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    Ondo Finance Dément Les Discussions De Vente Après Décès

    Steven SoarezDe Steven Soarez25/09/2026Aucun commentaire18 Mins de Lecture
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    Une rumeur de cession peut suffire à faire vaciller un projet qui prétend transformer la finance traditionnelle. Quand cette rumeur surgit quelques mois après la mort brutale d’un fondateur de trente-deux ans, elle ne reste plus un simple bruit de couloir. Elle devient une question de confiance, de gouvernance et de continuité. Ondo Finance a choisi de frapper fort : selon la société, personne n’a cherché d’acheteur, personne n’a autorisé un intermédiaire à le faire, et le récit relayé par des sources anonymes serait entièrement faux.

    Ce Que La Démenti D’Ondo Change Vraiment

    Le 24 septembre 2026, CoinDesk a publié une information présentée comme un scoop. Trois personnes familières du dossier auraient indiqué qu’Ondo Finance avait été proposée à des acquéreurs potentiels après le 25 mai, date du décès de Nathan Allman. Deux de ces sources situaient clairement cette démarche après cette date. Le média précisait toutefois ne pas savoir qui avait lancé la démarche, ni quelle valorisation aurait été évoquée. L’absence de ces deux éléments n’a pas empêché la nouvelle de circuler. Dans un secteur où la tokenisation d’actifs réels attire des flux institutionnels, une simple phrase suffit parfois à réécrire le récit d’une entreprise.

    Ondo a répondu sans détour. Un porte-parole a qualifié les reports d’une possible vente de wholly untrue, c’est-à-dire totalement infondés. Personne au sein de la société n’aurait cherché d’acheteurs. Personne n’aurait mandaté un tiers pour le faire. L’estate d’Allman, de son côté, a refusé de commenter. Cette double posture crée un vide. D’un côté, une négation nette. De l’autre, un silence. Entre les deux, un procès au Delaware qui n’est toujours pas clos.

    Les rapports d’une possible vente sont totalement infondés. Personne dans l’entreprise n’a cherché d’acheteurs ni autorisé quiconque à le faire.

    Porte-parole d’Ondo Finance

    Le Vide Laissé Par Un Fondateur Sans Testament

    Nathan Allman est mort sans testament alors qu’il détenait une participation de contrôle dans Ondo Finance. Ce détail, d’apparence privée, a des conséquences publiques immenses. Dans une société où le fondateur était décrit comme actionnaire de contrôle et seul administrateur, avec un siège de conseil vacant, la disparition brutale ne laisse pas seulement un deuil. Elle laisse un conflit de droits de vote. Qui peut convoquer un conseil ? Qui peut révoquer un dirigeant ? Qui peut engager ou refuser une opération stratégique ? Ces questions ne relèvent plus de la communication. Elles relèvent du droit des sociétés.

    Après les procédures successorales à Hawaï, les parents de Nathan, Kathleen et Lawrence Allman, sont devenus héritiers. Kathleen a ensuite obtenu la qualité de représentante personnelle de la succession. Elle a soutenu que les droits de vote attachés aux actions de l’estate lui permettaient de recomposer le conseil d’administration. Ian De Bode a contesté la tentative de le révoquer. Les revendications concurrentes ont fini devant la Court of Chancery du Delaware, juridiction de référence pour le droit des sociétés américain.

    Ce que l’on sait, et ce qui reste flou.

    • Le décès de Nathan Allman est daté du 25 mai 2026.
    • La plainte Kathleen C. Allman contre Ondo Finance Inc. a été déposée le 24 juillet 2026.
    • Le dossier public reste actif devant la chancelière Kathaleen McCormick.
    • Aucun événement d’audience n’apparaît pour l’instant sur la page publique consultée.
    • Aucune preuve publique n’établit qu’une banque d’affaires a été formellement mandatée pour vendre la société.

    Le docket public de CourtConnect mentionne l’affaire sous le numéro 2026-0978. Le statut indiqué est actif. Cette seule mention suffit à rappeler qu’aucune décision définitive n’a tranché le contrôle. Or, dans une entreprise de tokenisation, le contrôle n’est pas un détail administratif. Il détermine qui peut signer un partenariat, qui peut modifier une table de capitalisation, qui peut autoriser une cession d’actifs ou une fusion.

    Pourquoi Une Rumeur De Vente Tombe Si Mal

    La tokenisation d’actions et d’actifs réels repose sur une promesse de continuité. Les institutions n’entrent pas dans un protocole pour assister à une bataille successorale. Elles veulent des processus reproductibles, des comptes vérifiés, des procédures de conversion et de rachat qui fonctionnent le lundi comme le vendredi. Une rumeur de mise en vente, même démentie, introduit un soupçon : et si le projet changeait de mains au moment où il commence à industrialiser ses flux ?

