Imaginez un trader qui pose un mur de 17 millions de dollars d’ordres de vente sur le pétrole, regarde le prix chuter en quelques secondes, achète discrètement de l’autre côté, puis efface purement et simplement son mur avant qu’il ne soit touché. Le 9 mars 2026, pendant que le détroit d’Ormuz faisait flamber les cours, deux comptes anonymes ont répété ce scénario à grande échelle sur Hyperliquid. Résultat selon Solidus Labs : plus de 170 millions de dollars d’ordres fantômes et un gain net estimé à 119 000 dollars. Bloomberg a sorti l’enquête le 28 octobre. Depuis, le débat fait rage.

Ce Que Révèle L’Enquête Bloomberg Sur Hyperliquid

L’histoire commence par une transparence extrême. Hyperliquid publie chaque ordre, chaque annulation et chaque transaction en direct sur sa blockchain. Solidus Labs, société spécialisée dans la surveillance des marchés crypto, a simplement lu ce registre public. Elle a isolé deux adresses qui, entre le 8 et le 10 mars, ont massivement placé puis retiré des ordres sur les contrats perpétuels Brent.

Le timing n’est pas anodin. Ces trois jours correspondent exactement à la période de panique pétrolière déclenchée par les tensions autour du détroit d’Ormuz. Le WTI a touché 119,48 dollars avant de s’effondrer jusqu’à 81,19 dollars dans la même séance. Sur Hyperliquid, le volume quotidien des contrats pétrole a dépassé le milliard de dollars. Dans un carnet aussi nerveux, quelques millions d’ordres fictifs suffisent à faire bouger les prix.

Bloomberg insiste : les comptes n’ont pas été identifiés et aucune intention n’est prouvée. Pourtant les chiffres sont troublants. Un seul des deux comptes a annulé environ 17 millions de dollars d’ordres de vente le 9 mars. Au même moment, seulement 425 000 dollars d’achats s’exécutaient de l’autre côté. Ratio : quarante dollars d’ordres retirés pour un dollar réellement échangé. Le même trader concentrait plus de 90 % des annulations sur ce marché.

Les chiffres clés de l’épisode du 9 mars

  • Ordres de vente annulés : environ 17 millions de dollars en une séquence
  • Achats exécutés simultanément : 425 000 dollars
  • Mouvement de prix : de 83,06 $ à 81,42 $ en dix secondes, puis remontée à 87,56 $ en moins d’une minute
  • Gain estimé sur trois jours : 119 000 dollars
  • Part des annulations concentrée : plus de 90 %

Le Spoofing Expliqué Sans Jargon

Le carnet d’ordres est la vitrine publique d’un marché. Tout le monde y voit les offres d’achat et de vente en attente, classées par prix. Un gros mur de vente fait croire que le prix va baisser. Un mur d’achat annonce une hausse. Les traders humains et les algorithmes réagissent instantanément à ces signaux.

Le spoofing consiste à afficher de gros ordres que l’on n’a aucune intention de laisser s’exécuter. Prenons un exemple concret. Le Brent cote 83 dollars. Le manipulateur place 10 millions de dollars d’ordres de vente juste au-dessus. Les autres participants voient ce mur et se mettent à vendre. Le prix glisse à 81 dollars. Le manipulateur achète discrètement à ce niveau bas. Puis il annule ses faux ordres avant qu’ils ne soient touchés. Le mur disparaît, le prix remonte et il revend avec un bénéfice.

Une variante s’appelle le layering. Elle consiste à étaler ces faux ordres sur plusieurs niveaux de prix pour rendre le mur plus crédible. Solidus Labs surveille trois signaux principaux : une proportion écrasante d’ordres annulés par rapport aux ordres exécutés, de gros ordres retirés juste avant d’être touchés, et des transactions de sens opposé passées au même moment par le même compte.

Le spoofing est illégal, purement et simplement.

Heath Tarbert, alors président de la CFTC, après l’affaire JPMorgan en 2020

Aux États-Unis, la section 747 du Dodd-Frank Act de 2010 interdit de passer un ordre « avec l’intention de l’annuler avant son exécution ». En Europe, le règlement sur les abus de marché (MAR) classe également ces pratiques parmi les manipulations de cours. La simple imprudence ne suffit pas. Il faut prouver l’intention.

