Nous sommes le 15 janvier 2026, et le marché crypto semble traverser une de ces fameuses rotations silencieuses mais puissantes qui redessinent les priorités des investisseurs tous les deux ou trois ans. D’un côté, deux poids lourds historiques du paiement décentralisé, XRP et XLM, montrent enfin des signes encourageants de reprise technique après des semaines difficiles. De l’autre, un concept tout frais, le PayFi, commence à faire beaucoup de bruit et attire des flux de capitaux impressionnants. Coïncidence ? Pas vraiment.
Alors que les deux vétérans tentent de reconquérir le terrain perdu, une nouvelle génération de projets promet de relier directement crypto et système bancaire classique sans friction. Au centre de toutes les conversations en ce début d’année : un projet Ethereum qui fait parler de lui bien plus fort que sa capitalisation actuelle ne le laisserait supposer.
La rotation silencieuse du marché crypto en 2026
Les grands cycles crypto ont toujours été rythmés par des changements de narratif. 2017 = ICO, 2021 = DeFi + NFT, 2024-2025 = memecoins & AI. Et 2026 ? Les premiers éléments tangibles semblent indiquer que l’année pourrait être celle où l’on arrête de spéculer sur ce que la blockchain pourrait faire pour se concentrer sur ce qu’elle fait réellement aujourd’hui pour les utilisateurs finaux.
Dans cet environnement, les projets qui ne proposent que des blockchains rapides ou des frais bas commencent à perdre de leur superbe face à ceux qui permettent d’envoyer de l’argent réel sur un compte bancaire en quelques clics, sans intermédiaire opaque et à un coût défiant toute concurrence traditionnelle.
XLM – La défense héroïque d’une zone de support stratégique
Stellar (XLM) traverse actuellement une phase critique. Le prix s’est retrouvé coincé dans un canal descendant bien marqué depuis plusieurs semaines. Pourtant, ces derniers jours, les acheteurs ont décidé de montrer les dents précisément à l’endroit où historiquement le support a tenu : la zone des 0,22-0,24 $.
Le volume a explosé de plus de 120 % en 24 heures lors du dernier test – signe que les positions se prennent, pas que les mains faibles paniquent. Techniquement, tant que le plancher du canal tient, la structure reste haussière à court terme. Mais la marge d’erreur est devenue extrêmement fine.
« Tant que les 0,235 $ tiennent en clôture quotidienne, le biais reste acheteur malgré la compression. Une cassure sous ce niveau changerait radicalement le scénario. »
Commentaire technique anonyme – communauté CoinMarketCap
Le problème de Stellar aujourd’hui n’est pas tant technique que narratif. Malgré ses partenariats historiques avec des institutions financières (MoneyGram, IBM World Wire…), le marché semble avoir classé XLM dans la catégorie « excellent projet… d’il y a six ans ».
Points forts actuels de Stellar (janvier 2026)
- Volume spot en très forte augmentation (+122 % sur 24h)
- Support majeur défendu avec conviction
- Positionnement historique sur les paiements transfrontaliers
- Frais toujours parmi les plus bas du marché
Mais ces qualités semblent aujourd’hui insuffisantes pour déclencher l’enthousiasme des nouveaux entrants qui veulent voir du concret, tout de suite.
XRP – La force de la résilience… et du doute
De son côté, Ripple (XRP) montre une configuration plus offensive. Après plusieurs tests infructueux, le prix a finalement réussi à transformer une ancienne résistance en support autour des 1,98-2,05 $. Le mouvement s’est accompagné d’un volume très sain, en hausse de 93 %.
La communauté interprète ce breakout comme soit un squeeze des shorts, soit le début d’un vrai changement de tendance. Dans les deux cas, le marché donne clairement plus de crédit à XRP qu’à XLM en ce moment.
Mais même avec ce rebond technique, la question reste la même : le marché est-il prêt à payer à nouveau un multiple important pour un token dont l’essentiel de la valeur repose sur l’adoption institutionnelle future… plutôt que sur l’utilisation actuelle ?
PayFi : quand le paiement devient le nouveau narratif roi
Voici où l’histoire devient vraiment intéressante.
Pendant que XRP et XLM se battent pour reprendre quelques pourcents, un tout nouveau terme commence à dominer les conversations dans les groupes privés et sur les timelines des traders les plus affûtés : PayFi.
PayFi = contraction de Payment Finance. L’idée est simple : au lieu de créer une nouvelle blockchain pour ensuite espérer qu’un jour quelqu’un s’en serve pour payer son café, on construit directement l’infrastructure qui permet d’utiliser n’importe quelle crypto pour payer n’importe quoi dans le monde réel, immédiatement, avec un onboarding simple et un coût acceptable.
