Un mois. Cent dix-sept virgule trois milliards de dollars. Voilà le volume que les contrats à terme perpétuels adossés à l’or, au pétrole, aux devises, aux indices et désormais aux actions ont fait tourner en août 2026. Douze mois plus tôt, le même périmètre stagnait autour de 2,7 milliards. Quarante-quatre fois plus. Et surtout : plus de huit dollars sur dix de ces échanges ne transitent plus par un courtier centralisé. Ils se règlent depuis un portefeuille, sur des protocoles ouverts, pendant que le CME et le Nasdaq sont fermés.
Le Basculement Discret Des Perps Sur Actifs Réels
Le 23 septembre 2026, la branche crypto du fonds a16z a publié une note qui a fait le tour des salles de marché on-chain. Le constat n’est pas seulement quantitatif. Il décrit un changement d’architecture. Ces produits ne tokenisent rien. Ils n’inscrivent aucun porteur au registre. Ils n’immobilisent aucun lingot chez un dépositaire. Un oracle de prix, un collatéral en stablecoins et un taux de financement suffisent à créer une exposition continue au sous-jacent.
Cette mécanique, familière aux traders de bitcoin depuis des années, s’applique désormais à un baril de Brent, à une action Nvidia ou à une paire dollar-yen. Le week-end n’existe plus. Le gap du lundi matin non plus, du moins pour ceux qui restent positionnés on-chain. C’est précisément là que le volume a basculé.
Ce Que Mesure Vraiment Le Chiffre De 117,3 Milliards
Le montant agrégé par a16z crypto recouvre les contrats perpétuels dont le sous-jacent n’est pas une crypto-monnaie. Or, argent, pétrole, gaz, paires de change, indices actions, et depuis l’automne 2025 une première vague d’actions individuelles. Le fonds compare ce flux au même segment un an plus tôt. La multiplication par quarante-quatre n’est pas un effet de base artificiel : le marché existait déjà, mais il vivait surtout chez les courtiers CFD et sur quelques CEX.
En annualisant le rythme d’août, on dépasse 1 400 milliards de dollars de volume. C’est encore une fraction des marchés de dérivés traditionnels, qui se comptent en dizaines de milliers de milliards chaque mois. Mais la trajectoire compte davantage que le stock. La liquidité s’est concentrée. Une poignée de protocoles capte l’essentiel des flux. Le reste du marché observe, copie, ou tente d’ouvrir des listes d’actions sans passer par un transfer agent.
Les ordres de grandeur à retenir
- 117,3 milliards de dollars de volume en août 2026 sur les perps RWA.
- Environ 2,7 milliards par mois un an plus tôt, soit un facteur 44.
- 86 % du volume d’août circule on-chain, soit près de 101 milliards.
- 16 milliards restent sur les plateformes centralisées et les CFD.
- Plus de 1 400 milliards en rythme annualisé si août se répète.
Pourquoi Le Perpétuel A Gagné Contre La Tokenisation
Tokeniser une action américaine demande des mois de travail juridique, un émetteur identifié, un dépositaire, parfois un transfer agent, et une lecture attentive de la phrase prononcée le 9 juillet 2025 par Hester Peirce, commissaire de la SEC : les titres tokenisés restent des titres. Le perp contourne cette phrase. Il n’est pas un titre. Il est un dérivé. Il promet un cash-settlement en stablecoins indexé sur un prix observé, pas la livraison d’une action.
Les titres tokenisés restent des titres.
Hester Peirce, commissaire de la Securities and Exchange Commission, 9 juillet 2025
Ajouter le cacao ou le peso mexicain à un carnet de perps coûte, selon les équipes qui déploient ces marchés, une ligne de configuration et un oracle fiable. Tokeniser le même sous-jacent ouvre un chantier de conformité. Cette asymétrie explique pourquoi le volume a explosé du côté des dérivés et non du côté des actions on-chain au sens strict. L’exposition se crée. La propriété ne circule pas.
