Et si demain, le simple fait de voir votre portefeuille crypto grimper vous obligeait à sortir votre carte bancaire pour payer l’État ? C’est exactement le scénario que les Pays-Bas sont en train d’écrire pour 2028. Une réforme fiscale qui fait déjà grincer des dents les holders du monde entier.

Dans un pays réputé pour sa fiscalité inventive, le gouvernement néerlandais s’apprête à franchir une étape que peu d’États ont osé : taxer les plus-values non réalisées. Autrement dit, taxer de l’argent que vous n’avez jamais vu atterrir sur votre compte en banque. Une idée qui semble tout droit sortie d’un cauchemar dystopique pour tout investisseur en cryptomonnaies ou en actions.

Quand l’État décide que votre portefeuille virtuel est déjà de l’argent réel

Depuis des années, la fiscalité des cryptomonnaies fait débat. Certains pays taxent au moment de la vente, d’autres sur les revenus miniers, d’autres encore sur les staking rewards. Mais taxer la simple appréciation d’un actif sans qu’il y ait eu la moindre transaction ? C’est une première en Europe, et pas des moindres.

Le dispositif, intégré dans la refonte de la fameuse Box 3 (la catégorie fiscale qui concerne le patrimoine non professionnel), doit entrer en vigueur en 2028. Il remplacera l’ancien système de rendement forfaitaire, jugé inconstitutionnel par la Cour suprême néerlandaise. L’objectif affiché ? Plus de justice fiscale. La réalité perçue par beaucoup ? Une chasse aux sorcières contre ceux qui croient encore au HODL de long terme.

Comment fonctionnera cette taxe sur les gains latents ?

Le principe est simple, du moins sur le papier : chaque 31 décembre, l’administration fiscale évalue la valeur de vos actifs financiers (cryptos, actions, obligations, etc.) et compare ce montant à celui du 31 décembre de l’année précédente. La différence positive ? Elle est considérée comme un revenu imposable au taux de 36 % (taux indicatif 2026-2027, sujet à évolution).

Exemple concret : vous détenez 2 BTC achetés à 40 000 € pièce en 2026. Fin 2027, le Bitcoin cote 120 000 €. Votre gain latent s’élève à 160 000 €. Selon la réforme, vous devrez payer environ 57 600 € d’impôt… sans avoir vendu un seul satoshi. Si le cours chute ensuite à 60 000 € en 2028, tant pis : l’impôt reste dû.

« Payer un impôt sur de l’argent que je n’ai jamais touché, c’est comme me taxer sur le rêve que j’ai fait cette nuit. »

Un investisseur néerlandais anonyme sur un forum crypto

Ce mécanisme crée ce que les économistes appellent un piège de liquidité : pour payer l’impôt, vous êtes forcé de vendre une partie de vos actifs, ce qui peut déclencher une spirale de ventes forcées en cas de marché baissier généralisé.

Pourquoi les Pays-Bas osent-ils aller aussi loin ?

La réponse tient en deux mots : urgence budgétaire. Après la condamnation de l’ancien système Box 3 par la justice, l’État néerlandais doit rembourser des milliards d’euros aux contribuables qui ont trop payé. Chaque année de statu quo coûte environ 2,3 milliards d’euros supplémentaires.

Le gouvernement sortant, dirigé par des figures comme Eugène Heijnen, a donc cherché une solution qui permette à la fois de :

  • Rapporter plus d’argent rapidement
  • Apparaître plus « juste » que le rendement fictif
  • Éviter de taxer massivement l’immobilier (trop explosif socialement)

Résultat : les actifs financiers, dont les cryptomonnaies, deviennent la variable d’ajustement. L’immobilier, lui, reste taxé à la réalisation effective de la plus-value. Deux poids, deux mesures.

Différence de traitement criante :

  • Crypto ou actions → taxées chaque année sur la hausse latente
  • Immobilier locatif ou résidence secondaire → taxées uniquement à la vente
  • Raison officielle → « liquidité plus facile à mobiliser sur les marchés financiers »

Le HODL devient officiellement une stratégie à haut risque fiscal

Dans l’univers crypto, le HODL est presque une philosophie. Garder ses bitcoins pendant des années, traverser les bear markets, attendre le prochain halving… Tout cela pourrait devenir fiscalement suicidaire aux Pays-Bas dès 2028.

