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    Trump Prévoit La Fin Proche De La Guerre Iranienne

    Steven SoarezDe Steven Soarez29/09/2026Aucun commentaire17 Mins de Lecture
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    Et si une phrase prononcée dans le Bureau ovale pesait davantage, demain matin, sur le cours du pétrole que sur les communiqués officiels de Téhéran ? Lundi 28 septembre, Donald Trump a déclaré que la guerre avec l’Iran s’achèverait très bientôt, alors même qu’aucun cessez-le-feu n’était annoncé et que le détroit d’Hormuz restait l’objet d’une négociation indirecte, laborieuse, presque obstinée. Sur les marchés, Bitcoin tournait autour de 83 081 dollars, l’éther reculait, le XRP aussi, pendant que le rial iranien plongeait sous les 2,5 millions pour un dollar. Cette séquence n’est pas un simple bruit diplomatique. Elle relie trois fils que les investisseurs crypto ont trop longtemps traités comme séparés : la géopolitique du Golfe, le prix de l’énergie, et la liquidité mondiale mesurée par les rendements américains.

    Une prédiction politique qui agite déjà les marchés

    Le président américain a parlé depuis le Bureau ovale, selon Reuters, en décrivant les États-Unis comme engagés vers une victoire. « Nous allons gagner, pour autant que je sois concerné, d’une manière ou d’une autre », a-t-il déclaré aux journalistes. La formule est volontairement large. Elle ne dit pas quand les navires pourront à nouveau traverser Hormuz sans friction. Elle ne dit pas non plus si Washington et Téhéran se sont entendus sur l’ordre des concessions. Elle dit seulement que, dans l’esprit de Trump, l’issue n’est plus lointaine.

    Cette distinction compte. Les marchés n’achètent pas une victoire rhétorique. Ils achètent une trajectoire : réouverture du détroit, assouplissement du blocus naval, retour progressif du pétrole iranien, détente éventuelle des prix à la pompe aux États-Unis. Tant que ces étapes restent conditionnelles, Bitcoin et les grands tokens continuent de réagir davantage aux Treasuries qu’aux tweets diplomatiques.

    Nous allons gagner, pour autant que je sois concerné, d’une manière ou d’une autre.

    Donald Trump, Bureau ovale, 28 septembre 2026

    Ce que Trump a réellement dit, et ce qu’il n’a pas dit

    Le plus important, dans cette prise de parole, est la liste des absences. Aucun cessez-le-feu n’a été proclamé. Aucun calendrier public n’a été fixé pour la réouverture d’Hormuz. Aucune concession nucléaire n’a été officialisée. Trump a même nié, sur Truth Social, avoir proposé une allègement de sanctions ou un déblocage de fonds gelés en échange de garanties sur le programme nucléaire iranien. « Je ne leur ai RIEN offert », a-t-il écrit. La phrase vise les rumeurs de marchandage. Elle ne ferme pas les canaux diplomatiques.

    Les médiateurs, eux, n’ont pas quitté la table. Le plan initial présenté par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, pendant l’Assemblée générale des Nations unies, servait encore de point de départ. Téhéran affirmait pouvoir rouvrir le détroit dans les sept jours suivant l’acceptation américaine de ses conditions. Washington a rejeté la version première. Les discussions se sont alors déplacées vers un amendement : qui lève quoi en premier ? Le blocus naval américain ? Les restrictions sur le pétrole iranien ? Le gel d’au moins 12 milliards de dollars d’avoirs ? Ou bien un geste nucléaire iranien ?

    Ce que l’on sait — et ce que l’on ignore encore

    • Trump prévoit une fin « très proche » sans annoncer d’accord.
    • Le plan iranien des sept jours a été rejeté, puis amendé en coulisses.
    • L’ordre des concessions sur Hormuz et le blocus reste contesté.
    • Washington nie toute offre de sanctions contre des garanties nucléaires.
    • Aucun calendrier public de cessez-le-feu n’a été publié.

    Hormuz, ce goulet qui fait bouger le pétrole et Bitcoin

    Le détroit d’Hormuz n’est pas un simple passage maritime. C’est l’une des artères par lesquelles transite une part décisive du pétrole mondial. Lorsque l’Iran a laissé entendre, le 22 septembre, qu’une réouverture en une semaine était envisageable, le WTI a chuté de plus de 2,5 % vers 89 dollars le baril, et le Brent est passé sous 98 dollars. Le 29 septembre, Reuters situait le Brent à 106,77 dollars et le brut américain à 93,94 dollars. L’écart raconte une chose simple : le marché a d’abord espéré, puis a repris peur.

