas la profondeur. Il peut, en revanche, rassurer une clientèle qui associe le groupe acquéreur à la finance traditionnelle.

    Le calendrier mérite un arrêt. Le basculement de marque a eu lieu le 16 septembre. La fenêtre de volumes commence le 25. On est donc déjà dans la phase post-rebranding, pas dans la semaine de transition. Si des clients avaient quitté la place par simple confusion de nom, ce départ serait déjà inclus dans le 2,71 %. S’ils sont restés, le transfert technique annoncé a tenu au moins sur ce court intervalle. Aucune de ces deux lectures n’est prouvée par le seul pourcentage.

    Ce que le semestre officiel ajoute au cliché hebdomadaire

    Le 1er octobre, les régulateurs ont livré leur revue du premier semestre. L’enquête couvre 26 prestataires de services sur actifs virtuels enregistrés, dont 17 activités de type bourse et 9 acteurs de conservation ou de portefeuille. Le périmètre est donc plus large que les cinq places suivies par Digital Asset. Les deux jeux de chiffres ne se contredisent pas. Ils ne se superposent pas non plus exactement.

    Sur six mois, la capitalisation du marché crypto domestique a reculé de 28 300 milliards de wons, soit 33 % par rapport au semestre précédent. Les dépôts en wons sur les plateformes ont baissé de 2 900 milliards de wons, ou 35 %. Le volume quotidien moyen a chuté de 44 %. Les comptes autorisés à traiter ont pourtant augmenté de 0,4 %. Moins d’argent au repos, moins d’échanges, un peu plus de comptes habilités : le marché gagne des portes et perd du trafic.

    Les comptes habilités progressent de 0,4 % pendant que les dépôts en wons reculent de 35 %. Avoir le droit d’échanger n’est plus synonyme d’envie d’échanger.

    Écart relevé dans la revue du premier semestre

    Le compte de résultat des opérateurs suit la même pente, en plus raide. Le revenu des plateformes baisse de 41 %. Le profit d’exploitation s’effondre de 78 %. Un volume en retrait de 44 % ne se traduit pas par une baisse proportionnelle du résultat, parce que les coûts fixes, la conformité et la surveillance ne diminuent pas au même rythme que les frais de transaction. Quand le carnet se calme, la marge se comprime plus vite que le chiffre d’affaires.

    Cette asymétrie explique pourquoi un semestre « seulement » moins actif peut devenir, pour une place moyenne, un semestre difficile. Les leaders amortissent mieux une baisse de frais. Les plus petits supportent les mêmes obligations de contrôle avec une base de revenus plus étroite. Gopax, à 0,02 % du volume des cinq, illustre l’extrême de cette échelle. Digital X, même adossé à un grand groupe, doit encore prouver que le nom Mirae Asset se transforme en ordres.

    Capitalisation, dépôts, comptes : trois courbes qui divergent

    La baisse de 33 % de la capitalisation domestique ne mesure pas seulement le prix du bitcoin. Elle agrège des centaines d’actifs listés localement, dont une partie ne se négocie presque pas hors de Corée. Quand ces jetons baissent, la capitalisation nationale baisse même si le marché mondial est stable. Le chiffre de 28 300 milliards de wons est donc un mélange de prix globaux et de prix locaux.

    Les dépôts en wons racontent autre chose. Un dépôt est de l’argent fiat qui attend, ou qui vient d’être vendu. Une chute de 35 %, soit 2 900 milliards de wons, signifie que les clients laissent moins de liquidité sur les places. Ils peuvent avoir retiré vers leur banque, réduit leur exposition, ou simplement cessé d’approvisionner. Le volume de trading peut baisser ensuite, parce qu’il y a moins de poudre sèche prête à partir.

    La hausse de 0,4 % des comptes habilités empêche de conclure à une désertion massive. Des personnes continuent d’ouvrir ou de conserver le droit de traiter. Elles ne déposent pas, ou déposent moins. C’est le profil d’un public qui garde la porte ouverte sans franchir le seuil. Pour une plateforme, ce public coûte encore en vérification d’identité et en surveillance, sans rapporter les mêmes frais.

    673 actifs, dont une longue traîne très mince

    Le nombre d’actifs virtuels distincts en circulation sur les plateformes coréennes a diminué de 5 %, à 673. Parmi eux, 234 ne sont listés que sur une seule place. Leur capitalisation cumulée atteint 600 milliards de wons, soit environ 1 % du marché domestique. La longue traîne existe. Elle ne pèse presque rien dans la valeur totale. Elle pèse beaucoup dans le risque de prix.

    Le régulateur a isolé un sous-ensemble encore plus fragile. Sur ces 234 exclusivités, 93 actifs, soit 40 %, affichent chacun une capitalisation inférieure ou égale à 100 millions de wons. L’avertissement officiel porte sur la liquidité et sur les mouvements brusques. Un carnet aussi étroit peut doubler ou s’effondrer sur quelques ordres. Dans une semaine où le volume global baisse de près de 20 %, ces jetons sont les premiers à devenir injouables sans décote sévère.

    La longue traîne, en langage simple.

    • 673 actifs distincts, soit 5 % de moins.
    • 234 listings exclusifs à une seule place.
    • 600 milliards de wons de capitalisation cumulée pour ces exclusivités, autour de 1 % du marché.
    • 93 de ces 234 actifs sous ou à 100 millions de wons de capitalisation.
    • Alerte du régulateur : liquidité faible et variations brutales.