Le financement, ce petit flux périodique versé par les longs aux shorts ou l’inverse, joue le rôle que la date d’expiration joue sur un future classique. Il plaque le prix du contrat sur le prix spot de l’oracle. Tant que ce mécanisme tient, le trader obtient une courbe continue, 24 heures sur 24, y compris le samedi à 3 heures du matin heure de New York.
Ostium, Avantis, Hyperliquid : La Carte Des Liquidités
Trois noms reviennent dans la note d’a16z et dans les carnets que les teneurs de marché surveillent. Ostium, déployé sur Arbitrum, s’est spécialisé dans les matières premières et le change. Le protocole a compris tôt que l’or et le Brent offraient un flux de week-end que les salles traditionnelles ne pouvaient pas servir. Avantis, sur Base, a complété l’offre avec d’autres indices. Hyperliquid a ouvert en octobre 2025 son standard HIP-3 : n’importe quelle équipe peut déployer son propre marché perpétuel, actions comprises, sous réserve de respecter les règles du protocole.
La coïncidence temporelle n’est pas anodine. Jusqu’en novembre 2025, les courtiers CFD et les CEX concentraient encore les deux tiers du volume suivi. Puis la bascule s’est faite. HIP-3 a été activé le mois précédent. Les listes se sont multipliées. Les market makers ont trouvé, le samedi et le dimanche, des spreads à capter pendant que Chicago dormait.
Hyperliquid, tous perps confondus, crypto et RWA, traite à elle seule de l’ordre d’une centaine de milliards de dollars par mois. Le gisement RWA n’est donc plus un appendice. Il devient un second moteur. Les équipes qui listent des actions via HIP-3 parient sur un effet de réseau : plus il y a de sous-jacents, plus les hedges croisés deviennent possibles, plus la liquidité reste sur place.
Le Week-End Comme Avantage Structurel
Le vendredi soir, le CME ferme. Le Nasdaq aussi. L’or physique continue d’exister. Les indices américains continuent d’être commentés. Les traders asiatiques et européens continuent de réagir aux dépêches. Sur un protocole on-chain, le carnet ne ferme pas. Le prix de l’oracle, s’il est bien construit, suit les marchés encore ouverts ou les indicateurs de substitution. Le lundi matin, le gap que redoutent les desks cash peut déjà avoir été digéré on-chain.
Cette couverture de week-end n’est pas un détail marketing. Elle explique une part du 86 % on-chain. Les teneurs de marché y voient un spread à encaisser. Les hedgers y voient une assurance contre l’ouverture brutale du lundi. Les spéculateurs y voient un marché qui ne s’arrête jamais. Les trois motivations se cumulent. Le volume du samedi et du dimanche, autrefois négligeable hors crypto, devient un argument de partage de marché.
Il reste une limite. Un oracle mal conçu, une source unique, une fenêtre d’illiquidité sur le sous-jacent traditionnel, et le contrat on-chain peut s’écarter. Les liquidations s’enchaînent alors sur un prix que le marché « réel » n’a pas encore validé. Ce risque n’a pas disparu. Il s’est seulement déplacé du courtier vers le design de l’oracle et la profondeur du collatéral.
Rien N’Est Immobilisé Chez Un Dépositaire
L’architecture a une conséquence directe, souvent sous-estimée. Aucun lingot n’est alloué. Aucune action n’est inscrite au nom d’un protocole. Le collatéral est un stablecoin. L’exposition est un nombre dans un smart contract. Si le trader gagne, il retire davantage de stablecoins. S’il perd, le pool absorbe. Le sous-jacent, lui, n’a pas bougé.
Cette abstraction est la source de la vitesse. Elle est aussi la source du débat réglementaire. Aux États-Unis, la frontière entre SEC et CFTC n’est pas définitivement tranchée pour ces produits. En principe, un dérivé sur matière première ou sur action relève davantage de la CFTC. En pratique, dès que le sous-jacent ressemble trop à un titre, la conversation redevient politique. La plupart des protocoles bloquent les adresses identifiées comme américaines. Ce n’est pas une preuve de vertu. C’est une cartographie du risque juridique.
