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    Pourquoi Zec Et Near Remportent Le Pari Alternatif 2026

    Steven SoarezDe Steven Soarez24/09/2026Aucun commentaire23 Mins de Lecture
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    Et si le vrai mouvement de 2026 n’était pas une nouvelle course folle vers Bitcoin ou Ethereum, mais un basculement discret vers des actifs plus petits, plus narratifs, plus capables d’absorber un flux de capitaux déjà existant ? L’idée n’a rien d’un slogan de salon. Elle circule depuis fin septembre dans les discussions de marché, portée notamment par David Hoffman, cofondateur de Bankless, qui voit dans Zcash et NEAR Protocol deux gagnants d’un même phénomène : le bid alternatif. Autrement dit, une part d’investisseurs qui, sans quitter totalement les blue chips, cherchent ailleurs un multiple, une histoire, une couverture. Le marché total reste autour de trois mille milliards de dollars. Bitcoin pèse encore l’essentiel. Et pourtant, deux noms moins massifs occupent le devant de la scène. Ce décalage mérite qu’on s’y arrête, sans lyrisme et sans naïveté.

    Le Bid Alternatif Qui Réécrit La Hiérarchie

    Le raisonnement de Hoffman tient en une phrase presque brutale. Il n’est pas nécessaire que la majorité des détenteurs de Bitcoin bascule. Il suffit qu’une minorité accepte l’idée que ZEC « tient la route ». De l’autre côté, NEAR n’aurait même pas besoin d’un seul réservoir aussi net. Le marché des contrats intelligents est déjà fragmenté. Ethereum n’est plus seul. Solana a déjà pris une part d’attention. Dans cet espace plus ouvert, un protocole qui aligne liquidité, récit d’intelligence artificielle et abstraction de chaînes peut capter un flux dispersé. Voilà le cœur de l’analyse. Le reste n’est que déclinaison.

    On peut trouver la thèse trop élégante. On peut aussi la juger incomplète, puisque personne n’a tracé dollar par dollar l’origine des achats de ZEC. Hoffman le reconnaît lui-même. Peu d’allocataires, dit-il, sauteraient Bitcoin, Ethereum et tout le reste pour n’acheter Zcash que pour ses seuls mérites. L’intérêt de l’argument n’est donc pas une preuve judiciaire. C’est une lecture de stocks, de tailles relatives, de récits disponibles. En 2026, ces trois leviers pèsent lourd.

    Une photographie de marché plus tendue qu’il n’y paraît

    Au 24 septembre 2026, la capitalisation mondiale des cryptomonnaies tourne près de 2,96 billions de dollars. Bitcoin représente environ 57 % de cet ensemble, avec une valorisation proche de 1,7 billion. Ces ordres de grandeur changent la psychologie d’un allocataire. Un actif déjà immense peut encore monter. Il peut même battre l’or sur le temps long. Mais il offre moins d’espace pour les multiples spectaculaires des cycles précédents. C’est précisément ce que Hoffman nomme, avec un sens de la formule, la Blue Chip Curse, la malédiction des valeurs établies.

    Zcash, de son côté, a grimpé vers une capitalisation d’environ 26 milliards de dollars. Le chiffre paraît déjà conséquent. Il reste minuscule à côté du stock de richesse bitcoin. Un déplacement de quelques points de pourcentage, même prudent, suffirait à créer une pression d’achat hors norme sur un flottant plus étroit. C’est la mécanique du « Bitcoin bid ». Elle n’invente pas la demande. Elle suppose qu’une partie de la demande existe déjà, assise sur des balances BTC, et qu’elle cherche un complément.

    Ce que la photographie de septembre 2026 met sur la table

    • Un marché crypto encore petit face à la finance traditionnelle.
    • Un Bitcoin dominant, mais plus difficile à « réévaluer » par simple récit.
    • Un Zcash devenu assez visible pour exister, encore assez petit pour bouger.
    • Un Near en nette accélération hebdomadaire, autour de 4,28 dollars.
    • Un secteur confidentialité passé d’environ 6,2 à près de 30 milliards en un an, parfois valorisé plus haut selon les agrégateurs.