    L’enquête officielle ajoute un contraste de rotation. Le taux de rotation mensuel des places en wons se situe entre 100 % et 201 %. Celui des plateformes uniquement en crypto tombe entre 2 % et 9 %. Autrement dit, l’argent fiat qui entre tourne vite, parfois plus d’une fois par mois, tandis que les marchés coin contre coin locaux restent beaucoup plus lents. La Corée n’est pas un marché de conservation passive. C’est un marché de passage, tant que le passage existe.

    Une rotation de 100 % à 201 % signifie que la valeur traitée dans le mois égale, ou double, le stock. Ce n’est pas la preuve d’une adoption profonde. C’est souvent la signature d’allers-retours. Quand cette rotation se grippe, comme au premier semestre, le modèle économique des places en wons souffre immédiatement. Les plateformes coin-only, déjà lentes, n’ont pas le même ressort. Elles n’ont pas non plus le même choc.

    Listings exclusifs : le mirage du catalogue

    Un catalogue de 673 noms donne une impression d’abondance. Le détail des 234 exclusivités la corrige. Un actif présent sur une seule place coréenne n’a pas de prix de référence externe facile. Son cours peut s’écarter longtemps de toute logique observable ailleurs, simplement parce qu’il n’existe pas ailleurs. Le régulateur chiffre leur poids collectif à environ 1 % de la capitalisation domestique. Le risque, lui, n’est pas proportionnel à ce 1 %.

    Quarante pour cent de ces exclusivités valent 100 millions de wons ou moins. À cette échelle, un portefeuille modeste peut devenir le marché. L’avertissement sur les variations brusques n’est pas une formule de style. C’est la description d’un carnet où l’absence d’un seul acheteur change le prix affiché. Dans une semaine de volumes globaux en baisse, ces carnets s’assèchent en premier, même si les grands noms continuent de s’échanger.

    Pour le lecteur non coréen, la leçon est transposable. Un listing local n’est pas une liquidité mondiale. Un nom présent dans une application n’est pas un marché. La Corée a simplement l’avantage, ici, de publier le décompte. Beaucoup d’autres places laissent cette longue traîne dans l’ombre des classements de volume.

    Des règles plus serrées pendant que l’activité ralentit

    La baisse des volumes ne se produit pas dans un cadre réglementaire immobile. En août, la Financial Services Commission a approuvé un durcissement de l’enregistrement des prestataires et des règles anti-blanchiment. Le paquet ajoute des exigences de solidité financière, de cybersécurité et de contrôle interne. Le cadre révisé étend aussi la travel rule coréenne à tous les montants transférés entre prestataires enregistrés, et non plus seulement au-delà d’un seuil.

    Les transferts d’au moins 10 millions de wons vers des prestataires étrangers ou des opérateurs de portefeuilles numériques devront être déclarés à la KoFIU lorsque les dispositions concernées entreront en vigueur. Le seuil n’est pas anodin pour un particulier actif. Il ne vise pas le micro-envoi. Il vise le flux qui quitte le périmètre domestique avec une taille déjà significative. Pour les places, cela veut dire plus de champs à remplir, plus de rejets automatiques, plus de délais possibles.

    Plus tôt dans l’année, les contrôles avaient déjà été resserrés après l’incident de versement erroné chez Bithumb. En avril, la FSC a indiqué que les cinq grandes places introduiraient un rapprochement en temps réel entre livres internes et portefeuilles, et que les contrôles comptables externes passeraient d’un rythme trimestriel à un rythme mensuel. Les plateformes se sont aussi engagées à renforcer les vérifications sur les transactions à risque, à gérer séparément certains comptes, et à bloquer automatiquement les transferts dont les quantités ou les unités ne correspondent pas au paiement prévu.

    Aucun de ces textes n’est présenté par la source hebdomadaire comme la cause des 19,56 %. Il serait pourtant naïf de les ignorer. Un marché de détail très rapide supporte mal les frictions. Un contrôle mensuel au lieu d’un contrôle trimestriel ne stoppe pas un ordre. Il change l’appétit des opérateurs pour les campagnes agressives, les listings fragiles et les promotions qui gonflent artificiellement le volume. Le ralentissement peut venir du prix. Il peut aussi venir d’une moindre tolérance au bruit.

    L’incident Bithumb et la mécanique du rapprochement

    L’erreur de versement chez Bithumb a servi de déclencheur politique, pas seulement technique. Quand une place crédite plus qu’elle ne devrait, la question n’est plus le solde d’un client. Elle devient celle de la cohérence entre ce que le livre affirme et ce que les portefeuilles détiennent. Le rapprochement en temps réel, demandé aux cinq grandes places, vise exactement cet écart.

    Passer les contrôles externes de trimestriels à mensuels ne rend pas chaque ordre plus lent. Cela rend chaque mois plus coûteux à expliquer. Les équipes compliance gagnent un rendez-vous supplémentaire. Les anomalies doivent être justifiées plus souvent. Dans un marché où le profit d’exploitation a déjà chuté de 78 % sur six mois, ce rythme n’est pas neutre. Il protège le client. Il pèse sur l’opérateur.

    Le blocage automatique des transferts dont l’unité ou la quantité ne correspond pas au paiement prévu est la réponse la plus concrète pour l’utilisateur. Un envoi mal paramétré ne part plus. C’est une friction utile. C’est aussi une friction. Dans une semaine calme, elle se voit moins. Dans une semaine de panique, elle peut devenir le sujet principal. La semaine du 25 septembre au 2 octobre n’a pas été cette semaine-là. Les contrôles ont continué en arrière-plan.

