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    Celsius Attaque BitMEX Pour 6 360 Bitcoin

    Steven SoarezDe Steven Soarez17/09/2026Aucun commentaire14 Mins de Lecture
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    Six ans après le jeudi noir de mars 2020, une vieille plaie du marché bitcoin se rouvre devant un tribunal new-yorkais. Le consortium chargé de récupérer l’argent des créanciers de Celsius Network vise BitMEX et réclame 6 360 bitcoins, soit près de 495 millions de dollars au cours actuel. La plainte parle de fraude, de manipulation et de liquidations abusives. Aucun juge n’a encore tranché. Le calendrier, lui, est cruel : le dépôt intervient onze jours avant l’arrêt programmé du trading sur la plateforme. Entre une succession devenue machine à procès et une place historique déjà affaiblie, l’addition présentée aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le creux de 2020.

    Une Facture De 6 360 Bitcoin Ressuscite Le Krach De 2020

    Le Blockchain Recovery Investment Consortium, dit BRIC, agit pour le compte de la succession Celsius. Il a saisi le tribunal des faillites du district sud de New York. L’objet du litige n’est pas un produit nouveau ni une perte récente. Il s’agit de positions liquidées lorsque le bitcoin a perdu près de la moitié de sa valeur en vingt-quatre heures. À l’époque, ces 6 360 BTC valaient un peu moins de 29 millions de dollars. Libeller le préjudice en bitcoins plutôt qu’en dollars figés de 2020 multiplie la créance par environ dix-sept.

    Cette stratégie de chiffrage n’est pas anodine. Elle transforme une blessure ancienne en enjeu contemporain. Elle place aussi BitMEX face à une demande dont le montant dépasse largement ce que beaucoup imaginaient encore recouvrable après six années de silence relatif. Les accusations restent des allégations. Elles n’ont pas été jugées. Elles suffisent pourtant à relancer le débat sur la manière dont les dérivés bitcoin se sont comportés lorsque le marché a basculé.

    Ce Que Le Tribunal Est Invité À Examiner

    La plainte ne se limite pas à un chiffre. Elle décrit un enchaînement : concentration du levier sur une seule place, coupure du moteur de trading, liquidations massives, puis lecture contraire des mêmes faits. BitMEX a longtemps soutenu que, sans interruption, le carnet d’ordres se serait vidé jusqu’à envoyer le prix à zéro sur sa propre plateforme. La succession Celsius inverse le récit. Elle parle de manipulation de marché et de liquidations abusives subies par le prêteur et par l’entité JST.

    Le dossier porte sur des positions directionnelles. Autrement dit, des paris exposés au sens du marché, pas des structures conçues pour s’annuler. Ce détail interne pèse lourd. Il contredit le discours commercial que Celsius tenait auprès de ses clients. Le contraste entre la communication publique et la réalité des carnets chez BitMEX constitue l’un des angles les plus sensibles du contentieux.

    Les points que le dossier met sur la table

    • Une créance de 6 360 BTC valorisée aujourd’hui autour de 495 millions de dollars.
    • Des faits datant du krach de mars 2020, lorsque le bitcoin a plongé sous les 4 000 dollars.
    • Des accusations de fraude, de manipulation et de liquidations abusives, encore non jugées.
    • Un dépôt intervenu onze jours avant l’arrêt du trading de BitMEX.
    • Des positions directionnelles, alors que Celsius parlait de stratégie delta-neutre.

    Pourquoi Mars 2020 Reste Un Trauma Collectif

    En mars 2020, le monde découvre que le bitcoin n’est pas un refuge automatique face à une crise sanitaire et financière. Le marché actions s’effondre. Les liquidités se raréfient. Les collatéraux crypto, très volatils, déclenchent des cascades de ventes forcées. BitMEX occupe alors une place centrale. La plateforme concentre une part considérable du levier disponible sur le bitcoin. Quand elle tousse, tout le marché sent la secousse.

    Le 13 mars, le service tombe hors ligne à deux reprises en moins d’une heure. La direction invoque une attaque par déni de service. Le moteur de liquidation s’arrête alors que le cours vient de casser un plancher psychologique. Des milliers de positions sont traitées dans un brouillard d’exécution. Certains y voient un filet de sécurité improvisé. D’autres y lisent une rupture de marché organisée par la structure même de la place.

    Cette ambiguïté n’a jamais complètement disparu. Elle revient aujourd’hui avec un chiffrage actualisé et un demandeur qui n’est plus une entreprise en activité, mais une succession dont la mission consiste précisément à rouvrir les dossiers oubliés.