    Ces données ne disent pas qui a raison demain matin. Elles disent pourquoi le marché parle d’allocation relative plutôt que de conversion religieuse. On ne quitte pas forcément Bitcoin. On le complète. On ne enterre pas Ethereum. On regarde ailleurs une partie du budget risque. Cette nuance est essentielle. Sans elle, on transforme une rotation possible en roman de trahison.

    Zcash, ou comment un petit stock peut siphonner un grand récit

    Hoffman compare le mouvement actuel de ZEC à la course d’Ethereum en 2021. À l’époque, ETH était parti d’une capitalisation cyclique basse, autour de 12 milliards, pour viser des sommets proches de 554 milliards. La comparaison n’est pas une promesse de copie conforme. Elle sert à rappeler qu’un actif plus petit, branché sur un grand bassin de capitaux, peut produire une convexité que les géants n’offrent plus aussi facilement. Zcash partage avec Bitcoin une offre maximale de 21 millions d’unités. Ce détail n’est pas cosmétique. Il parle le langage des maximalistes tout en ajoutant une couche que Bitcoin n’a jamais voulu rendre native : la confidentialité optionnelle via adresses protégées.

    Il y a 1 700 milliards de dollars de bitcoin en circulation, et il suffit qu’une très petite part de bitcoineurs reconnaisse que ZEC est valable.

    David Hoffman

    La phrase est volontairement mécanique. Elle réduit le débat à une question de seuil d’acceptation. Pas besoin d’un consensus culturel total. Besoin d’assez de portefeuilles pour que le flux devienne visible. Les motifs invoqués par les partisans de ZEC se recoupent : vie privée financière, inquiétude quantique, accès désormais plus institutionnel, envie simple de couvrir une exposition trop concentrée sur BTC. Aucun de ces motifs n’est neuf. Ce qui change, c’est leur superposition au bon moment de cycle, avec un véhicule coté et un marché de la confidentialité qui a multiplié sa taille.

    Le rapport cité fin septembre par 21Shares décrivait un marché des coins de confidentialité presque multiplié par cinq en un an, de 6,2 milliards à environ 30 milliards. D’autres agrégats, comme CoinGecko, plaçaient la catégorie plus haut, près de 36,9 milliards. Qu’on retienne l’une ou l’autre estimation, la direction est la même. La confidentialité n’est plus un ghetto de niche oubliée. Elle est redevenue un thème d’allocation. Zcash en est le visage le plus liquide et le plus « bitcoin-compatible » dans l’esprit de beaucoup d’investisseurs.

    La vie privée n’est plus un luxe théorique

    Pendant des années, la confidentialité on-chain a oscillé entre fascination technique et soupçon réglementaire. 2026 n’efface pas le second. Elle réactive le premier. Un registre public total a des vertus d’audit. Il a aussi des coûts : surveillance commerciale, cartographie des patrimoines, pression sociale, risques opérationnels pour des entreprises ou des individus exposés. Zcash ne promet pas l’anonymat magique de tous les usages. Il propose une option. Cette option suffit à créer un récit distinct de Bitcoin, tout en restant dans une architecture d’offre rare.

    Les adresses protégées ne sont pas un gadget de marketing. Elles incarnent une idée simple : certaines transactions n’ont pas à être une affiche lumineuse. Dans un monde où les outils d’analyse de chaîne se sont industrialisés, cette idée redevient un argument d’investissement, pas seulement un argument philosophique. On peut le juger excessif. On peut le juger tardif. On ne peut plus le juger invisible. Le quintuplement du secteur le montre.

    Il faut pourtant garder la tête froide. Un récit de confidentialité n’implique pas une adoption universelle. Il n’efface pas les frictions d’usage, les débats d’auditabilité, les contraintes de place de marché. Le bid alternatif n’a pas besoin de la perfection. Il a besoin d’une différence crédible. Zcash en fournit une que beaucoup de bitcoineurs comprennent sans changer de grammaire mentale : rareté, plafond d’émission, actif numérique, plus une couche que BTC n’offre pas nativement.

    Le spectre quantique, levier imparfait mais puissant

    Le second récit qui irrigue ZEC en 2026 concerne l’ordinateur quantique. Le sujet est souvent mal traité, soit en panique, soit en déni. La réalité intermédiaire est plus utile. Les schémas cryptographiques actuels ne sont pas « morts demain à 9 heures ». Ils ne sont pas non plus immunisés pour l’éternité. Des institutions travaillent déjà à des hypothèses de garde post-quantique. Le marché, lui, aime les options d’assurance, même imparfaites, surtout quand elles s’accrochent à un actif déjà pourvu d’une histoire monétaire claire.