    La travel rule élargie, au-delà du seul seuil

    Étendre la règle de voyage à tous les montants entre prestataires enregistrés change la nature du contrôle. Auparavant, un seuil pouvait laisser passer une myriade de petits envois. Désormais, l’information sur l’expéditeur et le destinataire doit suivre le transfert dès lors que les deux côtés sont dans le périmètre enregistré. Le coût marginal d’un petit virement interne augmente. Le contournement par fractionnement devient moins intéressant.

    Le seuil de 10 millions de wons reste pertinent pour les sorties vers l’étranger ou vers des opérateurs de portefeuilles. Il ne disparaît pas. Il se spécialise. Le domestique enregistré est traité largement. L’externe significatif est déclaré à la KoFIU quand le texte sera effectif. Pour un trader qui déplaçait des profits vers une place offshore, la paperasse s’épaissit. Pour celui qui reste en wons sur Upbit ou Bithumb, l’effet est plus indirect.

    On ne peut pas quantifier, avec les chiffres disponibles, la part du repli hebdomadaire due à cette friction. On peut seulement noter la séquence. Durcissement en août. Revue semestrielle publiée le 1er octobre, déjà mauvaise. Semaine de volumes en baisse close le 2 octobre. La régulation n’a pas besoin d’être la cause unique pour être une toile de fond crédible.

    Des listings le jour même où le total baisse

    Le paradoxe de la semaine tient dans la date du 2 octobre. Bithumb a listé Talus contre le won. Upbit a ajouté Dolphin sur les paires en won, en bitcoin et en USDT. Le marché agrégé recule, et les deux leaders ouvrent encore des marchés. Ce n’est pas contradictoire. Une place peut chercher un pic d’attention local tout en constatant que le flux global se contracte. Un listing est une promesse de séance animée. Le total hebdomadaire dit si la promesse a compensé le reste. Ici, elle ne l’a pas fait.

    Talus et Dolphin ne sont pas, dans les données disponibles, isolés du reste du volume. On ignore quelle part de la semaine ils ont représentée. On sait seulement qu’ils n’ont pas empêché le cumul des cinq places de baisser de près d’un cinquième. Un nouveau nom peut concentrer les ordres pendant quelques heures. Il remplace rarement, à lui seul, des milliers de milliards de wons de rotation ordinaire sur le bitcoin, l’ether et les grandes paires en won.

    Cette coexistence entre nouveauté et ralentissement est typique d’un marché mature mais nerveux. Les équipes listing continuent leur calendrier, parce qu’un calendrier vide se voit. Les clients, eux, arbitrent avec leur dépôt. Si le dépôt a déjà baissé de 35 % sur le semestre, le listing du vendredi puise dans une réserve plus mince. L’animation existe. Elle ne reconstitue pas la réserve.

    Comment lire une part de marché qui bouge dans un gâteau plus petit

    Le réflexe médiatique consiste à célébrer celui qui gagne des points. Ici, Bithumb, Coinone et Digital X en gagnent. Upbit en perd. Un lecteur pressé en conclura que le leader décroche. Un lecteur attentif demandera d’abord si la perte de part vient d’un transfert ou d’une extinction. Si les clients d’Upbit sont allés chez Bithumb, le duopole se rééquilibre. Si les clients d’Upbit ont simplement moins tradé, et que les autres ont un peu moins ralenti, le transfert est une illusion d’optique.

    Les données publiées ne tranchent pas. Elles montrent un leader toujours très au-dessus de 60 %, un deuxième au-dessus de 25 %, et trois acteurs qui se partagent moins de 10 %. Même après le glissement, envoyer un ordre important hors d’Upbit et de Bithumb reste un choix minoritaire. La liquidité suit la liquidité. Une semaine de redistribution relative ne casse pas cette gravité.

    Gopax, à 0,02 %, rappelle la limite du discours sur la concurrence. Un gain de 0,002 point est réel au sens arithmétique. Il est invisible au sens économique. Pour un utilisateur, la question n’est pas de savoir si la cinquième place a progressé. Elle est de savoir si un ordre de taille moyenne y trouve une contrepartie sans déplacer le prix. Le pourcentage hebdomadaire ne répond pas. Il suggère seulement que la réponse est souvent non.

    Le précédent des rallyes, ou l’autre face du même marché

    Le bond de 273 % du volume 24 heures d’Upbit lors d’un rallye bitcoin, jusqu’à environ 1,84 milliard de dollars, montre la vitesse à laquelle Séoul peut se remplir. Bithumb, à +132,9 % et environ 934,9 millions de dollars sur une journée, confirme que le phénomène n’est pas réservé au leader. Ces pics appartiennent à la même structure que la baisse de 19,56 %. Un marché de passage accélère et freine plus fort qu’un marché de conservation.

    La rotation mensuelle de 100 % à 201 % sur les places en wons éclaire ces à-coups. Quand le sentiment mondial tourne, le stock de dépôts se remet en mouvement plusieurs fois. Quand le sentiment se ferme, le même stock reste sur le compte, ou quitte la place. Le premier semestre, avec −35 % de dépôts et −44 % de volume quotidien, décrit la deuxième phase. La semaine récente en est un gros plan.

