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    SusDrafting the French blog articlequehanna Perd Le Gel De 100 Millions À New York

    Steven SoarezDe Steven Soarez17/09/2026Aucun commentaire18 Mins de Lecture
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    Et si un graphique d’options, aussi spectaculaire soit-il, ne suffisait pas à faire geler près de cent millions de dollars ? C’est précisément le message qu’a envoyé, à la mi-septembre 2026, un juge fédéral de Manhattan. Susquehanna voulait bloquer des fonds qu’elle jugeait issus d’un trading initié avant une annonce chinoise. Le tribunal a dit non. Pas parce que l’affaire serait close. Parce que le standard pour geler de l’argent, en urgence, est bien plus élevé qu’une simple suspicion de marché.

    Ce Que Le Juge A Vraiment Tranché

    Le 14 septembre 2026, le juge Arun Subramanian, du tribunal fédéral du district sud de New York, a rendu une opinion et une ordonnance qui ont fait l’effet d’une douche froide pour deux filiales du groupe Susquehanna. Susquehanna Securities et Susquehanna Investment Group demandaient une injonction préliminaire. Objectif : empêcher une quarantaine de défendeurs de déplacer, grever ou faire disparaître des produits détenus chez des courtiers tiers. En alternative, elles réclamaient une saisie conservatoire. Les deux demandes ont été rejetées.

    Une ordonnance antérieure qui restreignait déjà ces fonds devait tomber le 16 septembre à 17 heures, heure de l’Est. Autrement dit, l’argent n’est plus sous cloche. Cela ne signifie pas que les traders ont gagné sur le fond. Cela signifie seulement que le juge a estimé que les plaignants n’avaient pas prouvé deux choses essentielles : un préjudice irréparable imminent, et une chance sérieuse de l’emporter au procès.

    Accepter l’idée qu’un trading jugé suspect suffit à geler des avoirs reviendrait à transformer le gel en réflexe automatique dans presque toutes les affaires d’initiés ou de fraude.

    Juge Arun Subramanian, district sud de New York

    Une Affaire Née D’Une Annonce Du 22 Mai

    Tout part d’une date. Le 22 mai, les autorités chinoises ont durci le ton contre des services de courtage transfrontaliers destinés aux investisseurs de Chine continentale. Des plateformes permettant d’accéder aux marchés étrangers sans l’aval réglementaire local se sont retrouvées dans le viseur. Dans la foulée, certains titres liés à cet écosystème ont chuté. Des puts très courts, arrivant à échéance le jour de l’annonce ou juste après, ont explosé côté volumes.

    Susquehanna, market maker de premier plan, affirme avoir subi le choc de ces flux. Elle a assigné, le 29 juin, une centaine de défendeurs anonymes. Citadel Securities s’est ensuite jointe à la procédure comme intervenante. Le récit des plaignantes est simple : quelqu’un aurait détenu une information matérielle non publique, l’aurait utilisée ou transmise, et des traders auraient encaissé avant que le marché n’intègre la nouvelle.

    Le droit américain, via la section 20A du Securities Exchange Act de 1934, permet à une victime d’agir contre ceux qui ont négocié en s’appuyant sur une telle information. Encore faut-il identifier un devoir fiduciaire, un initié, un bénéfice personnel pour le donneur de tuyau, et un lien entre l’info et les ordres. C’est précisément là que le dossier, au stade de l’urgence, a vacillé.

    Ce que le tribunal a retenu en trois points.

    • Pas de preuve suffisante d’un risque imminent de dissipation des fonds.
    • Pas de démonstration convaincante d’une victoire probable sur le fond.
    • Pas de base autonome assez solide pour une saisie conservatoire de droit new-yorkais.