Pourquoi Hyperliquid Attire Ce Type De Comportements

Hyperliquid n’est pas une bourse classique. C’est un exchange décentralisé où les contrats perpétuels s’échangent 24 heures sur 24 dans un carnet entièrement on-chain. Un contrat perpétuel permet de parier à la hausse ou à la baisse sur le Brent avec un effet de levier, sans jamais détenir de pétrole physique et sans date d’échéance.

La transparence est totale. Chaque mouvement est visible par tous en temps réel. C’est à la fois une force et une faiblesse. Solidus Labs a pu reconstituer la séquence sans aucun accès privilégié. Les mêmes données pourraient servir de pièces à conviction si un régulateur décidait d’agir. Mais la blockchain se contente d’enregistrer. Elle ne sanctionne personne.

Sur un marché réglementé, l’opérateur détecte les comportements suspects et les transmet au régulateur. Sur Hyperliquid, c’est le déployeur HIP-3 qui fixe lui-même les règles du marché qu’il surveille. HIP-3, lancé en octobre 2025, permet à toute équipe qui immobilise 500 000 HYPE de créer ses propres marchés perpétuels et d’en définir les paramètres.

Trade.xyz, l’équipe derrière les marchés pétroliers via HIP-3, affirme que ses marchés sont conçus pour résister à la manipulation et qu’une surveillance continue avec alertes est en place. Hyperliquid Labs se contente de rappeler que tout est public et immuable. L’argument de la transparence coupe dans les deux sens.

Le Contexte Réglementaire Qui Rend L’Affaire Explosive

L’enquête de Solidus Labs arrive après six mois de tensions. Le 15 mai 2026, CME et ICE, les deux grandes bourses de dérivés américaines, ont alerté la CFTC et des parlementaires. Elles pointaient les perpétuels pétrole d’Hyperliquid, le risque de manipulation, le contournement possible des sanctions et une distorsion potentielle des références mondiales du pétrole.

Fin mai, Jeffrey Sprecher, PDG d’ICE, a qualifié la plateforme de « plus grosse que le Nasdaq » tout en soulignant qu’elle ne compte que onze personnes. L’autorité monétaire de Singapour l’a placée sur sa liste d’alerte des investisseurs fin juin. Ces critiques manquaient jusqu’ici d’un cas concret. Solidus Labs leur en fournit un, même sans preuve d’intention.

Washington envoie des signaux contradictoires. Le 19 août, Donald Trump a déclaré à la Maison-Blanche que le président de la CFTC, Michael Selig, « travaille aussi à faire venir Hyperliquid aux États-Unis » de manière « pleinement conforme et légale ». Le 26 août, le Hyperliquid Policy Center et trade[XYZ] ont demandé par lettre à la CFTC d’autoriser des perpétuels régulés sur le WTI, le Brent et le gaz Henry Hub. Le spoofing présumé de mars tombe donc en pleine procédure d’agrément.

La CFTC n’a annoncé aucune décision publique, ni sur la saisine de mai ni sur la demande d’août. Au 29 octobre 2026, aucun média n’a fait état d’une action réglementaire formelle. Sur un marché réglementé, ce type de dossier prend des années. L’intention reste le point le plus difficile à prouver.

Les Précédents Qui Ont Marqué Hyperliquid

Ce n’est pas la première fois que les carnets d’Hyperliquid servent de terrain de jeu. En mars 2025, une stratégie sur le memecoin JELLYJELLY a laissé le coffre HLP, le teneur de marché communautaire de la plateforme, avec environ 12 millions de dollars de pertes latentes. Hyperliquid a parlé d’« indices d’activité de marché suspecte ». Les validateurs ont voté le retrait du marché. La Hyper Foundation a ensuite dédommagé les utilisateurs, à l’exception des adresses signalées.