    Pour un investisseur crypto, cette volatilité n’est pas un détail énergétique. Elle change le coût de la vie aux États-Unis, donc le discours politique sur l’inflation, donc les anticipations de politique monétaire, donc le prix de l’argent. Bitcoin, depuis des années, n’évolue plus dans un vase clos. Quand le pétrole s’enflamme, les rendements longs peuvent se tendre. Quand les rendements longs se tendent, la liquidité se renchérit. Quand la liquidité se renchérit, les actifs risqués, Bitcoin compris, cèdent souvent du terrain.

    Le 25 septembre, le rendement à 10 ans américain avait atteint 5,20 % lors de la séance précédente, tandis que le 30 ans clôturait à 5,47 %. Bitcoin évoluait alors près de 84 000 dollars, après un reflux depuis la zone des 87 000. Le 28, le jeton se négociait vers 83 081 dollars, l’ether autour de 2 680 dollars, le XRP près de 1,48 dollar, chacun en baisse de plus de 1,5 %. Le snapshot de marché ne prouve pas que la phrase de Trump a causé le recul. Il montre seulement que le contexte de taux restait pesant.

    Le plan iranien des sept jours et ses conditions économiques

    Araghchi a présenté un enchaînement clair, du moins dans sa version initiale. D’abord l’arrêt des hostilités. Ensuite la réouverture d’Hormuz. Puis le début de discussions sur le nucléaire. En échange, Téhéran demandait la levée du blocus naval américain, des dérogations de sanctions pour son pétrole, et la libération d’au moins 12 milliards de dollars d’avoirs gelés. Trump a balayé cette architecture le 26 septembre. Les deux capitales ont toutefois laissé les intermédiaires travailler.

    Le Financial Times a ensuite évoqué une approche amendée. Le désaccord principal n’est plus seulement le fond, mais la séquence. L’Iran veut un geste économique visible avant de rouvrir pleinement le passage. Washington veut des garanties sur le nucléaire et refuse d’apparaître comme acheteur d’une trêve au prix d’un assouplissement unilatéral. C’est un classique de négociation sous pression militaire : chacun veut que l’autre paie le premier acompte politique.

    Un mémorandum de juin, déjà rapporté dans la couverture antérieure du dossier, avait prévu que des navires commerciaux puissent utiliser la voie d’eau pendant que les deux parties poursuivaient les discussions. L’arrangement n’a pas tenu. Les différends sur le contrôle des routes ont repris. Trump a ensuite déclaré que le cessez-le-feu était terminé. Le plan actuel est donc, en partie, une tentative de reconstruire ce qui s’était déjà effondré.

    Téhéran face à un rial en chute libre

    Pendant que les médiateurs parlent, l’économie iranienne continue de s’éroder. L’Associated Press a indiqué que le rial était tombé sous 2,5 millions pour un dollar, un plus bas record, sous l’effet combiné de la guerre, des sanctions et du blocus naval américain. Moins d’exportations pétrolières signifie moins de devises. Moins de devises signifie une monnaie nationale qui s’effondre. Une monnaie qui s’effondre renforce, à Téhéran, l’exigence d’obtenir des contreparties économiques concrètes.

    Ebrahim Azizi, à la tête de la commission de sécurité du Parlement iranien, a contesté le récit trumpien sur la manière dont la guerre s’achèvera. Araghchi, de son côté, répète que Téhéran reste ouvert à une issue diplomatique. Les deux messages peuvent coexister. L’un s’adresse à l’opinion intérieure. L’autre s’adresse aux médiateurs. Ni l’un ni l’autre ne vaut un communiqué conjoint sur Hormuz.

    Pour les États-Unis, cette pression monétaire est un levier. Les responsables américains soutiennent que les mesures en place limitent la capacité de l’Iran à poursuivre les combats. Pour les ménages américains, le même levier a un coût : tant que le détroit reste incertain, le prix de l’essence reste un sujet politique. Trump a d’ailleurs prédit une baisse du pétrole et de l’essence une fois la guerre terminée. La prévision n’a de valeur que si un accord survient vraiment.

