Il y a des départs que l’on sent venir depuis des années et qui, lorsqu’ils deviennent officiels, donnent tout de même l’impression d’un basculement. Le 18 septembre 2026, Berkshire Hathaway a confirmé ce que beaucoup considéraient comme inévitable: Warren Buffett n’est plus président du conseil d’administration. À 96 ans, après six décennies à façonner l’une des plus grandes machines financières de l’histoire américaine, l’oracle d’Omaha devient président d’honneur, reste administrateur, et laisse le fauteuil à son fils Howard G. Buffett. Greg Abel, déjà promu directeur général en janvier, conserve le pouvoir opérationnel. Pour le monde de la finance traditionnelle, c’est la fin d’un règne. Pour celui de la crypto, c’est autre chose: la voix la plus constante, la plus sarcastique et la plus écoutée contre le Bitcoin vient de quitter le micro principal.

Une succession préparée, un symbole qui dépasse Omaha

Rien dans le communiqué n’a l’allure d’un coup de théâtre. Le groupe présente le changement comme la suite logique d’un plan annoncé de longue date. Susan Decker demeure administratrice indépendante principale. Howard Buffett, membre du conseil depuis 1993, n’arrive pas en terre inconnue. Il préside depuis 1999 la fondation familiale consacrée à la sécurité alimentaire et a siégé dans des conseils aussi institutionnels que ceux de Coca-Cola ou d’Archer Daniels Midland. Son rôle, selon les mots mêmes de son père, n’est pas de remplacer le génie de l’allocation de capital. Il est de garder la culture.

Greg Abel a salué un impact « sans équivalent dans l’histoire de l’entreprise américaine ». Warren Buffett, fidèle à son style, a condensé la mécanique en une phrase de lettre aux actionnaires: Greg dirige l’entreprise. Howard en gardera la culture et les valeurs, qui valent plus que tout ce qui figure au bilan. Cette distinction n’est pas cosmétique. Chez Berkshire, la culture a toujours été un actif aussi réel que les participations dans Apple, Coca-Cola ou les compagnies d’assurance. Elle explique pourquoi des générations d’actionnaires ont accepté de laisser un homme de plus en plus âgé concentrer un pouvoir immense sans exigence de dividendes spectaculaires ni mode de management à la Silicon Valley.

Je suis au service de Berkshire depuis 1965. Plus de soixante ans après, j’ai toujours le meilleur métier du monde.

Warren Buffett

Le temps, a-t-il ajouté avec l’humour qui a fait sa réputation, finit toujours par gagner. Il a cependant été généreux avec moi. Sur Abel, promu CEO en janvier, le jugement est sans détour: les attentes étaient déjà très élevées au départ. Il les a dépassées. Voilà le protocole. Le reste, celui qui intéresse réellement une rédaction crypto, commence là où le communiqué s’arrête.

Ce que change vraiment le titre de président d’honneur

Président d’honneur n’est pas une formule vide. Buffett reste administrateur. Il conserve une voix, une légitimité morale et, surtout, une capacité d’influence informelle que aucun organigramme ne mesure. Mais il n’occupe plus le siège qui, depuis 1965, incarnait l’autorité ultime sur la stratégie, le ton public et la doctrine d’investissement. Cette doctrine a longtemps reposé sur quelques idées simples: acheter des entreprises compréhensibles, détenir longtemps, éviter ce que l’on ne comprend pas, accumuler du cash plutôt que de céder à la mode.

Le Bitcoin n’est jamais entré dans cette grille. Pas comme actif de réserve. Pas comme technologie à étudier avec bienveillance. Pas même comme curiosité intellectuelle digne d’un paragraphe nuancé dans une lettre annuelle. Pendant plus de dix ans, Buffett a choisi le sarcasme. Et le sarcasme, répété assez longtemps depuis une tribune aussi puissante, finit par peser sur la perception d’un actif par des millions d’investisseurs institutionnels prudents.

Ce que le communiqué du 18 septembre 2026 fixe clairement

  • Warren Buffett devient président d’honneur et reste administrateur.
  • Howard G. Buffett prend la présidence du conseil.
  • Greg Abel conserve la direction opérationnelle en tant que CEO.
  • Susan Decker reste administratrice indépendante principale.
  • Aucune mention d’un changement de doctrine sur les actifs numériques.

