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    Payward Étend Kraken Par Une OffDrafting the French blog articleensive D’Acquisitions

    Steven SoarezDe Steven Soarez27/09/2026Aucun commentaire14 Mins de Lecture
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    On a longtemps résumé Kraken à une salle de marchés crypto, bruyante, cyclique, tributaire des frais de transaction. Cette lecture devient trop courte. Derrière la marque connue du grand public, Payward redessine une architecture plus large : licences de dérivés aux États-Unis, actions tokenisées, paiements, services bancaires et une offre technologique destinée à d’autres institutions. L’offensive d’acquisitions, chiffrée autour de deux milliards de dollars, n’est pas un simple empilement d’actifs. Elle vise à transformer un exchange en plateforme financière partagée, au moment où le mix de revenus bascule et où le calendrier d’introduction en Bourse reste volontairement plus lointain.

    Ce Que Change Vraiment La Stratégie Payward

    Le 26 septembre, CoinDesk rapportait les propos du co-directeur général Arjun Sethi. Selon lui, Payward n’est plus une mosaïque de filiales isolées, mais une seule plateforme financière bâtie autour d’une infrastructure commune. Le trading via Kraken n’est plus qu’un pilier parmi quatre. Les trois autres concernent la banque, la gestion d’actifs et Payward Services, c’est-à-dire la couche technologique ouverte à des banques, des fintechs et des courtiers.

    Cette phrase a l’apparence d’un slogan d’entreprise. Elle décrit pourtant un basculement mesurable. Au deuxième trimestre 2026, le groupe a publié 508 millions de dollars de chiffre d’affaires ajusté, en hausse de 17 % sur un an. L’EBITDA ajusté ressortait à 23 millions de dollars. Dans le même temps, le volume total de transactions sur les plateformes reculait de 18 % à 310 milliards de dollars, sous l’effet d’un marché spot crypto plus calme. Autrement dit, l’activité historique faiblit, mais le compte de résultat tient grâce à d’autres moteurs.

    Payward est une seule plateforme financière construite autour d’une infrastructure partagée. Le trading via Kraken n’est qu’un pilier parmi d’autres.

    Arjun Sethi, co-directeur général de Payward

    Les revenus liés aux actifs et aux autres lignes représentaient 60 % du total, contre 55 % un an plus tôt. Les encours sur les plateformes atteignaient 40 milliards de dollars. Les comptes financés grimpaient à un record de 6,6 millions. Cette dernière statistique doit être lue avec prudence : après l’élargissement du périmètre, Payward compte désormais des comptes sur plusieurs plateformes et peut traiter séparément certains sous-comptes. La croissance n’est pas fictive, mais la définition a changé.

    Un Mix De Revenus Qui Sort Du Seul Spot Crypto

    Quand le spot s’essouffle, un exchange classique voit ses marges se comprimer. Payward a choisi une autre voie : faire monter les produits qui dépendent moins du va-et-vient quotidien des bitcoins et des altcoins. Les futures traditionnels, les actions et les titres tokenisés ont progressé durant le trimestre. Les revenus quotidiens moyens issus des futures ont augmenté de 8 %. Ce n’est pas encore un raz-de-marée, mais c’est une direction.

    Cette orientation n’a rien d’improvisé. Recréer en interne une infrastructure régulée de dérivés, de compensation et de courtage prend des années. Acheter des licences déjà opérationnelles coûte cher, mais accélère le calendrier. C’est précisément le fil conducteur des opérations de 2025 et 2026.

    Ce que disent les chiffres du deuxième trimestre 2026

    • 508 millions de dollars de revenus ajustés, en hausse de 17 % sur un an.
    • 23 millions de dollars d’EBITDA ajusté.
    • 310 milliards de dollars de volume total, en baisse de 18 %.
    • 40 milliards de dollars d’actifs sur les plateformes.
    • 6,6 millions de comptes financés, un plus haut, avec une définition élargie.

    Le recul des volumes n’invalide pas la stratégie. Il la justifie. Un groupe trop dépendant des frais de trading crypto reste exposé à chaque hiver de marché. Un groupe capable de facturer la conservation, le règlement, les produits dérivés, les paiements et l’accès à des actions tokenisées lisse davantage son cycle. Reste à prouver que cette diversification n’alourdit pas trop la structure de coûts.

    NinjaTrader, Premier Grand Verrou Sur Les Futures

    En mars 2025, Kraken a accepté d’acquérir le courtier américain de futures NinjaTrader pour 1,5 milliard de dollars. L’opération n’a pas consisté à fondre la cible dans l’interface crypto. NinjaTrader est resté une plateforme distincte. L’intérêt était ailleurs : apporter des capacités de trading de contrats à terme traditionnels et un savoir-faire réglementaire déjà éprouvé aux États-Unis.