    CoinDesk a indiqué que l’arrangement judiciaire actuel permettrait à De Bode de diriger les affaires ordinaires, tout en limitant les changements majeurs tant que le litige de contrôle n’est pas résolu. Une source anonyme a même estimé que la procédure avait probablement stoppé toute éventuelle dynamique de cession. Cette lecture n’a été confirmée ni par Ondo ni par la succession. Elle reste donc une hypothèse. Mais elle a le mérite de coller à la logique d’une ordonnance conservatoire : on gère le quotidien, on n’aliène pas l’essentiel.

    Dans ce contexte, le démenti d’Ondo n’est pas seulement une réponse médiatique. C’est une tentative de rassurer les contreparties institutionnelles qui viennent d’obtenir un nouveau canal de conversion d’actions. Le 21 septembre, la société a annoncé une voie permettant à des entreprises agréées de convertir des titres sous-jacents directement en Ondo Stocks via le réseau de tokenisation instantanée d’Alpaca. Le service est présenté comme opérationnel sur Ethereum et BNB Chain. Annoncer un produit tout en étant soupçonné de chercher un acheteur crée une dissonance. D’où l’urgence du démenti.

    Le Cœur Du Procès : Qui Dirige Après Nathan

    La plainte déposée par Kathleen Allman conteste l’autorité d’Ian De Bode après le décès. Selon l’estate, De Bode se serait présenté comme directeur général sans approbation valable du conseil, puis aurait pris des mesures pour consolider le contrôle pendant que les droits de vote de la succession traversaient encore la probate hawaïenne. De Bode a rejeté ces allégations comme dénuées de fondement. Le public, lui, n’a pas accès à l’intégralité des pièces. Il voit seulement le conflit et ses conséquences.

    Au moment du décès, les écritures judiciaires décrivaient Nathan Allman comme actionnaire de contrôle et unique administrateur. Kathleen a été nommée représentante personnelle à Hawaï le 26 juin. Elle a ensuite utilisé des consentements d’actionnaires pour nommer des administrateurs et tenter de révoquer De Bode, selon les comptes rendus de la plainte. Cette mécanique est classique en droit américain des sociétés : le vote suit l’action, et l’action suit la succession. Encore faut-il que les formalités soient respectées au bon moment, devant le bon tribunal, avec les bons pouvoirs.

    Un autre point de friction concerne un ensemble de rémunération qui aurait été préparé pour De Bode après la mort du fondateur. Des comptes rendus liés à la procédure évoquent un package d’environ onze millions de dollars, mêlant salaire, versement à la signature, unités de tokens restreintes et attributions d’actions. Ces montants restent des allégations. Aucun jugement définitif n’a établi qu’il s’agissait d’un manquement. Il serait donc malhonnête de les présenter comme des faits jugés. Il serait tout aussi naïf de les ignorer : ils expliquent une partie de la tension entre succession et direction opérationnelle.

    De Bode reste le visage public d’Ondo, présenté comme président et directeur général par intérim, tandis qu’Allman demeure listé comme fondateur.

    Lecture des pages de direction de la société

    Cette coexistence des titres n’est pas anodine. Elle dit qu’Ondo tente de préserver une continuité opérationnelle sans clore le récit fondateur. Elle dit aussi que le statut juridique du dirigeant n’est pas encore figé. Un titre sur un site n’est pas une décision de chancellerie. Les investisseurs avertis le savent. Les moins avertis le découvrent souvent trop tard.

    Hawaï Entre Dans Le Tableau

    Le conflit ne s’est pas arrêté au Delaware. Une procédure distincte s’est ouverte autour du contrôle par Kathleen Allman de sa part dans la succession. La demi-sœur de Nathan, le Dr Lani Clinton, et David Chen, investisseur d’Ondo, ont demandé à un tribunal hawaïen une curatelle limitée portant sur cet intérêt. La requête contient des allégations sur la capacité de Kathleen à gérer des affaires financières. Ses avocats ont nié ces accusations. Kathleen a estimé que le dépôt était lié à la bataille pour Ondo et a rejeté les griefs comme infondés.

    Aucun jugement définitif n’a établi le bien-fondé de ces accusations dans les derniers éléments publics examinés. Il faut donc tenir les deux bouts : d’un côté, une famille éclatée autour d’un patrimoine considérable ; de l’autre, une entreprise qui continue de lancer des produits. La succession ne contient pas seulement des droits de vote. Des comptes rendus liés aux tribunaux la décrivent comme détentrice d’une allocation importante de tokens ONDO, certains déjà débloqués, d’autres programmés pour se débloquer au cours des trois prochaines années. La taille exacte de la position de contrôle est caviardée dans les versions publiques des pièces sociétaires.