Le florilège anti-Bitcoin, pièce après pièce

On ne peut pas raconter ce départ sans rappeler la constance du propos. Dès mars 2014, sur CNBC, la formule est déjà définitive: c’est un mirage. Restez-en éloignés. Quatre ans plus tard, le registre monte d’un cran. C’est sans doute du poison à rats, à la puissance deux. En 2019, le Bitcoin devient une illusion collective qui attire les charlatans. En 2020, les cryptomonnaies n’ont toujours, selon lui, aucune valeur. Puis vient mai 2022 et la phrase qui a fait le tour des assemblées crypto.

Si vous me disiez posséder tout le bitcoin du monde et me le proposiez pour 25 dollars, je ne l’achèterais pas. Ça ne fait rien. Ça reste juste là.

Warren Buffett, assemblée générale de Berkshire, mai 2022

Cette sortie n’était pas un écart. Elle résumait une vision de la valeur: un actif doit produire, servir, générer un flux, ou au minimum s’inscrire dans un usage économique que l’on peut modéliser. Un réseau monétaire pair-à-pair, limité en offre, sécurisé par de l’énergie et de la cryptographie, n’entrait pas dans ce cadre. Charlie Munger, disparu en 2023, n’était pas plus tendre. Devant les actionnaires du Daily Journal, il avait comparé la crypto à une maladie vénérienne. Ensemble, les deux hommes ont construit un musée verbal du mépris, pièce après pièce, meeting après meeting.

Robert Kiyosaki les traitera, lui et Peter Schiff, de vraiment stupides. D’autres y verront la preuve qu’un génie de l’investissement value peut rester aveugle à un changement de régime monétaire. Peu importe le camp. Ce qui compte pour l’histoire récente, c’est que cette voix n’était pas marginale. Elle parlait depuis le sommet d’un conglomérat dont le simple nom rassure les comités d’investissement. Elle donnait un alibi intellectuel à ceux qui refusaient d’ouvrir un dossier Bitcoin.

Le paradoxe Nu Holdings, ou l’ironie du portefeuille

L’histoire serait trop simple si elle s’arrêtait aux punchlines. Pendant que Buffett démolissait le Bitcoin en conférence, Berkshire Hathaway plaçait de l’argent ailleurs. En 2021, le groupe investit 500 millions de dollars dans le tour de table de Nu Holdings, la société mère de la néobanque brésilienne Nubank. Il remet ensuite 250 millions de dollars au pot. Dernière photographie publique via les dépôts 13F au troisième trimestre 2024: plus de 86 millions d’actions Nu, valorisées autour de 1,2 milliard de dollars. Une ligne passée de 0,1 % à 0,4 % du portefeuille en deux ans.

Et voici le détail qui pique. Nubank propose du trading crypto depuis 2022, bitcoin et ether compris, via sa filiale Nubank Cripto. L’homme qui refusait tout le bitcoin du monde contre 25 dollars a donc fini par détenir, indirectement, une participation dans une entreprise qui en vend. Ce n’est pas acheter du BTC. C’est tout de même financer une rampe d’accès. L’ironie n’a pas besoin d’être forcée. Elle est dans les chiffres et dans le calendrier.

Ce que l’on sait de la ligne Nu Holdings

  • Premier ticket d’environ 500 millions de dollars en 2021.
  • Renfort ultérieur d’environ 250 millions de dollars.
  • Position 13F au T3 2024: plus de 86 millions d’actions.
  • Valorisation alors estimée autour de 1,2 milliard de dollars.
  • Nubank Cripto propose Bitcoin et Ether depuis 2022.

Cette participation ne transforme pas Berkshire en fonds crypto. Elle montre simplement que le groupe n’a jamais été allergique à toute entreprise touchant, de près ou de loin, aux actifs numériques, dès lors que le modèle sous-jacent ressemblait à une banque de croissance, avec des comptes, des crédits, une base d’utilisateurs et une géographie émergente. Nu Holdings, c’est d’abord l’inclusion financière au Brésil et en Amérique latine. Le trading crypto n’est qu’une fonction parmi d’autres. Mais dans le récit public de Buffett, cette nuance a rarement eu droit de cité.

