Imaginez : nous sommes en janvier 2026, le bitcoin flirte avec les 96 000 dollars, l’euphorie crypto est de retour… et pourtant, au cœur même du pouvoir législatif américain, on appuie soudain sur le frein. Le très attendu projet de loi qui devait enfin apporter un cadre clair au marché des actifs numériques vient d’être reporté, sans nouvelle date annoncée. Que se passe-t-il réellement dans les couloirs du Sénat ?

Un coup d’arrêt inattendu sur la réglementation crypto

Mercredi 15 janvier 2026, le président du Comité bancaire du Sénat, Tim Scott, a officialisé ce que beaucoup redoutaient : le markup (l’étape décisive d’examen et d’amendements en commission) du projet de loi sur la structure du marché des crypto-actifs est reporté. Aucune nouvelle date n’a été communiquée.

Ce report n’est pas anodin. Il intervient seulement deux jours après que le Comité de l’Agriculture du Sénat, dirigé par John Boozman, avait déjà pris la même décision pour des raisons similaires : manque de consensus suffisant pour garantir un vote favorable.

« J’ai discuté avec les leaders de l’industrie crypto, du secteur financier, ainsi qu’avec mes collègues démocrates et républicains. Tout le monde reste autour de la table et travaille de bonne foi. »

Tim Scott – 15 janvier 2026

Cette déclaration, loin d’être anodine, montre que les tractations se poursuivent en coulisses, mais aussi que les lignes bougent encore énormément.

Pourquoi tant d’empressement… puis un tel ralentissement ?

Depuis l’arrivée de la majorité républicaine et l’élection de Donald Trump en 2024, le secteur crypto nourrit un immense espoir : celui de voir enfin émerger une réglementation claire, pro-innovation et surtout bipartisane aux États-Unis.

Deux textes majeurs étaient sur la table :

  • Le CLARITY Act (déjà adopté par la Chambre des représentants mi-2025)
  • Le projet de loi spécifique du Sénat sur la structure du marché des actifs numériques

Pour que le texte avance, il fallait que deux comités sénatoriaux donnent leur feu vert : le Comité bancaire (Tim Scott) ET le Comité de l’Agriculture (John Boozman). Les deux ont donc, coup sur coup, décidé de temporiser.

Les trois raisons principales invoquées (officiellement) :

  • Besoin de plus de temps pour obtenir un soutien suffisamment large
  • Négociations bipartisanes encore en cours
  • Volonté d’intégrer davantage de retours des acteurs de l’industrie et des forces de l’ordre

Le nœud gordien : les rendements sur stablecoins

Mais derrière les déclarations policées, un sujet cristallise toutes les tensions : la question des rendements offerts sur les stablecoins.

Plusieurs dispositions du texte sénatorial envisageraient d’imposer des restrictions beaucoup plus sévères que ce que l’industrie espérait, voire de rendre impossible la proposition de rendements attractifs sur les stablecoins algorithmiques ou adossés à des actifs du Trésor américain.

La réaction ne s’est pas fait attendre.

« Si ces dispositions restent en l’état, nous retirerons notre soutien au projet de loi. »

Position officieuse rapportée de Coinbase – janvier 2026

Coinbase, qui est l’un des lobbyistes les plus actifs et les mieux financés du secteur, a donc clairement fait comprendre qu’il pourrait passer en mode opposition si les restrictions sur les yields stablecoins demeuraient trop lourdes.

Que contient vraiment ce projet de loi tant attendu ?

Le texte vise à clarifier une question fondamentale qui empoisonne le secteur depuis plus de dix ans :

  • Quand un token est-il une security (valeur mobilière) sous juridiction de la SEC ?
  • Quand est-il un commodity (marchandise) sous juridiction de la CFTC ?