    Ce caviardage a une fonction. Il protège des informations sensibles. Il empêche aussi le marché de calculer précisément le poids de l’estate. Or, dans un actif dont une part significative peut encore se débloquer, le calendrier d’unlock n’est pas un détail comptable. Il conditionne l’offre potentielle de tokens et, par ricochet, la perception du flottant.

    Ce Que Les Produits Disent Pendant Que La Justice Parle

    Pendant que les avocats s’écrivent, les équipes produits avancent. Le 21 septembre, Ondo a ouvert une route institutionnelle de conversion. Des sociétés agréées peuvent transférer des actions déjà détenues depuis un compte Alpaca vers le compte Alpaca d’Ondo, avant que les tokens Ondo Stocks correspondants soient émis on-chain. Les rachats inversent le processus et rendent les titres sous-jacents au compte institutionnel. Ce design a un mérite simple : il relie un monde de courtage régulé à un monde de tokens fongibles.

    Les institutions doivent disposer de comptes Ondo et Alpaca actifs, et d’une approbation préalable. Ce n’est pas un produit grand public improvisé. C’est une rampe destinée à des acteurs déjà identifiés. Des données de RWA.xyz citées dans la couverture du lancement faisaient état de 3,63 milliards de dollars d’actifs distribués Ondo répartis sur 441 produits au 22 septembre. Ces chiffres ne tranchent pas le procès. Ils montrent toutefois qu’une machine commerciale continue de tourner pendant que la gouvernance est contestée.

    Ondo a également poursuivi l’expansion des actions tokenisées en 2026, notamment en amenant des titres américains tokenisés vers HyperEVM de Hyperliquid. Ondo Global Markets avait alors atteint près de 18 milliards de dollars de volume cumulé. Ces indicateurs de traction expliquent pourquoi une rumeur de vente fait autant de bruit. On ne « shoppe » pas, même hypothétiquement, une coquille vide. On s’intéresse à une plateforme qui a déjà un pipeline institutionnel.

    Repères opérationnels à retenir.

    • Conversion institutionnelle d’actions vers Ondo Stocks via Alpaca, live sur Ethereum et BNB Chain.
    • Environ 3,63 milliards de dollars d’actifs distribués recensés sur 441 produits au 22 septembre.
    • Volume cumulé d’Ondo Global Markets approchant 18 milliards de dollars selon des couvertures antérieures.
    • En juillet, Ondo explorait une acquisition pouvant aller jusqu’à 500 millions de dollars dans la tech patrimoniale ou des métiers financiers adjacents.

    Acheter Ou Être Acheté : Deux Récits Qui Se Croisent

    Avant même le scoop de septembre, Ondo était décrit comme un acheteur potentiel, pas seulement comme une cible. En juillet, la société explorait une opération pouvant atteindre 500 millions de dollars dans la technologie patrimoniale ou des métiers financiers voisins. Aucun conseiller formel ni cible nommée n’avait alors été public. Cette piste d’acquisition change la lecture de la rumeur de cession. Une entreprise qui cherche à racheter n’est pas forcément une entreprise qui se vend. Elle peut aussi être une entreprise dont certains interlocuteurs testent la valeur, précisément parce qu’elle grandit.

    L’historique de financement public d’Ondo reste relativement classique pour une scale-up crypto-fintech. Une Série A de 20 millions de dollars en 2022, menée par Founders Fund et Pantera Capital, avec la participation de Coinbase Ventures, Tiger Global, GoldenTree, Wintermute, Flow Traders et d’autres. Un tour d’equity de 4 millions de dollars en 2021. La société n’a pas publié de valorisation dans le cadre des tours d’equity rendus publics. CoinDesk a indiqué n’avoir identifié ni l’initiateur de l’outreach rapporté, ni un prix de cession envisagé. Sans banquier nommé, sans fourchette, sans document, le marché n’a qu’une allégation et un démenti.

    C’est précisément pour cela que le sujet reste inflammable. Dans la tokenisation, la valorisation n’est pas qu’un multiple de revenus. Elle intègre la qualité des licences, la profondeur des partenariats de conservation, la liquidité des marchés secondaires, et désormais la stabilité juridique du contrôle. Un procès de gouvernance agit comme une décote invisible. Même si les produits avancent.