Pourquoi le Bitcoin n’entrait pas dans l’équation value

Pour comprendre l’hostilité, il faut revenir à la méthode. Buffett achète des flux. Il veut pouvoir estimer, même imparfaitement, ce qu’une entreprise gagnera dans dix ans. Il veut un fossé concurrentiel, un management aligné, un prix d’entrée qui offre une marge de sécurité. Le Bitcoin ne produit pas de coupon. Il ne verse pas de dividende. Il ne fabrique pas de soda. Il ne souscrit pas de police d’assurance. Il existe. Il se déplace. Il se stocke. Il se sécurise. Pour un value investor formé dans les années 1950 et 1960, cela ressemble à une commodité spéculative, voire à un jeton de poker.

Cette lecture a une cohérence interne. Elle a aussi un angle mort. Elle sous-estime le rôle d’un actif monétaire rare dans un monde d’expansion permanente des bilans publics. Elle néglige le fait qu’une partie de la demande institutionnelle récente ne cherche pas un rendement d’exploitation, mais une option contre la dépréciation monétaire, la saisie, ou la fragmentation géopolitique. Elle ignore que des États, des trésoreries d’entreprise et des ETF ont commencé à traiter le Bitcoin comme une réserve, pas comme un ticket de loterie.

Buffett n’avait pas à aimer cet argument. Il avait le droit de le juger faible. Ce qui frappe, avec le recul, c’est moins l’erreur possible que l’absence de curiosité publique. Sur d’autres sujets, l’oracle savait évoluer. Il a fini par acheter massivement Apple, une valeur technologique qu’il avait longtemps regardée de loin. Il a su reconnaître que le monde changeait plus vite que certaines de ses habitudes. Sur le Bitcoin, le ton est resté celui de 2014.

Greg Abel n’a jamais repris les punchlines

C’est peut-être le point le plus intéressant du 18 septembre. Greg Abel, désormais seul aux commandes opérationnelles, n’a jamais répété en public la moindre formule anti-Bitcoin de son prédécesseur. Cela ne signifie pas qu’il s’apprête à ouvrir une ligne BTC au bilan. Cela signifie que la doctrine n’a plus de porte-parole naturel. Dans une entreprise aussi verticale, le silence d’un CEO peut valoir autant qu’un discours.

Abel est un opérateur. Son histoire chez Berkshire est celle de l’énergie, des infrastructures, de l’exécution. Il n’a pas construit sa légitimité sur les aphorismes télévisés. Il n’a pas besoin de nourrir une légende d’oracle. Cette différence de tempérament compte. Un conglomérat dirigé par un exécutant peut, un jour, examiner un dossier que l’oracle avait refermé d’une boutade. Il peut aussi ne rien changer du tout. L’incertitude, pour le marché crypto, est déjà une nouveauté.

Des estimations de marché ont calculé que Berkshire aurait laissé filer près de 850 millions de dollars de gains potentiels en restant à l’écart du Bitcoin pendant certaines phases. Ces chiffres sont discutables. Ils dépendent des dates d’entrée hypothétiques, des tailles de position et du coût d’opportunité du cash. Ils servent surtout de contrepoint rhétorique: pendant que Buffett préservait sa liquidité, d’autres institutions entraient par la fenêtre des ETF, des trésoreries d’entreprise ou des produits réglementés.

Howard Buffett, gardien de culture plus que stratège crypto

Attendre d’Howard Buffett qu’il convertisse Berkshire à Bitcoin serait naïf. Son mandat annoncé est culturel. Il doit veiller à ce que l’entreprise reste elle-même: décentralisée dans l’opérationnel, centralisée dans l’allocation, avare en jargon, riche en cash, fidèle à un actionnariat de long terme. La fondation qu’il préside travaille sur la sécurité alimentaire, pas sur les protocoles de consensus. Ses sièges passés chez Coca-Cola et Archer Daniels Midland parlent d’une familiarité avec l’économie réelle, les matières premières, les marques et les chaînes d’approvisionnement.