    Il serait donc excessif d’annoncer la fin du trading crypto coréen. Il serait tout aussi excessif de traiter 19,56 % comme un bruit statistique. Sur une base de plus de 25 000 milliards de wons, le bruit ne retire pas 5 000 milliards. Quelque chose, dans le comportement des comptes, a changé pendant sept jours. Le rapport ne nomme pas ce quelque chose. Le bilan semestriel donne une famille de suspects : moins de dépôts, moins de capitalisation, plus de friction, moins de profit à redistribuer en promotions.

    Ce que les opérateurs perdent quand le carnet se tait

    Une place crypto se rémunère d’abord sur la rotation. Moins d’allers-retours, moins de frais. La chute de 41 % du revenu et de 78 % du profit d’exploitation au premier semestre traduit cette dépendance. Elle traduit aussi autre chose. Les coûts de conformité, de cybersécurité et de rapprochement de livres ne sont pas optionnels. Ils ont augmenté pendant que les frais baissaient. Le ciseau est classique. Il est simplement chiffré, cette fois, par le régulateur.

    Pour Upbit, la taille reste un amortisseur. Soixante-quatre pour cent d’un marché en baisse valent encore davantage que 6 % d’un marché stable. Pour Coinone, Digital X et Gopax, la même baisse relative pèse plus lourd, parce que la base est plus étroite et que les obligations de contrôle se ressemblent. Le gain de part de marché de Coinone et de Digital X est donc à double tranchant. Il améliore la position relative. Il ne garantit pas le retour du profit.

    Mirae Asset, derrière Digital X, peut encaisser une phase de faible volume plus longtemps qu’un acteur isolé. Le groupe n’achète pas une part de 2,71 % pour la semaine du 2 octobre. Il achète une licence, une base de clients transférée, et une option sur un marché qui a déjà prouvé sa capacité à tripler en une journée. L’option ne vaut quelque chose que si les dépôts en wons reviennent. Pour l’instant, le semestre dit qu’ils sont partis à hauteur de 35 %.

    Le particulier face à un carnet moins épais

    Le trader individuel coréen ne lit pas les 20 500 milliards. Il voit le spread, le temps d’exécution, et parfois un prix qui décroche dès qu’il augmente la taille. Sur les grandes paires, la semaine reste négociable. Sur un actif exclusif capitalisé sous 100 millions de wons, elle peut devenir un piège. Le régulateur a déjà signalé ce risque. Le repli général du volume le rend plus concret, sans qu’il faille inventer une panique.

    La hausse de 0,4 % des comptes habilités peut rassurer les plateformes sur leur vivier. Elle ne rassure pas le vendeur qui cherche une sortie. Un compte inactif n’est pas une contrepartie. Un dépôt retiré vers la banque ne revient pas dans le carnet parce qu’une nouvelle paire est ouverte le 2 octobre. Talus et Dolphin animent une vitrine. Ils ne reconstituent pas les 2 900 milliards de wons de dépôts manquants sur le semestre.

    Il reste un réflexe utile. Distinguer le prix mondial et le prix local. Le bitcoin peut bouger à l’unisson des places étrangères. Un jeton listé seulement à Séoul peut bouger pour de tout autres raisons, y compris l’absence d’un seul teneur. La semaine étudiée ne fournit pas le détail par actif. Elle fournit le climat. Dans ce climat, la prudence sur la longue traîne n’est pas une posture. C’est une lecture directe des 93 actifs sous le seuil signalé.

    Ce que cette semaine ne prouve pas

    Elle ne prouve pas une fuite des capitaux vers l’étranger. Les dépôts en wons ont baissé sur six mois, mais la semaine seule ne localise pas l’argent sorti. Elle ne prouve pas non plus un rejet de Digital X après le changement de nom. La part de 2,71 % est faible, elle était déjà celle d’un acteur secondaire sous l’ancien nom dans les comparaisons à cinq places. Elle ne prouve pas, enfin, que la régulation d’août a coupé le volume de septembre. La chronologie est compatible avec un effet. Elle n’est pas une démonstration.

    Elle prouve en revanche trois choses simples. Le flux des cinq grandes places peut reculer de près de 20 % en sept jours sans que l’ordre du classement change. Le leader peut perdre plus de trois points de part sans cesser d’être le marché. Et le bilan officiel du semestre, publié la veille de la fin de fenêtre, décrit déjà un écosystème moins capitalisé, moins approvisionné en wons, et beaucoup moins rentable pour ses opérateurs.

    • Le classement reste Upbit, Bithumb, Coinone, Digital X, Gopax.
    • Le duopole de tête dépasse encore 90 % du volume agrégé.
    • Le semestre officiel montre −44 % de volume quotidien moyen et −78 % de profit d’exploitation.
    • Les listings du 2 octobre n’ont pas inversé la semaine.
    • Aucune cause unique n’est isolée par la source des volumes.

    Une grille pour les jours qui viennent

    Le prochain agrégat hebdomadaire dira si 19,56 % était un creux ou un palier. Trois séries méritent d’être suivies ensemble, pas séparément. D’abord le volume des cinq places, pour voir si la base de 20 500 milliards se reconstitue. Ensuite la part d’Upbit, pour savoir si le glissement de 3,3 points se prolonge ou se referme. Enfin les dépôts en wons, même s’ils ne sont pas publiés chaque vendredi. Sans retour des dépôts, un rebond de volume ne peut être qu’une rotation du stock restant.