    Pourquoi Le Gel Est Un Remède Exceptionnel

    En procédure fédérale américaine, une injonction préliminaire n’est pas un trophée de début de procès. Elle suppose un préjudice irréparable, c’est-à-dire un mal que l’argent, plus tard, ne réparera pas vraiment. Geler près de 100 millions, c’est paralyser des comptes, des stratégies, parfois des clients. Le juge a exigé mieux qu’une hypothèse.

    Susquehanna soutenait que le caractère même des opérations rendait probable une fuite des avoirs hors de portée. Le tribunal a répondu que ce raisonnement, s’il était accepté, ouvrirait la porte à des gels presque automatiques dès qu’une affaire d’initiés ou de fraude est déposée. Ce n’est pas la logique du droit des mesures conservatoires.

    Le juge a distingué trois populations. Les défendeurs aux États-Unis. Les défendeurs étrangers qui ont comparu. Les défendeurs étrangers restés silencieux. Pour les résidents américains, l’absence à l’audience n’équivaut pas à une intention de faire échec à un jugement futur. Certains n’avaient même pas encore été formellement signifiés.

    Pour les étrangers, la difficulté d’exécuter une décision hors des États-Unis n’est pas, à elle seule, un préjudice irréparable. Des comparants ont produit des éléments indiquant qu’ils disposaient de ressources suffisantes pour faire face à une condamnation éventuelle. Aucun schéma de dissimulation, de transferts frauduleux ou de conduite réellement évasive n’a été établi de façon nette.

    Le point le plus délicat concernait un défendeur désigné comme John Doe 3. Dans une écriture en réplique, Susquehanna a indiqué qu’il semblait avoir retiré plus de 10 millions d’un compte pertinent avant qu’un gel ne prenne effet. Le juge a trouvé l’affirmation mal étayée. Déplacer de l’argent d’un compte de trading ne prouve pas, par soi-même, une volonté d’échapper à la justice. Les fonds peuvent être réinvestis, appartenir à un fonds, à un employeur ou à un client.

    Des Puts Spectaculaires, Pas Une Preuve Décisive

    Le second pilier de la décision est plus technique, et plus gênant pour les plaignantes. Pour l’emporter au fond sur une action 20A, il faut montrer qu’une personne tenue à un devoir de confiance a utilisé une information matérielle non publique, ou l’a transmise. Susquehanna n’a nommé ni le donneur de tuyau, ni le devoir fiduciaire exact, ni le bénéfice personnel reçu en échange.

    Elle a produit des graphiques. Ils montrent des achats de puts très risqués, à courte échéance, calés sur le 22 mai ou juste après. Selon elle, aucune explication innocente n’était plausible. Le juge n’a pas suivi. Il a rappelé qu’une information déjà visible dans le marché, même imparfaitement, n’est plus une information non publique au sens du droit des initiés.

    Zhengfei Li, l’un des défendeurs, a livré une lecture différente. Ses relevés montraient deux poches de taille comparable : une moitié arrivant à échéance avant le 22 mai, l’autre après. Il a présenté cela comme une spéculation répétée sur des signaux de marché, pas comme la connaissance précise d’une date d’annonce. Le 21 mai, le ratio puts/calls observé dans les éléments versés était d’environ 49 contre 1. Une autre défenderesse a dit avoir acheté des puts pour des raisons analogues et a produit des messages montrant sa réaction lorsque la nouvelle chinoise est devenue publique.

    Un ratio puts contre calls de 49 pour 1, la veille d’une annonce, peut être un signal public. Il n’est pas, à lui seul, la preuve d’un secret volé.

    Lecture du dossier Li devant le tribunal

    Le juge a concédé que certains historiques paraissaient plus troublants que celui de Li. Mais Susquehanna a choisi de regrouper une foule de défendeurs dans une seule action et de plaider de façon globale. Elle visait au départ 100 personnes, puis a réduit la demande de gel à 40. Cette masse d’investisseurs non reliés entre eux, a-t-il relevé, peut tout autant soutenir des explications concurrentes : lecture de la volatilité, rumeurs en ligne, suivi du carnet d’ordres, copies de flux déjà visibles.