Pourtant, même un gardien de culture peut laisser une porte entrebâillée. La culture Berkshire n’interdit pas l’adaptation. Elle interdit la mode. Si, dans cinq ans, détenir une exposition régulée au Bitcoin devenait, pour certaines filiales ou certains partenaires, un outil banal de trésorerie plutôt qu’un manifeste idéologique, le conseil n’aurait plus en face de lui l’homme qui comparait l’actif à du poison. Il aurait un président chargé de préserver l’âme du groupe et un CEO chargé de faire fructifier le capital. La conversation changerait de nature.

Ce que soixante ans à Omaha ont réellement construit

Pour mesurer le poids du départ, il faut rappeler l’échelle. Buffett a pris le contrôle de Berkshire Hathaway en 1965, alors qu’il s’agissait encore d’un fabricant de textiles en déclin. Il a transformé cette coquille en holding d’assurance, puis en conglomérat d’entreprises et de participations. Le modèle float, cet argent des assurés que l’on investit en attendant les sinistres, a financé des décennies d’acquisitions. Les lettres aux actionnaires sont devenues un genre littéraire. L’assemblée annuelle d’Omaha, un pèlerinage.

Cette construction n’est pas seulement financière. Elle est pédagogique. Des générations d’épargnants ont appris, à travers Buffett, que la patience bat le bruit, que le prix n’est pas la valeur, que le cash n’est pas une honte, que les intermédiaires trop gourmands détruisent la performance. Ces leçons restent valables. Elles ne disent rien, par elles-mêmes, de la légitimité d’un réseau monétaire mondial. Confondre les deux a été l’une des ruses du débat public: prendre une méthode d’investissement pour une théorie complète de la monnaie.

Le monde de 2026 n’est plus celui de 1965, ni même celui de 2014. Les banques centrales ont expérimenté des politiques que Buffett lui-même a parfois critiquées. Les déficits se sont installés. Les paiements numériques se sont banalisés. Des États ont inscrit le Bitcoin dans leur droit ou leur trésorerie. Des régulateurs ont ouvert des cadres pour des ETF au comptant. Rien de tout cela n’oblige Berkshire à acheter. Tout cela rend plus visible le décalage entre une rhétorique figée et un paysage institutionnel en mouvement.

Le cash Berkshire face à l’offre limitée du Bitcoin

Le paradoxe le plus fécond n’est pas Nubank. C’est le cash. Berkshire a souvent été célébré pour son matelas de liquidités, instrument de flexibilité et de sécurité. Ce cash, libellé en dollars, est précisément ce que les défenseurs du Bitcoin décrivent comme un actif qui se dilue. Buffett répondrait que le dollar, même imparfait, s’appuie sur la fiscalité, l’armée et les institutions américaines, tandis que le Bitcoin ne produit rien. Les maximalistes répondraient que « ne rien produire » est le propre d’une monnaie, pas d’une usine.

Ce dialogue de sourds a duré une décennie. Il durera encore. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’identité de celui qui parle au nom de Berkshire. Le cash reste. La critique personnelle s’estompe. Les actionnaires, eux, jugeront Abel à sa capacité de déployer ce cash mieux que son prédécesseur dans un univers de valorisations élevées, de taux instables et d’innovations financières que Omaha a longtemps regardées de haut.

Une page se tourne, la doctrine officielle ne bouge pas

Sur le fond, rien ne change officiellement. Aucun bitcoin au bilan. Aucune phrase du communiqué du 18 septembre n’ouvre la moindre piste. Il serait malhonnête de transformer un changement de titre en conversion idéologique. Berkshire n’est pas MicroStrategy. Abel n’est pas un évangéliste. Howard n’est pas un mineur. Buffett n’a pas abjuré.

Mais les doctrines d’entreprise vivent aussi de leurs incarnations. Tant que Buffett tenait le micro, chaque interview relançait le même disque. Les journalistes posaient la question. Il envoyait la formule. Le marché crypto se fâchait. Le marché traditionnel souriait. Cette mécanique médiatique s’interrompt. Le nouveau roi n’a encore rien dit sur Bitcoin. Dans l’univers de l’interprétation financière, le silence est déjà une donnée.

Greg dirige l’entreprise. Howard en gardera la culture et les valeurs, qui valent plus que tout ce qui figure à notre bilan.

