Imaginez un instant : des milliers de cartes graphiques disséminées chez des particuliers à travers le monde, qui soudain se mettent à travailler ensemble pour faire tourner des calculs d’intelligence artificielle, des rendus 3D ultra-complexes ou des simulations scientifiques… et tout cela sans aucun datacenter géant au milieu du désert.

Cette vision, qui semblait encore futuriste il y a quelques années, est en train de devenir réalité. Et aujourd’hui, deux acteurs majeurs du secteur viennent d’annoncer un partenariat qui pourrait bien accélérer considérablement cette transition : Salad.com et Golem Network.

Un test qui pourrait changer la donne du cloud computing

Le 13 janvier 2026, l’annonce est tombée : Salad.com, plateforme bien connue pour son cloud GPU basé sur une immense flotte mondiale de machines individuelles, et Golem Network, l’un des pionniers historiques de l’informatique décentralisée, ont décidé de collaborer sur un projet d’envergure.

Objectif affiché ? Tester si l’infrastructure permissionless de Golem est capable de supporter une partie réelle et significative des workloads commerciaux actuellement traités par Salad.com.

En clair : on ne parle pas d’un POC (proof of concept) théorique. On parle de miroir d’une partie de l’activité réelle et payante de Salad sur le réseau Golem.

Les grandes lignes du test annoncé :

  • Miroir d’une portion significative des workloads existants de Salad
  • Utilisation du layer d’exécution permissionless de Golem
  • Évaluation sur la diversité des profils clients et types de tâches
  • Analyse des performances, coûts et fiabilité en conditions réelles
  • Observation des mécanismes de marketplace et de règlement décentralisés

Si ce test est concluant, les implications pourraient être très importantes, non seulement pour les deux entreprises, mais pour l’ensemble de l’écosystème du calcul distribué.

Salad.com : quand les joueurs deviennent fournisseurs de puissance GPU

Pour ceux qui découvriraient Salad aujourd’hui : la plateforme a bâti un modèle économique assez unique. Elle permet à n’importe qui possédant un PC gaming puissant de louer la puissance de sa carte graphique lorsqu’il ne joue pas, en échange d’une rémunération (souvent sous forme de cartes cadeaux, crypto, etc.).

De l’autre côté, des entreprises, studios, chercheurs ou développeurs IA peuvent louer cette puissance à des prix souvent bien inférieurs aux grands fournisseurs cloud traditionnels.

C’est donc un modèle intermédiaire très intéressant entre le cloud centralisé classique (AWS, GCP, Azure) et les réseaux purement décentralisés.

« Nous avons déjà démontré que des millions d’utilisateurs pouvaient fournir de la puissance de calcul de qualité professionnelle de manière décentralisée. La vraie question maintenant est : pouvons-nous aller encore plus loin en supprimant complètement les intermédiaires centralisés ? »

Extrait adapté de la philosophie Salad

Golem Network : le vétéran de la computation décentralisée

Golem est l’un des tout premiers projets à avoir proposé, dès 2016-2017, l’idée d’un réseau mondial d’ordinateurs connectés les uns aux autres pour fournir de la puissance de calcul à la demande, payable en cryptomonnaie (à l’époque déjà le GLM token).

Après plusieurs années difficiles et plusieurs pivots stratégiques, Golem a considérablement évolué ces dernières années et propose aujourd’hui une infrastructure beaucoup plus mature, notamment grâce à son nouveau modèle de provider permissionless et à des outils bien plus conviviaux pour les développeurs.

Le réseau supporte aujourd’hui une grande variété de workloads : rendu graphique, calcul scientifique, apprentissage machine, inférence IA, etc.

Pourquoi ce partenariat est-il stratégique en 2026 ?

Nous sommes début 2026 et la demande en GPU explose littéralement.

Les grands fournisseurs centralisés peinent à suivre : listes d’attente interminables pour les instances A100/H100, prix qui ont parfois triplé en 18 mois, tensions géopolitiques sur les chaînes d’approvisionnement des semi-conducteurs…

Dans ce contexte, les solutions alternatives décentralisées ou semi-décentralisées deviennent extrêmement attractives.

  • Explosion de la demande IA générative et inférence en temps réel
  • Crise de disponibilité des GPU haut de gamme
  • Prix très élevés et volatils chez les hyperscalers
  • Prise de conscience écologique et questionnements sur la concentration des datacenters
  • Désir croissant d’autonomie technologique et souveraineté numérique

Tous ces éléments créent un environnement parfait pour que des initiatives comme Salad + Golem puissent réellement décoller.