    Il faudra aussi regarder si les nouveaux contrôles produisent des incidents visibles. Un rapprochement en temps réel qui bloque des retraits ferait plus de bruit qu’une baisse de volume. Rien de tel n’est rapporté sur la fenêtre étudiée. L’absence de panne n’est pas un détail. Elle suggère que le marché a ralenti sans se gripper. C’est moins spectaculaire. C’est souvent plus durable.

    Digital X sera l’autre point d’observation. Une part stable autour de 2 à 3 % confirmerait que le changement de marque n’a ni chassé ni attiré massivement. Une progression nette, sur plusieurs semaines, dirait que l’adossement à Mirae Asset commence à se voir dans les ordres. Une érosion dirait l’inverse. Une seule semaine à 2,71 % ne permet pas de choisir.

    Le won, l’unité qui rend ces chiffres locaux

    Traduire 20 500 milliards de wons en 15,1 milliards de dollars aide le lecteur extérieur. Cela ne change pas la nature du marché. Ces volumes sont d’abord des volumes en won, sur des comptes locaux, dans un cadre de vérification d’identité qui limite l’accès anonyme. La comparaison avec une place internationale en stablecoins est donc imparfaite. On ne mesure pas le même public, ni le même rail de paiement.

    C’est aussi pourquoi la chute des dépôts en wons est plus parlante qu’une variation du bitcoin en dollars. Le dépôt est l’unité d’entrée du système coréen. S’il baisse de 35 % sur six mois, la capacité d’achat locale baisse, même si un trader étranger, ailleurs, reste actif. La semaine du 25 septembre au 2 octobre est un épisode de ce système-là. Le dollar n’en est que la légende.

    Les 10 millions de wons du futur seuil déclaratif prennent, dans cette lumière, une autre échelle. Ce n’est pas un montant de baleine mondiale. C’est un montant déjà significatif pour un particulier qui sortirait vers un prestataire étranger. Le marché peut donc se contracter sans que les gros tickets offshore expliquent tout. Le détail, souvent, est domestique.

    Promotions, frais et appétit pour le bruit

    Quand le profit d’exploitation tombe de 78 %, les campagnes qui achètent du volume deviennent plus difficiles à justifier. Une remise de frais, un concours de trading, un listing accompagné d’une allocation attirent des ordres. Ils coûtent. Dans un semestre où le revenu baisse déjà de 41 %, chaque point de remise se voit dans le résultat. Le calme de la fin septembre peut donc venir, en partie, d’opérateurs moins enclins à subventionner la rotation.

    Ce mécanisme n’a pas besoin d’être annoncé pour exister. Il suffit que les équipes réduisent les budgets d’acquisition au moment où les contrôles mensuels mobilisent l’attention. Le client ne voit pas la réunion. Il voit moins de bannières, moins de paires mises en avant, moins de raisons de revenir dans la journée. Le volume suit, avec un décalage.

    Les listings de Talus et de Dolphin montrent que le levier n’est pas abandonné. Il est utilisé avec parcimonie, le jour même où la fenêtre se ferme. Deux noms ne remplacent pas une politique de stimulation continue. Ils rappellent que les places savent encore créer un événement. Ils rappellent aussi la limite de l’événement.

    Une lecture froide, pour finir

    La Corée du Sud vient de traverser une semaine crypto moins bruyante, chiffrée, et malcommode à raconter. Pas de classement renversé. Pas de cause unique. Pas de fermeture. Seulement 20 500 milliards de wons là où il y en avait nettement plus sept jours plus tôt, un leader à 64,04 % qui cède du terrain relatif, un deuxième à 26,66 % qui en reprend, et un semestre officiel déjà marqué par moins de dépôts, moins de capitalisation et un profit d’exploitation en chute libre.

    Le marché n’a pas disparu. Il a baissé le son. Sur les grandes paires, ce son plus bas reste audible. Sur la longue traîne des listings exclusifs, il peut devenir un silence coûteux. Les règles plus serrées, le rapprochement des livres et la marque nouvelle de Digital X forment le décor. Ils ne remplacent pas le chiffre. Le chiffre, lui, est net. En sept jours, près d’un cinquième de l’activité des cinq grandes places s’est absenté, sans laisser de mot.

    Pour qui suit Séoul comme un baromètre du détail asiatique, la semaine du 2 octobre 2026 sert de rappel. Les pics de 273 % existent. Les creux de 19,56 % aussi. Entre les deux, le duopole tient, les dépôts manquent, et les comptes habilités continuent de grimper d’un souffle. Le prochain rapport dira si le carnet a seulement repris son souffle, ou s’il a décidé de rester au calme.

    Sept jours, cinq places, une méthode à ne pas surinterpréter

    Agrégé ne veut pas dire exhaustif. Digital Asset retient cinq noms, ceux qui structurent le marché de détail en wons. D’autres prestataires enregistrés existent. La revue du 1er octobre en compte 26, bourses et conserveurs compris. Une baisse de 19,56 % sur le quintette dominant est donc un signal fort sur le cœur du marché, pas une radiographie de chaque portefeuille du pays. Le cœur, toutefois, c’est là que passent les ordres que le public voit.

    La borne de 14 heures évite aussi un piège fréquent. Comparer une semaine calendaire pleine à une semaine coupée par un incident technique fausse l’écart. Ici, la source aligne les deux périodes. Le lecteur peut contester le choix de l’heure. Il peut moins contester la direction. Près de 5 000 milliards de wons d’écart, ce n’est pas un arrondi de clôture.

