Imaginez une entreprise qui, il y a encore quelques années, se battait sur le plan judiciaire pour simplement exister dans le paysage américain, et qui aujourd’hui se retrouve propulsée parmi les dix structures privées les plus valorisées de la planète. C’est exactement ce qui vient d’arriver à Ripple en ce début d’année 2026.
Avec une valorisation estimée à environ 50 milliards de dollars, Ripple n’est plus seulement un acteur de la blockchain : elle fait désormais partie d’un cercle très fermé, celui des licornes devenues géants discrets. Une ascension fulgurante qui soulève immédiatement plusieurs questions fascinantes : comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce que cela implique pour le token XRP ? Et surtout… l’introduction en bourse tant attendue est-elle enfin pour bientôt ?
Une ascension qui ne doit rien au hasard
Quand on observe le parcours de Ripple depuis 2012, on se rend compte que chaque étape a été méticuleusement préparée, même quand elle semblait chaotique de l’extérieur. Les procès avec la SEC, les annonces de partenariats bancaires, les lancements progressifs de nouveaux produits… tout s’inscrit aujourd’hui dans une stratégie de très long terme qui commence à porter ses fruits les plus spectaculaires.
La valorisation de 50 milliards n’est pas sortie de nulle part. Elle résulte d’une combinaison rare : une technologie qui fonctionne réellement dans le monde réel, une équipe dirigeante qui a su rester disciplinée face aux tempêtes réglementaires, et surtout une adoption institutionnelle qui ne cesse de s’accélérer depuis 2024.
Comment calcule-t-on vraiment cette valorisation ?
Contrairement aux cryptomonnaies cotées en continu, la valorisation d’une entreprise privée comme Ripple dépend de plusieurs facteurs : les dernières levées de fonds, les transactions sur le marché secondaire des actions, les multiples appliqués par les analystes aux revenus récurrents, et surtout la perception du marché quant à la croissance future.
En 2026, plusieurs signaux concordent :
- Des volumes très importants sur les plateformes de marché secondaire (Forge, EquityZen, Hiive…)
- Des fonds de capital-risque et family offices qui continuent d’acheter des parts à des prix toujours plus élevés
- Une croissance annuelle des revenus dépassant les 100 % depuis 2023 selon plusieurs sources concordantes
- Une trésorerie très confortable qui permet à Ripple de ne pas être obligée de lever à tout prix
Ces éléments combinés ont poussé plusieurs cabinets d’analyse financière spécialisés dans les entreprises non cotées à réviser fortement leur estimation à la hausse au cours des douze derniers mois.
Le top 10 des entreprises privées : où se place Ripple ?
Pour situer le niveau, voici à titre indicatif quelques noms qui gravitent autour ou dans ce classement début 2026 :
- ByteDance (TikTok) — toujours numéro 1 incontesté
- SpaceX — valorisation autour de 210-350 milliards selon les dernières transactions
- Stripe — environ 70-90 milliards
- Databricks — 50-70 milliards
- Chime — 40-55 milliards
- Anthropic — 40-60 milliards
Ripple se retrouve donc dans une fourchette extrêmement compétitive, au coude-à-coude avec des noms qui font la une depuis plusieurs années. Être dans ce classement n’est pas seulement une question d’ego : cela change radicalement la perception des institutions financières, des régulateurs et même des contreparties commerciales.
« Quand vous atteignez ce niveau de valorisation en tant qu’entreprise privée, vous cessez d’être perçue comme une startup crypto. Vous devenez un acteur fintech institutionnel à part entière. »
— Analyste senior chez une grande banque d’investissement américaine (anonyme)
Pourquoi les banques et les institutions font-elles de plus en plus confiance à Ripple ?
La réponse tient en trois mots : utilité réelle, conformité et performance mesurable.
Contrairement à de nombreux projets blockchain qui promettent beaucoup mais livrent peu, Ripple a passé la barre critique : ses solutions sont utilisées en production par des dizaines d’institutions financières de premier plan sur tous les continents.
Quelques exemples concrets d’adoption institutionnelle en 2025-2026 :
- Plus de 70 % des flux ODL (On-Demand Liquidity) proviennent désormais de corridors Asie-Europe et Amérique Latine-Europe
- Partenariats stratégiques élargis avec plusieurs grands noms du custody institutionnel
- Intégration poussée dans les systèmes de paiement de banques centrales pour des tests pilotes de CBDC interopérables
- Lancement réussi de RLUSD (stablecoin adossé au dollar) qui gagne rapidement des parts de marché sur certains corridors
Ces éléments ne sont plus des annonces marketing : ce sont des flux financiers réels, mesurables, audités pour la plupart, et qui génèrent des revenus récurrents pour Ripple.
Et XRP dans tout ça ?
C’est la question que se posent des centaines de milliers de détenteurs. La valorisation de l’entreprise Ripple et celle du token XRP sont-elles corrélées ? La réponse est… oui et non.
