Imaginez pouvoir effectuer des milliers d’échanges, de transferts ou de micro-transactions chaque jour sans même y penser au niveau du coût. En 2026, alors que la DeFi explose dans tous les secteurs, cette réalité existe bel et bien… mais elle n’est pas partagée par tout le monde. Au cœur de cette révolution silencieuse, une blockchain se distingue par sa capacité à maintenir des frais dérisoires même quand l’activité explose : Solana.
Face à l’essor des rollups et des Layer 2 qui promettent la scalabilité, Solana continue de prouver que son architecture originelle, basée sur une exécution parallèle et un consensus ultra-rapide, offre un avantage structurel difficile à reproduire. Mais qu’en est-il réellement des chiffres ? Pourquoi les utilisateurs paient-ils souvent 5 à 10 fois moins cher sur Solana que sur Base ou BNB Chain ? Plongeons dans cette bataille des frais qui redessine le paysage de la finance décentralisée.
Solana : l’exécution à faible coût qui refuse de plier
Depuis plusieurs années maintenant, la question des frais reste l’un des principaux critères de choix pour les développeurs et les utilisateurs dans l’écosystème crypto. Avec l’arrivée massive des solutions de Layer 2 sur Ethereum, beaucoup pensaient que les blockchains monolithiques comme Solana allaient progressivement perdre du terrain. Les faits de début 2026 montrent exactement l’inverse.
Les données les plus récentes placent Solana en deuxième position des blockchains majeures pour le niveau médian des frais payés par les utilisateurs, juste derrière Avalanche. Mais ce qui frappe le plus, c’est l’écart abyssal avec les concurrents directs : Base, BNB Chain, Polygon et même Arbitrum.
Quelques chiffres marquants relevés mi-janvier 2026 :
- Solana : frais médians parmi les plus bas du marché
- Base : plusieurs fois plus cher pour une transaction classique
- BNB Chain : avantage tarifaire historique qui s’effrite
- Polygon : milieu de peloton, sensible aux pics d’activité
- Ethereum Layer 1 : toujours le plus coûteux en période de congestion
Ces écarts ne sont pas conjoncturels. Ils sont le résultat d’un choix technologique fondamental : Solana a privilégié une architecture monolithique avec parallélisation massive plutôt que de miser sur des rollups empilés sur Ethereum.
Pourquoi les frais de Solana restent structurellement bas ?
La réponse tient en trois piliers technologiques qui fonctionnent en parfaite synergie :
- Proof of History : un mécanisme qui permet de timestamp les transactions sans attendre un consensus lourd entre chaque bloc
- Exécution parallèle : contrairement à la plupart des blockchains, Solana traite simultanément des milliers d’instructions non dépendantes
- Throughput théorique énorme : jusqu’à 65 000 TPS en conditions optimales, ce qui dilue énormément la pression sur les ressources
Cette combinaison permet à Solana d’absorber des pics d’activité sans faire flamber les frais. Là où un rollup peut voir ses coûts grimper à cause de la concurrence pour l’espace calldata sur Ethereum, Solana reste prévisible, même quand des millions d’utilisateurs swappent, mintent des NFT ou lancent des bots de trading.
« Les frais bas ne sont pas un accident sur Solana, ils sont un choix d’architecture fondamental. »
Un développeur anonyme de l’écosystème Solana
Base et les rollups : le prix de l’alignement Ethereum
Base, développé par Coinbase, incarne parfaitement la stratégie Layer 2 : bénéficier de la sécurité et de la liquidité d’Ethereum tout en offrant des frais bien plus bas que le Layer 1. Pourtant, même Base, considéré comme l’un des rollups les plus efficaces, affiche des frais médians plusieurs fois supérieurs à ceux de Solana.
Pourquoi cet écart persiste-t-il ? Principalement à cause de deux facteurs :
- Les coûts de settlement sur Ethereum (calldata posting)
- La concurrence entre rollups pour l’espace disponible sur le Layer 1
Même avec les améliorations apportées par Dencun et les futures mises à jour proto-danksharding, les rollups resteront tributaires des coûts du Layer 1 Ethereum, au moins partiellement. Solana, elle, ne dépend d’aucune autre chaîne.