    Pour un acteur né dans le crypto, ce type d’achat change le statut. On ne parle plus seulement d’un exchange qui « s’intéresse » aux dérivés. On parle d’un groupe qui héberge une franchise reconnue par des traders de matières premières, d’indices et de taux. La coexistence de deux marques n’est pas un échec d’intégration. C’est un choix : préserver la clientèle existante tout en branchant progressivement les tuyaux communs.

    Cette première brique a préparé la suivante. Sans courtage, sans habitudes de marché, sans équipes déjà habituées aux exigences américaines, l’acquisition de licences plus lourdes aurait été plus risquée. NinjaTrader a servi de rampe.

    Bitnomial Et Le Trio De Licences CFTC

    Payward a ensuite mis la main sur Bitnomial pour un montant pouvant atteindre 550 millions de dollars, en cash et en titres. L’intérêt n’était pas seulement commercial. La cible apportait un marché désigné de contrats, une organisation de compensation et un négociant en commissions sur futures, le tout sous supervision de la Commodity Futures Trading Commission.

    Réunir ces trois enregistrements dans le même ensemble régulé est rare. Bitnomial était devenue la première plateforme nativement crypto aux États-Unis à détenir ensemble ces trois statuts majeurs. L’opération a été close le 1er mai. Dès le rapport du deuxième trimestre, Payward indiquait que cette infrastructure soutenait désormais des produits de futures perpétuels régulés et des offres de marge au comptant aux États-Unis.

    En septembre, le groupe a poussé plus loin, côté on-chain. Il a annoncé son intention de proposer des contrats perpétuels s’appuyant sur l’infrastructure HIP-3 de Hyperliquid, destinés à des clients américains éligibles, sous réserve d’autorisations. Dans le schéma envisagé, Bitnomial déploierait, administrerait, compenserait et réglerait les contrats. NinjaTrader Clearing porterait les comptes clients éligibles. L’accès ne serait pas automatique : chaque client devrait d’abord être approuvé par les entités régulées.

    Les licences ne sont pas un trophée. Elles décident qui a le droit de compenser, de porter les comptes et de parler aux régulateurs sans intermédiaire.

    Lecture de marché

    Cette architecture a une conséquence politique autant qu’industrielle. Elle place Payward dans le camp des acteurs qui acceptent le cadre américain plutôt que de le contourner. Elle crée aussi une contrainte : chaque innovation produit doit passer par des entités déjà supervisées. La vitesse n’est plus celle d’un protocole DeFi. Elle devient celle d’un groupe qui veut vendre de la confiance institutionnelle.

    Les Actions Tokenisées, De Nasdaq À La Bourse De Londres

    Le deuxième grand chantier n’est plus le contrat à terme. C’est le titre coté, représenté sous forme de jeton. Le 10 septembre, Nasdaq a annoncé que Nasdaq Ventures investissait 100 millions de dollars dans Payward. Les deux groupes élargissent leur travail sur le cadre Nasdaq Equity Token et ajoutent un accord de surveillance de marché.

    Nasdaq présente la collaboration comme une infrastructure pour des actions tokenisées et pour des marchés ouverts plus longtemps que les séances boursières classiques. Payward fournirait la technologie de distribution, de négociation et de post-marché. Le lancement des Nasdaq Equity Tokens est attendu au deuxième trimestre 2027. Dans le cadre de cet investissement, Payward a été valorisée 21 milliards de dollars.

    De l’autre côté de l’Atlantique, la Bourse de Londres a noué un partenariat distinct. Elle prévoit d’inscrire les xStocks sur sa future place LSE 24 en 2027, sous réserve d’approbation. Les xStocks sont des représentations tokenisées d’actions cotées et de fonds indiciels. Payward a renforcé son contrôle sur cette brique en rachetant Backed Finance, à l’origine de la plateforme de titres tokenisés.

    Sethi a résumé le calcul avec une formule simple : les places historiques restent utiles parce qu’elles apportent une infrastructure de cotation et de régulation construite sur des décennies. « La confiance est leur monnaie », a-t-il déclaré. Kraken, de son côté, continue d’étendre les xStocks indépendamment de ces alliances. Le groupe a déjà fait monter la part des actions tokenisées dans l’activité d’actifs du monde réel.

    Deux calendriers boursiers à surveiller en 2027

    • Nasdaq Equity Tokens : lancement visé au deuxième trimestre 2027.
    • xStocks sur LSE 24 : inscription prévue en 2027, sous réserve réglementaire.
    • Valorisation retenue autour de l’investissement Nasdaq : 21 milliards de dollars.
    • Ticket Nasdaq Ventures : 100 millions de dollars.