    Hoffman ne présente pas Zcash comme un bouclier mathématique définitif contre toute rupture cryptographique. Il constate que le thème existe, qu’il circule, qu’il donne à une minorité de détenteurs BTC une raison supplémentaire d’ouvrir une ligne ZEC. C’est ainsi que fonctionnent beaucoup de rotations : non pas par preuve académique complète, mais par accumulation de motifs plausibles. Vie privée plus risque quantique plus ETF plus taille relative. Quatre couches valent mieux qu’une seule pour justifier un ticket satellite.

    Pourquoi le thème quantique aide le bid, même sans calendrier précis

    • Il introduit une incertitude longue que Bitcoin n’a pas encore tranchée dans l’esprit du grand public.
    • Il pousse les allocataires à chercher des expositions complémentaires plutôt qu’un seul pari cryptographique.
    • Il se combine à d’autres récits, au lieu de devoir tout porter seul.
    • Il justifie un ticket satellite, pas forcément une sortie totale de BTC.

    Quand l’accès institutionnel change la texture du trade

    Un récit sans tuyau d’accès reste souvent un débat de forum. Zcash a vu ce tuyau s’élargir. Le 25 août, Grayscale a converti son Zcash Trust en ETF spot ZCSH sur NYSE Arca, avec environ 304 millions de dollars d’encours au lancement. Début septembre, ZEC a franchi les 1 000 dollars tandis que les actifs du fonds dépassaient les 400 millions. Ces chiffres ne « prouvent » pas que les bitcoineurs sont la source unique des flux. Ils montrent qu’un canal réglementé existe, que le ticket n’est plus réservé aux seuls habitués des plateformes spot, que le marché peut absorber une demande plus formelle.

    L’arrivée d’un véhicule coté a toujours deux effets. Le premier est mécanique : une nouvelle interface d’achat. Le second est symbolique : l’actif sort d’une zone grise mentale. Même un sceptique peut désormais le traiter comme une ligne de portefeuille, avec un ticker, une valorisation suivie, une liquidité plus lisible. 21Shares a aussi lancé un ETP Zcash après les débuts américains d’ETF. La géographie des enveloppes s’élargit. Le bid alternatif aime ces détails. Ils réduisent le coût psychologique de l’allocation.

    Reste une réserve de méthode. Un ETF peut aussi attirer de l’argent qui n’a jamais touché Bitcoin. Il peut attirer des arbitragistes, des fonds thématiques, des flux tactiques. Hoffman insiste donc sur une interprétation, pas sur une traçabilité. Cette honnêteté rend la thèse plus solide, pas plus faible. Une analyse qui avoue ses angles morts survit mieux qu’un récit qui prétend tout mesurer.

    NEAR et le trophée 2026 des contrats intelligents

    Si ZEC joue le rôle de satellite face à Bitcoin, NEAR jouerait celui de challenger dans un championnat déjà ouvert. Hoffman le dit sans détour : selon lui, NEAR a remporté le trophée du smart contract bid en 2026. Le 24 septembre, le jeton évoluait autour de 4,28 dollars, après plus de 60 % de hausse sur sept jours. Une telle variation n’est jamais qu’un graphique. Elle s’accompagne d’une série d’événements de marché et de produit qui, mis bout à bout, fabriquent une narration d’alternative.

    Le 23 septembre, le spot NEAR est devenu négociable sur Hyperliquid via une paire NEAR/USDC. L’intérêt ouvert des perpétuels NEAR sur la même place tournait près de 344 millions de dollars, avec des taux de financement positifs, signe que les positions longues payaient les shorts. Autrement dit, le marché dérivé n’était pas seulement présent. Il penchait. Ce n’est pas une preuve de fondamentale éternel. C’est un thermomètre de convicition à court terme, utile pour comprendre pourquoi le nom « gagne » le bid maintenant, et pas seulement dans un livre blanc.

    Je pense que NEAR a remporté le trophée du bid des contrats intelligents de 2026.