Les défis techniques et économiques à relever

Même si l’idée semble séduisante sur le papier, plusieurs obstacles majeurs attendent les équipes.

Principaux défis identifiés :

  • Latence réseau et bande passante entre providers dispersés géographiquement
  • Fiabilité et disponibilité des machines (les joueurs éteignent parfois leur PC sans prévenir)
  • Standardisation des environnements d’exécution
  • Gestion des données sensibles sur des machines non maîtrisées
  • Complexité de l’orchestration et du scheduling distribué
  • Volatilité du prix du GLM et liquidité du marché
  • Expérience développeur encore perfectible

Chacun de ces points représente un vrai chantier. Et c’est précisément pour cette raison que Salad et Golem ont décidé de lancer ce test en conditions réelles plutôt que de rester dans des démonstrations théoriques.

Une passerelle entre Web2 et Web3 réellement opérationnelle ?

L’un des aspects les plus intéressants de cette collaboration est la tentative de créer un pont réellement fonctionnel entre un modèle Web2 déjà mature (Salad) et un protocole Web3 natif (Golem).

Concrètement, on pourrait imaginer à terme :

  • Payer ses instances GPU Salad directement en GLM ou stablecoins
  • Choisir de manière transparente si on veut des providers centralisés ou décentralisés
  • Utiliser le marché permissionless de Golem comme couche de secours ou d’optimisation de coût
  • Proposer aux utilisateurs finaux de Salad de basculer vers des récompenses en GLM
  • Créer des offres hybrides mêlant puissance garantie et puissance spot décentralisée

Toutes ces possibilités sont aujourd’hui sur la table et font partie des scénarios que les deux équipes étudient activement.

Que signifie ce test pour l’avenir du DePIN ?

Le secteur DePIN (Decentralized Physical Infrastructure Networks) est actuellement l’un des narratifs les plus puissants de l’écosystème crypto en 2025-2026.

Après la frénésie autour des projets de stockage (Filecoin, Arweave), de connectivité (Helium), de calcul GPU (io.net, Akash, Render…), on assiste à une phase de consolidation et surtout de passage à l’échelle réelle.

« 2026 sera l’année où l’on arrêtera de parler de potentiel DePIN pour commencer à parler de revenus réels et de clients payants. »

Observation courante dans l’écosystème début 2026

Dans ce contexte, un partenariat entre une entreprise déjà rentable et ayant une vraie traction commerciale (Salad) et un protocole historique du secteur (Golem) revêt une signification toute particulière.

Il s’agit probablement de l’une des tentatives les plus sérieuses à ce jour de faire cohabiter durablement un modèle hybride Web2/Web3 dans le domaine du calcul distribué.

Les prochaines étapes à surveiller

Les équipes n’ont pas encore communiqué de calendrier précis, mais plusieurs milestones devraient être suivis avec attention :

  • Publication des premiers résultats techniques du mirroring (Q1-Q2 2026 ?)
  • Premiers workloads clients réels migrés partiellement sur Golem
  • Éventuelle ouverture d’une phase bêta pour certains clients Salad
  • Évolution du pricing hybride Web2/Web3
  • Impact observable sur la consommation de GLM et sur la profondeur du marché

Chaque étape validée avec succès renforcera considérablement la crédibilité de l’ensemble du narratif DePIN compute.

Et si c’était le début d’une nouvelle ère ?

Depuis l’avènement du cloud computing moderne au début des années 2010, nous avons surtout vu une concentration toujours plus forte entre les mains de quelques géants américains.

Pour la première fois depuis longtemps, une alternative crédible, scalable et économiquement viable semble émerger : non pas un nouveau géant, mais un réseau mondial, distribué, permissionless et communautaire.

Le chemin reste long et semé d’embûches. Mais l’annonce de ce jour entre Salad.com et Golem Network constitue sans aucun doute l’une des étapes les plus concrètes et les plus prometteuses de ces dernières années vers la réalisation de cette vision.

Rendez-vous dans quelques mois pour faire le point sur les premiers résultats concrets de cette collaboration qui pourrait bien marquer un tournant décisif dans l’histoire du cloud computing.

À suivre de très près.

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Passionné et dévoué, je navigue sans relâche à travers les nouvelles frontières de la blockchain et des cryptomonnaies. Pour explorer les opportunités de partenariat, contactez-nous.

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