Warren Buffett, lettre aux actionnaires

Ce que les investisseurs crypto devraient réellement retenir

Pas de triomphalisme. Un départ de président du conseil n’ajoute pas un satoshi au halving. Il ne change pas la politique monétaire. Il ne garantit pas qu’un conglomérat américain ouvrira demain une poche d’actifs numériques. La leçon est plus modeste et plus utile. Les grandes institutions évoluent par les hommes qui les incarnent, puis par les incentives qui survivent à ces hommes. Buffett a figé une parole. Abel peut, s’il le souhaite, la laisser vieillir sans la répéter.

La participation dans Nu Holdings rappelle aussi qu’il faut distinguer l’exposition directe et l’exposition par l’économie réelle. Beaucoup d’entreprises que les value investors aiment déjà touchent la crypto par les paiements, la garde, le courtage, la banque de détail ou les infrastructures. Refuser le Bitcoin tout en finançant ceux qui le distribuent n’est pas une contradiction morale. C’est une contradiction narrative. Les marchés, à la longue, se moquent des narrations. Ils regardent les cash-flows.

  • Le pouvoir opérationnel est déjà entre les mains de Greg Abel depuis janvier.
  • Le pouvoir culturel passe à Howard Buffett, administrateur depuis 1993.
  • Le pouvoir symbolique de Warren Buffett demeure, mais hors du fauteuil principal.
  • L’exposition crypto de Berkshire reste indirecte, via des entreprises comme Nu Holdings.
  • La doctrine publique anti-Bitcoin n’a plus son interprète historique.

Omaha, les actionnaires et la fin d’un style oratoire

Ceux qui ont assisté aux assemblées générales de Berkshire savent que le spectacle comptait autant que les comptes. Buffett et Munger répondaient des heures durant, mélangeant bon sens, anecdotes et sentences définitives. Le Bitcoin y avait sa séquence presque rituelle, comme le sucre dans Coca-Cola ou la patience dans les actions. Cette liturgie va se transformer. Abel peut être excellent. Il ne sera pas ce duo. Le public crypto perd un adversaire célèbre. Le public financier perd un conteur.

Il reste les lettres. Il reste le bilan. Il reste une entreprise trop vaste pour basculer sur un tweet. Berkshire continuera d’acheter des affaires qu’elle croit comprendre, d’accumuler du cash quand les prix lui déplaisent, de décevoir ceux qui veulent de l’agitation. Dans cet univers, le Bitcoin devra, s’il veut un jour y entrer, cesser d’être un sujet de punchline pour devenir un dossier. C’est précisément ce que Buffett n’a jamais accepté d’en faire.

Le roi est mort, vive le silence

Le communiqué du 18 septembre 2026 referme soixante ans de présidence. Il n’ouvre officiellement aucune ère crypto. Pourtant, pour quiconque a suivi le dossier depuis 2014, quelque chose d’important s’est produit: la critique la plus célèbre du Bitcoin n’occupe plus le siège d’où elle était prononcée. Howard préside. Greg dirige. Warren observe. Nubank, elle, continue de proposer du bitcoin et de l’ether à des millions de clients. L’histoire n’a pas besoin d’être plus retorse que cela.

On peut tenir Buffett pour le plus grand allocateur de capital de son siècle et juger qu’il s’est trompé sur un actif. On peut aussi estimer qu’il a eu raison de protéger ses actionnaires d’une volatilité qu’il ne souhaitait pas expliquer. Les deux lectures peuvent coexister. Ce qui ne coexiste plus, c’est l’idée qu’une seule voix, depuis Omaha, dit le dernier mot sur ce que vaut une monnaie numérique. Cette voix a choisi de s’asseoir un rang plus loin. Le marché, comme toujours, continuera sans demander la permission.

À 96 ans, Warren Buffett n’a pas trahi sa méthode. Il a seulement cessé d’en être le président. Pour Bitcoin, cela ne règle rien. Pour le récit institutionnel de la crypto, cela déplace un obstacle psychologique que des années de cours, d’ETF et de trésoreries d’entreprise n’avaient pas réussi à faire taire. Le nouveau président n’a encore rien dit. C’est précisément pour cela que l’annonce du 18 septembre mérite d’être lue jusqu’au bout, au-delà du protocole et des formules de politesse.

Partager

Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

Laisser une réponse

Exit mobile version