Ce que veulent les utilisateurs en 2026 (selon plusieurs panels de la communauté)
- Envoyer 500 € en crypto à ma mère au Maroc en 3 clics
- Être payé en USDC par mon client américain directement sur mon compte français
- Convertir automatiquement une partie de mon salaire crypto en euros tous les 15 du mois
- Faire tout ça sans payer 15-30 % de frais comme sur les passerelles actuelles
C’est précisément sur ce créneau que se positionne un projet qui fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines : Remittix.
Remittix : le projet PayFi qui dérange
Remittix est un protocole construit sur Ethereum qui se présente comme une infrastructure complète de paiement crypto → fiat et fiat → crypto avec plusieurs spécificités qui font aujourd’hui débat.
Parmi les éléments qui reviennent le plus souvent dans les analyses :
- Wallet mobile déjà disponible sur iOS (Android en cours de validation)
- Partenariat annoncé avec des processeurs fiat dans plus de 30 pays
- Audit de sécurité complet par CertiK avec la note la plus élevée pour un token en phase pré-lancement
- Levée privée déjà terminée à plus de 28,8 M$
- Lancement complet de la plateforme prévu pour le 9 février 2026
Mais ce qui intrigue le plus, c’est la promesse centrale : pouvoir envoyer n’importe quel token (ETH, SOL, stablecoins, meme coins majeurs…) directement sur un compte bancaire classique, sans KYC systématique pour des petits montants, et avec des frais annoncés comme étant inférieurs à 1 % dans la plupart des corridors.
« On ne construit plus une nouvelle autoroute en espérant que les voitures viendront. On construit le pont qui relie directement l’autoroute existante au parking du supermarché. »
Membre de l’équipe Remittix – janvier 2026
Évidemment, ce type d’annonces suscite à la fois enthousiasme et très grand scepticisme. Beaucoup de projets ont déjà promis la lune en matière de pont crypto-fiat… pour finalement disparaître ou proposer des frais prohibitifs.
Pourquoi le PayFi pourrait manger le gâteau de XRP et XLM
Historiquement, XRP et XLM se vendaient sur la promesse qu’un jour les banques et les institutions utiliseraient leur réseau pour les paiements transfrontaliers. Cette thèse a permis à Ripple de lever des centaines de millions et à Stellar de construire un écosystème impressionnant.
Mais en 2026, la patience s’essouffle. Les investisseurs veulent voir des flux réels, des utilisateurs finaux qui utilisent le produit quotidiennement, pas des PoC avec des banques qui restent dans les tiroirs.
Le narratif PayFi inverse complètement la proposition de valeur :
- Plus besoin d’attendre l’adoption institutionnelle
- On commence directement par l’utilisateur final
- On utilise les réseaux existants (Ethereum, Solana, etc.) au lieu de forcer l’adoption d’un nouveau ledger
- On se concentre sur l’expérience utilisateur plutôt que sur la technologie pure
Cette inversion stratégique pourrait bien être la raison pour laquelle les capitaux commencent à regarder ailleurs, même quand XRP et XLM montrent de beaux signaux techniques.
Les risques et points de vigilance autour du narratif PayFi
Comme tout nouveau narratif qui monte vite, le PayFi attire aussi les escroqueries et les projets mal ficelés. Plusieurs éléments doivent être surveillés de très près :
- La réalité des partenariats bancaires (les noms sont-ils vraiment signés ?)
- Le modèle économique du token (quelle utilité réelle au-delà du governance ?)
- La scalabilité à très gros volume (comment ça tient quand 10 000 personnes envoient en même temps ?)
- Les pressions réglementaires (comment gérer l’équivalent de Western Union sans licence partout ?)
- La concurrence (Swift GPI, Visa B2B Connect, stablecoins + Layer 2, etc.)
Il serait donc extrêmement prématuré de déclarer que « c’est fini pour XRP et XLM ». Beaucoup plus juste de dire que le marché est en train de demander aux projets historiques de prouver qu’ils peuvent encore être pertinents dans un monde où l’expérience utilisateur finale devient la priorité absolue.
Conclusion – Vers une sélection naturelle des projets paiement
Le début d’année 2026 ressemble furieusement à un examen de passage pour tous les projets qui se sont vendus pendant des années comme « les futurs rails du système financier mondial ».
Les performances techniques de court terme de XRP et XLM montrent qu’il reste encore de la force acheteuse et de l’espoir. Mais le vrai combat ne se joue plus sur les graphiques. Il se joue sur la question la plus simple et la plus dure du monde crypto :
« Aujourd’hui, est-ce que je peux payer ma facture d’électricité avec du crypto en moins de deux minutes et pour moins d’un euro de frais ? »
Question qui revient de plus en plus souvent sur les forums
Tant que la réponse sera majoritairement « pas encore », les projets capables de répondre maintenant à cette question, même partiellement, ont de grandes chances de capter l’attention… et les capitaux.
Le match ne fait que commencer. Et contrairement aux apparences, ce ne sont pas forcément les plus gros qui vont gagner cette manche.
À suivre de très près dans les prochaines semaines.
(Article d’analyse – janvier 2026 – Aucun conseil en investissement)