    La tokenisation des actions n’est plus un démonstrateur de laboratoire. Elle devient un sujet de places de marché. Cela ne garantit ni les volumes, ni l’adoption retail, ni l’absence de friction fiscale et juridique. Mais le signal est clair : Payward veut être dans la tuyauterie, pas seulement sur l’application grand public.

    Payward Services, Ou Comment Vendre Les Tuyaux

    La pièce la moins spectaculaire du puzzle pourrait devenir la plus structurante. Payward Services reprend des briques d’abord conçues pour Kraken et les propose à d’autres. Trading, conservation, liquidité, financement, paiements, conformité, gestion des risques et règlement transitent par des intégrations communes.

    Sethi a indiqué qu’au moins 25 sociétés développaient des produits sur cette infrastructure. Le rapport du deuxième trimestre précisait qu’une API unifiée avait déjà mis en production un premier partenaire externe. Des intégrations suivantes ont ajouté des conversions, des transferts, des actions européennes et le dispositif de demande de cotation de Kraken.

    Le groupe a poursuivi cette logique par acquisitions. En juillet, il a clos le rachat de Reap, spécialiste des paiements en stablecoins, ce qui fait entrer dans le périmètre des capacités de paiement et d’émission de cartes. Plus tard le même mois, il a accepté d’acquérir l’activité d’infrastructure de portefeuilles de Magic Labs. Cette technologie, utilisée selon les reports auprès d’environ 60 millions d’utilisateurs, doit rejoindre Payward Services après finalisation.

    En septembre, la salle de presse du groupe mentionnait encore des intégrations avec Ledger, des programmes de cartes stablecoins via Reap et Visa, du rendement on-chain sur xStocks et un accès à des introductions en Bourse via Payward Services. L’ensemble ressemble moins à un exchange qu’à une couche intermédiaire que d’autres marques peuvent masquer derrière leur propre interface.

    Une IPO En Préparation, Mais Pas Comme Une Planche De Salut

    Payward a déposé confidentiellement un projet d’enregistrement auprès de la Securities and Exchange Commission américaine en novembre 2025. Aucun ticker, aucun prix, aucun nombre d’actions n’a été rendu public. Le groupe n’est pas attendu en Bourse avant le deuxième trimestre 2027 au plus tôt.

    Sethi a insisté sur un point : l’introduction n’est pas indispensable au financement courant. Le groupe se présente comme profitable et capable d’investir à partir de son bilan. Les levées récentes ont surtout servi à faire entrer des actionnaires stratégiques, dont Citadel Securities et Nasdaq. L’IPO, si elle vient, serait davantage une étape de visibilité et de liquidité actionnariale qu’un sauvetage de trésorerie.

    Ce calendrier long a une vertu de communication. Il évite de lier chaque acquisition à une promesse de cotation imminente. Il a aussi un coût : tant que le dossier reste confidentiel, le marché ne dispose que de fragments, de valorisations ponctuelles et de chiffres trimestriels choisis. La transparence complète attendra le prospectus.

    La Piste D’Une Banque En Europe

    Sethi a également déclaré que le groupe était « sur le point d’acheter une banque en Europe », sans nommer la cible. Des informations antérieures avaient évoqué des discussions autour d’un établissement lituanien. Rien n’est clos dans les éléments publics repris ici. Mais la direction est cohérente avec le reste du récit : obtenir un véhicule bancaire pour les dépôts, les paiements et, potentiellement, une relation plus directe avec les superviseurs européens.

    Une banque n’est pas un plugin. C’est un régime de fonds propres, de lutte contre le blanchiment, de gouvernance et de continuité opérationnelle. Si l’opération se confirme, elle ancrera Payward dans une logique d’institution financière plus que dans celle d’une plateforme crypto agile. C’est précisément le pari.

    Pourquoi Cette Course Aux Licences N’Est Pas Anodine

    Dans le crypto, beaucoup d’acteurs ont longtemps traité la régulation comme un obstacle à contourner ou comme un coût à minimiser. Payward fait l’inverse : il achète le droit d’opérer au centre du système. Cela coûte cher. Cela ralentit certaines innovations. Cela crée aussi une barrière à l’entrée pour des rivaux plus légers.

    Le risque, évidemment, est l’indigestion. Intégrer NinjaTrader, Bitnomial, Backed Finance, Reap, Magic Labs et, peut-être, une banque européenne, tout en maintenant Kraken, les xStocks et une API tierce, demande une discipline d’exécution rare. Les licences ne se branchent pas comme des modules. Les cultures d’entreprise non plus.