    La Tokenisation N’Absout Pas Le Droit Des Sociétés

    On parle souvent de la blockchain comme d’un registre incorruptible. On oublie que les sociétés qui émettent ou distribuent des tokens restent des personnes morales terrestres. Elles ont un siège, des statuts, un conseil, des actionnaires, parfois un testament manquant. Le token ONDO peut circuler en quelques secondes. Le droit de vote attaché à une action de préférence peut, lui, rester bloqué des mois dans une probate. Cette asymétrie de vitesse est le vrai sujet de l’affaire Ondo.

    Les fondateurs de protocoles aiment croire que le code suffit. Les institutions, elles, demandent qui signe. Elles demandent qui peut modifier un contrat de distribution. Elles demandent ce qui se passe si le dirigeant opérationnel et l’héritier de l’actionnaire de contrôle ne sont plus d’accord. Ondo offre, malgré lui, un cas d’école. La leçon n’est pas que la tokenisation échoue. La leçon est que la tokenisation n’efface pas le droit des successions.

    Le Delaware est devenu le théâtre de ce rappel. La Court of Chancery n’est pas une juridiction de tweets. Elle tranche des conflits de fiducie, de devoirs d’administrateurs, de validité de consentements écrits. Tant que l’affaire 2026-0978 reste active, chaque communication d’Ondo sera lue à travers ce prisme. Chaque lancement produit sera salué comme une preuve de continuité. Chaque rumeur de cession sera lue comme une tentative de sortie.

    Ce Que Les Institutions Regardent Maintenant

    Un gérant qui convertit des actions via Alpaca ne se demande pas seulement si le smart contract fonctionne. Il se demande si le partenaire peut encore exister sous la même gouvernance dans six mois. Il se demande si un changement de conseil modifierait les priorités de listing. Il se demande si un unlock massif de tokens détenus par une succession créerait une pression de vente. Ces questions sont froides. Elles sont légitimes.

    Le démenti d’Ondo vise précisément cette audience. En niant toute recherche d’acheteur, la société dit aux institutions : nous ne sommes pas un actif en vitrine. Nous sommes un opérateur en activité. Le calendrier du lancement de conversion, trois jours avant la publication du scoop, renforce cette lecture. Soit la coïncidence est malheureuse. Soit elle montre qu’Ondo voulait occuper l’espace produit plutôt que l’espace judiciaire.

    • Continuité des comptes : les institutions veulent garder leurs rails de conversion et de rachat.
    • Clarté du contrôle : un procès actif n’interdit pas d’opérer, mais il complique les engagements longs.
    • Calendrier des tokens : les unlocks de la succession restent un facteur de perception.
    • Capacité d’acquisition : une société qui explore des rachats à 500 millions n’a pas le même récit qu’une cible en détresse.

    Sources Anonymes Contre Parole Officielle

    Le journalisme financier vit de sources. Trois personnes familières d’un dossier, c’est à la fois beaucoup et trop peu. Beaucoup, parce que la convergence de trois récits réduit le risque d’une invention isolée. Trop peu, parce que l’anonymat empêche de savoir si l’on parle d’un banquier, d’un actionnaire, d’un salarié, d’un avocat ou d’un intermédiaire intéressé. CoinDesk a eu l’honnêteté de dire qu’il ne pouvait établir ni l’initiateur ni la valorisation. Cette réserve devrait circuler autant que le titre.

    Ondo, de son côté, a choisi la formule la plus large possible. Non seulement la société n’aurait pas cherché d’acheteurs, mais personne n’aurait autorisé un tiers à le faire. Cette seconde phrase vise les intermédiaires. Dans les processus de cession, il arrive qu’un actionnaire, un conseil, un exécuteur ou un banquier « teste le marché » sans mandat formel écrit. Le démenti cherche à fermer cette porte. Reste à savoir si un tribunal, plus tard, produira des pièces qui nuanceront ce tableau. Pour l’heure, le public n’en a pas.

    L’estate a choisi le silence. Ce silence peut signifier beaucoup de choses : stratégie judiciaire, deuil, interdiction de commenter, ou simple refus d’alimenter une spéculation. Il laisse toutefois Ondo seul à porter la parole publique. Dans un conflit de contrôle, celui qui parle le plus n’a pas forcément raison. Il a seulement le micro.

    Le Risque Réputationnel Pour Tout L’Écosystème RWA

    Ondo n’est pas un protocole isolé. Il est devenu l’un des noms les plus cités dès que l’on parle d’actions tokenisées et d’actifs réels on-chain. Une crise de gouvernance chez un acteur visible rejaillit sur la catégorie. Les détracteurs diront que la tokenisation n’a fait que déplacer des conflits d’actionnaires sur une chaîne. Les défenseurs répondront que le registre public n’a rien à voir avec une probate hawaïenne. Les deux ont une part de vrai.