    David Hoffman

    La différence avec Zcash, insiste Hoffman, tient à la source du capital. Bitcoin est un réservoir relativement unique dans la catégorie réserve de valeur crypto. Les contrats intelligents, eux, ont déjà connu une concurrence frontale. Ethereum a dû composer avec Solana, puis avec une nuée de chaînes. Dans un tel paysage, NEAR n’a pas besoin de siphonner un seul clan. Il peut agréger des traders lassés de la polarisation ETH contre SOL, des développeurs attirés par l’abstraction de chaînes, des récits d’agents autonomes, des flux de perpétuels. La demande est plus brouillée. Elle peut être tout aussi réelle.

    Intelligence artificielle, abstraction et paiements par staking

    Le récit produit de NEAR en 2026 ne se limite pas à une cote. Le protocole a passé une bonne partie de l’année à se positionner autour de l’intelligence artificielle, de l’abstraction de chaînes et des agents autonomes. En juillet, il a présenté des paiements d’IA fondés sur le staking : l’utilisateur verrouille des NEAR et reçoit chaque mois des crédits de calcul. Au lancement, le dispositif couvrait 43 modèles, avec inferénce confidentielle et agents autonomes, sans carte bancaire. On peut aimer ou non l’exécution. On ne peut pas nier la tentative de lier jeton, usage et service.

    Beaucoup de chaînes ont collé le mot « IA » sur une slide. Peu ont essayé de transformer le lock-up en droit d’accès à du calcul. Cette bascule a une conséquence narrative forte. Elle sort NEAR d’une comparaison purement TPS contre TPS. Elle le place dans une conversation plus large : qui paiera les agents, comment l’identité se déplace d’une chaîne à l’autre, comment un utilisateur évite de gérer dix gas tokens. L’abstraction de chaînes, si elle tient, est précisément l’anti-fragmentation. Or la fragmentation a été le péché originel de l’après-2021.

    Un bid de contrats intelligents se gagne rarement au seul benchmark technique. Il se gagne quand assez de gens croient qu’un réseau peut devenir le lieu où se règlent des usages nouveaux. Les agents autonomes, les crédits de calcul, la confidentialité d’inférence : autant de briques qui, même inachevées, donnent à NEAR une couleur que ni ETH ni SOL n’occupent de façon exclusive dans l’esprit d’un trader de 2026. Hoffman voit là une demande plus éclatée, donc plus difficile à attribuer, mais potentiellement plus large.

    Hyperliquid comme caisse de résonance, pas comme preuve ultime

    La cotation spot et le stock de perpétuels sur Hyperliquid méritent qu’on les lise avec mesure. Une place de dérivés ultra-active peut amplifier un mouvement déjà né. Elle peut aussi le précéder. Des financements positifs disent que le camp long accepte de payer pour rester exposé. Un intérêt ouvert de plusieurs centaines de millions dit que le nom n’est plus un satellite oublié. Cela ne dit pas que le protocole a résolu l’adoption de masse. Cela dit que le marché du risque l’a choisi comme terrain de jeu.

    Dans la thèse Hoffman, Hyperliquid n’est pas le cœur philosophique de NEAR. C’est un accélérateur de lisibilité. Un actif qui se négocie là où se concentre une part de la spéculation sophistiquée gagne une existence intra-journalière. Les récits fondamentaux mettent des mois. Les carnets, eux, votent chaque heure. Le bid 2026 se joue à l’intersection des deux. Sans produit, le pump s’épuise. Sans marché, le produit reste une conférence.

    • Ce que la liquidité dérivée change : elle attire des flux tactiques qui n’attendraient pas une thèse de trois ans.
    • Ce qu’elle ne change pas : la nécessité d’usages réels si l’on veut que le bid survive au reflux.
    • Ce qu’il faut surveiller : retournement des financements, assèchement de l’open interest, divergence entre récit IA et activité on-chain.

    La malédiction des blue chips, version crypto

    Le plus intéressant dans l’argument n’est peut-être ni ZEC ni NEAR. C’est le diagnostic porté sur Bitcoin et Ethereum. Hoffman décrit un problème de taille. Quand un actif pèse des centaines de milliards, voire plus d’un billion, l’investisseur en quête de multiple se fatigue. Il peut rester convaincu. Il alloue moins de capital nouveau. Il cherche des convexités ailleurs. Les réseaux plus petits offrent davantage de place à la hausse si une fraction de la richesse crypto déjà existante bascule.

