Imaginez un instant : vous avez patiemment construit votre Plan d’épargne en actions depuis des années, en y glissant des supports qui vous exposent tranquillement aux grands indices américains ou mondiaux. Puis, un beau jour d’été, une rumeur circule. Le Trésor songerait à fermer cette porte. Les ETF synthétiques pourraient être exclus. Pendant plusieurs semaines, l’inquiétude a monté chez des millions d’épargnants. Et puis, coup de théâtre. Le gouvernement a finalement décidé de ne rien changer. Les supports qui permettent d’accéder au S&P 500 ou au MSCI World restent bel et bien éligibles. Cette décision, annoncée récemment, soulève bien des questions sur la philosophie même du PEA et sur la manière dont les Français peuvent diversifier leur épargne tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.

Le Retournement Inattendu De Bercy Sur Les Etf Synthétiques

Pendant des semaines, le flou a régné. Un courrier de la Direction générale du Trésor, envoyé fin juillet à plusieurs organisations professionnelles, avait semé le trouble. L’administration y évoquait l’idée d’intégrer dans le projet de loi de finances pour 2027 une mesure visant à resserrer les règles d’éligibilité. L’objectif affiché : recentrer davantage le PEA sur le financement des entreprises européennes. Puis, sans tambour ni trompette, le ministre des Comptes publics a tranché. Aucune exclusion ne sera proposée. Aucune modification des conditions d’éligibilité non plus. Les épargnants peuvent souffler.

Cette annonce met fin à une période d’incertitude qui avait agité les sociétés de gestion comme les détenteurs de plans. Car ces ETF dits synthétiques, ou swappés, représentent aujourd’hui l’un des moyens les plus simples et les plus efficaces d’accéder à des marchés hors Europe tout en restant dans l’enveloppe fiscale du PEA. Leur maintien change la donne pour des millions de Français qui cherchent à diversifier sans renoncer aux avantages fiscaux après cinq ans de détention.

Pourquoi Ces Supports Étaient-Ils Dans Le Viseur

Le PEA a été conçu, à l’origine, pour orienter l’épargne des ménages vers le tissu économique européen. La règle de base est claire : un fonds doit investir au moins 75 % de ses actifs dans des sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen pour être éligible. Cette contrainte vise à soutenir les entreprises du continent. Pourtant, les ETF synthétiques ont trouvé une voie de contournement parfaitement légale.

Concrètement, le fonds détient un panier d’actions européennes qui respecte scrupuleusement le seuil des 75 %. Ensuite, via un contrat financier appelé swap, il échange la performance de ce panier contre celle d’un indice étranger, comme le S&P 500 ou le MSCI World. Résultat : l’épargnant obtient l’exposition souhaitée tout en restant dans les clous juridiques. Cette construction ingénieuse a permis à de nombreux Français d’accéder à des marchés autrement inaccessibles dans le cadre du PEA.

Le gouvernement avait donc envisagé de fermer cette possibilité. L’idée était de privilégier une lecture plus stricte de la vocation européenne du dispositif. En excluant les ETF swappés, on forcerait en théorie les flux d’épargne à se concentrer davantage sur les entreprises du Vieux Continent. Mais cette approche soulevait de nombreuses objections. D’abord, elle réduisait fortement les possibilités de diversification. Ensuite, elle pénalisait des millions de détenteurs qui avaient déjà intégré ces supports dans leur stratégie de long terme.

Le gouvernement ne proposera pas de mesure visant à exclure les ETF swappés du plan d’épargne en actions, ni à en modifier les conditions d’éligibilité.

David Amiel, ministre des Comptes publics

Cette déclaration, publiée sur les réseaux sociaux, a mis un terme au débat. Elle a le mérite de la clarté. Les Français pourront continuer à investir dans les indices les plus diversifiés. Pour les détenteurs actuels comme pour ceux qui envisagent d’ouvrir un PEA, le message est rassurant : rien ne change sur le fond.

Ce Que Change Vraiment Cette Décision Pour Les Épargnants

À première vue, l’annonce se résume à un simple maintien du statu quo. Mais derrière cette apparente immobilité se cachent des enjeux concrets pour les stratégies d’investissement. Les quelque sept millions de PEA ouverts en France ne détiennent pas tous des ETF synthétiques. Pourtant, cette technique est devenue l’un des principaux leviers de diversification internationale depuis l’enveloppe.