    Le marché des RWA a besoin de cas propres. Il a besoin de fondateurs qui anticipent leur disparition, de pactes d’actionnaires qui prévoient l’incapacité, de councils qui ne tiennent pas à un seul siège occupé. Allman avait trente-deux ans. Personne ne planifie volontiers sa propre mort à cet âge. Le coût de cette absence de planification se paie aujourd’hui en procédures, en rumeurs et en communiqués.

    Pour les autres équipes de tokenisation, le dossier Ondo vaut mieux qu’un webinaire de gouvernance. Il vaut une revue de statuts. Combien de projets ont encore un fondateur unique administrateur ? Combien ont un testament, un trust, un pacte de buy-sell, une clause de drag ou de tag adaptée à un actif hybride actions plus tokens ? Le secteur parlera encore longtemps de liquidité on-chain. Il devrait parler aussi de continuité hors chaîne.

    Ce Qu’Il Faut Surveiller Dans Les Semaines Qui Viennent

    Le calendrier judiciaire public est, pour l’instant, pauvre en événements affichés. Cela ne signifie pas que rien ne se passe. Des mémoires peuvent s’échanger. Des mesures conservatoires peuvent déjà encadrer la gestion. Des négociations peuvent avoir lieu à l’ombre du docket. Les observateurs devront donc croiser trois fils : les dépôts au Delaware, les développements à Hawaï, et les annonces produit d’Ondo.

    Si un banquier d’affaires apparaît formellement, le récit changera. Si une audience est fixée, le récit changera. Si Kathleen Allman et Ian De Bode trouvent un modus vivendi, le récit changera aussi. En attendant, la seule boussole honnête est celle-ci : Ondo nie la mise en vente, le procès de contrôle reste ouvert, et les rails institutionnels continuent d’être construits.

    Les tokens ONDO, les volumes d’Ondo Global Markets et les chiffres d’actifs distribués continueront d’alimenter les tableaux de bord. Ils ne diront pas qui gagne au tribunal. Ils diront seulement si les clients institutionnels acceptent de travailler avec une société dont le sommet reste juridiquement disputé. C’est, au fond, le seul verdict que le marché peut rendre avant les juges.

    Une Affaire De Confiance Plus Qu’Une Affaire De Prix

    On aurait pu réduire ce dossier à une question de valorisation. Combien vaudrait Ondo si quelqu’un l’avait vraiment proposée ? Cette question est spectaculaire. Elle est aussi secondaire. Sans initiateur identifié, sans fourchette, sans mandat public, le prix n’existe que dans l’imaginaire des lecteurs. Ce qui existe, en revanche, c’est un fondateur disparu, une succession contestée, un dirigeant par intérim, un conseil dont la composition est en litige, et une plateforme qui continue d’émettre des représentations tokenisées d’actions réelles.

    La finance on-chain aime les récits de disruption. Elle déteste les récits de probate. Pourtant, plus les protocoles se rapprochent des titres cotés, plus ils héritent des vieux problèmes du capitalisme de société : mort du contrôleur, guerre d’héritiers, rémunération d’un successeur, devoirs d’administrateurs, information des investisseurs. Ondo n’invente pas ces problèmes. Il les révèle plus tôt que d’autres, parce qu’il est déjà assez grand pour que l’on s’y intéresse.

    La chaîne peut transférer un titre en quelques secondes. Elle ne peut pas inventer un testament qui n’existe pas.

    Lecture du dossier Ondo

    Le démenti de septembre 2026 ne clôt pas l’histoire. Il en fixe seulement le point de bascule médiatique. Désormais, chaque observateur devra choisir sa discipline : croire le porte-parole, croire les sources anonymes, ou attendre les pièces. La troisième option est la moins excitante. C’est aussi la seule qui respecte à la fois les morts, les vivants et les institutions qui, pendant ce temps, convertissent encore des actions en tokens.

    Ondo Finance voulait démontrer que les marchés de capitaux pouvaient vivre on-chain. Le destin a ajouté une démonstration involontaire : sans gouvernance claire après le fondateur, même la plus moderne des plateformes redevient une affaire de droit des sociétés. Le produit avance. Le procès aussi. Entre les deux, la rumeur de vente a trouvé assez d’espace pour exister, puis assez de résistance officielle pour être niée. Le prochain chapitre ne s’écrira ni dans un fil d’actualité, ni dans un communiqué. Il s’écrira dans un dossier numéroté au Delaware, pendant que, sur Ethereum et BNB Chain, des actions continueront de changer de forme.

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    Steven Soarez
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