    Le second risque est commercial. Les volumes spot ont déjà reculé. Si les produits tokenisés et les dérivés régulés montent trop lentement, le groupe se retrouvera avec une base de coûts plus lourde pour un moteur historique moins puissant. Le troisième risque est politique : un durcissement réglementaire, aux États-Unis ou en Europe, peut retarder LSE 24, les Equity Tokens ou les perpétuels Hyperliquid destinés aux clients américains.

    • Avantage recherché : posséder exchange, compensation et courtage dans le même ensemble supervisé.
    • Levier de croissance : vendre l’infrastructure à des tiers plutôt que de tout miser sur l’utilisateur final.
    • Point de vigilance : la définition élargie des comptes financés complique les comparaisons d’une année sur l’autre.
    • Horizon 2027 : tokenisation avec Nasdaq et LSE, IPO au plus tôt au deuxième trimestre.

    Ce Que Cela Dit Du Secteur, Au-Delà De Kraken

    Payward n’est pas le seul groupe à vouloir sortir du modèle « frais sur chaque trade ». D’autres exchanges cherchent des licences, des partenariats bancaires, des produits tokenisés, des cartes, des API. La particularité, ici, est l’ampleur du chéquier et la volonté d’afficher une valorisation de 21 milliards de dollars avant même une cotation publique.

    Le marché des actifs du monde réel a besoin d’infrastructures de surveillance, de règlement et de distribution. Les places historiques ont la confiance, mais pas toujours la stack on-chain. Les acteurs crypto ont la stack, mais pas toujours la confiance. Les alliances Nasdaq et LSE illustrent ce mariage de raison. Personne n’est obligé d’y voir une révolution immédiate. On peut y voir, plus sobrement, une industrialisation.

    Pour l’utilisateur final, le changement sera d’abord discret. Une interface Kraken un peu plus fournie. Des produits d’actions tokenisées plus visibles. Des cartes. Peut-être, plus tard, des perpétuels régulés. Pour les banques et les fintechs, l’enjeu est différent : acheter du temps en branchant une API plutôt que de reconstruire conservation, liquidité et conformité.

    Lire Les Prochains Signaux Sans Se Laisser Emporter

    Plusieurs indicateurs vaudront mieux que les communiqués. La part réelle des revenus hors trading. La conversion des 25 intégrations annoncées en partenaires réellement en production. Le sort réglementaire des perpétuels HIP-3 aux États-Unis. La confirmation, ou non, de l’achat d’une banque européenne. Enfin, le contenu du prospectus, le jour où le dossier d’IPO cessera d’être confidentiel.

    Jusque-là, la prudence s’impose. Payward raconte une bascule d’un exchange vers une infrastructure financière. Les premiers chiffres du deuxième trimestre 2026 vont dans ce sens : moins de dépendance au spot, plus de poids des revenus liés aux actifs, un EBITDA encore modeste mais positif. Ce n’est pas une victoire définitive. C’est un basculement en cours, financé par le bilan et par des investisseurs stratégiques, pas par une ruée précipitée vers la cloche de Wall Street.

    Le récit séduit parce qu’il promet de réconcilier deux mondes que l’on oppose trop souvent : la vitesse des protocoles et la lenteur assumée des licences. Si l’exécution suit, Kraken ne sera plus qu’une vitrine. Si elle trébuche, le groupe se retrouvera avec une collection coûteuse de tuyaux mal reliés. C’est précisément pour cela que cette offensive d’acquisitions mérite d’être suivie au-delà du titre accrocheur des deux milliards de dollars.

    Dans les mois qui viennent, le sujet ne sera plus seulement de savoir si Payward « croit » à la tokenisation ou aux dérivés régulés. Il sera de vérifier si ces produits trouvent des volumes, si les partenaires externes paient pour l’API, et si la promesse d’une plateforme unique résiste à la complexité de dizaines de régimes juridiques. Le marché, lui, n’attend pas un manifeste. Il attend des traces dans les comptes.

    C’est là que l’histoire devient intéressante. Pas parce qu’un exchange rachète encore une société. Parce qu’un groupe né du trading crypto tente de se fondre, pièce après pièce, dans l’architecture ordinaire de la finance. Les prochaines publications trimestrielles diront si cette métamorphose tient, ou si elle n’était qu’un habillage élégant d’une machine encore trop dépendante des cycles du bitcoin.

    actions tokenisées dérivés régulés infrastructure financière décentralisée offre publique Payward Kraken
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    Steven Soarez
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