    Le Contexte Chinois Derrière Les Courbes

    Pour comprendre pourquoi ces titres ont bougé, il faut sortir un instant de la salle d’audience. Pékin surveille depuis longtemps l’accès des résidents continentaux aux marchés étrangers. Des acteurs comme Tiger Brokers, Futu ou Longbridge ont été cités dans des reportages sur des services transfrontaliers. L’idée, côté régulateur, est de reprendre la main sur des canaux qui échappent aux agréments locaux.

    Dès février, la Chine avait encore resserré le cadre autour des crypto-actifs et de la tokenisation d’actifs du monde réel, y compris pour des structures offshore servant une clientèle continentale. Les services financiers liés aux monnaies virtuelles restaient sous contrainte. Le 22 mai s’inscrit dans cette continuité, même s’il vise d’abord le courtage transfrontalier plutôt qu’une seule chaîne de blocs.

    Quelques jours plus tard, la Cour populaire suprême a indiqué que les autorités judiciaires étudieraient des règles pour les litiges portant sur les monnaies virtuelles et les affaires financières transfrontalières. En juillet, un tribunal de Shanghai a condamné cinq personnes dans une affaire de réseau de change illégal. Les poursuites évoquaient l’usage de crypto-actifs pour faire sortir plus de 29,4 millions de dollars, soit plus de 200 millions de yuans sur trois ans selon les autorités.

    Ce décor compte. Il explique pourquoi un investisseur attentif pouvait, sans aucun tuyau interne, sentir qu’un durcissement était dans l’air. Il explique aussi pourquoi des market makers, de l’autre côté du livre d’ordres, se retrouvent exposés lorsque la nouvelle tombe et que les puts se paient.

    Market Makers, Hedging Et Question Des Pertes

    Susquehanna n’est pas un particulier pris au piège d’un tweet. C’est un teneur de marché. Son métier consiste à fournir de la liquidité, à coter bid et ask, à gérer un inventaire. Quand une vague de puts arrive, elle peut se retrouver contrepartie. Elle peut aussi se couvrir. Or le dossier, selon le juge, ne clarifie pas assez quelle part des gains allégués des défendeurs, s’il y en a, s’est faite au détriment réel des plaignantes.

    Cette zone grise pèse sur l’enrichissement injuste, second fondement invoqué. Si le grief repose sur le même récit d’initiés, et si l’information n’est pas clairement restée hors marché, le raisonnement s’effrite. Ajoutez les stratégies de couverture reconnues par les plaignantes, et le montant du préjudice devient une inconnue, pas un chiffre prêt à geler.

    Le juge a pris soin de préciser ce qu’il ne tranchait pas. Il n’a pas dit que la plainte était irrecevable ou mal plaidée au stade des motions de procédure classiques. Il a dit que le standard plus élevé, celui qui justifie de bloquer près de 100 millions avant jugement, n’était pas atteint. La nuance est capitale pour la suite du dossier.

    La Saisie Conservatoire Tombe Avec L’Injonction

    La règle fédérale 64 permet de s’appuyer sur les voies d’exécution de l’État où siège le tribunal. À New York, une saisie conservatoire exige notamment une probabilité de succès au fond. Susquehanna a repris les mêmes arguments que pour l’injonction. Le tribunal a jugé qu’elle n’avait démontré ni une victoire probable sur la 20A, ni une victoire probable sur l’enrichissement injuste.

    Résultat : double refus. Plus de gel préventif. Plus de saisie alternative. Les comptes visés retrouvent une liberté de mouvement, sous réserve d’autres mesures qui pourraient être demandées plus tard, avec un dossier plus individualisé et plus étayé.

    Ce que cette décision ne dit pas.

    • Elle ne lave pas les défendeurs de tout soupçon définitif.
    • Elle ne fixe pas encore la solidité des griefs au stade des exceptions.
    • Elle n’interdit pas d’autres actions, y compris réglementaires, si des faits nouveaux apparaissent.

