Imaginez l’une des banques les plus puissantes et conservatrices de Wall Street qui, du jour au lendemain, décide d’injecter plus de deux milliards de dollars dans des actifs que beaucoup considéraient encore récemment comme spéculatifs et marginaux. C’est exactement ce que vient de révéler Goldman Sachs dans son rapport trimestriel 13F. Avec une exposition crypto qui atteint désormais 2,36 milliards de dollars, la célèbre institution financière ne se contente plus de regarder le train passer : elle est carrément montée à bord, et elle a choisi deux wagons en particulier : Bitcoin et Ethereum.
Ce qui frappe immédiatement lorsqu’on observe les chiffres, c’est l’équilibre presque parfait entre les deux principales cryptomonnaies. Là où la majorité des investisseurs institutionnels continuent de surpondérer massivement Bitcoin, Goldman Sachs affiche une répartition beaucoup plus audacieuse. Et c’est surtout l’appétit prononcé pour Ethereum qui interpelle les observateurs du marché en ce début d’année 2026.
Un virage stratégique majeur pour Goldman Sachs
Le rapport 13F déposé auprès de la SEC pour le quatrième trimestre 2025 ne laisse planer aucun doute : Goldman Sachs a franchi un cap symbolique. L’exposition totale aux cryptomonnaies s’élève à 2,36 milliards de dollars, soit une augmentation significative par rapport au trimestre précédent malgré une légère contraction de l’ensemble du portefeuille de la banque.
Cette hausse de 15 % dans l’allocation crypto témoigne d’une conviction croissante. Mais ce n’est pas tant le montant global qui surprend que la façon dont il est réparti. Bitcoin reste bien entendu le leader avec environ 1,1 milliard de dollars, mais Ethereum suit de très près avec 1 milliard de dollars. Une telle proximité entre les deux actifs est rarissime parmi les grandes institutions financières.
Répartition de l’exposition crypto de Goldman Sachs (Q4 2025) :
- Bitcoin : 1,1 milliard $
- Ethereum : 1,0 milliard $
- XRP : 153 millions $
- Solana : 108 millions $
- Autres actifs crypto : solde restant
Cette diversification prudente vers XRP et Solana montre que Goldman Sachs ne se contente pas des deux géants du marché. La banque explore également d’autres blockchains prometteuses, même si BTC et ETH représentent toujours plus de 90 % de son exposition crypto.
Pourquoi Ethereum séduit autant les banquiers d’investissement ?
Bitcoin est souvent comparé à l’or numérique : une réserve de valeur décentralisée, rare et largement acceptée. Ethereum, lui, raconte une histoire différente. Il ne s’agit pas seulement d’une monnaie, mais d’une véritable plateforme informatique mondiale décentralisée capable d’exécuter des contrats intelligents et d’héberger des applications financières complexes.
Pour une banque d’investissement comme Goldman Sachs, cette dimension programmable change tout. Ethereum est perçu comme l’infrastructure de base sur laquelle pourrait reposer la prochaine génération de services financiers : tokenisation des actifs réels (RWA), finance décentralisée institutionnelle, règlement atomique d’actifs traditionnels et crypto, etc.
« Ethereum n’est pas une simple cryptomonnaie. C’est le système d’exploitation de la finance du futur. »
Analyste financier anonyme chez une grande banque américaine
Cette vision est renforcée par les évolutions techniques à venir sur le réseau Ethereum. La mise à jour Pectra, attendue en 2026, devrait apporter des améliorations majeures en matière de staking institutionnel, de gestion des clés et de flexibilité des portefeuilles. Autant d’éléments qui rendent le réseau beaucoup plus attractif pour des entités qui manipulent des milliards de dollars.
Les ETF : la porte d’entrée sécurisée des institutions
Goldman Sachs ne détient pas directement de BTC ou d’ETH sur ses propres portefeuilles froids. Comme la plupart des grandes institutions, la banque passe par des produits régulés : les ETF spot Bitcoin et Ethereum. Parmi les noms les plus cités dans le portefeuille de Goldman Sachs, on retrouve notamment les produits de BlackRock (iShares Bitcoin Trust – IBIT), Fidelity et Grayscale.
Cette approche permet plusieurs avantages cruciaux :
- Élimination du risque de garde directe (pas de clés privées à sécuriser)
- Conformité réglementaire totale
- Liquidité journalière sur les marchés traditionnels
- Intégration aisée dans les portefeuilles existants
- Transparence et reporting standardisés
En choisissant cette voie, Goldman Sachs peut profiter pleinement de la performance des cryptomonnaies tout en restant dans un cadre familier et sécurisé pour ses clients institutionnels et ses propres fonds.
La tokenisation des actifs réels (RWA) : l’horizon stratégique d’Ethereum
Si Ethereum attire autant l’attention des grandes banques, c’est aussi parce qu’il est aujourd’hui la blockchain de référence pour la tokenisation des actifs du monde réel. Obligations, actions, immobilier, œuvres d’art, crédits privés… de plus en plus d’actifs traditionnels migrent sur la blockchain Ethereum sous forme de tokens.