    Reste l’effet de change. Le passage en dollars, à 15,1 milliards puis à 3,7 milliards de baisse, dépend du cours du won retenu par la rédaction d’origine. Un won plus faible ou plus fort déplace la légende en dollars sans déplacer les wons échangés. Pour un résident coréen, l’unité qui compte est la première. Pour un comparatif international, la seconde suffit à situer l’ordre de grandeur. Elle ne doit pas devenir plus précise que la source.

    Upbit, la gravité qui faiblit sans disparaître

    Perdre 3,3 points de part, c’est passer d’une domination très large à une domination un peu moins large. À 64,04 %, Upbit reste le lieu où un ordre moyen a le plus de chances de trouver une contrepartie immédiate. Cette inertie explique pourquoi les rallyes s’y voient d’abord. Le bond de 273 % sur 24 heures, jusqu’à environ 1,84 milliard de dollars, n’aurait pas eu le même écho sur une place à 3 %. La taille crée l’événement, puis l’événement renforce la taille.

    La semaine étudiée montre l’envers. Quand l’événement mondial manque, la taille ne garantit pas la stabilité de la part. Les clients du leader peuvent simplement s’absenter plus nombreux. Les clients des poursuivants, moins nombreux au départ, produisent un pourcentage de baisse plus faible et donc un gain de part. C’est une arithmétique triste, pas une campagne gagnée. Bithumb peut s’en féliciter en communication. Le trésorier regardera le volume absolu, qui n’est pas publié place par place.

    Il reste un avantage structurel. Plus de neuf ordres sur dix, dans ce périmètre, passent encore par Upbit ou Bithumb. Un émetteur qui ne liste que sur une troisième place parle à une minorité. Un émetteur qui obtient Upbit parle au marché. Le glissement de 3,3 points ne renverse pas cette réalité. Il la module, le temps d’une semaine.

    Bithumb, entre gain de part et mémoire de l’incident

    La progression à 26,66 % intervient dans une année où le nom Bithumb est aussi associé à un versement erroné et au durcissement qui a suivi. Les deux faits ne s’annulent pas. Une place peut gagner du flux relatif après avoir servi de contre-exemple réglementaire. Les clients regardent la paire, le frais, l’habitude. Le régulateur regarde le livre et le portefeuille. Les deux regards coexistent depuis avril.

    Le listing de Talus contre le won, le 2 octobre, montre que l’activité commerciale n’est pas gelée. Ouvrir une paire locale suppose un minimum de confiance dans les contrôles internes, précisément ceux que l’incident a mis en cause. Le rapprochement temps réel et le blocage des quantités incohérentes sont censés rendre ce genre d’ouverture moins dangereux. Ils ne la rendent pas automatiquement liquide. Talus devra vivre avec le climat de la semaine, pas contre lui.

    Sur une journée de rallye, Bithumb a déjà prouvé qu’il pouvait approcher le milliard de dollars. Environ 934,9 millions, en hausse de 132,9 %, suffisent à rappeler que le deuxième n’est pas un figurant. Dans une semaine molle, cette capacité reste en réserve. Elle ne se voit pas dans le cumul. Elle explique pourquoi 1,893 point de plus n’est pas anecdotique. Sur une base qui dépasse 25 000 milliards de wons avant la baisse, un point de part représente déjà des centaines de milliards.

    Coinone, le troisième qui avance sans changer de rôle

    À 6,58 %, Coinone reste le premier des non-leaders et le dernier des places vraiment visibles. Le gain de 1,12 point est le plus net hors du duo, si l’on excepte l’ampleur relative possible chez de plus petits. En valeur de part, c’est un mouvement plus important que celui de Digital X. En statut, rien ne change. Le troisième ne menace pas le deuxième. Il occupe l’espace que le leader laisse quand il ralentit.

    Cet espace a une utilité. Une partie des utilisateurs préfère ne pas concentrer toute son activité sur une seule application. Coinone capte ce réflexe mieux que Gopax, et mieux que Digital X sur cette fenêtre. La préférence ne dit rien de la qualité d’exécution. Elle dit que, dans un marché à cinq noms, le troisième existe encore comme alternative consciente, pas seulement comme résidu statistique.

    Le risque, pour ce rôle, est le même que pour tous les intermédiaires. Si le volume global continue de baisser au rythme du semestre, 6,58 % d’un gâteau plus petit finance moins facilement les contrôles mensuels. Le gain de part est une bonne nouvelle relative. Ce n’est pas un bouclier contre la chute de 78 % du profit d’exploitation observée au niveau du secteur.

    Mirae Asset, un actionnaire de long terme dans un marché de court terme

    L’intégration annoncée en juillet, le changement de raison sociale le 11 août et le basculement de marque le 16 septembre forment une séquence d’entreprise, pas une séquence de carnet d’ordres. Mirae Asset n’achète pas une semaine. Le groupe s’installe sur un métier déjà régulé, déjà concentré, déjà capable de volumes extrêmes dans les deux sens. Digital X en est le véhicule. Le 2,71 % en est la photo de départ après rebranding, pas le business plan.

    Le transfert des avoirs, de l’historique et des comptes sans modification annoncée était la condition minimale. Un rebranding qui force le client à tout recréer perd des gens. Ici, la promesse est la continuité. La part de marché ne confirme ni ne dément cette promesse sur sept jours. Elle dit seulement que la continuité, si elle a eu lieu, n’a pas suffi à sortir la place de son rôle secondaire.