Il cherche également à établir :

  • Des règles de déclaration et d’enregistrement pour les émetteurs de stablecoins
  • Des exigences de garde et de ségrégation des fonds clients
  • Un régime de supervision partagé entre SEC et CFTC selon la nature de l’actif
  • Des garde-fous accrus contre le blanchiment et le financement du terrorisme

En résumé : l’objectif affiché est de créer des « règles de la route claires » qui protègent les consommateurs tout en laissant respirer l’innovation.

Contexte : pourquoi 2025-2026 était censé être l’année de la régulation crypto

Pour bien comprendre l’importance de ce report, il faut remonter le fil des événements :

  1. Novembre 2024 : victoire de Donald Trump et vague républicaine
  2. Décembre 2024 – mars 2025 : multiplication des auditions et tables rondes
  3. Mi-2025 : adoption du CLARITY Act à la Chambre
  4. Été-automne 2025 : négociations intenses au Sénat
  5. Janvier 2026 : double report surprise

Le contraste est saisissant entre l’enthousiasme de l’été 2025 et la prudence glaciale observée en ce début d’année 2026.

Les différents scénarios possibles à court et moyen terme

Plusieurs chemins se dessinent désormais :

  • Scénario optimiste : reprise rapide des négociations, markup dans les 4 à 8 prochaines semaines, vote en commission avant fin mars 2026
  • Scénario médian : négociations longues, markup repoussé au deuxième trimestre, adoption possible avant l’été
  • Scénario pessimiste : blocage persistant sur les stablecoins → échec du texte actuel, retour à la case départ ou texte beaucoup plus dilué
  • Scénario catastrophe : montée des tensions partisanes + retrait des soutiens industriels majeurs → enterrement pur et simple du projet pour cette législature

Aujourd’hui, le scénario médian semble le plus probable, mais la marge d’erreur reste très importante.

Impact immédiat sur le marché crypto

À court terme, le report a provoqué une légère prise de bénéfices sur les altcoins les plus sensibles à la réglementation (tokens de gouvernance, tokens de stablecoins, etc.).

Cependant, le bitcoin et l’ethereum restent étonnamment résilients, comme si le marché avait déjà intégré une certaine dose de prudence réglementaire.

Réactions rapides observées le 16 janvier 2026 :

  • BTC : -0,9 % (toujours autour de 95 700 $)
  • ETH : -0,6 %
  • SOL, XRP, ADA : entre -1 % et -2,5 %
  • Tokens liés aux stablecoins (ex : MKR, FRAX, USDe) : -3 à -7 %

Et maintenant ? Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

Plusieurs signaux seront déterminants :

  • Les déclarations publiques de Tim Scott et John Boozman
  • La position officielle (et évolutive) de Coinbase
  • L’attitude des plus gros acteurs du stablecoin (Circle, Tether, Paxos, etc.)
  • L’intensité des campagnes de lobbying (dans les deux sens)
  • Éventuelles fuites de drafts amendés du texte

Chaque mot prononcé, chaque tweet publié, chaque rencontre privée pourrait désormais faire pencher la balance.

Le paradoxe américain de la régulation crypto en 2026

Nous assistons à un moment très particulier : jamais le secteur n’a été aussi proche d’obtenir un cadre législatif favorable… et jamais les derniers obstacles n’ont paru aussi durs à franchir.

La question des rendements sur stablecoins est devenue le symbole de cette tension entre :

  • La volonté de protéger les consommateurs et d’éviter une nouvelle crise type Terra/Luna
  • Le désir de ne pas tuer dans l’œuf une industrie qui génère des milliards de revenus et des dizaines de milliers d’emplois aux États-Unis

Trouver l’équilibre parfait entre ces deux impératifs est l’équation que Tim Scott, John Boozman, et tous les acteurs impliqués tentent désespérément de résoudre en ce début d’année 2026.

Une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs. Et le monde entier regarde.

(Article en cours d’écriture – environ 5200 mots visés après développement complet des sections techniques, historiques, impacts économiques détaillés, interviews fictives d’experts, comparaisons internationales, etc.)

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