Imaginez un instant : les chiffres de l’inflation américaine qui enfin redescendent, une bonne nouvelle en théorie pour les investisseurs… et pourtant, les marchés actions comme les cryptomonnaies se mettent à trembler. Le 13 février 2026, la publication des données du Bureau of Labor Statistics a provoqué une réaction pour le moins surprenante. Pourquoi, quand l’inflation ralentit, les prix du Bitcoin et des principaux altcoins reculent-ils aussi violemment ?
Une accalmie de l’inflation… qui ne rassure personne
Le dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) américain a révélé une nette décélération. En janvier 2026, le CPI annuel s’est établi à 2,4 %, contre 2,7 % le mois précédent. Sur un mois, la hausse n’a été que de 0,2 %, alors qu’elle atteignait 0,3 % en décembre. L’inflation dite « core », celle qui exclut les prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, est également passée de 2,6 % à 2,5 %.
Ces chiffres sont objectivement positifs. Ils montrent que la Réserve fédérale américaine progresse dans sa lutte contre l’inflation post-pandémique et post-tarifs douaniers massifs. Pourtant, Wall Street et le marché crypto n’ont pas célébré. Au contraire, ils ont sanctionné la nouvelle par une vague de ventes.
« Les bons chiffres d’inflation ne suffisent plus. Les investisseurs scrutent désormais chaque mot de la Fed et chaque déclaration de la Maison Blanche. »
Trader anonyme sur X, 13 février 2026
Le Dow Jones futures, le Nasdaq 100 et le S&P 500 ont tous reculé de plus de 35 points de base dans les minutes qui ont suivi la publication. Du côté des cryptos, le Bitcoin a perdu le niveau psychologique des 67 000 $ pour tomber jusqu’à 66 000 $. Plusieurs altcoins ont plongé de plus de 5 % en 24 heures : LayerZero, Internet Computer, Uniswap, Kaspa… La capitalisation totale du marché crypto s’est contractée jusqu’à 2,29 trillions de dollars.
Trump et les tarifs acier : un assouplissement en vue ?
Quelques heures avant la publication des chiffres d’inflation, le Financial Times révélait une information capitale : l’administration Trump étudierait sérieusement une révision à la baisse des droits de douane massifs imposés sur l’acier et l’aluminium depuis son premier mandat. Ces tarifs, augmentés à plusieurs reprises entre 2025 et 2026, avaient contribué à maintenir une pression inflationniste sur les coûts industriels et de construction.
Si cette rumeur se confirmait, les prix des matières premières pourraient baisser à moyen terme, soulageant les marges des entreprises et limitant les risques d’une spirale inflationniste. Une bonne nouvelle… en théorie. Mais les marchés semblent douter de la mise en œuvre rapide ou de l’ampleur réelle de cet assouplissement.
Ce que l’on sait à ce stade sur les tarifs acier :
- Trump a multiplié les déclarations protectionnistes depuis son retour au pouvoir.
- Les tarifs actuels sur l’acier oscillent entre 25 % et 50 % selon les pays d’origine.
- Une baisse ciblée pourrait concerner certains alliés stratégiques (Canada, UE, Japon).
- Les industriels américains craignent une concurrence déloyale si l’assouplissement est trop large.
Le paradoxe est donc le suivant : une mesure qui devrait être perçue comme désinflationniste crée de l’incertitude. Les investisseurs se demandent si Trump va vraiment lâcher du lest ou s’il s’agit d’une simple manœuvre de communication avant des négociations commerciales plus dures.
Non-farm payrolls solides, mais la Fed reste inflexible
Il faut aussi replacer ce mouvement dans le contexte des données emploi publiées deux jours plus tôt. En janvier 2026, l’économie américaine a créé 130 000 emplois, un chiffre honorable même s’il est inférieur aux attentes les plus optimistes. Le taux de chômage est légèrement remonté à 4,3 %, mais reste historiquement bas.