    Lire Un Flux D’Options Sans Confondre Signal Et Secret

    Les salles de marché adorent les anomalies. Un mur de puts, un skew qui s’écrase, un open interest qui se concentre sur une échéance précise : tout cela attire l’œil. Depuis des années, des forums, des fils publics et des outils de flux rendent ces anomalies visibles presque en temps réel. Le droit des initiés, lui, s’intéresse à ce qui n’est pas encore dans le marché.

    La frontière est mince. Une rumeur massive peut précéder une décision officielle. Un régulateur peut laisser filtrer des intentions par des discours, des inspections, des articles de presse spécialisée. Un trader peut simplement copier un flux déjà énorme. Dans le dossier Li, le tribunal a pris au sérieux l’idée qu’un ratio extrême, public, puisse justifier une position spéculative sans qu’il y ait vol d’information.

    Cela ne rend pas tous les puts innocents. Cela impose aux plaignants, surtout lorsqu’ils attaquent des dizaines de personnes sans lien apparent, de descendre au niveau de chaque compte. Qui a parlé à qui. Quel canal. Quelle contrepartie. Quel bénéfice pour le tipper. Sans cela, le récit reste une corrélation temporelle, pas une chaîne fiduciaire.

    Pourquoi Les Market Makers Passent À L’Attaque

    On a l’habitude de voir la SEC ou le ministère de la Justice mener les grandes affaires d’initiés. Ici, ce sont des teneurs de marché privés qui ont saisi le civil. La logique est économique autant que juridique. Quand une information frappe un livre d’ordres, le market maker est souvent la contrepartie immédiate. Il paie l’asymétrie en temps réel.

    La section 20A a été conçue, en partie, pour offrir un recours privé à ceux qui ont traité de l’autre côté de l’initié. Encore faut-il coller aux éléments constitutifs. Attaquer 100 John Doe d’un coup peut sembler efficace pour frapper large et geler vite. Devant un juge attentif aux droits de la défense et à la circulation des capitaux, cette stratégie se retourne : trop de défendeurs, trop peu de liens, trop de généralisations.

    Citadel Securities en tant qu’intervenante montre que le sujet dépasse une seule maison. Les grands teneurs de marché partagent une même vulnérabilité : ils absorbent le flux toxique avant que le reste du marché n’ajuste les prix. Ils ont aussi les données pour cartographier qui a acheté quoi, à quelle heure, via quel courtier. Ces données impressionnent. Elles ne remplacent pas le maillon humain du tuyau.

    Défendeurs Américains, Défendeurs Étrangers

    Le dossier a une dimension internationale évidente. Une partie des comptes vise des personnes hors des États-Unis. Geler des avoirs chez des courtiers américains ou accessibles depuis New York est tentant : c’est le levier le plus simple. Le juge a refusé de traiter la seule extranéité comme une preuve de fuite.

    C’est un point de doctrine plus large. Si chaque défendeur étranger voyait ses avoirs bloqués dès le dépôt d’une plainte d’initiés, le forum new-yorkais deviendrait une machine à conservation mondiale. Les tribunaux américains l’acceptent parfois, lorsque la dissipation est concrète. Ils la refusent lorsqu’on leur demande de présumer la mauvaise foi à partir de la géographie.

    À l’inverse, l’absence de signification formelle de certains défendeurs américains affaiblit l’argument de la fuite. On ne peut pas reprocher à quelqu’un de ne pas comparaître s’il n’a pas encore été atteint par l’acte. Le calendrier procédural, ici, a joué contre l’urgence alléguée.

    Ce Que Change La Décision Pour Les Prochaines Affaires

    Les équipes contentieuses des market makers vont relire cette ordonnance ligne à ligne. Premier enseignement : individualiser. Un dossier collectif de 100 comptes anonymes séduit par son ampleur. Il fatigue le juge lorsqu’il s’agit de geler de l’argent. Mieux vaut dix dossiers serrés qu’une nappe de soupçons.