Conserver l’accès au S&P 500, au Nasdaq ou au MSCI World permet de limiter le risque de concentration géographique. Les marchés européens, aussi solides soient-ils, ne représentent qu’une partie de l’économie mondiale. Les États-Unis, l’Asie et d’autres zones pèsent lourd dans la croissance globale. Pouvoir s’y exposer sans sortir du PEA offre un avantage non négligeable, surtout lorsque l’horizon de placement est long.

Sur le plan fiscal, les règles restent inchangées. Après cinq ans de détention, les gains réalisés au sein du PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu. Ils restent toutefois soumis aux prélèvements sociaux. Cette combinaison continue d’attirer de nombreux Français qui cherchent à faire fructifier leur épargne dans un cadre avantageux. L’exclusion des ETF synthétiques aurait privé une partie de ces investisseurs d’outils de diversification efficaces.

Points essentiels à retenir pour les détenteurs de PEA

  • Les ETF synthétiques restent pleinement éligibles.
  • L’accès aux indices internationaux comme le S&P 500 et le MSCI World est maintenu.
  • Aucune modification des conditions d’éligibilité n’est prévue.
  • Les avantages fiscaux après cinq ans de détention demeurent inchangés.
  • Les stratégies de diversification actuelles peuvent être poursuivies sans contrainte nouvelle.

Cette stabilité est d’autant plus bienvenue que de nombreux épargnants avaient commencé à anticiper d’éventuelles restrictions. Certains s’interrogeaient déjà sur la nécessité de vendre ou de réallouer leurs positions. D’autres se demandaient si les ETF déjà détenus bénéficieraient d’une clause de grand-père. Ces questions restent désormais sans objet. Le cadre juridique actuel continue de s’appliquer.

Le Fonctionnement Des Etf Synthétiques Expliqué Simplement

Pour bien comprendre l’enjeu, il faut revenir sur le mécanisme qui rend ces supports éligibles. Un ETF classique, dit physique, achète réellement les actions qui composent l’indice qu’il veut répliquer. S’il s’agit d’un indice européen, aucun problème pour le PEA. Mais dès que l’indice sort de la zone éligible, le fonds ne peut plus respecter le seuil des 75 % d’actions européennes.

L’ETF synthétique contourne cette limite grâce au swap. Le fonds détient un panier d’actions européennes. Ce panier répond aux critères d’éligibilité. Parallèlement, il conclut un contrat avec une contrepartie financière, souvent une banque d’investissement. Ce contrat prévoit l’échange de performances. Le fonds cède la performance de son panier européen et reçoit en retour celle de l’indice ciblé, par exemple le S&P 500.

Du point de vue de l’épargnant, le résultat est quasiment identique à celui d’un ETF physique sur le même indice. Les écarts de tracking existent, bien sûr, et le risque de contrepartie doit être pris en compte. Mais dans l’ensemble, ces supports offrent une exposition efficace et liquide. C’est précisément cette efficacité qui a conduit de nombreux gestionnaires à les proposer dans le cadre du PEA.

Le gouvernement a finalement jugé que cette construction, bien que créative, respectait l’esprit et la lettre des textes en vigueur. Reserrer les règles aurait nécessité une modification législative explicite. Bercy a choisi de ne pas s’engager dans cette voie. Cette prudence s’explique peut-être aussi par le contexte économique et politique plus large. Modifier en profondeur un dispositif d’épargne populaire en période d’incertitude n’est jamais anodin.

Les Implications Pour La Diversification Des Portefeuilles Français

La diversification géographique reste l’un des piliers de la gestion de patrimoine. Concentrer toute son épargne sur un seul pays ou une seule zone expose à des risques spécifiques : évolution réglementaire, cycle économique local, ou encore performance relative des entreprises. Les indices internationaux permettent d’atténuer ces risques.

Grâce aux ETF synthétiques, un détenteur de PEA peut construire un portefeuille équilibré entre actions européennes et exposition mondiale. Il peut allouer une partie de son enveloppe à des supports purs européens et une autre partie à des trackers synthétiques sur le S&P 500 ou le MSCI World. Cette répartition offre une couverture plus large face aux soubresauts des marchés.