    Pourquoi Bitcoin n’a pas bondi sur la promesse de victoire

    Un débutant pourrait s’attendre à un rallye immédiat. Un président annonce la fin proche d’une guerre qui perturbe le pétrole ; les risques baissent ; les actifs risqués montent. Ce n’est pas ce qui s’est produit dans le snapshot cité. Bitcoin est resté près de 83 081 dollars. L’ether et le XRP ont reculé. Le rendement à 30 ans américain était encore dans le viseur. Autrement dit, le marché a traité la déclaration comme une intention, pas comme un dénouement.

    Plus tôt dans la semaine, le recul sous 84 000 dollars avait suivi le rejet américain de l’offre iranienne. Dans le même temps, les ETF Bitcoin au comptant américains avaient enregistré 2,39 milliards de dollars d’entrées nettes sur les cinq séances jusqu’au vendredi précédent. Ce contraste est instructif. L’argent institutionnel continue d’entrer par moments, pendant que le prix de spot hésite sous le poids des taux et de l’incertitude géopolitique. Les flux ne garantissent pas une hausse immédiate. Ils montrent seulement que la demande structurelle n’a pas disparu.

    L’ether, après avoir dépassé 2 700 dollars, a reculé. Le XRP gravitait près de 1,50 dollar dans un rapport antérieur, puis près de 1,48. Ces mouvements ne racontent pas une thèse crypto isolée. Ils racontent un marché qui respire encore au rythme de Wall Street, du dollar et du pétrole.

    • Bitcoin : autour de 83 081 dollars, en repli de plus de 1,5 %.
    • Ethereum : près de 2 680 dollars après un passage au-dessus de 2 700.
    • XRP : proche de 1,48 dollar.
    • Brent : 106,77 dollars le 29 septembre.
    • WTI : 93,94 dollars au même moment.

    Les rendements américains, ce juge de paix trop oublié

    On parle beaucoup d’Hormuz. On parle moins du 30 ans américain. C’est une erreur. Un rendement long élevé encchérit le coût du capital. Il rend les obligations plus compétitives face aux actifs sans rendement. Il pèse sur les valorisations des entreprises technologiques et, par ricochet, sur l’appétit pour Bitcoin. Le 10 ans à 5,20 % et le 30 ans à 5,47 % dessinent un décor tendu pour tout ce qui vit de la liquidité facile.

    Dans ce décor, une déclaration présidentielle sur une guerre lointaine ne suffit pas à inverser la pente. Il faudrait que le marché croie à une désescalade assez nette pour faire baisser durablement le pétrole, calmer les anticipations d’inflation, et relâcher une partie de la pression sur les taux. Tant que cette chaîne n’est pas visible, Bitcoin reste un actif risqué dans un monde cher.

    Les investisseurs américains qui détiennent des cryptos en direct ou via des fonds cotés le savent déjà, parfois sans le formuler. Leur portefeuille n’est pas seulement exposé à la technologie des blocs. Il est exposé à la courbe des taux, au prix de l’essence, et à la crédibilité des négociations dans le Golfe.

    Sanctions, avoirs gelés et ligne rouge de Washington

    Le cœur politique du dossier n’est pas seulement militaire. Il est financier. Téhéran veut des dérogations pétrolières et la libération d’avoirs. Washington ne veut pas donner l’impression d’acheter la paix avec des milliards. D’où le démenti cinglant de Trump. Le message intérieur américain est clair : aucune apparence de rançon diplomatique.

    Cette posture complique la médiation. Un accord de réouverture d’Hormuz sans geste économique visible sera difficile à vendre à Téhéran, surtout avec un rial en miettes. Un geste économique trop visible sera difficile à vendre à Washington, surtout en pleine guerre. Les médiateurs cherchent donc une formulation intermédiaire : un calendrier échelonné, des waivers limités, un contrôle du trafic maritime, des pourparlers nucléaires à date fixe. Rien de tout cela n’était acté au moment des déclarations de lundi.

    Je ne leur ai RIEN offert.