    À plus long terme, l’intérêt d’un grand groupe financier peut être ailleurs que dans la commission de trading. Conservation, distribution auprès d’une clientèle déjà bancarisée, produits adossés à des actifs numériques. Ces métiers ne se voient pas dans un classement de volumes au 2 octobre. Ils se voient dans la capacité à supporter un semestre où le profit du secteur tombe de 78 %. Peu d’acteurs isolés ont cette capacité. Un groupe comme Mirae Asset peut l’avoir. Cela ne garantit pas qu’il l’utilise pour subventionner Digital X.

    Gopax, la cinquième place et la limite du classement

    0,02 %, plus 0,002 point. Le chiffre doit être écrit, parce qu’un classement à cinq sans le cinquième ment sur la diversité réelle. Il doit aussi être relativisé. À cette échelle, une campagne locale, un market maker unique ou une paire un peu plus active suffit à faire bouger la deuxième décimale. La hausse n’est pas fausse. Elle n’est pas une tendance stratégique lisible.

    Pour l’utilisateur, Gopax rappelle que l’autorisation d’opérer n’est pas la liquidité. Le régulateur compte 17 activités de type bourse dans son enquête semestrielle. Le public, lui, concentre ses ordres sur deux noms. Entre les deux constats, les places très petites vivent un marché différent. Leurs coûts de contrôle se rapprochent de ceux des grands. Leurs frais encaissés, non.

    Inclure Gopax dans l’agrégat de 20 500 milliards ne change presque pas le total. L’exclure ne changerait pas la baisse de 19,56 % de façon matérielle. Son intérêt est documentaire. Il montre jusqu’où va la concentration, une fois que l’on a fini de parler d’Upbit et de Bithumb.

    Le premier semestre, semestre de ciseau

    Revenir aux chiffres du 1er octobre évite de prendre la semaine pour une origine. Capitalisation domestique en baisse de 33 %, soit 28 300 milliards de wons. Dépôts en wons en baisse de 35 %, soit 2 900 milliards. Volume quotidien moyen en baisse de 44 %, soit 2 300 milliards de wons. Revenu des places en baisse de 41 %. Profit d’exploitation en baisse de 78 %. Comptes habilités en hausse de 0,4 %. Actifs distincts en baisse de 5 %, à 673.

    Le ciseau est entre la troisième et la cinquième ligne. Le volume baisse de 44 %, le revenu de 41 %, le profit de 78 %. Les frais suivent à peu près l’activité. Le résultat, non. Quelque chose en dessous du revenu brut ne s’ajuste pas. Salaires, audits, cybersécurité, rapprochements, peut-être des provisions. Le régulateur ne détaille pas la ventilation. L’écart suffit à comprendre la nervosité des opérateurs.

    La comparaison annuelle des cinq places en wons, à environ 366,58 milliards de dollars sur six mois et −54,6 %, raconte une histoire encore plus longue. Le semestre contre semestre mesure le retournement récent. L’année contre année mesure l’éloignement par rapport à une période plus chaude. Les deux sont compatibles avec une semaine de fin septembre déjà molle. Aucune ne dit le mois d’octobre.

    Le semestre officiel, à garder à côté de la semaine.

    • Volume quotidien moyen : −2 300 milliards de wons, soit −44 %.
    • Capitalisation domestique : −28 300 milliards de wons, soit −33 %.
    • Dépôts en wons : −2 900 milliards de wons, soit −35 %.
    • Revenu des places : −41 %. Profit d’exploitation : −78 %.
    • Comptes habilités : +0,4 %. Actifs distincts : 673, soit −5 %.

    Rotation élevée, adoption pas forcément profonde

    Un taux de rotation mensuel entre 100 % et 201 % sur les places en wons se lit parfois comme un signe de vitalité. Il peut l’être. Il peut aussi décrire un petit stock d’argent qui passe et repasse. Si 100 wons déposés produisent 150 wons de transactions dans le mois, le marché paraît grand dans les classements et reste étroit dans les bilans. La chute des dépôts rend cette lecture plus plausible que l’histoire d’une épargne qui s’installe.

    Les plateformes uniquement en crypto, avec 2 % à 9 % de rotation mensuelle, vivent l’autre extrême. Peu de passage, peu de frais, une conservation relative. Elles ne tirent pas le volume national. Elles ne subissent pas non plus le même arrêt du passage. Le cœur médiatique et réglementaire reste les places en wons, parce que c’est là que le particulier entre avec son compte bancaire.

    Cette structure explique les pics. Quand le bitcoin accélère, le stock en wons se remet à tourner à 273 % sur une seule journée chez le leader. Quand il n’accélère pas, le stock reste immobile et la semaine perd 19,56 %. Le même argent, deux régimes. Le régime du début octobre 2026, sur sept jours, est le second.

    Ce que le régulateur dit sans le dire sur les petits jetons

    Signaler que 93 actifs exclusifs valent 100 millions de wons ou moins, et qu’ils représentent 40 % des exclusivités, est une mise en garde opérationnelle. Le régulateur n’interdit pas ces listings dans le passage cité. Il prévient l’utilisateur. Dans un marché dont le volume quotidien moyen a déjà baissé de 44 %, la mise en garde prend du relief. Le carnet mince devient plus mince.

    600 milliards de wons pour l’ensemble des 234 exclusivités, soit environ 1 % de la capitalisation domestique, empêchent de confondre ce risque avec un risque systémique. La place ne tombe pas parce qu’un jeton à 80 millions de wons s’assèche. Le client de ce jeton, si. La distinction est la seule honnête. Le titre sur les 20 500 milliards parle du système. Le paragraphe sur les 93 actifs parle des bords du système.