Le 12 novembre 2025, l’affaire POPCAT a pris des airs de spoofing classique. Un trader a réparti 3 millions de dollars sur 19 portefeuilles pour bâtir une grosse position longue. Il a posé un mur d’achat de 20 millions de dollars, puis l’a retiré d’un coup. Le cours s’est effondré, les liquidations se sont enchaînées et le coffre HLP a encaissé 4,9 millions de dollars de dette irrécouvrable. C’était déjà la troisième attaque de ce type en 2025, après JELLYJELLY et TST en juillet.

L’année 2026 n’a pas été plus calme. En avril, le coffre HLP a perdu 1,5 million de dollars dans une attaque orchestrée via le Fartcoin. Fin juillet, un prix aberrant venu d’une place coréenne a fait plonger le perpétuel SK Hynix de 17,9 % et liquidé 57 millions de dollars sur 960 comptes. À chaque fois, la transparence de la blockchain a permis de reconstituer l’attaque après coup, sans jamais l’empêcher en temps réel.

Chronologie des incidents majeurs sur Hyperliquid

  • Mars 2025 : affaire JELLYJELLY, 12 millions de pertes latentes pour HLP
  • Juillet 2025 : incident TST
  • Novembre 2025 : POPCAT, mur d’achat de 20 millions retiré, 4,9 millions de dette HLP
  • Avril 2026 : attaque Fartcoin, 1,5 million de pertes HLP
  • Juillet 2026 : prix aberrant SK Hynix, 57 millions liquidés
  • Mars 2026 : épisode Brent analysé par Solidus Labs

Pump.Fun Branche Le Retail Sur Les Mêmes Carnets

Le 28 octobre 2026, Pump.fun a annoncé l’ouverture des perpétuels dans son application. Plus de 300 marchés Hyperliquid deviennent accessibles, des cryptos aux actions en passant par les matières premières. Le levier monte à 50x sur le S&P 500, 40x sur le bitcoin, 25x sur l’ether et 20x sur Tesla ou Nvidia. Les positions s’ouvrent en marge isolée depuis un solde en USDC ou en SOL, sans passer par un pont.

Pump.fun ne construit rien côté moteur. Le launchpad de memecoins de Solana se limite à une interface. Il achemine les ordres vers les carnets d’Hyperliquid grâce aux builder codes, un mécanisme qui lui reverse une part des frais. HyperCore apparie les ordres et gère les liquidations. Autrement dit, le public le plus impulsif de la crypto arrive avec du levier important sur les mêmes carnets pétrole que Solidus Labs a passés au crible.

Les conditions d’utilisation de Pump.fun excluent les États-Unis et l’Ontario. La plateforme prélève 0,05 % par transaction en plus des frais du protocole. Cette ouverture tombe exactement au moment où l’enquête Bloomberg sort. Hyperliquid cumule désormais des déployeurs juges et parties avec un flux retail branché en direct sur ses marchés les plus sensibles.

Ce Que La CFTC Devrait Prouver Pour Agir

Bloomberg le rappelle clairement : l’identité des deux comptes et leur intention ne sont pas établies. Or l’intention est le cœur de toute affaire de spoofing. Depuis ses lignes directrices de 2013, la CFTC exige la preuve que l’ordre a été passé avec l’intention de l’annuler avant exécution. La simple imprudence ne suffit pas.

Le précédent le plus lourd donne la mesure du risque. En septembre 2020, JPMorgan a accepté de payer 920,2 millions de dollars aux autorités américaines pour des centaines de milliers d’ordres fictifs passés de 2008 à 2016 sur les futures de métaux précieux et de bons du Trésor. L’affaire a pris des années. Même sur un marché réglementé, ce type de dossier est long et complexe.

Sur Hyperliquid, la situation est encore plus floue. Les adresses sont publiques mais l’identité réelle des opérateurs reste inconnue. Aucun KYC n’est exigé. Les données on-chain permettent de retracer les mouvements avec une précision chirurgicale, mais elles ne prouvent pas l’état d’esprit du trader au moment où il place l’ordre.

Les Arguments Des Défenseurs De La Plateforme

Hyperliquid Labs insiste sur un point : chaque ordre, chaque annulation et chaque transaction sont inscrits dans un registre public et immuable, consultable par tous en temps réel. Trade.xyz affirme que ses marchés sont conçus pour résister à la manipulation et qu’une surveillance continue avec alertes est active.