L’Angle Mort Européen : MiCA Ne Dit Rien, MiFID Dit Beaucoup
En Europe, le règlement MiCA encadre les crypto-actifs. Il ne couvre pas les dérivés adossés à des sous-jacents non crypto. Ces produits restent dans le giron de MiFID II. L’ESMA plafonne le levier retail : 5 pour 1 sur une action individuelle, 20 pour 1 sur l’or ou un indice majeur, 30 pour 1 sur les paires de devises majeures. Les DEX, eux, affichent couramment 50 à 100 fois la mise sur certaines paires de change.
Ce décalage n’est pas un oubli de documentation. C’est le cœur du sujet pour un régulateur. Le client retail européen qui ouvre un CFD chez un courtier agréé se heurte à un plafond. Le même client, s’il connecte un portefeuille à un protocole offshore, voit s’afficher un levier que l’ESMA interdit ailleurs. Les DEX n’appliquent pas ce cadre. Ils n’ont souvent ni siège dans l’Union, ni obligation de tester le caractère approprié du produit.
Le résultat est une bifurcation. D’un côté, un marché régulé, à levier contraint, horaires classiques, intermédiation visible. De l’autre, un marché continu, collatéralisé en stablecoins, accessible depuis un wallet, avec des liquidations automatiques et un financement qui ne dort pas. a16z documente le second. Les autorités surveillent le premier. L’arbitrage d’usage se lit dans les 86 %.
Leviers retail selon le cadre ESMA, hors DEX
- Action individuelle : 5 pour 1.
- Or ou indice majeur : 20 pour 1.
- Paire de devises majeure : 30 pour 1.
- Sur de nombreux DEX : 50 à 100 fois la mise sur certaines paires FX.
Comment Un Oracle Et Un Taux De Financement Remplacent Un Entrepôt
Le trader qui s’expose à l’or on-chain n’achète pas d’once. Il dépose des stablecoins, ouvre une position longue ou courte, et paie ou reçoit un financement. Si le prix de l’oracle monte et qu’il est long, son compte gonfle. S’il est trop levierisé et que le prix recule, le contrat liquide. Rien de tout cela n’exige que quelqu’un, quelque part, déplace un lingot.
Cette économie d’infrastructure est vertigineuse quand on la compare aux chambres de compensation classiques. Elle repose pourtant sur trois hypothèses fragiles. Premier point : l’oracle dit vrai, ou du moins assez vrai pour que les liquidations restent justes. Deuxième point : le stablecoin utilisé comme collatéral tient. Troisième point : le taux de financement ne devient pas lui-même une arme, un coût prohibitif qui chasse la liquidité ou attire uniquement le flux spéculatif le plus agressif.
Les protocoles qui survivent soignent ces trois points. Les autres listent vite, attirent un volume de lancement, puis voient les market makers partir dès que le financement devient toxique ou que l’oracle décroche pendant une fenêtre asiatique illiquide.
Des Actions Sans Actionnaire, Une Frontière Encore Floue
Lister Nvidia en perp n’est pas détenir Nvidia. L’utilisateur n’a ni droit de vote, ni dividende automatique, ni place au registre. Il a un PnL. Pour un hedge desk, c’est souvent suffisant. Pour un régulateur des titres, c’est précisément le type de produit qui ressemble trop à un marché d’actions parallèle, surtout si le levier est élevé et si le marketing parle d’« actions on-chain ».
HIP-3 a accéléré cette zone grise. En autorisant n’importe quelle équipe à déployer un marché, Hyperliquid a industrialisé la création de sous-jacents. Le coût marginal d’une nouvelle action approche zéro. Le coût marginal d’une nouvelle procédure d’enregistrement, lui, reste élevé. D’où la tentation. D’où aussi la prudence des protocoles qui géobloquent les États-Unis.
La phrase de Hester Peirce vise les titres tokenisés. Les perps sur actions tentent de rester hors de cette phrase. Tant que le cash-settlement et l’absence de livraison tiennent juridiquement, le produit reste un dérivé. Si un juge ou une agence décide que l’exposition économique est trop proche d’un titre, la qualification bascule. Personne, à ce stade, n’a tranché de manière définitive pour l’ensemble du marché on-chain.