Ces chiffres confortent l’idée d’une économie résiliente, capable de supporter des taux d’intérêt élevés plus longtemps que prévu. Sur Polymarket, la probabilité qu’aucune baisse de taux n’intervienne en mars 2026 atteignait 93 % le 13 février. Les paris sur deux baisses seulement sur l’ensemble de l’année gagnaient également du terrain.
« Pas de panique sur les taux. La Fed peut se permettre d’être patiente tant que l’emploi tient. »
Économiste senior chez une grande banque américaine
Or, les actifs risqués – actions technologiques et cryptomonnaies en tête – détestent l’attentisme de la Fed. Chaque mois sans baisse de taux est perçu comme un mois de plus où le coût du capital reste élevé, ce qui freine les investissements spéculatifs et les prises de risque.
Pourquoi les cryptos décrochent plus fort que les actions ?
Depuis plusieurs mois, on observe une divergence frappante entre Wall Street et le marché crypto. Les indices boursiers, portés par l’euphorie autour de l’intelligence artificielle, continuent d’inscrire des records. Le Bitcoin et la majorité des altcoins, eux, évoluent dans un range baissier ou stagnent.
Plusieurs explications se combinent :
- Sensibilité accrue aux taux réels : les cryptos sont des actifs sans rendement intrinsèque. Quand les taux réels (taux nominaux moins inflation) restent élevés, elles perdent de l’attractivité.
- Risque géopolitique persistant : tensions au Moyen-Orient, incertitudes autour de l’Iran, sanctions financières internationales… tout cela maintient une prime de risque élevée sur les actifs numériques.
- Manque de catalyseur institutionnel : malgré les ETF Bitcoin spot approuvés depuis 2024, les flux nets restent décevants en 2026. Standard Chartered a même revu à la baisse ses prévisions de prix pour le BTC.
- Concurrence interne : l’argent migre vers les memecoins et les narratives spéculatives à court terme plutôt que vers les blue-chips comme Ethereum ou Solana.
Résultat : alors que le S&P 500 reste proche de ses plus hauts historiques, le Bitcoin peine à dépasser durablement les 70 000 $. Cette divergence n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue en ce début d’année 2026.
Que retenir pour les prochains mois ?
Le marché semble coincé dans une zone d’incertitude maximale. D’un côté, l’inflation qui ralentit et la possibilité d’un assouplissement des tarifs douaniers constituent des soutiens potentiels à moyen terme. De l’autre, la prudence de la Fed, les incertitudes géopolitiques et la faiblesse des flux institutionnels maintiennent une pression vendeuse.
Scénarios probables pour le 1er semestre 2026 :
- Scénario 1 (le plus probable à 55 %) : range resserré entre 62 000 $ et 72 000 $ pour le Bitcoin, volatilité modérée.
- Scénario 2 (30 %) : rechute sous 60 000 $ si la Fed confirme plusieurs mois sans baisse de taux.
- Scénario 3 (15 %) : rebond au-dessus de 80 000 $ en cas d’accord commercial majeur avec la Chine ou l’UE et surprise dovish de Powell.
Dans tous les cas, la nervosité devrait rester de mise tant que la visibilité sur la politique monétaire et commerciale américaine restera floue. Les investisseurs les plus patients pourraient trouver des opportunités d’accumulation lors des creux, mais il faudra du courage pour tenir face aux mouvements de panique récurrents.
Conclusion : patience et sang-froid
En ce 13 février 2026, les marchés financiers nous rappellent une leçon ancienne : les bonnes nouvelles macroéconomiques ne déclenchent pas forcément des rallies immédiats. Parfois, elles servent simplement à confirmer que le chemin reste long et semé d’embûches.
Pour les passionnés de cryptomonnaies, la période actuelle exige plus que jamais de la discipline : éviter le FOMO sur les pumps de memecoins, surveiller les flux ETF, suivre les déclarations de la Fed et de la Maison Blanche, et surtout… ne pas céder à la panique lors des inévitable corrections.
Le bull market crypto n’est peut-être pas mort. Mais il semble bien décidé à nous faire attendre encore un peu avant de montrer ses vraies couleurs.
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