Sans ces outils, les possibilités se seraient restreintes. Les épargnants auraient dû se tourner vers d’autres enveloppes, comme le compte-titres ordinaire, avec une fiscalité moins favorable, ou vers des supports européens uniquement. Pour ceux qui privilégient le PEA comme véhicule principal, le maintien des ETF synthétiques représente un atout majeur.

Il faut aussi souligner que la popularité de ces supports a augmenté ces dernières années. De plus en plus d’épargnants, notamment les plus jeunes ou ceux qui s’intéressent à la gestion passive, se tournent vers les ETF. Leur coût souvent réduit, leur transparence et leur liquidité en font des instruments attrayants. Le PEA, en les accueillant, reste un outil moderne et adapté aux pratiques actuelles d’investissement.

Un Contexte Plus Large : Le Pea Face Aux Enjeux De Financement De L’économie

Le débat autour des ETF synthétiques s’inscrit dans une réflexion plus vaste sur le rôle de l’épargne des ménages. Depuis des décennies, les pouvoirs publics cherchent à orienter une partie de cette épargne vers le financement des entreprises. Le PEA a été l’un des instruments privilégiés de cette politique. En offrant un cadre fiscal avantageux, l’État encourage l’investissement en actions plutôt qu’en livrets ou en produits de taux.

Pourtant, les marchés financiers se sont mondialisés. Les entreprises françaises et européennes évoluent dans un environnement concurrentiel global. Beaucoup d’épargnants souhaitent participer à la croissance des géants technologiques américains ou des sociétés asiatiques en expansion. Restreindre trop strictement les possibilités d’exposition internationale peut donc entrer en contradiction avec les aspirations des investisseurs individuels.

Le gouvernement a semblé prendre en compte cette réalité. En renonçant à exclure les ETF synthétiques, il reconnaît implicitement que le PEA doit pouvoir s’adapter aux pratiques modernes de diversification. Cette flexibilité contribue à maintenir l’attractivité du dispositif. Un PEA trop rigide risquerait de perdre de son intérêt face à d’autres enveloppes ou à d’autres stratégies.

Par ailleurs, le volume d’épargne concerné n’est pas négligeable. Même si tous les PEA ne détiennent pas d’ETF synthétiques, ceux qui en contiennent représentent une part significative des flux. Une exclusion brutale aurait pu entraîner des mouvements de portefeuille importants, avec des conséquences sur la liquidité de certains fonds et sur la confiance des épargnants.

Les Risques Spécifiques Des Etf Synthétiques À Garder En Tête

Si le maintien de ces supports est une bonne nouvelle pour la diversification, il ne doit pas faire oublier leurs particularités. Le principal point de vigilance reste le risque de contrepartie. Le swap implique qu’une banque ou une institution financière s’engage à verser la performance de l’indice. En cas de défaillance de cette contrepartie, le fonds pourrait subir des pertes, même si des mécanismes de collatéralisation existent pour limiter ce risque.

Les écarts de tracking constituent un autre élément à surveiller. La réplication synthétique n’est jamais parfaite. Des frais, des ajustements de collatéral ou des conditions de marché peuvent créer des différences entre la performance de l’ETF et celle de l’indice de référence. Ces écarts restent généralement modestes, mais ils méritent d’être suivis, surtout sur de longues périodes.

Enfin, la complexité du produit peut rebuter certains épargnants. Comprendre le fonctionnement d’un swap n’est pas aussi intuitif que de détenir directement des actions. Pour les investisseurs qui privilégient la simplicité, les ETF physiques sur indices européens restent une alternative solide. Chacun doit donc évaluer son appétit pour la complexité et son besoin de diversification internationale.

Malgré ces points de vigilance, les ETF synthétiques ont prouvé leur efficacité au fil des années. De nombreux gestionnaires les proposent dans des conditions transparentes, avec une communication claire sur les risques. Le fait que le gouvernement ait choisi de les maintenir confirme leur place dans l’écosystème de l’épargne française.