Certains observateurs soulignent que le gain de 119 000 dollars reste modeste par rapport aux 170 millions d’ordres placés. Dans un marché où le volume quotidien dépassait le milliard de dollars, l’impact réel pourrait être moins spectaculaire qu’il n’y paraît. D’autres rappellent que l’annulation d’ordres est une pratique courante sur tous les marchés, y compris les plus réglementés. Seule l’intention de manipuler transforme la pratique en infraction.

La transparence extrême d’Hyperliquid permet à n’importe qui de reconstituer les séquences après coup. C’est un avantage par rapport aux carnets opaques de certaines plateformes centralisées. Mais elle ne remplace pas une autorité de marché capable de suspendre un compte ou de saisir des fonds en temps réel.

Les Risques Pour Les Traders Particuliers

Les particuliers qui arrivent via Pump.fun ou directement sur Hyperliquid se retrouvent dans un environnement où des acteurs sophistiqués peuvent influencer le carnet d’ordres. Avec des leviers de 20x ou 50x, une variation de prix de quelques pourcents suffit à déclencher des liquidations en chaîne.

Pendant la séquence du 9 mars, le perpétuel Brent a glissé de 83,06 à 81,42 dollars en une dizaine de secondes avant de rebondir à 87,56 dollars en moins d’une minute. Un trader long avec un levier élevé aurait pu être liquidé dans le premier mouvement, même si le prix est rapidement remonté. Ces micro-mouvements violents sont précisément ce que le spoofing cherche à provoquer.

Le coffre HLP, qui agit comme teneur de marché communautaire, a déjà absorbé plusieurs millions de dollars de pertes lors d’épisodes précédents. Chaque incident rappelle que la liquidité sur ces marchés peut disparaître ou se retourner très rapidement.

Vers Une Régulation Des Perpétuels On-Chain ?

L’affaire arrive au moment où Hyperliquid et trade[XYZ] demandent formellement à la CFTC d’autoriser des perpétuels régulés sur les principales matières premières. Si la demande aboutit, la plateforme devrait se plier à des règles de surveillance de marché beaucoup plus strictes. Si elle échoue, le statut actuel de zone grise risque de se prolonger.

CME et ICE ont clairement intérêt à freiner l’essor d’un concurrent qui capture déjà une part significative des volumes sur les dérivés pétrole en dehors des heures de cotation traditionnelles. Jeffrey Sprecher a lui-même souligné la taille de la plateforme par rapport à son effectif réduit. Cette asymétrie nourrit les critiques sur la capacité de surveillance réelle.

De leur côté, les défenseurs de la finance décentralisée voient dans la transparence on-chain un outil supérieur aux systèmes traditionnels. Les données sont publiques, auditables par n’importe qui et impossibles à altérer a posteriori. Le problème n’est pas le manque de données, mais l’absence d’une autorité capable d’agir rapidement sur la base de ces données.

Ce Que Les Prochains Mois Pourraient Révéler

Solidus Labs a fourni un dossier détaillé. Bloomberg l’a relayé. Les régulateurs disposent désormais d’un cas concret daté et chiffré. Reste à savoir s’ils choisiront de l’utiliser. Aucune action publique n’a été annoncée au 29 octobre 2026. Le silence de la CFTC peut s’interpréter de plusieurs façons : manque de ressources, difficulté à prouver l’intention, ou simple prudence dans un dossier politiquement sensible.

Hyperliquid continue d’attirer des volumes importants. Pump.fun y branche maintenant son audience. Les marchés pétrole restent ouverts 24 heures sur 24. Les mêmes mécanismes de carnet d’ordres restent en place. Rien n’indique que des comportements similaires ne se reproduiront pas lors de la prochaine crise géopolitique ou du prochain mouvement violent des prix de l’énergie.

La transparence de la blockchain permet de documenter ces épisodes avec une précision inégalée. Elle ne les empêche pas. Tant que les règles de surveillance restent définies par les déployeurs eux-mêmes et que les comptes restent anonymes, le risque de manipulation structurelle persiste. L’enquête de Solidus Labs sur le Brent de mars 2026 en offre simplement l’illustration la plus claire à ce jour.