Ce Que Le Facteur 44 Révèle Sur La Demande
Une multiplication aussi brutale ne s’explique pas seulement par un standard technique. Elle dit quelque chose de la demande. Une partie vient des native crypto qui veulent se couvrir sur le macro sans ouvrir un compte chez un broker. Une autre vient des desks qui cherchent un hedge de week-end. Une troisième, plus spéculative, vient du levier disponible et de la liste grandissante de sous-jacents « interdits » ou simplement peu pratiques à trader ailleurs.
L’or a servi de tête de pont. Liquide, mondial, déjà présent 24 heures sur 24 dans l’imaginaire des marchés, il se prêtait au perp. Le pétrole a suivi. Les indices aussi. Les actions individuelles sont le chapitre le plus politique et, potentiellement, le plus vaste. Les marchés de dérivés actions traditionnels brassent des montants que 117 milliards mensuels ne font qu’effleurer. Le gisement, écrit a16z en substance, reste entier.
Les Risques Que Le Volume Fait Oublier
Un marché qui grandit quarante-quatre fois en un an attire le capital. Il attire aussi les angles morts. Liquidations en cascade sur un oracle unique. Dépeg du stablecoin de collatéral. Financement qui s’emballe dans un seul sens et vide un côté du carnet. Bug de listing HIP-3. Géobloc contourné. Qualification juridique rétroactive. Chacun de ces risques est connu. Aucun n’a encore, à l’échelle de 100 milliards mensuels on-chain, été testé dans un krach simultané or-pétrole-actions.
Les protocoles centralisent moins le dépôt que les CEX. Ils centralisent parfois davantage le risque de conception : un oracle, un mécanisme de funding, un standard de listing. L’utilisateur qui compare uniquement les frais et le levier oublie que le week-end ouvert est aussi un week-end où personne, dans le monde traditionnel, ne vient fournir de prix de référence aussi dense.
Il faut donc lire le 86 % avec deux lunettes. Lunette part de marché : les DEX ont gagné. Lunette stabilité : le marché a choisi la continuité horaire et la légèreté juridique au prix d’une infrastructure encore jeune sur des sous-jacents très anciens.
Ce Que Les Teneurs De Marché Ont Compris Avant Les Autres
Le spread de week-end n’est pas romantique. C’est un métier. Quand Chicago ferme, la variance des prix de l’or ne s’arrête pas. Les flux asiatiques, les données chinoises du week-end, les tensions géopolitiques du dimanche soir créent de la volatilité orpheline. Un market maker on-chain qui reste branché encaisse cette volatilité. Un desk traditionnel la découvre à l’open.
Cette micro-structure explique mieux que n’importe quel communiqué pourquoi la liquidité a migré. Ce n’est pas seulement de l’idéologie « tout on-chain ». C’est un calcul d’heures d’ouverture. Les protocoles qui ont aligné oracles, collatéral et listes sur cette réalité ont pris le volume. Les autres commentent encore le graphique d’a16z.
Hyperliquid Face Au Reste Du Stack
Hyperliquid n’est pas le seul lieu où l’on trade des perps. C’est devenu le lieu où l’on crée des marchés. HIP-3 transforme un exchange en plateforme de listing permissionless, avec les avantages et les défauts du genre. Avantage : la vitesse. Défaut : la qualité hétérogène des marchés, la fragmentation de l’attention, le risque qu’un sous-jacent mal oraclisé contamine la confiance dans l’ensemble du standard.
Ostium et Avantis jouent une autre partition. Moins de listes, plus de spécialisation. Matières premières et change d’un côté, indices de l’autre. Cette division du travail peut durer. Elle peut aussi se recomposer si HIP-3 attire assez de market makers pour rendre chaque niche moins rentable ailleurs. Le chiffre d’août ne dit pas encore qui gagne à trois ans. Il dit qui a déjà la profondeur aujourd’hui.
RWA : Un Mot Qui Couvre Deux Mondes Différents
Le sigle RWA mélange trop souvent la tokenisation d’un titre ou d’un fonds et l’exposition synthétique via perp. Les deux n’ont presque rien à voir sur le plan juridique et opérationnel. L’un vise à faire circuler un droit. L’autre vise à faire circuler un risque de prix. a16z, dans sa note de septembre, parle bien du second. Confondre les deux conduit à de mauvaises comparaisons de volumes et à de mauvais débats de régulation.