Comment Les Épargnants Peuvent Adapter Leur Stratégie

Avec la confirmation du maintien des ETF synthétiques, les détenteurs de PEA peuvent reprendre sereinement la construction ou l’ajustement de leur allocation. Plusieurs approches sont possibles. Certains préfèrent une exposition majoritairement européenne, complétée par une poche internationale via des trackers synthétiques. D’autres optent pour une répartition plus équilibrée entre les deux.

L’horizon de placement joue un rôle central. Le PEA révèle tout son intérêt sur le long terme, une fois le délai de cinq ans atteint. Dans cette perspective, intégrer des supports diversifiés a du sens. Les fluctuations de court terme s’estompent, et la capacité à capturer la croissance mondiale devient un atout.

Il est également pertinent de surveiller les frais. Les ETF se distinguent souvent par des coûts de gestion réduits. Dans le cadre d’un PEA, où les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu après cinq ans, chaque point de frais économisé se traduit par un gain net pour l’épargnant. Comparer les différents supports disponibles reste une bonne pratique.

Enfin, la répartition entre supports physiques et synthétiques peut être ajustée en fonction de la sensibilité au risque de contrepartie. Certains épargnants limitent la part des ETF swappés à une portion minoritaire de leur portefeuille. D’autres y consacrent une place plus importante, estimant que le bénéfice de la diversification l’emporte sur le risque résiduel.

Le Message Politique Derrière Cette Marche Arrière

Au-delà des aspects techniques, la décision de Bercy envoie un signal. Elle montre que le gouvernement a entendu les inquiétudes des épargnants et des professionnels. Modifier en profondeur un dispositif aussi populaire que le PEA n’est jamais simple. Les réactions des associations d’investisseurs, des sociétés de gestion et des particuliers ont sans doute pesé dans la balance.

En choisissant de ne pas proposer de mesure restrictive, le ministre des Comptes publics a privilégié la stabilité. Cette approche peut être interprétée comme un pragmatisme. Plutôt que de forcer un recentrage strict sur l’Europe, l’exécutif accepte que le PEA serve aussi d’outil de diversification globale. Cette lecture plus souple correspond mieux aux réalités des marchés contemporains.

Elle s’inscrit aussi dans un contexte où l’épargne des ménages est sollicitée pour de multiples objectifs : transition écologique, innovation, financement des entreprises, mais aussi préparation de la retraite. Conserver un véhicule fiscalement attractif et flexible contribue à mobiliser cette épargne. Une restriction trop brutale aurait pu produire l’effet inverse.

Le débat n’est peut-être pas clos pour toujours. Les priorités politiques évoluent, et de futures réformes pourraient revenir sur la table. Pour l’instant, cependant, le message est clair. Les ETF synthétiques restent les bienvenus dans le PEA. Les épargnants peuvent continuer à construire leurs stratégies sans craindre une exclusion imminente.

Perspectives Pour Les Années À Venir

Que peut-on attendre désormais ? À court terme, la confirmation du maintien devrait rassurer les marchés et les investisseurs individuels. Les flux vers les ETF synthétiques éligibles au PEA devraient se poursuivre, voire s’amplifier, maintenant que l’incertitude est levée. Les sociétés de gestion peuvent continuer à proposer ces supports sans craindre une remise en cause réglementaire immédiate.

À moyen terme, d’autres évolutions du PEA restent possibles. Le plafond de versement, les modalités de sortie, ou encore les interactions avec d’autres dispositifs d’épargne pourraient faire l’objet de discussions. Mais sur la question précise des ETF synthétiques, le statu quo semble solidement établi pour l’instant.

Pour les épargnants, l’essentiel est de rester attentifs à l’évolution de leur portefeuille et aux conditions de marché. Le maintien de ces outils ne dispense pas d’une réflexion personnelle sur l’allocation d’actifs, le niveau de risque acceptable et l’horizon de placement. Le PEA reste un excellent véhicule, mais il doit s’inscrire dans une stratégie globale cohérente.

La décision du gouvernement illustre aussi la capacité d’adaptation des dispositifs d’épargne. Conçus à une époque où les marchés étaient moins interconnectés, ils doivent aujourd’hui intégrer les réalités de la mondialisation financière. En acceptant les ETF synthétiques, le cadre du PEA montre qu’il peut évoluer sans perdre son identité européenne fondamentale.