    Donald Trump, Truth Social, 28 septembre 2026

    Ce que cela change pour un particulier qui détient des cryptos

    Il ne s’agit pas de transformer chaque investisseur en analyste du Golfe. Il s’agit de relier des points concrets. Si Hormuz se rouvre vraiment, le pétrole peut se détendre. Si le pétrole se détend, une partie du discours inflationniste s’atténue. Si l’inflation perçue recule, les taux longs peuvent respirer. Si les taux longs respirent, Bitcoin a souvent davantage d’espace. L’inverse est tout aussi vrai.

    En attendant, la prudence consiste à regarder trois thermomètres plutôt qu’un seul cours. Premier thermomètre : le Brent et le WTI. Deuxième : le 10 ans et le 30 ans américains. Troisième : les flux des ETF Bitcoin au comptant. Un flux positif avec un prix qui baisse décrit une absorption de l’offre, pas forcément un retournement. Un flux négatif avec un pétrole en hausse et des taux tendus décrit un climat plus hostile.

    La déclaration de Trump peut devenir un catalyseur si elle est suivie d’un geste vérifiable : navires qui passent, blocus qui s’allège, communiqué de médiateurs. Sans cela, elle reste une prévision politique. Les marchés aiment les prévisions. Ils paient les preuves.

    Une mémoire courte du Golfe et une mémoire longue du pétrole

    Chaque génération d’investisseurs redécouvre Hormuz comme s’il s’agissait d’une surprise. Ce n’est pas une surprise. Le détroit a déjà servi de levier, de menace, de variable d’ajustement. Ce qui change aujourd’hui, c’est la présence d’une classe d’actifs numérique détenue par des millions de particuliers, sensible à la liquidité mondiale, et désormais branchée sur des ETF américains. Le pétrole n’influence plus seulement les compagnies énergétiques. Il influence, par ricochet, le bilan mental de ceux qui regardent Bitcoin comme une réserve alternative.

    Il faut pourtant éviter le raccourci naïf : Bitcoin n’est pas automatiquement un abri de guerre. Dans cette séquence, il s’est comporté davantage comme un actif risqué corrélé aux conditions financières américaines. L’or raconte parfois une autre histoire. Le pétrole en raconte une troisième. Confondre les trois, c’est se tromper de carte.

    Les scénarios que les traders commencent déjà à dessiner

    Premier scénario : un accord amendé sur Hormuz dans les jours qui viennent, sans grand geste nucléaire. Le pétrole recule, les taux se calment un peu, Bitcoin tente de reprendre la zone des 84 000 puis des 87 000. Deuxième scénario : les discussions s’enlisent, le blocus demeure, le Brent reste élevé, le rial continue de chuter, et les cryptos restent sous pression des rendements. Troisième scénario : une surprise diplomatique plus large, avec un cadre nucléaire. Celui-ci est le moins documenté pour l’instant, car Trump nie précisément avoir mis des dollars sur la table.

    Aucun de ces scénarios n’est une prédiction de cours. Ce sont des grilles de lecture. Elles servent à éviter de transformer une phrase présidentielle en signal d’achat automatique. Elles servent aussi à éviter l’excès inverse : ignorer que le Golfe peut, en quelques séances, déplacer le prix de l’énergie et donc l’humeur du marché crypto.

    Trois lectures possibles pour les prochains jours

    • Désescalade partielle via Hormuz : pétrole plus bas, soulagement limité sur Bitcoin.
    • Statu quo militaire et diplomatique : taux élevés, tokens encore hésitants.
    • Rupture des pourparlers : prime de risque énergétique plus forte, volatilité accrue.

    Le rôle ambigu des médiateurs

    Les médiateurs occupent une place étrange. Ils portent le plan iranien, testent des amendements, parlent aux deux gouvernements, et n’ont pas le pouvoir de signer. Trump a confirmé que des responsables américains s’étaient entretenus avec eux. Cela suffit à maintenir un fil. Cela ne suffit pas à produire un texte. Dans les crises du Golfe, ce fil est déjà beaucoup. Il empêche la rupture totale. Il n’empêche pas la continuation des frictions maritimes.

    On aurait tort de ridiculiser cette diplomatie d’entremise. Le mémorandum de juin a échoué, certes. Mais il a aussi montré qu’un cadre commercial temporaire n’était pas impensable. L’échec enseigne la fragilité du contrôle des routes. Il n’enseigne pas l’impossibilité d’un nouvel arrangement. Les marchés, eux, attendent précisément ce nouvel arrangement avant de retrancher la prime de risque.