La tokenisation avance, plus lentement, avec des banques, des infrastructures de marché, des expérimentations d’actions tokenisées. Les perps RWA, eux, ont déjà le volume. Ils n’ont pas le droit de propriété. Cette distinction devrait figurer en tête de chaque article, de chaque pitch, de chaque slide destinée à un régulateur. Elle est trop souvent noyée sous le même acronyme.
Ce Que 1 400 Milliards Annualisés Ne Disent Pas Encore
Annualiser un mois record est un exercice prudent et trompeur à la fois. Prudent, parce qu’août 2026 peut marquer un palier plutôt qu’un pic. Trompeur, parce que le marché des dérivés traditionnels sur les mêmes sous-jacents reste d’un autre ordre de grandeur. Le vrai test n’est pas de battre 2,7 milliards. Il est de rester liquide le jour où l’or gappe de plusieurs pourcents pendant un week-end géopolitique, pendant qu’un stablecoin majeur tremble.
Jusque-là, la trajectoire reste celle d’un marché qui a trouvé un product-market fit simple : exposition 24/7, collatéral crypto-natif, listing rapide, levier élevé. Tant que ces quatre attributs restent désirables, le volume a peu de raisons de revenir massivement vers les CFD. Le jour où l’un des quatre se casse, le facteur 44 se relira autrement.
Une Lecture Politique, Pas Seulement Technique
Les protocoles bloquent les adresses américaines. L’Europe laisse MiFID II s’appliquer sur le papier et les DEX s’appliquer dans les faits. La CFTC et la SEC n’ont pas refermé la frontière. Ces phrases décrivent moins une innovation qu’un régime d’inachèvement. Le volume prospère dans l’inachèvement. C’est fréquent dans l’histoire des marchés. C’est rarement stable.
On peut saluer l’efficacité. On peut aussi noter que l’efficacité consiste ici à offrir au public mondial un levier et des horaires que les cadres retail européens et américains ont explicitement restreints ailleurs. Ce n’est pas un jugement moral. C’est un fait de marché. Les 117,3 milliards en sont la photographie d’août.
Le Prochain Chapitre Se Joue Sur Les Actions Et Les Matières Premières
a16z le souligne : le gisement reste entier du côté des actions et des matières premières. Les marchés de dérivés correspondants ferment le vendredi soir et brassent des sommes sans commune mesure. Si HIP-3 et ses équivalents tiennent, si les oracles tiennent, si le collatéral tient, une part de ce flux de week-end et une part du flux retail mondial continueront de basculer.
La question n’est plus de savoir si l’on peut coter l’or sans lingot. Août 2026 a répondu. La question est de savoir jusqu’où l’on peut coter le capitalisme coté, action par action, sans jamais inscrire un actionnaire, et qui, d’une agence ou d’un protocole, imposera sa définition du produit.
En attendant, le trader qui ouvre un wallet le samedi matin n’a pas besoin de cette phrase. Il a un prix, un levier, un financement. Le CME rouvrira lundi. Le contrat on-chain, lui, n’a pas fermé.
Repères Pour Lire La Suite Sans Se Tromper De Marché
Trois réflexes aident à ne pas mélanger les genres. Premier réflexe : séparer tokenisation et perp. Second réflexe : séparer volume on-chain et qualité d’oracle. Troisième réflexe : séparer levier affiché et cadre qui s’applique réellement à l’utilisateur selon sa résidence. Les articles qui écrasent ces trois distinctions produisent de beaux titres et de mauvaises décisions.
Le mois d’août restera comme le mois où le segment RWA des perps a quitté le statut d’expérience pour celui de marché visible. 117,3 milliards. 86 % on-chain. Quarante-quatre fois le rythme d’un an plus tôt. Derrière ces trois chiffres, une architecture minimale — oracle, stablecoin, funding — a pris une part du métier que les salles traditionnelles n’exercent pas le dimanche. Le reste n’est pas encore écrit. Il se négocie déjà, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