Goldman Sachs elle-même a déjà lancé plusieurs expérimentations dans ce domaine. La banque voit dans la tokenisation une opportunité majeure de réduire les coûts de règlement, d’accélérer les transferts et d’améliorer la transparence tout au long de la chaîne de custody.
Avantages principaux de la tokenisation sur Ethereum selon Goldman Sachs :
- Règlement en T+0 au lieu de T+2 ou T+3
- Fractionnement des actifs (propriété partielle)
- Transparence et traçabilité intégrale
- Automatisation via smart contracts
- Accessibilité accrue pour les investisseurs
- Réduction significative des coûts intermédiaires
Ces perspectives expliquent pourquoi la banque n’hésite pas à surpondérer Ethereum par rapport à ce que font la plupart de ses concurrents. Pour Goldman Sachs, ETH n’est pas seulement une cryptomonnaie : c’est l’infrastructure critique de la finance de demain.
Que signifie ce positionnement pour le marché crypto ?
L’entrée massive de Goldman Sachs dans l’écosystème crypto, et particulièrement son intérêt marqué pour Ethereum, envoie un signal fort à l’ensemble du marché. Lorsque l’une des institutions financières les plus respectées et conservatrices de la planète décide d’allouer plus d’un milliard de dollars à ETH, cela change la perception du risque et légitime définitivement l’actif aux yeux de nombreux investisseurs institutionnels hésitants.
Ce mouvement intervient dans un contexte où plusieurs grandes banques américaines et européennes accélèrent également leur intégration des cryptomonnaies. JPMorgan, Citigroup, Morgan Stanley, Société Générale… toutes multiplient les annonces et les expérimentations depuis 2024-2025.
« Nous sommes passés du stade de l’expérimentation à celui de l’allocation stratégique. Les cryptomonnaies ne sont plus un sujet périphérique pour les grandes institutions. »
Responsable des actifs numériques chez une banque américaine majeure
Pour Ethereum en particulier, l’intérêt croissant des institutions pourrait contribuer à réduire la corrélation historique avec Bitcoin et à lui conférer une trajectoire plus autonome, tirée par ses fondamentaux propres (staking, DeFi, RWA, mises à jour techniques).
Les défis qui restent à relever
Malgré cet engouement institutionnel, plusieurs défis subsistent pour Ethereum et pour l’adoption crypto en général :
- Volatilité toujours très élevée
- Incertitudes réglementaires persistantes (notamment aux États-Unis)
- Concurrence accrue des blockchains Layer-1 et Layer-2
- Complexité technique pour les non-initiés
- Risques liés à la sécurité des smart contracts
- Consommation énergétique (même si grandement réduite depuis The Merge)
Goldman Sachs semble cependant avoir tranché : les opportunités l’emportent largement sur les risques. La banque ne se contente pas d’investir passivement via des ETF ; elle développe également en interne des solutions de tokenisation et explore activement les usages institutionnels de la blockchain Ethereum.
Vers une nouvelle ère pour la finance ?
Le positionnement agressif de Goldman Sachs sur Bitcoin et surtout sur Ethereum marque probablement un tournant dans l’histoire des cryptomonnaies. Nous passons progressivement d’un marché dominé par les investisseurs particuliers et les fonds spéculatifs à un marché où les institutions financières traditionnelles deviennent des acteurs majeurs, voire dominants.
Pour Ethereum, cette évolution pourrait être particulièrement bénéfique. Contrairement à Bitcoin qui reste principalement une réserve de valeur, ETH dispose d’un écosystème applicatif riche et en croissance continue. Les usages réels (DeFi, NFT, gaming, identité décentralisée, RWA, etc.) pourraient devenir le principal moteur de sa valorisation à moyen et long terme.
La mise à jour Pectra, attendue pour 2026, devrait encore renforcer cette dynamique en rendant le réseau plus attractif pour les gros acteurs institutionnels. Si les promesses techniques sont tenues, Ethereum pourrait consolider sa position de blockchain de référence pour la finance programmable et tokenisée.
Conclusion : un signal fort pour toute l’industrie
L’annonce de Goldman Sachs n’est pas une simple ligne dans un rapport réglementaire. C’est un message clair envoyé à l’ensemble du marché financier mondial : les cryptomonnaies, et particulièrement Ethereum, sont désormais considérées comme des actifs stratégiques à part entière par l’une des institutions les plus influentes de la planète.
Que vous soyez investisseur particulier, professionnel ou simplement observateur du secteur, cette nouvelle devrait vous inciter à regarder Ethereum sous un jour nouveau. Au-delà de la simple spéculation, c’est peut-être l’infrastructure financière du XXIᵉ siècle qui se construit sous nos yeux, et Goldman Sachs semble avoir décidé de prendre une place de choix dans cette révolution silencieuse mais inexorable.
À suivre de très près dans les prochains mois, et particulièrement lors du déploiement effectif de la mise à jour Pectra. L’histoire ne fait que commencer.