    Essence américaine, discours politique et horizon crypto

    Trump a lié la fin de la guerre à une baisse attendue du pétrole et de l’essence. Le lien est politique autant qu’économique. Aux États-Unis, le prix à la pompe reste un baromètre quotidien, plus concret qu’un rendement à 30 ans. Si l’essence baisse, le président peut revendiquer un dividende de paix. Si elle reste haute, la prédiction de victoire sonne creux.

    Pour la crypto, ce baromètre compte parce qu’il influence le climat macro. Une inflation énergétique persistante nourrit des taux élevés. Des taux élevés compriment les multiples et l’appétit pour le risque. Une détente énergétique fait l’inverse, sans garantir pour autant un marché haussier. Il faudra encore regarder la Fed, les flux ETF et la liquidité globale. Mais le pétrole redevient, dans cette séquence, une porte d’entrée vers Bitcoin.

    Ne pas confondre vitesse diplomatique et vitesse de marché

    Les diplomates parlent en jours, parfois en semaines. Les carnets d’ordres parlent en minutes. C’est pourquoi une prédiction de fin « très proche » peut agiter les titres sans déplacer durablement les prix. Le marché a déjà vu des trêves annoncées, puis démenties. Il a vu un mémorandum de juin se défaire. Il a vu une offre à sept jours rejetée. Cette mémoire récente invite à la sobriété.

    La sobriété n’interdit pas l’attention. Elle l’organise. On lit la phrase de Trump. On vérifie s’il existe un geste maritime. On regarde le Brent. On regarde les Treasuries. On regarde Bitcoin. Dans cet ordre, la géopolitique redevient lisible. Dans l’ordre inverse, on transforme un espoir politique en thèse d’investissement trop fragile.

    Ce que les prochaines heures devront confirmer

    Pour que la prédiction présidentielle cesse d’être un commentaire et devienne un fait de marché, plusieurs signaux devront apparaître. Des navires doivent pouvoir circuler selon des règles acceptées. Le blocus doit évoluer de manière vérifiable. Les médiateurs doivent produire davantage qu’un « on discute encore ». Téhéran doit cesser d’exiger l’intégralité de son paquet économique d’un seul tenant, ou Washington doit accepter une séquence minimale. Aucun de ces points n’était tranché lundi.

    En attendant, Bitcoin près de 83 000 dollars raconte un marché qui n’a pas voulu anticiper trop fort. L’ether et le XRP racontent la même prudence. Le rial raconte l’urgence iranienne. Le Brent raconte la peur de l’offre. Les rendements américains racontent le prix de l’argent. Quatre récits, un seul dossier.

    La phrase de Trump restera dans les dépêches. Les investisseurs, eux, auront raison de juger non pas l’assurance du ton, mais la réalité du détroit. Hormuz n’écoute pas les formules. Il laisse passer les tankers, ou il ne les laisse pas passer. C’est à cette aune, plus qu’à celle d’une déclaration dans le Bureau ovale, que le pétrole, puis peut-être Bitcoin, trancheront.

    Une lecture plus large pour la suite du cycle crypto

    Au-delà de la journée du 28 septembre, cette affaire rappelle une vérité que le bull market a parfois fait oublier. Les cryptomonnaies ne vivent pas hors du monde. Elles vivent dans un monde de routes maritimes, de banques centrales, de sanctions et de ménages qui regardent le prix de l’essence. Comprendre Bitcoin en 2026, c’est aussi comprendre pourquoi un goulet de quelques kilomètres dans le Golfe peut déplacer des milliards de dollars de valeur perçue.

    Cela ne réduit pas Bitcoin à un simple jouet macro. Cela l’inscrit dans une économie réelle. Les ETF ont rapproché le jeton des salles de marché américaines. Les taux ont rapproché ces salles de la politique monétaire. Le pétrole rapproche cette politique de la géographie. La boucle est désormais visible. Elle n’est pas toujours confortable. Elle est, en revanche, plus honnête que les récits d’un actif parfaitement détaché.

    Reste à savoir si la « victoire » annoncée par Trump sera une victoire de communiqué ou une victoire de faits. Les médiateurs travaillent. L’Iran tient ses exigences. Washington tient sa dénégation. Le détroit attend. Et le marché, comme souvent, compte les tankers plutôt que les phrases.

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    Steven Soarez
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