    Un listing du 2 octobre, Talus ou Dolphin, peut rejoindre l’un ou l’autre monde. S’il trouve une contrepartie durable sur Upbit ou Bithumb, il quitte vite la zone des exclusivités fragiles. S’il reste un nom de semaine, il rejoint la statistique que le régulateur a déjà publiée. Les données de la fenêtre ne permettent pas de le classer. Le climat, si, invite à attendre avant de le prendre pour une liquidité acquise.

    Conformité mensuelle, un rythme qui change les habitudes

    Contrôler les comptes chaque mois plutôt que chaque trimestre ne se voit pas sur un graphique de prix. Cela se voit dans l’agenda des directions financières. Un écart entre livre interne et portefeuille doit être expliqué plus souvent. Après l’incident de versement erroné, cette fréquence est le prix politique de la continuité d’activité. Les cinq places l’ont accepté, au moins dans l’engagement rapporté en avril.

    Le blocage automatique des transferts incohérents est l’autre prix, côté client. Une unité mal saisie, une quantité qui ne correspond pas, et l’envoi ne part pas. En période calme, ces blocages restent des cas isolés. Ils deviennent un sujet si une file se forme. Rien, dans la semaine du 25 septembre au 2 octobre, ne décrit une telle file. Le ralentissement dont on parle est un ralentissement d’ordres, pas un ralentissement de retraits bloqués.

    Distinguer les deux évite un contresens. On peut avoir moins de trading et des retraits fluides. On peut avoir l’inverse en cas de panique. Ici, la source décrit le premier cas. Les dépôts semestriels en baisse suggèrent que l’argent est déjà parti, en partie, avant cette semaine. Il n’a pas eu besoin d’un blocage pour quitter le carnet.

    Scénarios ouverts, sans prédiction déguisée

    Un premier scénario est le simple rebond technique. Les semaines molles existent, surtout après un semestre déjà bas. Si les dépôts restants se remettent à tourner, le cumul des cinq places peut revenir au-dessus de la barre précédente sans que la structure change. Upbit regagnerait ses points, Bithumb rendrait une partie des siens, et le 19,56 % resterait un creux de calendrier.

    Un deuxième scénario prolonge le semestre. Volume quotidien encore faible, dépôts qui ne reviennent pas, parts de marché qui bougent à la marge. Dans ce cas, la semaine close le 2 octobre n’est pas une anomalie. Elle est le rythme. Les listings continuent, parce qu’il faut une vitrine. Ils ne changent pas le rythme.

    Un troisième scénario est réglementaire. Si l’entrée en vigueur complète des déclarations vers l’étranger, à partir de 10 millions de wons, coïncide avec une nouvelle baisse, les commentaires attribueront la suite à la règle. Ils auront une chronologie. Ils n’auront pas, pour autant, isolé l’effet. Le seul antidote sera de comparer les paires purement domestiques et les flux sortants. Ces données ne sont pas dans le rapport hebdomadaire.

    Le classement n’a pas bougé. C’est justement pour cela que la baisse gêne. Quand l’ordre reste le même et que l’intensité tombe, le problème n’est pas le podium. C’est le silence entre les ordres.

    Note de lecture sur le quintette coréen

    Aucun de ces scénarios n’exige un vainqueur. Ils exigent des séries. Volume agrégé, parts, dépôts, et, quand il sera publié, le prochain point de la KoFIU. D’ici là, la phrase la plus solide reste la plus sèche. Du 25 septembre au 2 octobre 2026, cinq places, 20 500 milliards de wons, 19,56 % de moins, et aucune cause unique nommée.

    Pourquoi ce calme intéresse au-delà de Séoul

    Le marché coréen a longtemps servi de loupe. Des comptes de détail nombreux, une identité vérifiée, des paires en monnaie locale, une vitesse de réaction aux rallyes mondiaux. Quand cette loupe montre −19,56 % en une semaine et −44 % de volume quotidien sur un semestre, le signal dépasse le won. Il dit qu’un des publics les plus actifs d’Asie du Nord-Est a levé le pied, sans fermer ses comptes.

    Cela ne prédit pas le bitcoin. Un marché local peut se taire pendant que le prix mondial tient, si les acheteurs sont ailleurs. Cela prédit encore moins les altcoins exclusifs, qui ne vivent que là. Pour un observateur extérieur, l’utile est la dissociation. Comptes en légère hausse, argent au repos en forte baisse, rotation qui se grippe. C’est un portrait de prudence, pas un portrait de sortie définitive.

    Les groupes financiers qui entrent maintenant, comme Mirae Asset via Digital X, achètent ce portrait avec le reste. Ils achètent la licence, la base transférée, et un cycle qui a déjà montré des journées à près de deux milliards de dollars sur une seule place. Ils achètent aussi un profit sectoriel amputé de 78 % sur six mois. La semaine du 2 octobre ne change pas les termes de ce pari. Elle les rappelle, en wons, sans commentaire superflu.

    Le reste dépendra de ce que les carnets feront après le 2 octobre. S’ils se reremplissent, cette page aura décrit un creux net, mesuré, et déjà encadré par un semestre difficile. S’ils restent minces, elle aura décrit le début d’une habitude. Dans les deux cas, les 64,04 % d’Upbit, les 26,66 % de Bithumb et le nom nouveau de Digital X resteront les repères. Le silence, lui, aura déjà eu son chiffre.

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    Steven Soarez
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