Imaginez un instant : nous sommes en 2028, l’économie américaine tourne à plein régime, les prix à la pompe restent étonnamment stables et Bitcoin dépasse allègrement les 200 000 dollars. Utopie ? Pas selon Arthur Hayes, l’ancien patron de BitMEX qui continue de livrer des analyses aussi provocantes que visionnaires. Pour lui, le futur du Bitcoin ne dépendra pas tant des halvings ou des ETF que d’une équation politique très terre-à-terre : Donald Trump (ou son camp) aura besoin d’imprimer massivement… tout en gardant l’essence abordable.
Cette thèse, développée dans un récent billet de blog, fait actuellement beaucoup parler dans les cercles crypto. Elle repose sur un postulat simple mais puissant : les électeurs américains pardonnent beaucoup de choses à leurs dirigeants… sauf une hausse brutale du prix de l’essence juste avant un scrutin majeur. Et pour éviter ce scénario catastrophe en 2026 (midterms) et surtout en 2028 (présidentielle), la Maison Blanche n’aura d’autre choix que de maintenir une politique ultra-accommodante. Décryptage complet.
La « règle des 10 % » qui pourrait tout changer pour Bitcoin
Arthur Hayes ne sort pas cette idée de nulle part. Il s’appuie sur une observation statistique qu’il nomme la règle des 10 %. Concrètement : lorsque le prix moyen national de l’essence aux États-Unis augmente de plus de 10 % au cours des trois mois précédant une élection (par rapport au niveau de janvier), le parti au pouvoir perd généralement le contrôle d’au moins une branche du Congrès… voire la présidence.
Cette corrélation n’est pas nouvelle, mais Hayes la pousse beaucoup plus loin. Selon lui, elle devient une véritable boussole politique pour l’administration Trump en 2025-2028. Pourquoi ? Parce que le président ne se représente pas en 2028 (limite constitutionnelle), mais son influence dépend entièrement de la capacité de ses alliés à se faire réélire. Si les midterms de 2026 tournent mal à cause d’une flambée des carburants, la machine MAGA risque de s’effriter rapidement.
« Rien n’arrête ce train » : la machine à déficits, à émissions de bons du Trésor et à rachats par la Fed est lancée, et Bitcoin en sera le principal bénéficiaire.
Arthur Hayes
Pour éviter ce scénario, Hayes estime que l’administration devra maintenir l’économie en surchauffe tout en contenant l’inflation énergétique. Une quadrature du cercle qui, paradoxalement, pourrait créer les conditions parfaites pour un bull-run historique du Bitcoin.
Garder l’essence bon marché : mission impossible ?
Maintenir les prix à la pompe sous contrôle n’est pas une mince affaire en 2026. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la transition énergétique et la demande chinoise continuent de peser sur le marché pétrolier. Pourtant Hayes mise sur un scénario plutôt optimiste : les sanctions ou les négociations avec le Venezuela permettraient d’augmenter significativement l’offre mondiale de brut, du moins dans l’imaginaire des marchés.
Même si cette hausse d’offre ne se matérialise pas pleinement, l’important est que les marchés y croient suffisamment longtemps pour empêcher une flambée spéculative des prix du pétrole. Tant que le baril reste dans une fourchette raisonnable, la Fed et le Trésor peuvent continuer à injecter des liquidités sans provoquer une envolée des rendements obligataires.
Signaux à surveiller selon Hayes :
- Rendement du Treasury 10 ans qui dépasse durablement les 5 %
- Indice MOVE (volatilité obligataire) qui explose
- Spread entre obligations indexées et nominales qui se tend fortement
Lorsque ces trois indicateurs s’affolent simultanément, les marchés financiers à effet de levier (y compris crypto) subissent généralement des liquidations massives… ce qui force ensuite Washington à faire machine arrière et à relancer le robinet monétaire.
Le message est clair : tant que l’essence reste abordable, rien n’empêche Trump et son équipe (notamment le très attendu Scott Bessent au Trésor) de maintenir une politique budgétaire et monétaire ultra-laxiste.