Un Soulagement Pour Les Professionnels De La Gestion

Les sociétés de gestion et les plateformes de distribution avaient suivi de près les discussions. Une exclusion des ETF synthétiques aurait nécessité des ajustements importants dans les gammes de produits proposés. Certains fonds auraient pu perdre une partie de leur attractivité. D’autres auraient dû être restructurés ou fermés aux nouveaux souscripteurs dans le cadre du PEA.

En maintenant le statu quo, le gouvernement évite ces perturbations. Les équipes commerciales peuvent continuer à présenter les mêmes solutions. Les process de conformité n’ont pas besoin d’être modifiés en urgence. Cette stabilité opérationnelle est précieuse dans un secteur déjà confronté à de nombreuses évolutions réglementaires.

Elle bénéficie aussi aux conseillers en gestion de patrimoine et aux conseillers bancaires. Expliquer à un client qu’un support qu’il détient pourrait devenir inéligible est toujours délicat. Avec la clarification apportée, ces professionnels peuvent se concentrer sur d’autres aspects de l’accompagnement : allocation, horizon, tolérance au risque, ou encore optimisation globale de la fiscalité.

Le soulagement est donc largement partagé. Il ne doit cependant pas masquer les enjeux de long terme. Le PEA continuera d’évoluer, comme l’ensemble des dispositifs d’épargne. Les débats sur son rôle dans le financement de l’économie européenne reviendront probablement. Mais pour cette fois, la souplesse a prévalu.

Ce Que Les Épargnants Doivent Surveiller Désormais

Même si l’accès aux ETF synthétiques est confirmé, plusieurs points méritent une attention continue. Les conditions de marché évoluent. La performance relative des indices européens et internationaux peut changer. Les frais des supports, les écarts de tracking et la qualité des contreparties de swap restent des critères de sélection importants.

Il est aussi utile de suivre l’actualité réglementaire plus large. Des évolutions européennes sur les fonds d’investissement ou sur la protection des épargnants pourraient indirectement affecter le fonctionnement des ETF. Même si le PEA reste un dispositif national, il s’inscrit dans un cadre européen de plus en plus harmonisé.

Enfin, chaque épargnant doit régulièrement réévaluer sa propre situation. Un changement de situation professionnelle, familiale ou patrimoniale peut justifier un ajustement de l’allocation. Le PEA n’est qu’un outil parmi d’autres. Il gagne à être combiné avec d’autres enveloppes lorsque cela s’avère pertinent.

La confirmation du maintien des ETF synthétiques offre une base solide pour ces réflexions. Elle permet de raisonner sereinement, sans la pression d’une possible exclusion. C’est déjà beaucoup dans un environnement financier souvent marqué par l’incertitude.

Retour Sur Les Fondements Du Plan D’épargne En Actions

Pour bien saisir la portée de la décision récente, un retour aux origines du PEA s’impose. Créé dans les années 1990, ce dispositif visait à démocratiser l’investissement en actions auprès des particuliers. En offrant une exonération d’impôt sur le revenu après une période de détention, l’État cherchait à orienter l’épargne vers le capital des entreprises plutôt que vers des placements purement monétaires ou obligataires.

Au fil des années, le PEA a connu plusieurs évolutions. Des plafonds ont été ajustés, des possibilités de sortie anticipée encadrées, et des déclinaisons comme le PEA-PME ont vu le jour. À chaque fois, l’objectif restait de soutenir le financement de l’économie productive tout en offrant un cadre attractif aux ménages.

L’apparition et le succès des ETF ont constitué une étape importante. Ces supports ont permis à des épargnants peu expérimentés d’accéder à des paniers d’actions diversifiés à moindre coût. Leur intégration dans le PEA a renforcé l’attractivité du dispositif. Les ETF synthétiques ont ensuite ouvert la porte à une exposition mondiale, tout en respectant les contraintes juridiques initiales.

La tentative de recentrage envisagée cet été s’inscrivait donc dans une tension permanente entre deux logiques : d’un côté, la volonté de concentrer l’épargne sur l’Europe ; de l’autre, le désir des investisseurs d’accéder à la croissance mondiale. Le gouvernement a finalement choisi de ne pas tranchir de manière radicale. Cette position d’équilibre mérite d’être soulignée.