    Celsius Vendait La Neutralité, BitMEX Montrait L’Exposition

    Le mot delta-neutre faisait partie du vocabulaire commercial de Celsius. L’idée, simple en apparence, consistait à construire des positions dont les variations se compensent. Une jambe gagne ce que l’autre perd. Le client devait croire que le sens du marché importait peu. Les carnets ouverts chez BitMEX racontent autre chose. Ils décrivent une exposition nette à la baisse du sous-jacent.

    Ce décalage n’est pas qu’un détail technique. Il alimente le soupçon selon lequel le risque réel n’était pas celui présenté aux déposants. Alex Mashinsky, fondateur du prêteur, a plaidé coupable de fraude et de manipulation du jeton CEL. Il purge une peine de douze ans. Le tribunal a retenu qu’il avait minimisé certains risques auprès des clients. Le dossier BitMEX s’inscrit dans cette même tension entre discours et pratique.

    Les positions logées chez BitMEX racontent une tout autre histoire que la stratégie delta-neutre vendue aux clients.

    Lecture de la succession Celsius

    Il serait toutefois excessif de conclure avant jugement. Une position directionnelle n’est pas, à elle seule, une preuve de fraude. Elle peut relever d’une gestion de trésorerie maladroite, d’un pari de couverture raté ou d’une décision de trading isolée. Le tribunal devra relier ces positions à une intention, à une pratique de marché et à un préjudice imputable à BitMEX, pas seulement à une mauvaise allocation interne de Celsius.

    BitMEX Aborde Le Procès En Position Déjà Fragilisée

    Fondée en 2014 par Arthur Hayes, Benjamin Delo et Samuel Reed, BitMEX a longtemps incarné le trading à effet de levier sur bitcoin. L’entreprise a ensuite plaidé coupable de violation du Bank Secrecy Act, le corpus américain qui impose aux intermédiaires financiers des obligations anti-blanchiment. Elle a payé 100 millions de dollars d’amende. En mars 2025, Donald Trump a gracié ses quatre dirigeants. La grâce politique n’efface pas la mémoire réglementaire, ni les dettes civiles éventuelles.

    L’arrêt des activités de trading intervient onze jours après le dépôt de la plainte. Ce calendrier pèse sur les chances de recouvrement. Une créance de 495 millions de dollars n’a de valeur que si l’entité visée reste solvable et saisissable. Une plateforme qui éteint son carnet d’ordres laisse la succession face à des structures juridiques dont la consistance réelle commandera l’issue.

    Autrement dit, gagner en droit et encaisser en cash sont deux combats distincts. Le premier se joue à Manhattan. Le second se joue dans les bilans, les filiales et les actifs encore identifiables.

    La Succession Celsius Est Devenue Une Machine À Recouvrement

    Depuis sa sortie du Chapter 11, Celsius ne fonctionne plus comme un prêteur grand public. La succession agit comme un fonds de recouvrement. Plus de 2,5 milliards de dollars ont déjà été redistribués aux créanciers. Les actions judiciaires s’empilent pour aller chercher le reste. Tether a été visé pour environ 4 milliards de dollars au titre de la liquidation de 39 500 BTC en juin 2022. L’essentiel des chefs d’accusation a survécu à une demande de rejet en juillet 2025. Les parties ont finalement conclu un règlement en octobre 2025 pour environ 299,5 millions de dollars.

    EquitiesFirst, StakeHound et plusieurs contreparties de trading figurent aussi sur la liste. Le schéma est désormais familier : identifier une perte ancienne, la requalifier en créance actualisée, viser une contrepartie encore capable de payer, puis négocier un compromis si le procès menace de s’éterniser. BitMEX entre dans cette logique, avec une particularité : la fermeture du trading réduit la surface d’actifs visibles.

    • Tether : dossier de plusieurs milliards, puis transaction autour de 299,5 millions de dollars.
    • EquitiesFirst : autre cible de recouvrement liée aux sûretés et aux prêts.
    • StakeHound : contentieux autour d’actifs bloqués et de contreparties techniques.
    • BitMEX : 6 360 BTC réclamés pour des liquidations de mars 2020.

    Libeller En Bitcoin Change Toute L’Économie Du Dossier

    Si le préjudice avait été figé en dollars de mars 2020, l’affaire tiendrait dans une enveloppe d’environ 29 millions. En le libellant en BTC, la succession présente une facture d’environ 495 millions. Cette multiplication n’est pas un artifice rhétorique. Elle pose une question juridique classique : à quelle date valoriser un actif volatil lorsqu’on allègue une perte illicite ?