    Deuxième enseignement : documenter la dissipation. Un virement, une baisse de solde, un transfert vers un affilié, un schéma répété. Pas seulement l’idée que « ces gens-là pourraient partir ». Troisième enseignement : ne pas surjouer le caractère inexplicable des puts. Dès qu’un défendeur produit une lecture de flux public, le tribunal écoute.

    Quatrième enseignement, plus politique : le civil privé ne remplace pas une enquête d’autorité. Identifier un tipper, des appels, des messages, un avantage personnel, c’est le travail classique des régulateurs et des procureurs. Sans ce noyau, le market maker reste un plaignant riche en données de marché et pauvre en récit humain.

    Répression, Crypto Et Circulation Des Capitaux

    Le lecteur crypto n’est pas hors sujet. Même si le cœur du litige porte sur des titres et des options liés à des plateformes transfrontalières, l’environnement chinois mélange depuis des années courtage offshore, contrôles de changes et actifs numériques. Les autorités ont multiplié les rappels : ce qui sert à contourner le cadre interne, que ce soit un compte-titres étranger ou un rail en jetons, attire la sanction.

    Les traders qui ont parié sur un durcissement n’avaient pas besoin d’aimer le bitcoin pour sentir le vent. Ils avaient besoin de lire la politique financière chinoise. Inversement, les maisons américaines qui tiennent le marché de ces titres découvrent qu’une décision de Pékin peut se traduire, en quelques séances, par des pertes de tenue de livre à New York, Londres ou Singapour.

    C’est toute l’ironie de la globalisation des flux. L’annonce est chinoise. Les options se négocient sur des infrastructures largement occidentales. Le juge est new-yorkais. Les comptes sont chez des courtiers tiers. Et le débat, au fond, est universel : quand un marché « sent » une nouvelle avant qu’elle ne soit officielle, où s’arrête l’anticipation légitime ?

    Une Chronologie Pour Ne Rien Perdre

    Février 2026 : nouvelles restrictions chinoises visant notamment des structures offshore au service d’utilisateurs continentaux, dans un climat déjà hostile aux crypto-actifs et à certaines formes de tokenisation.

    21 mai : activité extraordinaire sur certains puts, ratio puts/calls extrême selon des pièces versées au dossier.

    22 mai : annonce du durcissement contre des services de courtage transfrontaliers. Chute de certains titres. Puts courts qui paient.

    Fin mai : la Cour populaire suprême évoque un travail sur les litiges liés aux monnaies virtuelles et à la finance transfrontalière.

    29 juin : assignation de Susquehanna contre 100 défendeurs non nommés. Citadel Securities interviendra ensuite.

    Juillet : condamnation à Shanghai dans une affaire de réseau de change illégal utilisant des crypto-actifs pour des sorties de fonds.

    14 septembre : opinion du juge Subramanian. Refus de l’injonction et de la saisie.

    16 septembre, 17 heures ET : fin de l’ordonnance restrictive antérieure.

    Ce Que Les Investisseurs Doivent Retenir

    Premier réflexe, souvent mauvais : croire que « trop beau pour être honnête » égale « illégal ». Les marchés d’options sont faits de paris concentrés. Certains gagnent parce qu’ils ont lu un flux. D’autres parce qu’ils avaient une information volée. Le droit distingue. Les graphiques, seuls, ne le font pas.

    Deuxième réflexe : documenter sa thèse. Les défendeurs qui ont produit des historiques équilibrés, des messages, une lecture du ratio public, ont donné au juge une alternative crédible. Ceux qui restent des silhouettes dans une liste de John Doe offrent moins de prise, mais le fardeau, au stade du gel, reste sur le demandeur.