BNB Chain et Polygon : des concurrents historiques en perte de vitesse ?
Longtemps considérés comme les blockchains les plus économiques, BNB Chain et Polygon voient leur avantage tarifaire s’éroder face à Solana. BNB Chain reste compétitive pour certains usages, mais ses frais médians ont nettement augmenté avec la popularité croissante des memecoins et des applications DeFi.
Polygon, de son côté, souffre de la fragmentation de son écosystème (zkEVM, Polygon PoS, Polygon CDK…) et d’une dépendance relative aux coûts d’Ethereum pour certaines opérations. Résultat : des frais plus élevés et moins prévisibles que sur Solana lors des périodes de forte demande.
Avantages et inconvénients comparés :
- Solana : frais les plus bas, vitesse maximale, mais historique de congestions
- Base : excellente intégration Coinbase + Ethereum, frais plus élevés
- BNB Chain : liquidité Binance, frais moyens
- Polygon : large écosystème, frais variables
Les usages qui profitent le plus des frais ultra-bas de Solana
Quand les frais deviennent négligeables, certains modèles économiques deviennent soudain viables. Voici les secteurs qui tirent le plus parti de cette caractéristique en 2026 :
- Paiements peer-to-peer : transferts instantanés de quelques centimes
- Gaming blockchain : micro-transactions en jeu sans friction
- Trading haute fréquence on-chain : bots et stratégies automatisées
- SocialFi et tipping : pourboires instantanés à faible coût
- Memecoins et launchpads : mint et trade sans se ruiner en gas
À l’inverse, les applications qui nécessitent une très forte sécurité cryptographique ou une interopérabilité profonde avec Ethereum peuvent encore préférer un rollup comme Base ou Arbitrum. Tout est question de compromis.
Les limites et les risques de l’approche Solana
Aucun système n’est parfait. Si Solana excelle sur le critère des frais, elle a connu par le passé plusieurs épisodes de congestion et d’arrêt temporaire du réseau. Même si la situation s’est considérablement améliorée depuis 2024, ces souvenirs restent présents dans l’esprit de certains utilisateurs et investisseurs institutionnels.
De plus, l’écosystème Solana reste plus concentré autour de quelques protocoles phares (Jupiter, Raydium, Drift…) que l’écosystème Ethereum/Base qui bénéficie d’une diversité d’acteurs et d’outils bien plus large.
« Solana n’est pas là pour remplacer Ethereum, mais pour coexister en capturant les usages les plus sensibles au coût. »
Analyste DeFi indépendant
Cette complémentarité plutôt que cette rivalité absolue semble être la tendance qui se dessine en 2026. Chaque chaîne trouve progressivement sa niche : Ethereum pour la sécurité ultime, Solana pour le débit et les faibles coûts, les rollups pour le compromis sécurité/scalabilité.
Vers une domination des frais bas dans la DeFi de masse ?
Si la tendance actuelle se maintient, Solana pourrait bien devenir le standard de facto pour toutes les applications grand public qui nécessitent des interactions très fréquentes. Les jeux play-to-earn nouvelle génération, les plateformes de tipping social, les marchés prédictifs à haute fréquence ou encore les systèmes de récompense en temps réel ont besoin de frais qui ne dépassent pas le millième de centime.
C’est précisément là que Solana excelle aujourd’hui. Et tant que les rollups n’auront pas réussi à réduire drastiquement leur dépendance aux coûts d’Ethereum Layer 1, cet avantage devrait perdurer.
Mais la course est loin d’être terminée. Les équipes de Base, Polygon, BNB Chain et même les futures mises à jour d’Ethereum (The Surge, The Verge…) pourraient changer la donne. Pour l’instant, en février 2026, les chiffres parlent d’eux-mêmes : Solana domine la catégorie des frais ultra-bas pour les usages à haute fréquence.
Et vous, préférez-vous la prévisibilité tarifaire de Solana ou l’écosystème et la sécurité d’un rollup Ethereum ? L’avenir de la DeFi de masse se jouera peut-être sur ce choix.
À suivre de très près dans les prochains mois…