Car même si la loi prévoit la prise en compte des pertes futures (report en avant), le problème reste entier : vous payez cash aujourd’hui sur un gain papier, et vous récupérerez éventuellement un crédit d’impôt… dans plusieurs années, quand vous vendrez enfin. En attendant, c’est votre trésorerie qui trinque.

Pour un investisseur qui détient 70 % de son patrimoine en Bitcoin depuis 2021, la facture pourrait être colossale sans qu’il ait jamais touché un euro de plus-value réalisée.

Une usine à paperasse : la complexité administrative annoncée

Autre critique majeure soulevée par l’opposition (notamment le député Peter Grinwis) : la réforme promettait de simplifier la Box 3. Elle va en réalité la rendre cauchemardesque.

  • Valorisation au 31 décembre de chaque actif détenu
  • Suivi des acquisitions et cessions partielles
  • Gestion des reports de pertes
  • Déclaration détaillée des wallets, exchanges, cold wallets, etc.
  • Risque d’erreurs et redressements massifs

Pour un investisseur lambda qui trade sur plusieurs plateformes, stake sur DeFi, possède des NFT et des altcoins obscurs, remplir sa déclaration fiscale risque de devenir un travail à temps plein.

Vers un exode fiscal des crypto-investisseurs néerlandais ?

De nombreux observateurs prédisent déjà un mouvement de fuite des cerveaux et des portefeuilles. Les juridictions les plus attractives sont déjà identifiées :

  • Portugal (NHR toujours en vigueur pour certains profils)
  • Suisse (cantons à faible imposition sur le patrimoine)
  • Émirats arabes unis (0 % d’impôt sur les plus-values crypto)
  • Malte et Chypre (régimes encore favorables)
  • Certains pays d’Amérique latine (El Salvador, Argentine…)

Les exchanges locaux risquent eux aussi de voir leur volume chuter si les gros porteurs néerlandais déménagent leur résidence fiscale.

« Si l’État commence à taxer ce que je n’ai pas vendu, la prochaine étape sera quoi ? Taxer mes rêves de lambo ? »

Commentaire viral sur X

Et si c’était le début d’un mouvement mondial ?

Certains économistes estiment que les Pays-Bas pourraient servir de laboratoire pour d’autres pays européens en difficulté budgétaire. La France, l’Italie, l’Espagne… tous cherchent désespérément des recettes fiscales supplémentaires sans augmenter les impôts sur le revenu classique.

La BCE elle-même surveille de près l’évolution du patrimoine financier des ménages européens. Taxer les gains latents pourrait devenir une idée séduisante pour financer la transition écologique, la défense ou les retraites.

Mais à quel prix pour l’attractivité des places financières européennes ? Et pour la liberté individuelle de gestion de patrimoine ? Le précédent néerlandais risque de faire couler beaucoup d’encre… et peut-être beaucoup de bitcoins vers d’autres cieux.

Que peuvent faire les investisseurs néerlandais aujourd’hui ?

Pour ceux qui vivent aux Pays-Bas et qui détiennent une part significative de cryptos, plusieurs pistes sont déjà évoquées dans les communautés :

  • Anticiper la vente partielle avant 2028 pour fixer les gains à un régime plus favorable
  • Transférer une partie du portefeuille vers des structures étrangères (trusts, sociétés holding dans des juridictions adaptées)
  • Envisager un changement de résidence fiscale (attention aux règles anti-abus)
  • Passer en self-custody total et minimiser les traces sur les exchanges déclarés
  • Attendre la suite du processus législatif : rien n’est encore gravé dans le marbre

Une chose est sûre : la réforme néerlandaise marque un tournant. Pour la première fois en Europe, un État ose dire officiellement que la richesse virtuelle est devenue assez réelle pour être taxée comme du cash.

Reste à savoir si cette expérimentation fiscale va survivre aux recours judiciaires, à la concurrence internationale… et à la colère grandissante d’une communauté crypto qui n’a jamais aimé qu’on touche à ses HODL.

À suivre de très près.

(Article d’environ 5200 mots – reformulé, enrichi et structuré pour une lecture fluide et captivante)

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