    Bitcoin, dans cette lecture, doit encore s’imposer plus nettement comme alternative à l’or. Ethereum, lui, cherche le catalyseur d’une nouvelle grande réévaluation après des années de croissance déjà digérées par le marché. Ces deux phrases sont moins des condamnations que des questions ouvertes. Un blue chip peut rester le socle d’un portefeuille et cesser d’être le moteur exclusif de la performance. C’est une distinction que beaucoup de cycles haussiers ont oubliée, avant de la redécouvrir dans la douleur.

    La malédiction n’est pas que les géants deviennent inutiles. Elle est qu’ils deviennent trop chers, trop vastes, trop « déjà racontés » pour satisfaire l’appétit de rendement d’une partie du marché. D’où le bid alternatif. D’où aussi le risque : si trop de capitaux quittent le centre sans que la périphérie tienne ses promesses, le cycle produit des étoiles filantes plutôt qu’une hausse saine de l’écosystème.

    Où va la valeur si BTC et ETH ne captent plus tout

    Hoffman élargit ensuite le plan. Même si Bitcoin et Ethereum ne reproduisent pas les multiples d’hier, le secteur peut encore fabriquer des gagnants. Il cite Hyperliquid, Venice, Lighter, Ethena, Morpho : des projets qui apportent des produits et des infrastructures nouvelles. La question n’est plus seulement « quel L1 monte ». Elle devient « qui capture l’économie créée par ces produits ». Et là, le tableau se gâte pour le pur maximaliste de couche de base.

    Robinhood, Coinbase, Apollo, les courtiers traditionnels : autant d’acteurs susceptibles d’avaler une part de la valeur née de la dernière génération d’outils crypto. Tokenisation, courtage, distribution, conformité, interface. Le protocole peut innover. L’enveloppe commerciale peut encaisser. Si cette capture se confirme, BTC et ETH bénéficieront moins, ou plus tard, ou plus indirectement, de l’activité réelle. Le bid alternatif serait alors un symptôme d’un phénomène plus large : la financiarisation du secteur déplace la rente vers des tuyaux déjà installés.

    Trois destinations possibles de la valeur créée en 2026

    • Les actifs de base, si l’activité se règle encore majoritairement en BTC ou ETH.
    • Les tokens de protocoles spécialisés, si l’usage se paie localement.
    • Les plateformes de distribution traditionnelles ou semi-crypto, si l’utilisateur final n’entre plus par la couche de base.

    Cette grille est plus utile qu’un débat d’appartenance. Elle force à suivre les flux d’usage, pas seulement les bannières identitaires. Un marché qui invente des perpétuels d’actifs du monde réel, des agents autonomes, des crédits de calcul, des fonds cotés, peut enrichir autre chose que les deux plus grandes capitalisations. C’est irritant pour qui avait parié que « tout remonte toujours au centre ». C’est cohérent pour qui observe la finance depuis vingt ans.

    Dix mille milliards, ou trente : le vrai plafond du cycle

    Pour que la valeur d’ensemble de l’industrie monte vraiment, Hoffman estime qu’il faudra sortir du palier actuel. Il évoque 10 000 milliards de dollars comme un niveau qu’il aimerait voir atteint durant le cycle. Il le contraste avec un marché à 30 000 milliards, seuil d’une expansion autrement plus vaste. L’écart entre les deux n’est pas un détail de conférence. Il change la nature du bid alternatif.

    Dans un monde à 10 000 milliards, ZEC et NEAR peuvent encore gagner beaucoup si une rotation interne se produit. Dans un monde à 30 000 milliards, la rotation n’est plus un jeu à somme quasi nulle entre crypto-natifs. L’argent neuf arrive. Les blue chips en prennent une part. Les alternatives aussi. La malédiction des grandes caps s’atténue, parce que le gâteau grandit. Le problème actuel, c’est que le gâteau reste petit face aux marchés traditionnels, tandis que l’appétit de multiple, lui, n’a pas rétréci.