Oui, car :
- Plus Ripple gagne en crédibilité institutionnelle, plus le narratif « XRP = pont liquide pour paiements internationaux » devient crédible
- Une introduction en bourse potentielle attirerait nécessairement l’attention sur l’écosystème XRP Ledger
- La trésorerie de Ripple est en grande partie libellée en XRP ; une valorisation plus élevée de l’entreprise rejaillit indirectement sur la confiance envers le token
Mais non, car :
- Ripple a toujours maintenu une séparation stricte entre la société et la gouvernance du XRP Ledger (même si elle reste le contributeur principal)
- La majorité des revenus de Ripple provient aujourd’hui de logiciels et services (RippleNet, custody, stablecoin infrastructure) et non de la vente de XRP
- Le marché spot de XRP reste largement influencé par la spéculation retail et les mouvements macro globaux
L’IPO : fantasme ou perspective réaliste en 2026-2027 ?
Presque tous les grands médias financiers ont désormais inscrit Ripple sur leur liste des « IPO à surveiller ». Pourtant, les déclarations officielles restent très mesurées.
Brad Garlinghouse et Monica Long répètent depuis des mois la même position : « Nous n’avons pas besoin de lever d’argent. Nous sommes très bien capitalisés. Toute décision concernant une cotation serait guidée par des considérations stratégiques et non par une nécessité financière. »
« Une introduction en bourse n’est pas un objectif. C’est une option que nous pourrions considérer si elle sert nos ambitions à long terme et celles de nos actionnaires. »
— Monica Long, Présidente de Ripple (janvier 2026)
Traduction : tant que les conditions réglementaires ne sont pas totalement apaisées et que le marché actions reste volatile, Ripple n’a aucune raison de se précipiter.
Mais plusieurs indices montrent que les préparatifs avancent discrètement :
- Embauche massive de profils senior venant de grandes banques d’investissement (comptabilité, reporting, gouvernance corporate)
- Renforcement très net des équipes juridiques et compliance aux États-Unis
- Passage progressif vers des standards de reporting plus proches de ceux exigés par la SEC
- Multiplication des roadshows privés auprès de grands fonds souverains et institutionnels
Quel impact macro pour le secteur crypto ?
L’entrée de Ripple dans ce classement n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large : la reconnaissance progressive par le monde traditionnel que certaines blockchains et certains tokens ont désormais une utilité économique tangible et mesurable.
Quand une entreprise valorisée 50 milliards utilise un actif numérique comme pont de liquidité principal sur certains corridors, cela change la perception. Non seulement pour les traders, mais surtout pour les directions financières des grandes entreprises et des banques centrales.
Signaux macro observés depuis mi-2025 :
- Plusieurs banques centrales intègrent explicitement le XRP Ledger dans leurs pilotes d’interopérabilité CBDC
- Augmentation très nette des volumes institutionnels sur les exchanges qui proposent XRP
- Apparition de produits structurés (ETN, ETF spot dans certains pays) qui utilisent XRP comme sous-jacent ou collatéral
- Croissance exponentielle des stablecoins émis sur le XRP Ledger (dont RLUSD)
Les risques qui restent à surveiller
Malgré ce tableau très positif, plusieurs nuages subsistent :
- Volatilité toujours très forte sur XRP (corrélation encore importante avec le marché crypto global)
- Risque réglementaire résiduel dans certaines juridictions majeures
- Concurrence accrue sur le segment des paiements blockchain (Stellar, Swift GPI+, nouvelles initiatives de banques centrales)
- Possible dilution si Ripple décidait finalement de lever à nouveau avant une éventuelle cotation
Ces risques sont réels, mais ils semblent aujourd’hui bien moins menaçants qu’il y a deux ou trois ans.
Conclusion : un tournant historique pour Ripple et XRP
Atteindre le top 10 des entreprises privées mondiales avec 50 milliards de dollars de valorisation n’est pas une simple anecdote. C’est la preuve tangible que le pari initial de Ripple — construire une infrastructure blockchain conforme, utile aux institutions et capable de traiter des volumes massifs — commence à payer à une échelle encore inimaginable il y a cinq ans.
Pour les détenteurs de XRP, c’est à la fois une excellente et une très ambiguë nouvelle : la légitimité de l’écosystème n’a jamais été aussi forte, mais le découplage entre la valorisation de l’entreprise et le prix du token reste partiel.
Ce qui est certain, c’est que 2026 marque un tournant. Ripple n’est plus seulement une société crypto : c’est un acteur fintech de premier plan qui se rapproche à grands pas du monde traditionnel. Et dans ce rapprochement, XRP pourrait bien trouver une place beaucoup plus centrale qu’on ne l’imaginait encore récemment.
Reste maintenant à savoir si les marchés sauront reconnaître cette maturité… et à quel prix.