Pourquoi Bitcoin adore l’impression monétaire
Contrairement aux actions technologiques ou aux matières premières, Bitcoin présente une caractéristique unique : l’ensemble des mineurs subit exactement la même variation de coût énergétique au même moment. Une hausse généralisée du prix de l’électricité ou du pétrole touche tous les acteurs simultanément, ce qui limite l’impact asymétrique sur l’offre de hashrate.
En d’autres termes : Bitcoin est relativement insensible aux chocs pétroliers ponctuels. Ce qui compte réellement pour son prix, c’est la croissance de la masse monétaire et la dévaluation perçue du dollar. Or ces deux phénomènes sont précisément ceux que l’administration Trump risque de provoquer pour rester populaire.
Hayes rejoint ici des analystes comme Lyn Alden : dans un régime de déficits chroniques financés par la planche à billets, les actifs durs (or, Bitcoin, immobilier tokenisé, etc.) deviennent les grands gagnants. Bitcoin, avec sa politique monétaire figée à 21 millions d’unités, devient alors l’antidote parfait à la dilution monétaire.
La stratégie trading 2026 de Maelstrom
Arthur Hayes ne se contente pas de théoriser. Il explique également comment son fonds Maelstrom positionne ses capitaux pour profiter de ce scénario macro. Sans surprise, l’exposition au Bitcoin reste très élevée, avec très peu de stablecoins en portefeuille.
Mais la vraie nouveauté réside dans la rotation sectorielle qu’il anticipe :
- Accumulation continue de BTC sur repli
- Rotation progressive vers les tokens axés sur la confidentialité (Monero, Zcash, etc.)
- Exposition accrue aux protocoles DeFi les plus résilients
- Intérêt marqué pour les projets qui permettent de tokeniser des actifs réels (RWA)
Pourquoi ce pivot ? Parce que dans un environnement de liquidités abondantes, les investisseurs recherchent non seulement la performance, mais aussi la protection contre une surveillance accrue et une potentielle répression réglementaire. Les tokens privacy deviendraient alors les « or numériques » de seconde génération.
Et si le scénario de base ne se réalisait pas ?
Bien sûr, Hayes reconnaît que son scénario repose sur plusieurs hypothèses fragiles :
- Trump et son entourage restent disciplinés sur le plan fiscal
- Le Congrès accepte de voter des hausses massives du plafond de la dette
- La Fed ne relève pas brutalement ses taux face à une inflation énergétique
- Les prix du pétrole restent contenus grâce à des arrangements géopolitiques
Si l’une de ces conditions venait à échouer, le scénario pourrait rapidement virer au cauchemar obligataire : hausse violente des rendements longs, krach sur les actifs risqués, y compris Bitcoin. C’est précisément pour cette raison que Hayes surveille comme le lait sur le feu les niveaux du Treasury 10 ans et de l’indice MOVE.
Mais à date, il reste résolument optimiste : « La base reste que les prix du pétrole se maintiennent ou baissent, et que Trump + Bessent impriment comme en 2020. »
Leçons pour l’investisseur crypto en 2026
Que retenir concrètement de cette longue réflexion macro-politique ? Plusieurs enseignements majeurs émergent :
- La politique monétaire prime sur tout le reste : halving, adoption institutionnelle, ETF… tout cela reste secondaire face à l’évolution de la masse monétaire M2.
- Surveiller les prix à la pompe : une hausse soutenue de l’essence serait un signal d’alerte majeur pour les marchés risqués.
- Les rendements obligataires sont le juge de paix : tant que le 10 ans reste sous les 5 % et que la volatilité obligataire reste contenue, le train de la liquidité peut continuer.
- Diversification intelligente : Bitcoin reste le core, mais les tokens privacy et DeFi pourraient surperformer dans la phase suivante.
En résumé, Arthur Hayes nous invite à regarder au-delà des graphiques techniques et des métriques on-chain pour comprendre le véritable moteur du prochain bull-run : la politique intérieure américaine et son besoin viscéral de maintenir les électeurs contents… quitte à faire tourner la planche à billets à plein régime.
Et vous, que pensez-vous de cette thèse ? Bitcoin peut-il vraiment compter sur Washington pour atteindre de nouveaux sommets ?
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