Imaginez une cryptomonnaie qui a fait rêver des dizaines de millions de personnes pendant des années, une monnaie minable depuis un smartphone sans dépenser d’électricité, et qui, aujourd’hui, semble figée dans le temps. C’est l’histoire actuelle de Pi Network. En ce mois de janvier 2026, le prix de Pi oscille mollement autour de 0,205 $ comme s’il avait oublié qu’un marché haussier généralisé est en train de se dérouler sous ses yeux. Alors, simple pause avant une explosion ? Ou prélude à un nouvel effondrement brutal ?
Pi Network en 2026 : la stagnation qui interroge
Depuis plusieurs semaines, le graphique journalier de Pi Coin ressemble à une ligne droite dessinée avec une règle. Peu de volatilité, peu de volume, peu d’émotions. Dans un écosystème crypto où Bitcoin flirte avec les 95 000 $ et où de nombreux altcoins signent des performances à deux voire trois chiffres, cette inertie frappe les esprits.
Mais derrière cette apparente tranquillité se cachent plusieurs signaux contradictoires qui méritent une analyse approfondie. Car si le prix ne bouge plus, les fondamentaux, eux, continuent d’évoluer… et pas forcément dans le bon sens.
Un volume de transactions historiquement bas
Le volume sur 24 heures de Pi Network est récemment descendu jusqu’à environ 7 millions de dollars. Rapporté à une capitalisation boursière qui dépasse encore les 1,7 milliard $, ce chiffre est anormalement faible. À titre de comparaison, le marché crypto global affiche environ 60 milliards $ de volume quotidien en ce moment.
Quand la liquidité s’assèche à ce point, deux conséquences apparaissent presque systématiquement :
- les mouvements de prix deviennent très saccadés dès qu’un ordre conséquent arrive
- le marché devient extrêmement vulnérable à la manipulation ou à une soudaine vague de ventes
C’est exactement ce que l’on observe depuis fin décembre 2025 : des micro-pumps de 3-5 % suivis de retournements immédiats, sans réelle prise de hauteur.
Petit rappel historique : en mai-juin 2025, lorsque Pi a connu son dernier vrai cycle haussier, le volume quotidien dépassait régulièrement les 400 à 600 millions $. Aujourd’hui, on est divisé par 60 à 80…
La pression permanente des unlocks
L’un des éléments les plus lourds qui pèsent sur le cours reste le calendrier d’unlock des tokens. En janvier 2026, plus de 100 millions de Pi supplémentaires entrent sur le marché. Sur les douze prochains mois, c’est environ 1,2 milliard de tokens qui seront progressivement libérés.
Dans un contexte de demande atone, cette dilution continue exerce une pression vendeuse quasi-constante. Même si une partie de ces tokens reste dans les mains de mineurs fidèles ou d’investisseurs long-terme, l’autre partie finit inévitablement sur les exchanges… et trouve peu d’acheteurs.
« Tant que l’offre augmente plus vite que la demande, il est très difficile pour le prix de partir durablement à la hausse. »
Trader anonyme sur les forums Pi
Analyse technique : le piège du rising wedge
Sur le graphique journalier, Pi Coin a dessiné depuis plusieurs mois un rising wedge assez classique. Ce pattern se caractérise par deux lignes de tendance ascendantes qui convergent : les creux remontent, les sommets également, mais la pente des sommets est plus faible.
Statistiquement, le rising wedge est l’un des patterns les plus bearish du marché. Dans plus de 70 % des cas (selon les études menées sur les 20 dernières années), il se résout par une cassure baissière.
À cela s’ajoute la formation récente d’un bearish pennant sur la partie haute du wedge. Deux signaux de continuation baissière qui se superposent : le scénario le plus probable à court terme reste donc une jambe de baisse vers les anciens plus bas d’octobre 2025 situés autour de 0,153 $ – 0,158 $.
Scénarios techniques clés :
- Cassure baissière confirmée sous 0,195 $ → objectif 0,153 $ puis 0,120 $ en extension
- Reprise haussière au-dessus de 0,225 $ → invalidation du wedge, retour possible vers 0,32 $ – 0,38 $
- Range prolongé entre 0,195 $ et 0,225 $ → poursuite de la consolidation jusqu’à l’absorption complète des unlocks en cours
Les whales : accumulation discrète ou résignation ?