Les prochains mois diront si les régulateurs considèrent que 170 millions de dollars d’ordres annulés et 119 000 dollars de gain constituent un signal d’alarme suffisant pour passer à l’action, ou s’ils continueront à observer de loin un marché qui grandit plus vite que leur capacité d’intervention.

En attendant, les traders qui évoluent sur ces plateformes ont intérêt à garder un œil sur les murs d’ordres qui apparaissent et disparaissent trop vite. Dans un carnet entièrement public, les fantômes laissent toujours des traces. Il suffit de savoir les lire.

Les Leçons Pour L’Écosystème Décentralisé

L’épisode du Brent sur Hyperliquid pose une question plus large que le simple spoofing. Comment un marché entièrement transparent et décentralisé peut-il se protéger contre des comportements qui, sur un marché réglementé, seraient immédiatement sanctionnés ? La réponse actuelle repose sur la surveillance communautaire et la capacité des validateurs à retirer un marché en cas d’abus flagrant. Les précédents JELLYJELLY et POPCAT montrent que cette solution est possible, mais elle arrive toujours après coup et laisse des pertes derrière elle.

Les sociétés comme Solidus Labs jouent un rôle de plus en plus important. Elles analysent les données publiques et publient des rapports qui forcent le débat. Sans elles, l’épisode de mars 2026 serait peut-être passé inaperçu. Leur travail transforme la transparence brute de la blockchain en information actionnable. Mais elles n’ont aucun pouvoir de sanction. Elles documentent, elles n’arrêtent pas.

Pour les utilisateurs, la leçon est claire. Les marchés perpétuels on-chain offrent une liquidité et une accessibilité sans précédent. Ils exposent aussi à des risques de manipulation que les carnets réglementés cherchent à limiter depuis des décennies. Le levier amplifie ces risques. Un mouvement de prix artificiel de deux ou trois pourcents peut liquider une position entière en quelques secondes.

Les déployeurs HIP-3 se retrouvent dans une position délicate. Ils fixent les règles, surveillent les marchés et encaissent une part des frais. Cette concentration de rôles attire les critiques. Trade.xyz affirme faire de la surveillance continue. Les données on-chain permettront de vérifier si cette surveillance a détecté les comportements de mars 2026 en temps réel ou seulement après la publication de Bloomberg.

Une Affaire Qui Dépasse Le Seul Cas Du Pétrole

Le choix du Brent n’est pas anodin. Les contrats pétrole font partie des instruments les plus liquides et les plus suivis au monde. Leur prix sert de référence à des milliers de transactions physiques et financières. Toute distorsion, même temporaire, peut avoir des répercussions au-delà du seul carnet d’Hyperliquid. CME et ICE l’ont bien compris en alertant les autorités dès mai.

Si des comportements de spoofing se généralisent sur d’autres actifs sous-jacents listés via HIP-3, la crédibilité de l’ensemble du modèle pourrait en souffrir. Les actions tokenisées, les indices et les matières premières qui arrivent progressivement sur la plateforme héritent des mêmes mécanismes de carnet d’ordres. Les mêmes vulnérabilités existent potentiellement partout.

Pump.fun accélère cette diffusion. En rendant accessibles plus de 300 marchés Hyperliquid depuis une interface grand public, la plateforme de memecoins élargit considérablement la base d’utilisateurs exposés. Le retail impulsif rencontre des carnets où des acteurs sophistiqués opèrent. L’asymétrie d’information et de moyens n’a jamais été aussi visible.

L’enquête de Solidus Labs et le reportage de Bloomberg ne ferment pas le dossier. Ils l’ouvrent. Les prochains mois diront si la transparence on-chain suffit à dissuader les comportements abusifs, ou s’il faudra des outils de surveillance et de sanction plus robustes pour que ces marchés atteignent la maturité qu’ils revendiquent.

En mars 2026, deux comptes ont joué avec 170 millions de dollars d’ordres fantômes pendant que le pétrole s’affolait. Ils ont empoché 119 000 dollars. Le reste du marché a absorbé la volatilité. La blockchain a tout enregistré. Reste à savoir qui, un jour, décidera d’agir sur la base de ces enregistrements.

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