    Les tribunaux américains ont déjà croisé ce problème dans d’autres faillites crypto. Certains juges privilégient la date du préjudice. D’autres acceptent une valorisation plus tardive lorsqu’il s’agit de restituer un bien fongible que le créancier aurait conservé. Rien n’est automatique. Tout dépendra de la qualification retenue : simple créance en dollars, revendication d’un actif spécifique, ou réparation d’un détournement de marché.

    Pour les créanciers de Celsius, l’enjeu est immédiat. Une victoire chiffrée en bitcoin actuel changerait le montant disponible à redistribuer. Une requalification en dollars de 2020 ramènerait le dossier à une affaire secondaire. BitMEX a donc intérêt à contester non seulement les faits, mais aussi la méthode de calcul.

    Ce Que Les Liquidations Disent Du Levier Crypto

    Les dérivés bitcoin permettent d’amplifier un mouvement. Ils permettent aussi d’amplifier une erreur. En 2020, le levier disponible sur BitMEX attirait des acteurs institutionnels émergents, des fonds opportunistes et des prêteurs en quête de rendement. Lorsque le sous-jacent chute de près de 50 % en une journée, les appels de marge ne laissent presque aucun délai. Le moteur de liquidation devient alors le véritable teneur de marché.

    Une coupure de ce moteur crée deux lectures incompatibles. Soit elle protège le carnet contre un prix zéro local. Soit elle fausse le processus de découverte et impose des prix d’exécution contestables. Le tribunal devra départager ces lectures à partir de logs, d’horodatages, de règles contractuelles et de pratiques de l’époque. Les souvenirs des traders ne suffiront pas.

    Le marché a changé depuis. D’autres places ont pris le relais. Les exigences de fonds propres, de surveillance et de transparence se sont durcies dans plusieurs juridictions. Cela n’efface pas le précédent. Cela explique pourquoi une affaire de 2020 peut encore peser en 2026 : elle interroge la responsabilité d’une infrastructure de marché au moment où celle-ci était, de facto, systémique.

    Le Calendrier De Fermeture Complique Le Recouvrement

    Déposer une plainte onze jours avant l’arrêt du trading n’est pas un détail de procédure. C’est un signal. Soit la succession accélère pour figer des droits avant que les flux ne se tarissent. Soit elle anticipe une réorganisation d’actifs qui rendrait plus difficile toute saisie. Dans les deux cas, le temps joue contre une exécution simple.

    Une plateforme qui cesse de matcher des ordres n’est pas nécessairement insolvable. Elle peut conserver de la trésorerie, des créances, des marques, des filiales ou des réserves. Elle peut aussi n’avoir plus qu’une coquille juridique. Le dossier Celsius contre BitMEX se jouera autant sur la cartographie des entités que sur le récit du 13 mars 2020.

    Ce qui peut encore faire basculer l’issue

    • La solvabilité réelle des structures BitMEX après l’arrêt du trading.
    • La qualification juridique du préjudice, en dollars historiques ou en bitcoin actuel.
    • La preuve d’un lien entre les coupures de mars 2020 et les liquidations contestées.
    • La capacité de la succession à éviter un procès trop long et trop coûteux.
    • D’éventuelles transactions, comme celle déjà conclue avec Tether.

    Mashinsky, Le CEL Et La Crédibilité Du Récit Celsius

    Impossible d’isoler le dossier BitMEX de l’histoire judiciaire de Celsius. Alex Mashinsky a reconnu avoir minimisé des risques et avoir participé à une manipulation du jeton CEL. Cette reconnaissance pèse sur la manière dont un juge lira les documents internes. Elle n’exonère pas BitMEX. Elle rappelle que le demandeur n’arrive pas avec une réputation immaculée.

    Les avocats de la plateforme viseront probablement cette faille. Ils diront que Celsius a pris des paris directionnels en connaissance de cause, puis cherche aujourd’hui un payeur de dernier ressort. Les avocats de la succession répondront que la responsabilité d’un intermédiaire de marché ne disparaît pas parce que le client a menti à ses propres déposants. Les deux arguments peuvent coexister. Le tribunal devra les hiérarchiser.

    Pour les anciens clients de Celsius, cette superposition de fautes est douloureuse. Elle donne le sentiment que chaque couche du dossier révèle une nouvelle omission. Elle montre aussi pourquoi les faillites crypto durent si longtemps : chaque contrepartie renvoie vers une autre, chaque perte interne devient une créance externe.