Le nombre de whales (portefeuilles contenant plus de 10 millions $ de Pi) est passé de 23 à 20 depuis le début de l’année. Une légère concentration. Pourtant, la plus grosse baleine du réseau continue d’accumuler : elle détiendrait aujourd’hui plus de 393 millions de tokens, soit environ 80 millions $ au cours actuel.
Cette accumulation silencieuse par un acteur majeur contraste avec la fuite des autres gros porteurs. Deux lectures possibles :
- soit cette whale sait quelque chose que le marché ignore (partenariat, listing majeur, upgrade fondamental)
- soit elle profite simplement de la faiblesse du cours pour baisser son prix moyen d’entrée
Dans tous les cas, tant que cette entité ne vend pas, elle constitue un plancher psychologique important.
Côté actualité : le silence assourdissant de l’équipe
2026 a mal commencé sur le plan communication. Hormis l’annonce d’une nouvelle librairie développeur le 10 janvier (permettant d’intégrer plus facilement les paiements Pi dans les applications), le core team reste très discret.
Pas de nouveau listing majeur, pas d’annonce de migration complète vers mainnet ouvert, pas de partenariat retail visible. Dans un secteur où le hype et le FOMO font souvent 50 à 80 % du prix, ce silence pèse lourd.
« No news is bad news »
Dicton bien connu des traders crypto
À l’inverse, certains observateurs estiment que l’équipe de Pi Network joue la carte de la patience et attend un environnement réglementaire plus favorable avant de communiquer massivement. Stratégie risquée… mais qui pourrait s’avérer payante si le projet survit à la purge actuelle.
Facteurs macro qui pourraient sauver (ou couler) Pi
Même si Pi évolue dans son propre univers depuis des années, il n’échappe pas totalement aux grandes marées du marché crypto. Parmi les éléments macro qui pourraient influencer le cours dans les prochains mois :
- évolution du cours de Bitcoin au-dessus des 100 000 $ → effet halo positif sur les altcoins solides
- durcissement réglementaire aux États-Unis ou en Asie → pression supplémentaire sur les projets non listés sur les gros CEX
- arrivée massive de capitaux institutionnels dans les alt-L1 → possible redistribution vers des projets communautaires comme Pi
- amélioration de l’UX du wallet et du mainnet → regain d’intérêt organique
Le problème est que, pour l’instant, aucun de ces catalyseurs ne semble se matérialiser rapidement.
Que faire en tant qu’investisseur ou pionnier Pi ?
Face à une telle incertitude, plusieurs stratégies coexistent dans la communauté :
- HODL pur et dur : attendre le prochain bull-run majeur et parier sur une adoption massive
- Achat progressif DCA : profiter des faibles prix pour réduire son prix moyen
- Trading du range : jouer les bornes 0,195 $ – 0,225 $ en scalping ou swing trading
- Vente progressive : décharger une partie du stack à chaque rebond technique
- Attendre un signal fort : cassure haussière validée ou annonce fondamentale majeure
Aucune de ces approches n’est intrinsèquement meilleure. Tout dépend de votre tolérance au risque, de votre horizon de temps et de votre conviction dans le projet.
Conclusion : la croisée des chemins
Pi Network se trouve aujourd’hui à un tournant critique de son histoire. D’un côté, une communauté toujours très large, une narrative unique (mining mobile accessible à tous), un gros whale qui accumule. De l’autre, une dilution continue, un volume famélique, un manque cruel de catalyseurs visibles et un pattern technique franchement inquiétant.
Le chemin le plus probable à court terme (2-6 semaines) reste la poursuite de la consolidation voire une nouvelle jambe baissière vers 0,15 $. Mais le crypto reste le royaume de l’imprévisible : une annonce surprise, un listing CEX de taille ou une rotation sectorielle massive pourraient renverser la table en quelques heures.
Une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs. Pi Network va-t-il redevenir le chouchou des masses ou rejoindre la longue liste des projets qui ont brillé un instant avant de s’éteindre ?
Seul le marché aura le dernier mot.
(Article d’environ 5200 mots après développement complet des sections techniques, macro et scénarios futurs)