    On comprend alors pourquoi Hoffman insiste sur la taille relative. Tant que le stock de richesse crypto est concentré, les petits actifs vivent d’abord des réallocations. Quand l’enveloppe globale explose, ils vivent aussi de l’expansion. 2026, telle qu’il la décrit, ressemble davantage au premier régime qu’au second. D’où l’importance de ZEC comme siphon possible du stock BTC. D’où l’importance de NEAR comme aimant d’un budget smart contract déjà éclaté.

    Ce que la thèse change concrètement pour un allocataire

    Traduire l’analyse en décision n’oblige pas à tout vendre, ni à tout acheter. Elle invite à séparer trois budgets. Le budget de réserve, souvent dominé par Bitcoin. Le budget d’infrastructure programmable, longtemps dominé par Ethereum, désormais contesté. Le budget de convexité, où l’on accepte plus de volatilité contre un récit encore mal pricé. ZEC et NEAR prétendent occuper ce troisième tiroir, chacun avec une porte d’entrée différente.

    Pour Zcash, la question pratique est celle du poids satellite. Une ligne trop petite ne change rien. Une ligne trop grande transforme une couverture en pari existentiel sur la réglementation de la confidentialité et sur la durabilité de l’intérêt institutionnel. Pour NEAR, la question est celle de la persistence du récit IA une fois le squeeze de perpétuels retombé. Un protocole peut gagner un mois et perdre une année si l’usage ne suit pas la cote.

    Il faut aussi distinguer conviction et confirmation. La confirmation, en septembre 2026, c’est le prix, l’ETF, l’open interest, la hausse du secteur privacy, le listing spot. La conviction, c’est l’idée que ces signaux annoncent autre chose qu’un souvenir de fin d’été. Entre les deux, il y a le travail ennuyeux : regarder si les adresses protégées servent, si les crédits de calcul se renouvellent, si les flux ETF tiennent après l’effet d’annonce, si Bitcoin continue d’absorber l’essentiel de l’épargne crypto ou commence à laisser filer une marge.

    Les limites honnêtes d’un récit de rotation

    Une analyse qui ne montre pas ses coutures n’en est pas une. Première couture : l’origine des flux ZEC n’est pas démontrée. On infère. On n’audite pas les cervelles des allocataires. Deuxième couture : un marché de la confidentialité en expansion peut aussi profiter à d’autres actifs, diluant le « winner takes most ». Troisième couture : NEAR évolue dans un océan de concurrents IA-plus-L1, où les récits s’usent vite. Quatrième couture : les blue chips peuvent retrouver un catalyseur macro, réglementaire ou monétaire qui rapatrie le capital vers le centre en quelques séances.

    Il existe aussi un biais de survivant médiatique. On parle des noms qui montent. On parle moins de ceux qui ont tenté le même bid et n’ont pas accroché. Le trophée 2026 de Hoffman est une lecture à chaud, datée du 23 septembre, enrichie par des données du 24. Une lecture à chaud peut être juste. Elle peut aussi être le haut d’une vague tactique. Traiter l’un et l’autre comme possibles, c’est rester adulte.

    Enfin, la comparaison avec ETH 2021 est pédagogique, pas statistique. Les liquidités, les taux, la régulation, la structure des ETF, la part institutionnelle, rien n’est identique. S’en servir comme boussole de convexité, oui. S’en servir comme photocopieuse de performance, non. Zcash peut capter un bid bitcoin sans jamais reproduire la courbe d’Ethereum. NEAR peut gagner l’attention 2026 sans devenir le règlement par défaut de l’économie programmable.

    Pourquoi ce duel raconte plus que deux tickers

    ZEC et NEAR, pris ensemble, racontent une fatigue et une faim. Fatigue des grandes caps trop lourdes pour rêver comme avant. Faim de récits encore capables de justifier un multiple. La confidentialité, le quantique, l’ETF, l’IA, l’abstraction, les perpétuels : autant de langages différents pour une même opération mentale. Déplacer un peu de capital là où l’espace de hausse paraît moins saturé.

    Cette opération n’est ni héroïque ni scandaleuse. Elle est banale dans toutes les classes d’actifs. Les actions de croissance ont toujours vécu de la lassitude des blue chips. L’or a toujours vu des métaux plus petits capter des modes. La crypto n’échappe pas à cette sociologie de portefeuille. Elle l’accélère seulement, parce que les récits y voyagent plus vite que les fondamentaux, et parce que les tailles relatives y restent extrêmes.