    Ce Que Cette Affaire Dit Aux Places De Dérivés

    Même si BitMEX n’est plus le centre de gravité du levier bitcoin, le signal dépasse l’entreprise. Une infrastructure de marché peut être poursuivie des années plus tard pour la manière dont elle a géré une panne, une attaque ou une liquidation de masse. Les règles d’interruption, les messages aux utilisateurs, les horodatages et les moteurs de risque deviennent des pièces à conviction.

    Les places encore actives observent. Elles savent qu’un krach futur produira les mêmes questions. Qui a coupé le moteur ? Qui a décidé de relancer le matching ? À quel prix les positions ont-elles été clôturées ? Quelle information a été donnée aux clients pendant l’incident ? Les réponses de 2026 seront lues à la lumière de 2020.

    Le secteur aime parler de résilience. Les procès parlent de traçabilité. Les deux exigences ne se recouvrent pas toujours. Une plateforme peut survivre à une journée noire et échouer, six ans plus tard, à justifier chaque exécution.

    Les Créanciers Veulent Du Cash, Pas Une Leçon D’Histoire

    Derrière le récit judiciaire, il y a des déposants. Certains ont déjà recouvré une partie de leurs avoirs. D’autres attendent le reliquat. Une action à 495 millions de dollars, si elle aboutissait réellement, changerait la donne. Une action qui s’enlise dans l’insolvabilité de la cible ne changerait presque rien. C’est pourquoi le calendrier de fermeture du trading inquiète autant que le fond du dossier.

    La succession a déjà démontré qu’elle savait transiger. Le précédent Tether le montre. Elle a aussi démontré qu’elle savait laisser un dossier vivre assez longtemps pour franchir une première étape procédurale. BitMEX n’est donc ni une cible symbolique ni une formalité. C’est un test de plus : jusqu’où une faillite crypto peut-elle remonter le temps pour monétiser une perte ancienne ?

    Gagner en droit et encaisser en cash sont deux combats distincts.

    Enjeu du recouvrement BitMEX

    Ce Qu’Il Faut Retenir Sans Attendre Le Jugement

    L’affaire n’est pas tranchée. Les mots fraude, manipulation et liquidations abusives restent des qualifications avancées par une partie. Ils ne sont pas des verdicts. Ils suffisent néanmoins à rappeler que le krach de mars 2020 n’appartient pas seulement aux livres d’histoire du bitcoin. Il continue d’alimenter des créances, des valorisations et des stratégies de recouvrement.

    Celsius réclame 6 360 BTC. BitMEX ferme son trading. La succession a déjà récupéré plus de 2,5 milliards de dollars ailleurs. Mashinsky est en prison. Les positions en cause étaient directionnelles. Le préjudice de 29 millions en 2020 est présenté aujourd’hui comme une facture de 495 millions. Ces faits, eux, sont suffisamment établis pour comprendre pourquoi le dossier capte l’attention.

    La suite se jouera dans les écritures, les expertises de marché et, probablement, autour d’une table de négociation. Les fantômes de 2020 n’ont pas fini de hanter l’actualité crypto. Ils reviennent cette fois avec une addition actualisée et un défendeur dont la surface d’actifs reste à démontrer.

    Une Lecture Plus Large Du Risque De Contrepartie

    Le public retient souvent le prix du bitcoin. Les professionnels retiennent la contrepartie. Qui détient le collatéral ? Qui exécute la liquidation ? Qui peut interrompre le marché pendant une heure ? En 2020, trop d’acteurs ont découvert ces questions en même temps. Celsius en a fait les frais, puis ses clients, puis la succession. BitMEX se retrouve aujourd’hui de l’autre côté de la même chaîne.

    Cette chaîne n’est pas propre à une seule plateforme. Elle décrit un marché où le rendement promis dépendait d’infrastructures opaques, de leviers élevés et de discours trop lisses. Les procès de 2025 et 2026 ne réécrivent pas seulement le passé. Ils imposent une mémoire comptable à un secteur qui préférait avancer vite.

    Que le tribunal donne raison à Celsius, qu’il déboute la succession ou qu’il pousse les parties vers un compromis, le signal restera le même. Une perte ancienne peut revenir. Une valorisation peut exploser avec le sous-jacent. Une plateforme peut fermer son carnet et rester, malgré tout, un défendeur. Le bitcoin n’efface pas les dettes. Il les actualise.

    dérivés crypto faillite Celsius krach bitcoin liquidations BitMEX tribunal New York
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    Steven Soarez
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