    Troisième réflexe : ne pas confondre gel et verdict. L’argent circule à nouveau. Le procès, lui, peut continuer. Des pièces supplémentaires, des dépositions, des identifications de courtiers, des expertises de microstructure peuvent changer le tableau. Simplement, elles arriveront trop tard pour l’urgence de septembre.

    • Un gel n’est pas un raccourci vers la victoire
    • Une anomalie d’options n’est pas un tuyau
    • Cent défendeurs anonymes diluent souvent la preuve
    • L’extranéité ne suffit pas à présumer la fuite

    Le Standard De La Section 20A, Sans Jargon Inutile

    Pour qu’une action privée d’initié tienne, le récit doit ressembler à une chaîne. Quelqu’un possède une info parce qu’il occupe une position de confiance. Il la viole en traitant ou en parlant. Il en retire un bénéfice, même non monétaire selon certaines lectures, mais un bénéfice. Le tippee sait, ou devrait savoir, que l’info est tachée. Il traite. De l’autre côté, une victime contemporaine du marché peut agir.

    Casser un seul maillon fait tomber la chaîne. Pas de tipper identifié. Pas de devoir clair. Pas de bénéfice. Info déjà dans le prix ou dans le flux public. Timing qui s’explique autrement. Chacun de ces trous a été souligné, à des degrés divers, dans l’ordonnance de septembre.

    L’enrichissement injuste, en droit new-yorkais comme ailleurs, n’est pas une baguette pour contourner ces exigences. S’il recopie le même récit illicite, il en partage les faiblesses. Le juge l’a rappelé avec calme, presque scolaire, ce qui rend la leçon plus sèche encore.

    New York, Forum Aimant Et Tribunal Exigeant

    Le district sud de New York attire ces dossiers parce que les courtiers, les chambres, les dollars et les avocats s’y croisent. C’est aussi un forum où les juges voient défiler des demandes de gels spectaculaires. Ils connaissent le risque : transformer le civil en arme de trésorerie.

    Subramanian n’a pas nié que certains historiques étaient plus « sales » que d’autres. Il a refusé de geler le tas pour attraper le poisson. Cette pédagogie va circuler. D’autres plaignants institutionnels s’en souviendront avant de demander le blocage d’une somme à neuf chiffres sur la base de heatmaps d’options.

    Pour les défendeurs, la décision n’est pas un permis de se moquer du tribunal. C’est une respiration. Elle rappelle qu’une accusation d’initié, même portée par une maison respectée, reste une accusation. Elle se prouve. Elle ne se présume pas à partir d’un calendrier trop parfait.

    Et Maintenant ?

    La procédure au fond peut s’ouvrir plus largement : exceptions, découverte, identification progressive des John Doe, débats d’experts sur la microstructure. Susquehanna et Citadel peuvent affiner. Les défendeurs peuvent demander le rejet. Rien de tout cela n’était tranché le 14 septembre.

    Sur les marchés, la leçon est plus immédiate. Les flux d’options avant une décision politique restent un théâtre. On y joue la peur, l’anticipation, parfois la triche. Distinguer les trois demande autre chose que des captures d’écran. Cela demande des noms, des messages, une chronologie humaine.

    En attendant, près de 100 millions ne sont plus gelés. Les puts du printemps ont déjà parlé. Le juge, lui, a parlé d’une autre voix : celle du doute raisonnable appliqué, non au verdict final, mais à la violence d’une mesure d’urgence. Dans un univers où l’on aime les certitudes de carnet d’ordres, cette voix-là dérange. C’est aussi pour cela qu’elle compte.

    Les prochaines semaines diront si le dossier se resserre sur quelques comptes vraiment inexplicables ou s’il se dilue dans la masse des spéculateurs qui avaient simplement lu, comme beaucoup, qu’un nuage réglementaire s’avançait depuis Pékin. Jusqu’à cette clarification, une chose est déjà écrite dans le marbre new-yorkais : on ne gèle pas une fortune sur une corrélation, si élégante soit-elle.

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    Steven Soarez
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