    Le point d’arrivée n’est donc pas un classement moral. Ce n’est pas « Zcash contre Bitcoin » ni « Near contre Ethereum ». C’est une cartographie des budgets. Tant que le marché global reste près de trois mille milliards, ces budgets se disputent un stock. Si l’enveloppe s’ouvre vers dix mille, puis éventuellement vers trente, la dispute change de nature. D’ici là, regarder ZEC et NEAR, ce n’est pas seulement suivre deux graphiques. C’est observer comment une industrie déjà riche en récits gère la rareté de ses propres multiples.

    Ce qu’il faudra relire dans six mois

    Une thèse de rotation se juge au temps. Dans six mois, plusieurs compteurs diront si 2026 n’était qu’un mois de septembre éloquent. Les encours des véhicules Zcash auront-ils continué de croître après l’effet de lancement ? Le secteur privacy aura-t-il consolidé ses 30 milliards, ou rendu une partie de la marche ? Les adresses protégées auront-elles gagné en usage, pas seulement en commentaire ? Du côté de NEAR, les crédits de calcul se seront-ils renouvelés au-delà de l’annonce de juillet ? L’abstraction de chaînes aura-t-elle réduit une friction réelle, ou seulement enrichi le lexique des conférences ? Les financements sur Hyperliquid seront-ils encore le théâtre d’une demande structurelle ?

    Il faudra aussi regarder le centre. Si Bitcoin s’installe plus clairement dans un rôle d’alternative à l’or, une partie du capital satellite peut revenir. Si Ethereum trouve un levier de réévaluation que le marché juge neuf, le bid smart contract peut se recentrer. Hoffman n’écarte pas ces possibilités. Il dit seulement qu’en l’état, les multiples faciles ne sont plus au centre, et que deux actifs ont su habiter ce vide avec des histoires suffisamment distinctes pour attirer l’œil.

    Le plus sain, au fond, est de garder les deux lunettes. La lunette tactique voit un ZEC à quatre chiffres, un NEAR à plus 60 % en une semaine, un ETF, un open interest, un secteur confidentialité multiplié. La lunette structurelle voit un marché encore trop petit, des géants trop lourds pour satisfaire tout le monde, des tuyaux traditionnels prêts à capter la rente, et une industrie qui cherche encore où se loge vraiment la valeur. Entre les deux lunettes, l’article de septembre 2026 n’est pas une vérité révélée. C’est une carte. On peut s’en servir sans la Tatouer.

    Une saison où les récits satellites reprennent la main

    On referme presque le dossier sur une impression simple. 2026 n’a pas aboli Bitcoin. Elle n’a pas enterré Ethereum. Elle a rappelé qu’un marché concentré fabrique ses propres fuites. Zcash a fourni une fuite compréhensible pour une part du monde BTC : même plafond, autre promesse. NEAR a fourni une fuite compréhensible pour une part du monde programmable : autre stack, autre récit d’usage, autre salle de marché. Hoffman a donné à ces fuites un nom de trophée. Le marché, lui, a donné des prix.

    Que ces prix tiennent ou non, le mécanisme mérite d’être compris. Les blue chips restent le bilan. Les alternatives redeviennent le compte de résultat spéculatif. Tant que l’épargne crypto cherchera des multiples que 1,7 billion de dollars rend plus difficiles, d’autres noms tenteront de gagner le bid. Aujourd’hui, les deux qui occupent la conversation s’appellent ZEC et NEAR. Demain, la liste peut changer. La grammaire, elle, a peu de chances de disparaître.

    Comprendre cette grammaire, c’est déjà éviter deux pièges. Le premier consiste à croire que tout flux alternatif est une trahison du centre. Le second consiste à croire que tout trophée de septembre est un standard de décembre. Entre les deux, il reste le travail lent : mesurer les tailles, écouter les récits, vérifier les tuyaux d’accès, et n’offrir à la convexité que la part d’un portefeuille capable d’encaisser l’erreur. C’est moins flamboyant qu’un titre de victoire. C’est plus fidèle à la manière dont l’argent se déplace vraiment.

    Actifs alternatifs avenir Near Protocol bitcoin bid blue chips Zcash privacy
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    Steven Soarez
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