Les Avantages Fiscaux Qui Restent Intacts

L’un des atouts majeurs du PEA réside dans son régime fiscal. Tant que les fonds restent investis dans l’enveloppe, les plus-values et les dividendes ne sont pas imposés à l’impôt sur le revenu. Après cinq ans, cette exonération devient définitive pour les gains réalisés. Seuls les prélèvements sociaux s’appliquent lors des retraits.

Ce mécanisme continue de faire du PEA un outil privilégié pour la constitution d’un capital à long terme. Comparé à un compte-titres ordinaire, où les plus-values sont taxées chaque année selon le régime des plus-values mobilières, l’avantage est significatif, surtout sur des horizons de dix, quinze ou vingt ans.

Le maintien des ETF synthétiques permet de combiner cet avantage fiscal avec une exposition internationale. C’est précisément cette combinaison qui rend le dispositif particulièrement intéressant. Sans les trackers swappés, une partie de la diversification aurait dû se faire en dehors du PEA, avec une fiscalité moins favorable.

Les épargnants ont donc tout intérêt à maximiser l’utilisation de leur enveloppe. Verser jusqu’au plafond, choisir des supports adaptés à leur profil, et laisser le temps faire son œuvre restent des principes de base. La confirmation récente ne change rien à ces fondamentaux, mais elle sécurise l’accès à une gamme plus large de solutions.

Une Décision Qui S’inscrit Dans Un Écosystème Plus Large

Le PEA n’existe pas isolément. Il cohabite avec l’assurance-vie, le plan d’épargne retraite, le compte-titres, et d’autres dispositifs. Chacun a ses particularités, ses avantages et ses contraintes. Le maintien des ETF synthétiques renforce la place du PEA dans cet écosystème en préservant sa capacité à offrir une exposition actions diversifiée.

Pour de nombreux Français, le PEA constitue le premier contact avec les marchés actions. Pouvoir y accéder à des indices mondiaux via des supports simples et liquides facilite cette entrée. Cela contribue à une meilleure culture financière et à une appropriation progressive des mécanismes de l’investissement.

Dans un contexte où la préparation de la retraite devient un enjeu majeur, disposer d’outils efficaces pour faire fructifier son épargne est essentiel. Le PEA, avec ses ETF synthétiques, continue de jouer ce rôle. La décision du gouvernement préserve cette utilité.

Elle rappelle aussi que les dispositifs d’épargne doivent évoluer avec les pratiques des investisseurs. Ce qui était pertinent il y a trente ans ne l’est plus nécessairement aujourd’hui. En acceptant les constructions synthétiques, le cadre réglementaire montre une capacité d’adaptation bienvenue.

Conclusion : Un Soulagement Durable Pour Les Épargnants

L’annonce du maintien des ETF synthétiques dans le PEA met fin à plusieurs semaines d’incertitude. Elle confirme que les épargnants français pourront continuer à s’exposer au S&P 500, au MSCI World et à d’autres indices internationaux tout en profitant du cadre fiscal avantageux de l’enveloppe. Cette décision pragmatique préserve les possibilités de diversification et évite des perturbations inutiles.

Pour les détenteurs actuels comme pour ceux qui envisagent d’ouvrir un PEA, le message est clair. Les stratégies existantes peuvent être poursuivies. Les supports swappés restent pleinement utilisables. L’essentiel est désormais de se concentrer sur la construction d’une allocation cohérente avec ses objectifs, son horizon et sa tolérance au risque.

Le PEA demeure un outil puissant. En combinant avantages fiscaux et accès à une large gamme de supports, y compris internationaux, il conserve toute sa pertinence. La marche arrière de Bercy sur cette question précise montre que les pouvoirs publics savent parfois écouter les préoccupations des épargnants. C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui cherchent à faire fructifier leur capital dans un cadre sécurisé et flexible.

Reste à chacun de tirer le meilleur parti de cette stabilité. Analyser son portefeuille, vérifier l’adéquation des supports choisis, et garder un œil sur l’évolution des marchés : ces réflexes simples permettent de transformer une bonne nouvelle réglementaire en opportunité concrète de long terme. Les indices mondiaux restent accessibles. À chacun d’en faire un usage raisonné et avisé.

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